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LES POIS

Les pois cultivés dans les potagers sont remarquables par leur saveur exquise ; ils entrent dans plusieurs préparations culinaires, entre autres dans les soupes et les potages.

ESPÈCES ET VARIÉTÉS.—On groupe généralement toutes les variétés de pois en deux classes : /es pois à parchemin ou à écorce, et les pois sans parchemin ou pois mange-tout. On ne consomme que les graines de la première, mais on utilise l'écorce et les graines de la seconde.

CuLTURE.—La culture du pois se fait facilement. Cette plante se plaît sous tous les climats où la patate réussit ; elle demande un sol très meuble, sans humidité excessive, mais, en même temps, non exposé à une trop grande aridité ; elle ne veut pas non plus un terrain très riche. Ausst

ne fume-t-on jamais le sol pour les pois. Les fumures récentes activent le développemeny des tiges au détriment de la production des graines. Ilne faut pas cultiver le pois trop souvent à la même place; on doit laisser écouler un intervalle de 8 à 9 ans entre deux récoltes de pois, et l’on obtient les meilleurs produits sur les sols qui n’ont jamais porté cette plante.

Dans le potager, on cultive toujcurs le pois en lignes, dont la distance varie suivant les variétés. Les variétés non rameuses demandent un espace moins considérable que les variétés rameuses : pour les premières, 15 à 18 pouces suffisent, andis que pour les secondes, plus la distance est grande, plus les produits sont abondants. Plusieurs jardiniers allouent un espace de 8 à 9 pieds entre les lignes de pois raneux, et ils divisent le terrain qui se trouve dans l'intervalle en carrés sur lesquels ils sèment des végétaux d'un moindre développement, comme des oignons, des poireaux, des navets, des carottes. Ces lignes isolées reçoivent une abondante provision d’air et de soleil, et le pois se développe vigoureusement et donne un rendement magnifique.

Les semis se font lorsqu'on n’a plus à redouter les gelées du printemps, c’est-à-dire, pour nos localités, dans la dernière quinzaine du mois de mai. On trace sur le terrain de petits sillons d’une profondeur de 2 pouces tout au plus ; on y dépose la semence à la main ou au semoir, en laissant tomber environ 4 graines dans l’espace de 6 pouces, et un peu plus si la semence n’est pas de bonne qualité ; on recouvre de 1 pouce de terre dans les sols légers, et un peu moins dans les terres argileuses ; après le semis, on tasse les sillons avec les pieds. Si le sol et la température sont un tant soit peu humides, le pois végète avec une très

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grande rapidité. Pendant le cours de sa végétation, on le sarcle aü besoin, on l’éc'aircit:même, si les plants sont trop rapprochés, et on lui donne quelquefois des arrosages, lorsque la sécheresse se prolonge, Aussitôt que les tiges sont bien développées, on procure des tuteurs aux variétés rameuses ; ce sont ordinairement de légères baguettes de bois. Pour les lignes de pois isolées, on place une rangée de baguettes de chaque côté de la ligne.

On mange le pois surtout à l’état vert, et lorsque les fruits

sont bien développés, on en fait la récolte au fur et À mesure

des besoins de la consommation. En ca:sant les cosses, il faut bien prendre garde d’arracher les tiges, qui sont toujours très peu enracinées. Pour éviter cet accident, on tient la tige d’une main et l’on enlève les cosses de l’autre. A l’automne, on récolte le reste des fruits pour la consommation

de l'hiver.

Généralement, on n’est pas assez difficile sur le choix des graines de semence. On conserve souvent pour semences les produits de l'arrière saison ; c’est le plus mauvais choix qu’on puisse faire ; car les fruits que l’on obtient dans la vieillesse de la plante ou lorsqu'elle est épuisée par une production antérieure, ne contiennent que des graines peu vigoureuses. C’est là la principale cause de la dégénérescence des différentes variétés. Le bon jardinier connaît mieux les besoins de la production. Sur ses lignes de pois, il conserve un certain nombre de tiges qu'il laisse mûrir parfaitement et sur lesquelles il n’enlève aucune cosse pour les besoins de la consommation. Ces tiges donnent des graines de semence de qualité supérieure. Les graines

contenues dans les premiers fruits formés sont toujours les meilleures,

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