LA RHUBARBE
On emploie la rhubarbe dans la confection des conserves qui, par leur goût légèrement acide, facilitent la digestion des viandes ; on en fait aussi des pâtés et des puddings.
ESPÈCES ET VARIÉTÉS, — On ne cultive qu’une seule espèce de rhubarbe ; c’est la rhubarbe commune.
CuLTURE.—La rhubarbe est une plante vivace d’une très grande rusticité, qui lui permet de résister à toutes les rigueurs de notre climat. Elle exige un sol meuble et bien fumé ; il n’y a que les terrains compactes où l’on rencontre de l’eau stagnante qui ne soient pas favorables À sa végétation. La présence de l’eau stagnante amène bientôt la pourriture des racines, et la plante disparaît.
On multiplie la rhubarbe de deux manières: par ses graines et par l'éclatement des vieilles souches. Générale-
ment on préfère le dernier mode, parce qu'il donne des produits plus tôt pour la consommation. Cependant, si la plante venait à dégénérer, il faudrait la régénérer par des semis de graines, et voici comment on opère dans ce cas: on choisit les plus bélles touffes de rhubarbe ; on laisse quelques tiges florales se developper com lètement. Lorsque la g'aine est mûre, ce qui arrive vers le commencement d'août, on la récolte et on la sème immédiatement sur un terrain bien ameubli et parfaitement fumé ; après cela, on donne de légers arrosages pour hâter la germination. On pourrait aussi semer au printemps suivant, mais beaucoup de graines auraient alors perdu leur faculté germinative, et le semis devrait se faire plus dru.
Le printemps qui suit le serais, on transplante les nouvelles touffes à demeure. Cette transplantation s'exécute de la même manière que celle des éclats de vieilles souches. C’est ordinarement sur plates-bandes que l’on cultive la rhubarbe ; on fume abondamment le sol avec des engrais bien décomposés et où l’on pratique un bon bêchement et des râtelages. Il est reconnu que l’engrais le plus convenable à la végétation de la rhubarbe, c'est un mélange formé de 8/10 de fumier bien décomposé, de 1/10 de cendre et de 1/10 de chaux, le tout parfaitement mélangé.
On transplante toujours les pieds de rhubarbe très isolés les uns des autres. On fait sur la plate-bande des fosses peu profondes, mais assez larges pour que les racines puissent être étendues sans être pliées; on les recouvre légèrement, mais complètement ; on tasse la terre et on arrose pour hâter la végétation.
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Pendant toute la durée de lat plante, on ne doit lui ménager ni les sarclages, ni les arrosages, À chaque printemps, on enlève la terre qui recouvre les racines, sans blesser ces dernières ; on applique une fumure composée de la manière que nous venoas de voir, et l’on recouvre la terre comme auparavant,
Lorsqu'on a recours au semis pour cultiver la rhubarbe, ce n'est que la deuxième année qui suit la plantation que l’on obtient un produit passable : mais si l’on plante des éclats de vieilles souches, on récolte la rhubarbe pour la consommation la même année qui suit la plantation, Ce sont les supports ou queues des feuilles que l’on consomme, On ne doit jamais couper les queues, il faut les arracher, On enlève une petite quantité de tiges sur chaque touffe ;
on a le soin de conserver autant de feuilles que possible, parce qu’elles sont nécessaires à la vie de la plante, Si l’on n'a pas l'intention de récolter de la graine, on supprime les tiges florales à mesure qu’elles se développent,