SUE L ETUDE DE LA DIPLOMATIE
la solution des questions proposées. On se tromperait également en pensant qu'on peut se former par la pratique seule. L'agent diplomatique, dès Finstant qu'il entre en fonction, se trouve aux prises avec les faits et les choses de forme du moment. Il n'a plus guère le temps d'étudier, ni de faire de longues recherches pour approfondir les questions. Les faits qui passent sous ses yeux ne font que charger sa mémoire sans éclairer son jugement s'il ignore à quels principes ils se rapportent, et quelles sont les déductions raisonnables qu'il peut en tirer. L'expérience est sans contredit le fruit de la pratique; mais pour qu'on puisse l'utiUser il faut qu'elle soit appuyée sur la théorie*).
On peut raisonnablement supposer que lorsqu'un jeune homme choisit un État, son instruction préparatoire est finie; c'est-à-dire qu'il possède déjà ce fonds de
*) Au moment de traiter une affaire, de prendre une détermination, les ijoints les plus importants sont la recherche de la règle de décision, et la connaissance précise du genre de droit où cette règle se trouve établie. Pour les administrations civiles, judiciaires, militaires ou financières, ce double but est facile à atteindre; le service de ces administrations est, en toutes choses, réglé, dirigé, déterminé par des ordonnances; il n'en est pas ainsi pour le ministère des affaires étrangères. Les principes politiques sur lesquels se fonde, ce qu'on nomme îe droit i)uhUc sont la première et, pour ainsi dire, l'unique règle de cette administration: pour toutes les affaires où elle est obligée d'aller chercher ses motifs de décision dans le droit civil, dans le droit criminel, dans le droit commercial ou dans Vusage, l'application pratique de leurs dispositions, telle qu'elle est prescrite par les diverses parties de la législation générale, ne peut s'en faire que d'après des règles et dans des formes qui soient parfaitement en accord avec les principes du droit public. Il importe donc aux personnes qui sont attachées aux légations de ne pas rester étrangères à l'étude de ce droit. (Comte d'HAUTERiVE.)
connaissances élémentaires qui le rend apte à embrasser
la carrière qu'il veut parcourir.
Mais l'étude de la diplomatie proprement dite, exige
la connaissance spéciale:
1° Du ih-Oît lies gens naturel et du droit public universel, qui renferment les maximes fondamentales de toute jurisprudence positive en matière politique;
2° Du droit des gens positif européen^ fondé sur les traités et les usages, lesquels, en modifiant les maximes fondamentales, ont réglé les rapports des nations, soit en paix, soit en guerre;
S*» Du droit ptdÂic des principaux États de VEurope, fondé sur les lois de chaque État;
4'' De Vhistoire et de ses branches subsidiaires, particulièrement de rhistoire des guerres, des négociations et des traités des derniers siècles, qui servent à faire connaître la marche et la tendance des cabinets;
5° Des divers systèmes x)olitiques, qui peuvent être mis en œuvre, tels que ceux de domination, d'équilibre, de confédération, etc.;
6** De V économie politique, qui enseigne comment les richesses sociales, indépendamment de l'organisation politique, se forment, se distribuent et se consomment;
1^ De la géographie et de la statistique des États;
8** De la conduite des négociations, ou, pour mieux dire, de la marche à suivre dans la discussion des intérêts entre les États (§ 53);
9** De l'art d'écrire en affaires politiques, c'est-à-dire de composer et de rédiger les actes et offices aux-
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quels les rapports entre les États donnent lieu
(T. n, chap. IV.)
Nous croyons rendre service aux jeunes gens qui se vouent à la carrière diplomatique, en indiquant ici quelques-uns des principaux ouvrages dont Fctude nous semble le plus indispensablcment nécessaire à leur première instruction.