DISCOURS DE CONGE
Discours de congé de V ambassadeur de France, adressé
aux États-Généraux des Provinces-Unies des Pays-Bas,
dans son audience imhliqut. (1782.)
Si ma santé eût pu supporter plus longtemps un climat qui m'est étranger, l'audience que je prends aujourd'hui n'aurait pas suivi de si près celle que V. S. m'accordèrent l'année dernière. Vous voyez, messieurs, par la lettre de S. M. que j'ai eu l'honneur de présenter à V. S., qu'elle m'a très-expressément chargé de les assurer du désir qu'elle a de voir la paix se perpétuer en Europe, et de pouvoir en particulier donner à cette république des marques de la continuation de son amitié et de son estime.
Je me flatte, messieurs, et la manière dont V. S. ont toujours agi envers moi me persuade , que vous me permettrez d'ajouter à ces assurances celle de la vénération et de l'estime très -parfaite que le séjour que j'ai fait ici m'a inspirées pour ce gouvernement et pour les membres qui le composent. Ces sentiments ne sont pas moins sincères que la parfaite reconnaissance que j'ai pour les bontés dont V. S. m'ont honoré. J'en garderai toujours précieusement le souvenir, et je m'estimerai heureux si je puis, messieurs, vous prouver en toute occasion à quel point j'y ai été sensible.
En ce qui me regarde personnellement, je ne puis trouver d'expressions pour vous marquer la vive reconnaissance que m'inspirent l'accueil que vous m'avez fait et la confiance que vous m'avez constamment témoignée dans toutes nos relations.
268 DISCOUBS DE CONGÉ.
Discours de congé de l'ambassadeur de France, adressé aux États-Généraux des Provinces-Unies des Pays-Bas.
Le roi mon maître, qui me rappelle pour remplir les
fonctions de auprès de sa personne, m'a ordonné
de vous réitérer en cette occasion les assurances les plus fortes de son inviolable amitié pour cette illustre république.
C'est ainsi que je commençai ma mission; il m'est doux de la terminer de même, et je me félicite de ce que, tant qu'elle a duré, tout a concouru pour convaincre V. S. de la vérité de ces sentiments. Le roi sent vivement combien sont grands les avantages que les deux nations retirent de l'alliance qui les unit si étroitement. Toujours attentif au bonheur de ses sujets et à celui de ses alliés, il est résolu d'entretenir et, s'il est possible, de serrer de plus en plus les nœuds d'une union que le bien commun des deux peuples a formée, et que tout semble rendre désormais inaltérable. Tels sont les principes dont on ne s'est jamais éloigné que lorsque les véritables intérêts de l'une ou de l'autre nation ont été ou ignorés ou sacrifiés.
J'espère que si V. S. se souviennent encore de la joie que je leur témoignai dans ma première audience de l'honneur que le roi mon maître m'avait fait en me nommant son ambassadeur extraordinaire auprès de V. S., elles se* ront bien persuadées que ce n'est qu'avec le plus vif regret que je viens aujourd'hui prendre congé d'elles.
Discours de congé de V ambassadeur de France à la cour de Saint-Pétersbourg^ adressé à Vempereur.
Sire, le roi mon maître ayant jugé à propos de me rappeler de la cour de V. M. pour remplir les fonctions de