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LE MELON

Tout le monde connaît ce légume si remarquable par sa chair savoureuse et délicate. On le consomme à son état naturel, ou bien on en fait des conserves fort recherchées.

ESPÈCES ET VARIÉTÉS, — On peut grouper les nombreuses variétés de melon en trois classes : le melon brodé, le melon cantaloup, et le melon à peau unie. Toutes ces variétés reçoivent les mêmes soins de culture.

CULTURE.—Le melon est une plante originaire des pays chauds. C’est dire que, sous notre climat, il ne réussit bien que’si lon peut lui procurer une chaleur abondante pendant longtemps, et pour satisfaire à cette exigence du melon il faut suppléer, au moyen de couches chaudes, au manque de chaleur que notre climat ne peut pas naturellement lui fournir, Quant au sol, le melon le veut parfaitement ameubli,abondamment riche et d’une couleur brune-foncée, que nous obtenons au moyen d’une bonne couche de terreau fin.

Nos étés courts nous obligent à recourir aux couches chaudes pour la culture du melon. Cette plante a besoin pour parcourir toutes les phases de sa végétation, d’au moins 6 mois de chaleur, depuis le semis jusqu’à sa complète maturité. Or, dans nos localités, nous n’avons pas plus de trois mois de chaleur entre les dernières gelées du printemps

et les premières de l'automne, auxquelles le melon est toujours très sensible. Il faut donc que les couches chaudes et les abris permettent au melon de végéter pendant deux mois de nlus que la longueur ordinaire de nos étés.

Nous semons le melon dans la première quinzaine d'avril sur les couches chaudes préparées de la manière que nous avons expliquée dans les notions préliminaires, (Ces semis se font toujours en lignes espacées d'au moins 8 pouces. Lorsque les semis sont terminés, nous couvrons la couche chaude d’une couche régulière de terreau. La couleur foncée de ce dernier lui permet d’absorber les rayons solaires et d'augmenter la quantité de chaleur produite par le fumier en fermentation. ‘Tant que la température se maintient froide nous arrosons invariablement avec de l’eau tiède ; nous tenons la couche fermée, excepté pendant les heures les plus chaudes, et lorsque le soleil brille dans tout son éclat, nous soulevons les vitraux pendant quelques heures pour donner de l’air à la plante et l'empêcher de s’étioler. Le melon ainsi traité ne tarde pas à lever ; nous l’entretenons alors soigneusement en lui donnant des sarclages et des éclaircissages. Sur les lignes, l’espace entre chaque pied doit être d’au moins 5 pouces ; par conséquent, nous arrachons tous les pieds qui se trouvent dans cet intervalle. Nous pouvons utiliser ces plants en les transplantant dans une partie de la couche restée libre.

Pendant que le melon se développe, nous préparons le sol qui doit le recevoir, lorsque la température sera convenable. On fait toujours cette préparation avec grand soin. Le plus souvent on cultive cette plante sur buttes. Il faut d’abord que le sol soit abondamment fumé, ensuite bêché et soigneusement ameubli par des râtelages énergiques ; après ces opérations, on pratique les buttes et les ados.

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Pour faire les buttes, on creuse de 2 à 3 pouces la surface du sol, en pratiquant un creux circulaire d'environ 18 pouces de diamètre ; au fond de l’excavation, on dépose 4 à 5 pelletées de fumier de ferme bien décomposé ; on le tasse régulièrement et on le recouvre d’une couche de terre de 3 à 4 pouces d'épaisseur. On prend pour cela la meilleure terre de jardin que l’on puisse trouver. Les ados se font de la même manière, excepté que, dans ce cas, ce sont des buttes longues et étroites. On leur donne ordinairement 2 pieds de large à la base sur une longueur déterminée par l'importance de la culture.

On commence la transplantation lorsque les plants comptent quatre feuilles, et l’on fait ce travail par un temps sombre. Après avoir arrosé copi:usement la couche chaude, on arrache les plants de melon en mottes, c’est-àdire avec une bonne poignée de la terre qui l’entoure et on les introduit immédiatement dans des trous creusés sur les buttes. On met généralement 3 à 4 plants par butte et les buttes sont espacées de 4 pieds les unes des autres. Sur les ados, on espace chaque plant de 2 pieds environ. On ramène ensuite un peu la terre autour des plants en la pressant légèrement ; on arrose et l’on recouvre toute la surface des buttes ou des ados d’une bonne couche de terreau fin.

Planté dans ces conditions, le melon reprend sûrement, Cependant, si la température se tient à la sécheresse, il sera très prudent de couvrir les plants pendant les heures les plus chaudes de la journée, jusqu’à ce que la reprise soit assurée,

On fait la plantation dans les derniers jours de mai ou les premiers de juin, lorsque les gelées tardives du printemps ne sont plus à craindre. On pourrait planter plus tôt; mais il faudrait alors, pendant les journées et les nuits

froides, couvrir chaque plant avec une cloche en verre ou en papier huilé,

Les tiges se développent bientôt, et lorsqu'elles ont pris leur deuxième nœud, on les pince en cassant l'extrémité avec les doigts. Deux nouvelles tiges se forment aussitôt ; on les pince également, en haut de leur deuxième nœud. On renouvelle l'opération une troisième et une quatrième fois ; enfin on arrête définitivement le développement des tiges en coupant leur extrémité aussi souvent que le besoin s’en fait sentir. Par le pinçage on obtient le même résuitat que pour les concombres, c’est-à-dire qu’on permet aux fruits de prendre un plus grand développement, en faisant refluer vers eux le plus de sève possible,

Pendant le cours de la végétation, on donne encore à la plante des sarclages et des arrosages au besoin. On peut arroser avec de l’eai claire dégourdie au soleil ; mais les bons jardiniers mettent toujours dans les eaux d'arrosage un peu de guano ou de fiante de volailles sèche et pulvérisée. Ces engrais énergiques produisent des melons volumineux et savoureux.

Un pied de melon bien cultivé peut porter 5 ou 6 fruits ; mais on ne lui en laisse jamais plus que 3, même lorsqu'il est très vigoureux. Ces trois fruits sont plus gros et représentent un poids plus considérable que les six qu’on aurait laissés se développer en toute liberté.

Vers la fin de l'été, on hâte la maturation des fruis en les exposant aux rayons directs du soleil ; ce qui se fait en cassant les feuilles qui les ombragent.

On laisse toujours les melons mûrir sur leurs tiges, et on ne les récolte qu’à leur complète maturité. Les melons récoltés plus tôt manquent de saveur. On sait que, vers la fin de l'été, les gelées hâtives sont assez fréquentes. Il faut

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