‹ Le guide du cultivateur ou Cours d'agriculture [microforme]Chapitre 18 sur 113 · partie aucoup on ne terres, opriété · texte numérisé non relu

partie aucoup on ne terres, opriété

En général nos cultivateurs ne savent pas recueillir le fumier ; ils ramassent assez b'en les déjections solides, mais ils laissent les urines s'infiltrer dans le sol et se perdre entitrement. Bien souvent les fumiers solides sont balayés par les eaux où brûlés par le soleil, Quelquefois le cultivateur enfouit ses engrais dans les terrains qui n’en ont pas besoin, tandis que d’autres terrains très épuisés n’en reçoivent aucune parcelle, L'homme intelligent et voulant faire des progrès, agira plus sagement ; il recueillera les déjections liquides et solides, les conservera avec s, , et ne jes enfouira que sur les terrains qui en demandent plus qu’ailleurs. Dans cette circonstance, il serait bon de se rappeler le proverbe suivant : Sans engrais, point de culture, et sans beaucoup d'engrais, point de bonne culture.

Le prix de l’engrais est le véritable thermomètre du succès agricole d’un pays. Dans les contrées les plus arriérées, on apprécie peu‘ les engrais ; on les considère comme une nuisance et on tâche de s'en débarrasser par tous les moyens possibles. Dans un état où la cuture est plus avancée, on réalise quelques sous en les vendant ; tandis que dans les pays entrés pour tout de bon dans la voie du progrès, le fumier atteint un prix élevé, 20 à 25 cts le voyage pris sur place, et encore faut-il être très actif pour s'en procurer,

Il y a quelques années au Canada, c’est-à-dire, lorsqu'on a commencé à faire des améliorations sur les terres, le fumier se donnait pour rien. Aujourd’hui, il faut le payer, 20 à 26 cts près des villes et ro à r2 cts dans les campagnes éloignées des villes. C’est une preuve évidente que l'agriculture a progressé, et, pour s’en convaincre, il suffit de jeter un simple coup d'œil sur nos riantes campagnes ; mais elle

peut faire encore plus de progrès, et nous espérons qu’elle en fera, avec l’aide des gouvernements provincial et fédéral,

Pour qu’un système de culture soit complet, il faut que, d’une manière ou d’une autre, il donne le moyen de se procurer tous les engrais nécessaires à l'amélioration du sol, s’il est pauvre, et à son entretien, s’il est riche. Comme nous Pavons déj} dit, on pourra, près d’une ville, obtenir facilement de l’engrais ; mais lorsqu'on sera éloigné des grands centres, il faudra que le cultivateur garde assez d'animaux pour produire l’engrais nécessaire à sa culture.

Le fumier, c’est la matière première en agriculture ; c’est de lui que dépendent la richesse plus ou moins grande du sol et la quantité des produits que l’on en obtiendra. Vous avez deux champs voisins, de la même natu:e, soumis au même système de culture et ayant la même température ; l'un donnera d’abondantes récoltes, tandis que le rendement de l’autre sera bien médiocre; pourquoi cette différence? C’est parce que le premier a reçu une bonne

famure, tandis que le second n’en a pas reçu. Cent voyages

de fumier rapportent p'us de $30.00 de produits de plus, et ce fumier coûte à peu près $ro. Avec du fumier, on peut obtenir sur une étendue moitié moindre autant de produits que sur le double d’une terre pauvre et non fumée.

La quantité de fumier exigée pour une culture est très variable ; elle est d’autant plus grande que le climat est plus froid et plus sec, que l’on a plus souvent fait produire a'1 sol des plantes très épuisantes et que les mêmes végétaux ont été récoltés plus fréquemment sur le même champ, Dans les terrains secs et en pente, on fume moins abondammen, mais plus fréquemment que dans les sols argileux et plats. Ordinairement une fumure de quarante à cinquante voyages suffit pour nourrir converablement trois

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Les Belges, nos maîtres en pratique agricole, sont tellement convaincus de l’importances des engrais que, d’une année à l’autre, ils cherchent par tous les moyens possibles à augmenter la valeur de leur fumier. Pour eux, un gros tas de fumier est un gage de succès, et ils ont coutume de dire : Bien fumer une terre et bien nourrir le bétail, c’est la plus sûre garantie du succès. Et c’est très vrai ; car, pour avoir un produit quelconque sur une terre pauvre, il faudra que l'étendue cultivée soit double de celle d’une terre riche. Par conséque t, en enrichissant nos terres, nous aurons moitié moins de dépenses à faire pour la culture, et les profits nets augmenteront en proportion.

Lorsqu'il est impossible de se procurer du fumier en dehors de la ferme, ce qui arrive le plus souvent, on doit alors produire soi-même cet engrais au moyen d'un bétail suffisant ; mais on ne gardera pas seulement des animaux pour la production du fumier, il faut en outre en recueillir des produits marchands, tels que le lait, la laine, la viande, etc. Alors on calculera quelle espèce d'animal nroduira le plus ; l'on rapprochera ses dépenses des produits de vente, et, après avoir fait ce calcul, on choisira l’espèce qui sera la plus avantageuse. Cette espèce sera celle où le fumier reviendra au plus bas prix. Prenons les vaches, par exemple, Ordinairement ces bêtes payent avec leur lait et leurs veaux toutes les dépenses qu’elles nécessitent pour leur nourriture,

leur entretien, l'intérêt du p:ix d’achat et le loyer de l’étable,

et donnent même un excédant de revenu sur les dépenses, Ces animaux sont certainement le; plus avantageux, puisqu'ils donnent un produit en sus, sans aucune dépense, Dans l’état actuel de nos marchés, les produits de la vache

— le teurre et le fromage — sont sans contredit ceux dont la vente est la plus facile,

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Dans les calculs qu’on fera pour établir la supériorité des races animales, on évaluera les fourrages et les articles de consommation un peu au-dessous du prix du marché; car ici, on n’a aucun chargement et aucun transport à payer.

Cependant, quoique le bétail soit la plus belle richesse d’une exploitation agricole, on n’en gardera pas pius qu’on est capable d'en nourrir convenablement, Nous insistons souvent sur ce point, parce qu'il est d’une importance capitale. Le nombre de bêtes doit être proportionné à l'étendue de la ferme et à sa fertilité. Sur une terre de fertilité moyenre, on peut garder une v:che ou un bœuf, ou un cheval, ou dix moutons, ou six porcs, par cinq arpents en superficie. Sur une terre meilleure que la précédente et dont le système de culture est simple et économique, mais bien approprié aux circonstances locales, on peut garder une tête de gros bétail ou l'équivalent par quatre arpents et demi. Avec le système de culture alternatif, trois arpents et demi suffiront, et sur des fermes particulièrement favorisées sous :e raprort de la production fourragère, de même que sur celles où l'élevage du bétail l'emporte sur la culture proprement dite, on gardera une tête de gros bétail par trois arpents.

Il est parfaitement admis dans l’art agricole que la production du fumier et c-lle de la viande ne dépendent pas du nombre de bêtes qu’on nourrit, mais simplement de la quantité de nourriture qu’on peut leur accorder. Il est donc convenable de fixer le nombre de bêtes qu’on possèdera plutôt par la production fourragère que par l’étendue de la ferme. La production du fumier sera proportionnelle à la production fourragère. D’après des expériences faites sur un grand nombre d'animaux et dans lesquelles on peut avoir confñance, on a trouvé qu’un certain poids de foin,

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