‹ Le guide du cultivateur ou Cours d'agriculture [microforme]Chapitre 16 sur 113 · ORGANISATION DE LA CULTURE · texte numérisé non relu

ORGANISATION DE LA CULTURE

En commençant une expioitation, la première chose à faire est de tracer un plan exact et complet des diverses branches d'industrie qu'il sera possible d'utiliser sur une ferme, et établir les différents rapports qui existent entre ces industries. De cette manière, on pourra connaître comment on doit s'y prendre pour faire produire à la ferme toutes les denrées exigées par l’exploitation. Dans le tracé de ce plan, on tiendra compte de la richesse ou de la pauvreté du sol, du climat, de l'éloignement du marché, c'est-à-dire de la facilité plus ou moins grande de vendre ses produits, de l’activité de la population au milieu de laquelle on vit, du capital disponible, du mode de culture suivi avant d’entrer en jouissance, et des connaissances agricoles du cultivateur lui-même. Pour que ce plan soit bien fait, il faut que toutes ces conditions soient rigoureusement rem. plies ; autrement, les profits de la culture seront bien minces. Une ferme peut être soumise à différents systèmes de cul-

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ture, suivant les capitaux dont on dispose ; les uns demandent plus d'avances que les autres, et le cuitivateur ne pourra les mettre en pratique que s'il possède de grands moyens. Pour faciliter l'étude de ces no nbreux systèmes, on les a classés en trois grandes divisions que l’on a nommées système économique,

La première division ne s'occupe que de la production végétale, telle que plantes industrielles ou de consommation journalière. Ce système est suivi surtout dans le voisinage des villes. ‘Tous les jours le cultivateur peut vendre ses produits à la ville, et en rapporter le fumier nécessaire à l'entretien ou à l’amélioration de sa terre. Le cultivateur ne peut alors garder que les bestiaux strictement nécessaires à l'exécution de ses travaux de cu'ture. Ce système n'est praticable et économique qu’à la condition d’en retirer un volume d'engrais ; sans quoi la terre s’appauvrit et devient stérile.

Le deuxième système économique de culture porte le nom de système pastoral, et il consiste dans l'entretien d’un nombre con:idérable d'animaux, surtout sur des pâturages, On le pratique plus généralement dans les pays montagneux. Ces pays sont parcourus, pendant toute l’année, par de nombreux troupeaux de vaches et de moutons. Leur nature rocheuse ne permet pas d'utiliser le sol d’une manière plus profitable. Ces régions sont d’autant plus riches qu’elles nourrissent un plus grand nombre d'animaux, et cela se conçoit, parce que les seuls produits réalisés par cette exploitation consistent en produits animaux, tels que laine, fromage, beurre et viande. Ce système est inconnu au Canada.

Les deux systèmes que nous venons d’indiquer, employés isolément, présentent de graves et nombreux inconvénients.

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Avec le système pastoral, s’il survient une épidémie sur les animaux, que'ques semaines suffiront quelquefois pour ruiner complètement l'exploitation du sol Dans le système de production végétale, si l'année est mauvaise ou pluvieuse, si la grèle est fréquente et si les insectes sont nombreux, la production de l’année est tout à fait détruite, et le cultivateur se voit alors réduit à la plus affreuse misère.

Le troisième système économique qu’on appelle système mixte, ne présente aucun de ces inconvénients. Avec ce système on cultive la terre et on garde des animaux, Si les produits du sol font défaut, on pourra retirer quelques profits des animaux. D'un autre côté, si les produits animaux manquent, la terre nous donnera quelques produits. De sorte que ce système nous offre deux chances de succès, tandis que les deux autres n’en offrent qu'une.

Le système mixte renferme de nombreuses nuances : ou la production végétale l'emporte sur la production animale, ou celle-ci l'emporte sur la premièi. Ces variantes sont causées par la diversité des situations agricoles. Cependant on peut établir, comme règle genérale, que partout où l’on ne peut se procurer d'engrais, il faut que la production a'imale l'emporte sur la production végétale, Le succès de la culture dépend de l’accomplissement de cette condition. Dans ce cas, les végétaux qu’on cultive doivent fournir aux animaux toute la nourriture et la litière dont ils ont besoin, soit pour l’engraissement, soit pour l'élevage ou l'entretien. De leur cô é, les animaux exécutent le travail et procurent l’engrais nécessaire à l’exploitation.

Après avoir choisi le système économique le plus convenable à une exploitation, on adoptera un bon système de culture pris dans le système économique qu’on aura choisi ; car on doit déjà savoir que chaque système économique

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renferme une foule de systèmes de culture différents : les uns demandant beaucoup de déperses, et d’autres peu, les uns beaucoup de travail, et d'autres peu. Pour faire ce second choix, on marquera tous les détails du système de culture adopté, par exemple : les plantes diverses qu’on cultivera suivant la nature du sol, l’espace qu'on donnera à chacune de ces plantes, l'ordre suivant lequelelles se succtderont, le nombre d'animaux que la ferme pourra nourrir suivant son étendue et sa fertilité, l'espèce d'animaux la plus profitable, la manière d'exploiter ces animaux par l'élevage, l'engraissement et la production du beurre ou du fromage, la nourriture probable qu’on pourra leur donner, enfin le nombre et l'espèce des agents de culture, etc.

Le seul système économique suivi dans le pays, c’est le système mixte. Les deux autres ne sont pas en vogue, et ce serait une faute que de chercher à les introduire. Mais les systèmes de culture que nous suivons sont généralement défectueux, et l’on devrait de toutefnécessité les améliorer, parce qu’ils ne rapportent pas suffisamment à ceux qui les mettent en pratique et qu'ils épuisent la terre trop vite.

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