‹ Le guide du bonheur; pu recueil de pensées, maximes et prières, dont la lecture peut contribuer à rendre heureux dans cette vie et dans l'autreChapitre 1 sur 32 · PAUL DUPONT · texte numérisé non relu

PAUL DUPONT

Rue de Grenelle-St-Honoré, 55.

■f>A/ &Z3SL

Les ouvrages les plus utiles sont ceux qui nous enseignent l'art d'être heureux , c est-à-dire d'être satisfait de sa position , .et qui nous indiquent les moyens de l'améliorer.

C'est le but de tous les livres de morale. La personne qui publie celui-ci a cru que des leçons présentées sous la forme de pensées et de maximes se graveraient mieux dans le cœur que de longs discours.

Elle en fait hommage aux auteurs qui ont contribué à ce livre et à qui seuls elle en rapporte tout le mérite. Elle a été guidée par le désir de faciliter aux jeunes gens la connaissance de préceptes religieux et moraux qui puissent les diriger pendant leur vie et répandre autour d'eux des semences de vertu et de bonheur. Elle en sera amplement récompensée si une seule personne peut devenir meilleure en lisant ce recueil.

On engage tous ceux qui ont le désir de bien remplir leurs devoirs à lire tous les jours quelques lignes du Nouveau Testament, et à retenir quelques-unes des maximes contenues dans ce livre. Ils adresseront ensuite une prière à VElre suprême pour implorer sa bénédiction. Une fois cette habitude prise, ils ne tarderont pas à en éprouver les bons effets.

ettttes

aue' /e'^an/ ce c&bectietf.

Les anciens disaient qu'au commencement de la vie on trouve deux routes devant

soi

L'une , celle du malheur ou du vice ; l'autre, celle du bonheur ou de la vertu.

A l'entrée de la première on rencontre un personnage qui vous séduit au premier

coup d'oeil ; il porte un masque orné de couleurs brillantes, mais qui couvre un visage pâle, livide, rongé d'ennuis et dévoré de remords.

Il vous engage à le suivre d'un air séduisant, il vous montre un chemin semé de fleurs ; mais ces fleurs se sèchent aussitôt qu'on les a touchées; elles cachent des précipices que l'on n'aperçoit que lorsqu'il n'est plus temps de les éviter. Au bout de cette route se trouve un abîme où vous êtes entraîné et précipité impitoyablement.

A l'entrée de l'autre route se présente une belle femme, d'une figure imposante et sévère, mais pleine de bienveillance, et qui vous dit :

« Jeunes gens , je ne veux point vous « tromper : tout ce qu'il y a de beau et d'ex- « cellent dans la nature s'achète au prix « de la peine et du travail ; la Providence

<r Ta ordonné ainsi. Si vous voulez qu'elle

« vous soit favorable, il faut lui rendre

« hommage; si vous voulez être aimés de

• <r vos amis, il faut leur faire du bien; si

« vous voulez être honorés dans votre pa-

« trie, il faut lui être utile; si vous voulez

<r que la terre vous donne ses fruits, il faut

« la cultiver. Enfin, si vous voulez avoir un

« corps robuste, il faut l'accoutumer à obéir

« à Tâme , et l'habituer à la sueur et aux

« efforts laborieux.

« Après quelque temps d'épreuve vous

« arriverez au terme de vos travaux et vous

<r jouirez enfin d'une félicité éternelle.

« Jeunes gens, choisissez entre ces deux

« routes ; il y va du bonheur ou du malheur

<r de toute votre vie. d

Plus heureux que les anciens, nous avons

l'avantage d'avoir un guide certain qui ne

nous trompera jamais. L'Évangile nous

trace une voie toujours sûre et invariable , et bien des consolations nous sont réservées si nous suivons ses sages maximes et si nous pratiquons les vertus qu'il nous enseigne.

Le chemin de la vertu , quelque pénible qu'il puisse paraître , est le seul qui conduise au bonheur; celui du vice, au contraire, quelque agréable qu'il soit à l'entrée, aboutit infailliblement à l'infortune et à la misère. C'est une route spacieuse où l'on marche d'abord à travers de riantes prairies; ce sont ensuite des défilés sombres et dangereux , qui se terminent par des précipices et l'horreur d'une nuit ténébreuse. Le

chemin de la vertu est à son entrée moins aisé, moins agréable à suivre; mais plus on y avance, plus il s'aplanit, plus il offre de riants aspects que Ton contemple de loin avec ravissement et dont on approche toujours avec un redoublement de joie.

Page 1