‹ Le guide du bonheur; pu recueil de pensées, maximes et prières, dont la lecture peut contribuer à rendre heureux dans cette vie et dans l'autreChapitre 14 sur 32 · PRÉVOYANCE · texte numérisé non relu

PRÉVOYANCE

L'ordre a trois avantages : il soulage la mémoire, il ménage le temps, il conserve les choses.

Le désordre a trois inconvénients : l'ennui , l'impatience, et la perte du temps.

Régler sa dépense sur son revenu, c'est sagesse ; dépenser tout son revenu , c'est

imprudence; dépenser plus que son revenu c'est folie.

Si tu achètes le superflu , tu vendras bientôt le nécessaire.

L'économie est vertu dans la pauvreté, sagesse dans la médiocrité , et vice dans l'opulence.

L'industrie est le bras droit de la fortune , et la frugalité le bras gauche.

Ayez soin des deniers, les guinées se soignent assez d'elles-mêmes.

Il manque bien des choses à l'indigence ; mais tout manque à l'avarice.

Un riche qui est avare est plus pauvre qu'un pauvre qui est libéral.

C'est être riche que d'être content de peu de choses.

La plus utile et la plus honorable science et occupation à une mère de famille, c'est la science du ménage.

L'argent est un bon serviteur et un mauvais maître.

L'argent ressemble au fumier qui ne profite que quand il est répandu.

L'avarice est le châtiment du riche,

L'indigent manque de peu , l'avare manque de tout.

Ceux qui emploient mal leur temps sont les premiers à se plaindre de sa brièveté. Comme ils le consument à manger, à dormir, à de sots discours , ils en manquent pour leurs affaires.

Ceux qui en font un meilleur usage en ont de reste.

Peu de richesses bien ménagées durent longtemps, mais de grands trésors ne sont pas de durée lorsqu'on les prodigue.

Heureuse la famille qui n'a pas trop de richesses , et qui ne souffre pas la pauvreté !

L'ouvrier qui perd 5 sous par jour, soit en folles dépenses, soit en ne travaillant pas, perd en 20 ans plus de 5,000 fr. On peut dire à l'ouvrier paresseux qui après 20 ans se plaint de sa misère : — Paresseux, tu as perdu ou tu as dépensé follement 5 sous par jour, c'est 5,000 francs que tu as perdus et dissipés , et tu aurais 5,000 francs aujourd'hui dans ta poche , si tu n'avais pas dépensé ton argent et ton temps goutte à goutte , et petit à petit.

L'économie est la source de l'indépendance et de la libéralité.

Il faut semer pour moissonner.

Sois frugal , économe , et crains de t'endetter On se ruine bientôt à force d'emprunter.

Donnons tout au besoin , rien à la fantaisie : On se soutient par Tordre et par l'économie.

Si vous achetez ce dont vous n'avez pas un besoin réel , bientôt vous vendrez ce qui vous est nécessaire.

Si vous voulez devenir riche , que vos économies soient égales à votre dépense.

C'est une folie d'employer son argent à acheter un repentir.

Pensez à ce que vous faites lorsque vous vous endettez : vous donnez à un autre des droits sur votre liberté.

Les créanciers ont meilleure mémoire que les débiteurs.

L'emprunteur est esclave du prêteur, et le débiteur du créancier : ayez horreur de cette chaîne ; conservez votre liberté , maintenez votre indépendance , soyez laborieux et libres , soyez économes et libres.

Épargnez pour le temps de la vieillesse et du besoin, pendant que vous le pourrez. Le soleil du matin ne dure pas tout le jour.

Le gain est incertain et passager, mais la dépense sera toute votre vie continuelle et cer-

taine.

Les uns donnent ce qui est à eux et sont toujours riches ; les autres ravissent le bien d'autrui et sont toujours pauvres.

Tel paraît riche qui n'a rien, et tel paraît pauvre qui est fort riche.

Celui-là est pauvre, quelque opulent qu'il paraisse, qui désire avoir plus qu'il ne possède.

Celui-là est riche qui reçoit plus qu'il ne dépense; celui-là est pauvre dont la dépense excède la recette.

La prodigalité engendre la nécessité,

Il est difficile de faire tenir debout un sac vide.

Si un homme ne sait pas épargner à mesure qu'il gagne , il mourra sans avoir un sou , après avoir été toute sa vie collé siir son ouvrage.

Plus la cuisine est grasse, plus le testament est maigre.

Si vous voulez être riche, n'apprenez pas seulement comme on gagne , sachez aussi comme on ménage.

Un peu , répété plusieurs fois, fait beaucoup.

Soyez en garde contre les petites dépenses.

Acheter comptant et jamais à crédit , moyen de peu dépenser.

Avant d'acheter, se demander si réellement on a besoin de cela.

Ne pas surfaire ; les Turcs n'ont qu'un prix.

L'économe n'épargne que pour pouvoir plus donner ; l'avare n'amasse que pour pouvoir plus enfouir.

Le supplice de l'avare serait de voir l'usage que ses héritiers font de son bien.

La vie de l'avare est une comédie dont on n'applaudit que la scène qui la termine.

Les avares amassent pour faire rire leurs héritiers.

Aie soin de ton magasin, et ton magasin te nourrira.

Un sou épargné est un sou gagné.

L'épargne et la dépense mesurée sont la vraie franchise de ceux qui ne veulent pas être rongés d'usure.

L'argent ! l'argent est comme le temps : n'en perdez pas, vous en aurez assez.

Cicéron disait : J'épargne afin de pouvoir être généreux dans l'occasion.

Allez plutôt vous coucher sans souper que de vous lever avec des dettes. Gagnez ce que

vous pourrez et gardez votre gain; voilà le véritable secret de changer votre plomb en or.

Qui ne fait pas le bien dans la prospérité souffre davantage dans la disgrâce.

Peu de richesses, ménagées avec économie, valent mieux que de grands trésors mal employés.

11 vaut mieux être pauvre que d'avoir des richesses mal acquises.

La vraie mesure de la richesse est de n'être ni trop près ni trop loin de la pauvreté.

Donner de l'argent est souvent une chose utile , mais le bien qui en résulte n'est que passager. Il ne profite réellement qu'à celui qui donne; celui qui reçoit a bientôt dissipé le secours, et ne se trouve pas moins embarrassé qu'auparavant.

Ce qui est d'une utilité durable , c'est de montrer aux autres ce qu'il faut faire pour n'avoir pas besoin de secours , pour devenir indépendant et se procurer quelque aisance.

L'ordre , la prévoyance , l'économie , voilà ce qu'il faut enseigner ; il faut que Ton sacbe bien que de petites épargnes souvent renouvelées produisent à la longue des sommes importantes.

Une caisse d'épargne est un établissement qui reçoit les petites économies et les rend, à la volonté des déposants , avec les intérêts accumulés.

Les caisses d'épargne préviennent la détresse , la misère et la pauvreté ;

El! es donnent de F énergie , inspirent le goût du travail et des bonnes mœurs, et repoussent la fainéantise ;

Elles détournent des mauvaises habitudes;

Elles augmentent les liens des familles , en assurant à leurs chefs les moyens de soutenir^ d'élever et de placer leurs enfants ; et en leur laissant entrevoir un avenir heureux , elles en font des hommes attachés à leur pays et

disposés à remplir tous les devoirs de bons citoyens.

Les caisses d'épargne sont d'une grande utilité pour les hommes actifs, prudents et laborieux. Ils peuvent y placer une portion de leur salaire et la retirer quand ils en auront besoin et qu'elle aura été augmentée par l'accumulation des intérêts. Le produit de leurs journées ne sera point perdu en dépenses inutiles.

Un livret de la caisse d'épargne est un certificat de bonne conduite. C'est un passeport délivré au travail et à l'économie.

Ouvrir une des portes de la caisse d'épargne, c'est fermer une des portes des enfants trouvés. Avec les caisses d'épargne, moins de libertinage, moins d'émeutes, moins de police, moins d'hospices, moins de subventions, et moins de vols, délits, crimes, suicides, énervation physique , dégradation morale et calamités de toute espèce.

La caisse d'épargne est la mère de l'économie , le trésor des artisans, la salle d'asile du pauvre , le remède de la mendicité , le reproducteur des capitaux et le levier du crédit national.

S'il y suffît, c'est à l'ouvrier à dégager, par ses privations , le superflu du nécessaire. La privation volontaire est une vertu, la plus difficile , la plus forte et la plus productive de toutes; c'est une domination de soi-même, c'est une volonté d'indépendance, c'est un progrès vers le bien et la liberté.

Si le gain excède le besoin , même largement satisfait, l'ouvrier qui n'épargne pas est sans excuse de nécessité , sans prévoyance de la maladie et de la vieillesse, sans tendresse pour sa famille, sans pitié pour lui-même.

Les caisses d'épargne sont la providence des classes manufacturières : c'est leur maison de refuge, l'asile de leur vieillesse.

Aussitôt qu'un ouvrier est possesseur d'un capital , si petit qu'il soit , il participe à tous les bienfaits de Tordre social. Une première économie encourage à des économies nouvelles ; ces placements le rassurent contre les infirmités de la vieillesse , contre les accidents de la vie et contre les chances d'un travail qui n'est pas , dans tous les temps , également rétribué.

Une caisse d'épargne est une institution essentiellement antî-révolulionnaire, puisqu'elle associe le prolétaire, par ses propres œuvres, et sans spoliation ni bouleversement, au partage et aux jouissances de la propriété immobilière.

Une caisse d'épargne permet à l'ouvrier de devenir maître un jour, en achetant , avec ses petits capitaux amassés, un fonds de boutique achalandé, ou de faire les frais et achats d'un premier établissement, ou de consacrer plus tard, s'il est actif, ingénieux, entreprenant, à quelque entreprise plus fructueuse que le gain rétréci d'une manualité journalière, des

capitaux qui , éparpillés , ne suffiraient pas à cela.

« Voici, dit Franklin, la carrière qu'on peut « ouvrir à un simple journalier : deux francs « mis en réserve chaque mois ( à peu près un « sou par jour), capitalisés avec l'intérêt durant « quarante ans , lui assurent un petit patri— « moine de 5,000 francs, fruit de ses sueurs, « sans un sacrifice sensible. »

Le père de famille peut , dans la prévoyance de la conscription et longtemps à l'avance , économiser quelques deniers pour les mettre à la bourse commune et garder un fils dont le travail soulagera ses infirmités et sa vieillesse.

La mère de famille peut préparer, par ses économies lentement amassées , un trousseau pour sa fille, ou se mettre en état de payer l'apprentissage de son fils.

La frugalité, la prévoyance, l'esprit d'ordre, telles sont les qualités dont les caisses d'épargne feront bientôt contracter l'habitude à l'ouvrier. Longtemps courbé sous le poids de l'infortune , son âme se relève ; il commence à

s'estimer avec justice, puisqu'il tient ce qu'il

possède du travail et de la sagesse. Ses mœurs

s'améliorent, son caractère s'adoucit, son in-

térieur est plus calme , sa famille plus affec-

tionnée et plus heureuse : en devenant pro-

priétaire, il devient un membre actif de la

société : il possède, il a intérêt de conserver; il

goûte les bienfaits de l'ordre général , il s'y

affectionne et il en sent la nécessité.

Le chemin de la fortune est dans le travail

et l'économie; c'est-à-dire, ne dissipez ni le

temps ni l'argent, mais faites de tous deux le

meilleur usage qu'il est possible. Sans travail

et sans économie, vous ne ferez rien; avec eux

vous ferez tout.

Huit sous épargnés chaque jour et placés à la

caisse d'épargne produisent :

Au bout d'un an, 4 45 fr.

— 8 ans, 4,874

— 45 ans, 5,228

— 20 ans, 4,954

— 25 ans, 7,4 76

- 50 ans, 4 0,029.

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