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LE NAVET

Nous ne cultivons guère dans les p'tagers, pour les besoins de la table, que les nivets de Suède o1 choux de Siam. Ce légume est très recherché par tous les consommateurs.

On sème le navet le plus tôt possib'e au printemps, lorsque le sol et la température sont suffisamment réchauffés. On recourt aux couches chaudes quand on veut livrer de bonne heure pendant l’été de bons produits à la consommation.

La culture du navet s: fait d'après les mêmes principes que nous avons exposés pour la culture en plein champ.

L'OIGNON L'oignon est une plante condimentaire très es.inée et cultivée sur une grande échelle. On consacre toujours à cette plante une étendue cons dérable du potager.

ESPÈCES ET VARIÉTÉS. — La culture a créé de nombreu-

ses variétés d’oignon. Parmi les plus recherchées, on remarque : le rouge gros, le rouge hâtif, le gros blanc, le petit blanc hâtif, \e jaune paille, \e jaune d'Anvers, \e rose d'Espa-

gne, et l'oignon dit oignon-patate. Toutes ces variétés, moins la dernière, reçoivent les mêmes soins de culture.

CuLrTurE.—Les climats chauds et tempérés conviennent très bien à l'oignon ; mais les pays froids ou humides lui sont défavorables. Cette plante demande un terrain parfaitement ameubli et bien enrichi ; cependant elle n’aime pas les fumures récentes, et lorsque la bulbe de l'oignon est attaquée par les insectes ou plutôt par les vers, c’est toujours sur les sols qui ont reçu une fumure récente. La meilleure place dans la rotation que l’on puisse donner à l'oignon, c’est après une plante qui a reçu une abondante fumure, par exemple, après les choux, les navets, les betteraves et les patates, mais c’est toujours après le chou que l’on obtient les meilleurs produits d’oignon. On peut augmenter la quantité d'engrais äans les terrains enrichis par d'anciennes fumures, mais non avec des matières animales ; ce sont les engrais en poudre, comme les cendres et les matières riches en phosyhate, qui donnent les meilleurs résultats.

Ordinairement on sème l'oignon en pleine terre dans la dernière quinzaine de mai ; mais on pourrait aussi le semer sur couches chaudes avec transplantation en pleine terre vers l’époque ordinaire des semis. On obtient de ce dernier mode une avance de quelques semaines, ce qui permet de livrer plus tôt à la consommation des produits bien développés. Semé en pleine terre ou transplanté, l'oignon reçoit les mêmes soins pendant sa végétation.

Après l’ameublissement convenable du sol, où divise la surface affectée à cette culture en carrés ou planches larges d'environ 4 pieds et séparées par des allées ou sentiers. La manière de faire ces allé.s diffère suivant la nature du sol. Dans les terrains sableux exposés à la sécheresse, on les fait en piétinant la surface avec les pieds, sur la largeur

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d’un fer de bêche environ. Sur les terres argileuses, on confectionne les allées en creusant plus ou moins suivant la ténacité du sol. Ces allées aident à l'assainissement et satisfont par conséquent à une des principales exigences de l'oignon. On rejette sur les carrés la terre provenant du creusage des allées. Enfin, pour dernière préparation, on ameublit parfaitement la surface du car:é à l’aide du râteau et en même temps on enlève toutes les pierres que l’on y rencontre.

Lor que vient le moment de semer ou de planter, on trace sur les carrés de petits sillons à la distance de 8 à 9 pouces les uns des autres ; on alloue même 1 pied pour les grosses variétés. La meilleure manière de faire ces sillons, c’est, comme nous l'avons déjà vu, de placer une baguette ronde sur le sol et de l’ÿ enfoncer en la foulant aux pieds. On dépose ensuite la graine dans les sillons, et, comme cette graine est rarement de bonne qualité, on la sème drue, environ 7 à 8 graines par pouce; on recouvre la semence en ramenant légèrement la terre dans les sillons.

Quant à la transplantation, on la fait toujours en introduisant les plants dans le sol et en laissant, entre chaque pied, un espace de 4 pouces environ, Avant d’enlever les plants de la couche chaude, on arrose copieusement, et, après l’arrachage, on prépare les plants en coupant l’extrémité des racines et des feuilles. Les plants d’oignon sont bons à transilanter, quand ils ont atteint la grosseur d’un tuyau de plume ordinaire. Autant que possible on exécute ce travail par un teinps sombre et en arrosant avant et après la plantation. Le semis ou la plantation sont suivis de d’une bonne couche de terreau sur toute la surface des carrés. On se dispense généralement de cette opération, mais on fait alors un gra d tort à la production.

Pendant le cours de la végétation, la plante exige un terrain constamment net et de nombreux sarclages, que l’on exécute à la main. Chaque sarclage est suivi d’un léger rechaussage, On peut faire cependant le deuxième sarclage et les suivants partie à la gratte, et partie à la main, suivant l'importance de la culture. On ne doit pas non plus négliger les éclaircissages. Lorsque les lignes d’oignon sont bien dessinées et que l'existence des plants est parfaitement assurée, on pratique un premier éclaircissage, de manière à laisser un espace de 2 à 3 pouces entre chaque tige. Plus tard, on renouvelle les éclaircissages, au fur et à mesure des besoins de la consommation, jusqu’à ce que la distance qui sépare les oignons soit de 9 pouces.

Lorsque les bulbes commencent à faire leur apparition, au lieu de rechausser la plante, on la déchausse de manière que toutes les bulbes soient hors de terre et que les racines seules restent implantées dans le sol; c’est dans ces conditions que la plante se développe le mieux.

On doit cesser les arrosages fréquents pendant la première végétation, aussitôt que l'oignon commence à tourner ; autrement, on retarderait la maturation, et le produit ne se conserverait pas. On peut arroser avec de l’eau claire ; mais en ajoutant quelques poignées de fiante sèche de volailles ou de pigeons dans l’eau d'arrosage, on augmente considérablement le volume de la bulbe.

On récolte lorsque les feuilles de la plante sont b'en sèches ; et, si cette dessiccation retarde, on la hâte en pliant les tiges ou en les roulant avec un baril vide de farine.

Les jardiniers devraient toujours récolter eux-mêmes leurs graines de semence. Pour c:la ils cho siront, à l'époque de la moisson, les bulbzs les plus belles et les plus mûres appartenant à la variété qu’ils voudront cultiver, et, le prin-

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temps suivant, ils les planteront dans une terre riche et bien préparée, à la distance de 18 pouces les unes des autres. S'ils désirent avoir de la graine de plusieurs variétés, il faudra qu’ils augmentent la distance qui les sépare, afin qu'elles ne puissent pas s’entreféconder. Pendant le cours de la végétation, ils donnent les sarclages nécessaires, et, lorsque les tiges florales sont développées, ils leur procurent des tuteurs qui les préservent contre l’impétuosité des vents, La récolte se fait lorsque les têtes d’oignon sont blanches et les graines noires.

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