‹ Le guide du bonheur; pu recueil de pensées, maximes et prières, dont la lecture peut contribuer à rendre heureux dans cette vie et dans l'autreChapitre 6 sur 32 · FORGE DA31E · texte numérisé non relu

FORGE DA31E

L'adversité conduit les esprits faibl

es au dé-

ses poir; elle fortifie les âmes élevées.

L'adversité est l'épreuve de la vertu

: le spec-

tacle le plus digne de Dieu est celui de

1 homme

juste et courageux aux prises avec la

mauvaise

fortune.

L'empire sur soi-même est le plus

grand des

empires ; la servitude des passions est la plus dure des servitudes.

La bravoure évite plus de périls que la peur.

11 est une école supérieure peut-être à celle de la victoire : c'est celle du malheur. C'est le caractère des héros d'être plus grands dans Tinfortune que dans le succès.

Avant que de se jeter dans le péril , il faut le prévoir et le craindre ; mais quand on y est, il ne reste plus qu'à le mépriser.

H faut de la prudence pour éviter le malheur, et du courage pour le soutenir.

Le plus malheureux des hommes est celui qui ne sait pas supporter le malheur.

La douleur qui se tait est celle qui inspire le plus d'intérêt.

La véritable valeur est de faire sans témoin ce qu'on serait capable de faire devant tout le monde.

Trop de timidité est un défaut ; trop de har diesse en est un plus grand.

La faiblesse n'est pas le vice, mais elle y conduit; l'homme méchant fait le mal, l'homme faible le laisse faire.

On est toujours mécontent , on aime à se plaindre partout ; on crie toujours contre quelqu'un ou contre quelque chose.

L'homme libre peut être prisonnier , mais non pas esclave.

II faut s'élever au-dessus de la bonne et de la mauvaise fortune , au-dessus de la vie et de la mort.

Admirez un guerrier dans l'action, un pilote dans la tempête, et la vertu dans les revers.

11 faut vouloir fortement tout ce que Ton veut.

On peut tout ce qu'on veut quand on sait qu'on ne veut que ce qu'on doit.

Rien n'est impossible : il y a des voies qui conduisent à toutes choses , et si nous avions assez de volonté nous aurions assez de moyens.

La félicité du monde demande deux choses : pouvoir ce qu'on veut , vouloir ce qu'il faut.

Au moral comme au physique , ce n'est que par des efforts souvent répétés, c'est par la force vive, c'est en prenant sur soi-même et en réunissant toutes ses facultés qu'on peut parvenir au but que l'on se propose. La résolution et le courage sont nécessaires, il est vrai, pour surmonter tous les obstacles ; mais rien n'est

impossible si Ton agit dans un but louable et si Tony apporte tousses moyens, toutes ses idées, toutes ses forces.

Il faut donc de l'activité, de la persévérance, du courage , de l'énergie et une volonté forte pour réussir et pour faire quelque chose de bien dans ce monde.

Soyez joyeux dans l'espérance , patient dans l'affliction , persévérant dans la prière.

Ne te laisse point surmonter par le mal , mais surmonte le mal par le bien.

Qui fait courageusement son devoir, il trouve gens qui le fortifient.

II y a un plaisir bien plus grand que celui de satisfaire ses passions , c'est celui de les vaincre.

Quand on nous raconte une action généreuse, quand on nous apprend que des hommes

ont supporté des douleurs inouïes pour rester fidèles à leurs opinions , l'image des supplices confond notre pensée ; mais, par degrés, nous reprenons des forces, et la sympathie que nous nous sentons avec la grandeur dame , nous fait espérer que nous aussi nous saurions triompher des misérables sensations de cette vie pour rester vrais, nobles et fiers jusqu'à notre dernier jour.

Nous pouvons échapper par la vigueur de notre volonté au sentiment de notre faiblesse physique. Le pouvoir du destin et l'immensité de la nature sont dans une opposition infinie avec la misérable dépendance de la créature sur la terre ; mais une étincelle du feu sacré dans notre sein triomphe de l'univers, puisqu'il suffit de cette étincelle pour résister à ce que toutes les forces du monde pourraient exiger de nous.

L'homme courageux attend le péril avec calme et ne s'y oppose que quand l'honneur ou le devoir le lui commande; mais une fois aux prises avec le danger, rien ne l'arrête.

Il est plus glorieux de se relever après une grande chute , que de n'être jamais tombé.

La véritable grandeur n'est que dans la modération , la justice, la modestie, l'humanité.

Si vous êtes dans le danger, montrez un cœur plus grand que tous les maux qui vous menacent.

Quiconque ne sait pas souffrir n'a point un grand cœur.

La gloire n'est due qu'à celui qui sait souffrir la peine et fouler aux pieds les plaisirs.

Une âme maîtresse d'elle-même ne connaît pas les dangers ; elle ne sent les obstacles que pour en triompher; et, tournant ses malheurs en vertus , elle offre ce grand et sublime spectacle digne de fixer les regards d'un Dieu , une âme forte qui se mesure avec l'adversité.

Le vrai courage consiste à envisager tous les périls et à les mépriser quand ils deviennent nécessaires.

L'homme de bien porte le courage partout avec lui : au combat , contre l'ennemi ; dans un cercle , en faveur des absents ; dans son lit, contre les attaques de la douleur et de la mort.

La haine universelle attend l'iniquité, Et le mépris public poursuit la lâcheté.

Ayez la fermeté qui sied à la verlu ;

C'est mériter son sort que d'en être abattu.

L'homme intrépide et ferme en ses vastes desseins Tient toujours, quand il veut; la fortune en ses mains.

Lorsque Ton souffre avec impatience, les chagrins et les inquiétudes causent des tourments beaucoup plus grands que si Ton souffrait avec patience.

11 faut conserver à Ta me un empire absolu sur le corps.

C'est quand l'esprit est accablé , quand le corps est souffrant , affaibli, qu'on a besoin de courage et de force d'âme. C'est dans ce moment même que nous devons mépriser les douleurs du corps et toutes les peines passagères de la vie. N'oublions jamais qu'il y a toujours du bien à faire et qu'il faut être utile aux autres. Que notre âme s'élève donc vers ces hautes pensées plus dignes de son immortel Créateur. Avec une forte volonté, il dépend de nous de sortir de cet état de faiblesse et d'indolence et de faire voir que nous avons , en dedans de nous , une partie indépendante des maux physiques , un esprit divin , une âme qui va prendre son vol et qui surmonte toutes les souffrances du corps.

ADMIRABLE EXEMPLE DE l' AMOUR PATERNEL.

Quand la France gémissait sourdement sous la sanguinaire tyrannie de Robespierre , des

milliers d'innocents étaient renfermés dans les cachots ; là, condamnés à mort sans distinction ni d'âge , ni de sexe, ni de condition , victimes acquises au bourreau , il ne leur restait plus qu'à répondre au dernier appel du geôlier et à monter sur la fatale charrette ; encore, dans cette large part qu'on faisait chaque jour à l'échafaud, à peine avait-on le loisir et la volonté de s'assurer de ceux que la hache attendait : entassés pêle-mêle , ils mouraient aussi pêlemêle.

A cette époque , un jeune homme du nom de Loizerolles comparut devant le tribunal révolutionnaire : c'est dire qu'il était condamné, et que les portes du cachot allaient bientôt se refermer derrière lui. Son père l'y suivit : il n'avait pas voulu se séparer de son fils. Vieillard à cheveux blancs , il voulait soutenir le jeune homme dans sa dernière épreuve. Ce jour-là même la sentence devait être accomplie : il ne fallait pas que le bourreau attendît longtemps sa proie. Fatigué de ses émotions , abattu , accablé , le jeune homme s'était endormi dans son cachot. Son père veillait près de lui ; tout à coup le verrou crie , le guichet s'ouvre : le geôlier, accompagné des sbires de

la République, se présente une liste à la main, et appelle, à tour de rôle , les malheureux dont la dernière heure a sonné.

Il appelle : Loizerolles ! Personne ne répond. Une seconde fois : Loizerolles ! Même silence... Le père seul a entendu cet appel de la mort. C'est son fils qu'on réclame , son fils , qui repose assoupi sans idée ni de la mort ni de la scène horrible à laquelle il doit prendre part. Que faire en cette circonstance? L'éveiller pour lui dire que le bourreau l'attend, rouvrir ses yeux pour les voir se fermer si tôt sous le poids du sommeil éternel? Au milieu de ces réflexions et de ces angoisses , le nom de Loizerolles retentit pour la troisième fois. Alors une pensée soudaine traverse l'esprit du vieillard, une de ces pensées qui ne peuvent jaillir que du cœur d'un père : on appelle son fils, c'est lui qui répondra. Cette inspiration de dévouement, il l'accomplira en silence ; une seconde fois il donnera la vie à son fils. Il se présente et se met à la file des condamnés qui vont partir pour l'échafaud. Mais, avant de quitter la prison , il revient encore vers son fils, et se penchant vers lui : Dors, mon fils, lui dit-il , dors du sommeil heureux qui te cache

la vue de ton père qui va mourir pour toi ; ne te réveille pas trop tôt ; attends que le sacrifice soit accompli. Alors , sans même l'embrasser, de peur que ce baiser, en éveillant son fils, ne vienne mettre obstacle à son dévouement, il le quitte pour jamais; il monte à l'échafaud , et tendant sa tête à la hacbe , il murmure ces derniers mots : Dieu, protège mon fils 1

Pères et mères 1 voilà ce que peut l'amour paternel 1

DÉVOUEMENT SUBLIME d'uNE MÈRE

On a vu , dans une fête où toutes les splendeurs de ce monde étaient réunies, une femme, la princesse Pauline de Schwartzenberg, qui, mère de huit enfants , réunissait encore le charme d'une beauté parfaite à toute la dignité des vertus maternelles... Elle ouvrit le bal, et les sons mélodieux de la musique signalèrent ces moments consacrés à la joie. Des fleurs ornaient sa tête charmante , et la parure et la danse devaient lui rappeler les premiers jours

de sa jeunesse ; cependant elle semblait déjà craindre les plaisirs mêmes auxquels tant de succès auraient pu l'attacher. Hélas ! de quelle manière ce vague pressentiment s'est réalisé! Tout à coup les flambeaux sans nombre qui remplaçaient l'éclat du jour vont devenir des flammes dévorantes , et les plus affreuses souffrances prendront la place du luxe éclatant d'une fêle. Quel contraste ! Et qui pourrait se lasser d'y réfléchir ? Non , jamais les grandeurs et les misères humaines n'ont été rapprochées de si près; et notre mobile pensée, si facilement distraite des sombres menaces de l'avenir , a été frappée dans la même heure par toutes les images brillantes et terribles que la destinée sème d'ordinaire à distance sur la route du temps.

Aucun accident néanmoins n'avait atteint celle qui ne devait mourir que de son choix : elle était en sûreté , elle pouvait renouer le fil de la vie si vertueuse qu'elle menait depuis quinze années ; mais une de ses filles était encore en danger , et l'être le plus délicat et le plus timide se précipite au milieu des flammes qui feraient reculer les guerriers. Toutes les mères auraient éprouvé ce qu'elle a dû sentir !

Mais qui pourrait se croire assez de force pour Timiter? Qui pourrait compter assez sur son âme pour ne pas craindre les frissonnements que la nature fait naître à l'aspect d'une mort atroce? Une femme les a bravés, et bien qu'alors un coup funeste Tait frappée, son dernier acte fut maternel ; c'est dans cet instant sublime qu'elle a paru devant Dieu , et l'on n'a pu reconnaître ce qui restait d'elle sur la terre qu'au chiffre de ses enfants qui marquait encore la place où cet ange avait péri. Ah ! tout ce qu'il y a d'horrible dans ce tableau est adouci par les rayons de la joie céleste.

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