‹ Le guide du cultivateur ou Cours d'agriculture [microforme]Chapitre 15 sur 113 · Enfin le payement des engagés qui soignent et con · texte numérisé non relu

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Avec ces quelques données, on peut établir le compte des bêtes de trait et comparer la dépense qu'exige chaque attelage de bœufs ou de chevaux. On constatera bientôt que la dépense est énorme pour les uns et pour les autres, mais qu’elle est bien moindre néanmoins pour les bœufs que pour les chevaux. Il est bien vrai que d'ordinaire les bœufs font moins d'ouvrage que les chevaux ; mais même en établissant cette différence, on trouvera que le travail du bœuf est plus économique que celui du cheval.

Si l’on veut que les animaux de travail n’engloutissent pas la plus grande partie des profits, 11 faudra en diminuer le nombre autant que possible. On devra pour cela se procurer les instruments les plus perfectionnés, ceux qui demandent le moins de force de traction, puis se pourvoir d'animaux puissants et les bien nourrir. Quelquefois, sous le prétexte d’cconomiser, on ménage la nourriture; on rogne sur le foin et l’avoine, C’est là une bien mauvaise économie,faite sans jugement et au détriment du propriétaire lui-même : car les forces de l'animal s’épuisent en peu de temps, et le travail qu'il exécute n’est plus proportionné aux dépenses qu’il exige. Voilà pourquoi le dicton populaire nous dit : Bien nourrir le bétail, coûte beaucoup, mais le mal nourrir, coûte bien plus encore.

Les travaux manuels sont exécutés par le cultivateur et sa famille, et par quelques engagés. Il est essentiel dans une culture de n’avoir que le nombre de travailleurs strictement nécessaire. Ces travailleurs se divisent en deux classes : ceux qui sont employés à l’année et qui demeurent continuellement à la ferme, ce sont les engagés proprement dits ; et ceux qui ne travaillent que dans le temps pressé, à l’époque, par exemple, des semailles et des récoltes ; s'ils travaillent à la journée, on les nomme journaliers, et

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s'ils travaillent à l’entreprise ou à la tâche, on les désigne sous le nom de tâcherons. De tous ces ouvriers, les engagés sont ceux dont le travail revient le plus cher, parce qu’ils sont payés beau temps et mauvais temps.

Aussi n’emploie-t-on que le nombre absolument nécessaire pour les travaux qui durent toute l’année, par exemple, pour soigner les animaux et les conduire pendant le travail.

Dans certaines familles de cultivateurs, les engagés prennent un intérêt tout particulier au succès de la culture ; ils agissent comme s’ils étaient eux-mêmes maîtres de l’exploitation, et veillent avec un soin jaloux sur tout ce qui appartient à la ferme. Dans d’autres familles, les engagés se distinguent par la plus grande insouciance : ils conduisent les animaux avec négligence et n’en prennent aucun soin, ou ils les soignent mal ; les instruments agricoles se perdent ou se détériorent ; en un mot, tout s’en va à la ruine. Cette différence chez les engagés est due souvent à la manière dont les maîtres les commandent. Pour obtenir cet intérêt si précieux à toute exploitation agricole, il faut que le maitre traite ses employés avec bonté, mais en même temps avec tact et fermeté ; il faut qu'il fraternise avec eux, sans cependant aller jusqu’à la familiarité, Trop souvent les maîtres cherchent avant tout la force physique et l'adresse manuelle ; ce sont deux grandes qualités, mais ce ne sont pas les plus importantes. L'intelligence, la douceur envers les animaux, la probité et l’activité doivent primer la force et l'adresse,

Dans quelques maisons, on nourrit tous les ouvriers à la ferme, engagés comme journaliers. On commet peut-être ici une faute sous le rapport de l’économie ; car il est difficile de procurer à tous les ouvriers une nourriture qui leur plaise ou qui leur convienne, et un grand nombre d’entre

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Sen + UE eux préfèrent aller prendre leurs repas chez eux. Dans la plupart des cas, le cultivateur ferait bien de favoriser cette tendance, à moins que les ouvriers ne demeurent trop loin ; il payera un salaire plus élevé, il est vrai, mais, en somme, la journée lui reviendra moins cher. Cependant si le journalier travaille longtemps sur la ferme, si les travaux sont pressés et que la cuisinière puissent faire à bas prix une nourriture abondante et succulente, il sera avantageux de nourrir tous les employés à la ferme. L'augmentation de travail compensera très souvent le prix de la nourriture.

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