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augmenté de son quart de litière, donnera un poids double de fumier, en supposant qu’on n’a rien perdu et que les étables sont disposées de manière à ce que les urines n’en sortent que sous forme de fumier. Ainsi, si l’on donne à un animal 100 lbs de foin, plus un quart de ce poids en litière, c’est à-dire 25 lbs, on obtiendra un poids double de fumier savoir : 250 Ibs. Si l’on donne 100 lbs de patates — ce qui équivaut à 50 1bs environ de foin, on aura 125 Ibs de fumier ; car, à poids égal, les patates ne contiennent pas la moitié des matières nutritives du foin. Si on emploie 100 lbs de paille, on aura à peu près la même quantité de fumier qu'avec les patates. Si on donne 100 Ibs de navets, avec 1/3 de litière, on ne recueillera que 50 Ibs de fumier, la matière nutritive du navet n'étant, à poids égal, que 1/5 de celle du foin. Si l’on donne roo ! »5 d'orge avec 50 Ibs de litière, on aura 500 Ibs de fumier ; car, à poids égal, l'orge contient deux fois plus de matière nutritive que le foin. Il en est de même de tous les autres aliments qu’on ne doit servir qu’en proportion de leur faculté nutritive, D'après ces données, une vache de grande taille qui recevrait par jour 30 lbs de foin, ou son équivalent, avec 10 Ibs de litière, produirait par jour 100 lbs de fumier où 14,400 1bs par six mois d'hiver. Les chevaux reçoivent une nourriture plus abondante que les vaches, mais comme ils sont très souvent en dehors de la ferme, ils donnent moins de fumier. Pour les hêtes à laine on admet que dix équivalent à une vache; pour les porcs, 6 seulement donneront autant de fumier qu’une vache. Les bêtes à l’engrais sont mieux nourries que les auimaux à l'entretien ; aussi produisentelles plus de fumier, et ce fumier est plus riche — la qualité compense la quantité,
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Lorsqu'on a des fourrages en abondance, il est très avantageux de faire coucher les animaux dans les étables, ou du moins dans une cour, pendant tout l'été. C’est une excellente pratique, qui comporte avec elle un avantage immédiat, car les animaux produisent la moitié du fumier qu'ils auraient donné en stabulation complète. On sait qu'une vache qui reçoit 22 Ibs de foin par jour comme nourriture et 6 Ibs de paille comme litière, donne par jour 50 lbs de fumier. Quand elle est au pâturage, elle prend à peu près l’équivalent de la nourriture précédente, elle donne encore 50 Ibs de fumier par jour. Comme elle passe toute la journée au pâturage, ce fumier est déposé sur le sol; mais si elle couche à l'étable, la moitié du fumier, ou 28 Ibs, sera recueillie par le cultivateur, Au bout de cinq mois de pâturage, le fumier ainsi recueilli s’élèvera à 4,200 lbs, ce qui, avec les 11,700 Ibs produites pendant les sept mois d’hiver, formera 15,900 Ibs ou à peu près vingt voyages de fumier. Il va sans dire que dans ces calculs on suppose toujours que le fumier est recueilli avec soin, bien traité et employé aussitôt que possible ; autrement, la quantité sera grandement diminuée.
Le jeune cultivateur qui a de l'ordre, doit, en prenant possession d’une ferme, faire une division convenable de sa terre et déterminer, par conséquent, l’étendue de terrain qu’il consacrera à la production fourragère nécessitée pour la nourriture des bestiaux qui devront produire le fumier nécessaire à son exploitation. Après cela, il calculera l’étendue de terrain qu’il devra employer à la production des céréales dont la paille sert de litière à ces mêmes animaux. Dans les teires peu fertiles, après avoir fait ce choix, il ne reste plus généralement de terre de disponible ; mais si la terre est meuble et produit beaucoup, il reste alors une
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petite étendue dont on peut disposer pour la culture de quelques plantes industrielles.
Une bonne terre, qui produit 14 à 15 minots de blé par arpent, peut servir moitié à la production des fourrages et moitié à la production des céréales, Cependant, il y a des exceptions à cette règle. On se trouve quelquefois placé dans des circonstances toutes particulières qui nous forcent d'augmenter l’étendue des fourrages et de diminuer l’étendue des céréales. D'ailleurs ce n’est pas un grand mal, parce que le cultivateur pourra mieux enrichir son sol. Si, outre les terres d’exploitation proprement dite, on posséde des prairies naturelles, on pourra alors cultiver quelques plantes industrielles, cultiver, par exemple, un vingtième de la terre en plantes industrielles, quelquefois un peu plus, si la terre est de meilleure qualité, mais jamais plus qu’un douzième ou un quinzième pour les terres les plus riches, parce que les plantes industrielles épuisent généralement le sol, consomment beaucoup de fumier et n’en produisent pas du tout. Aussi, lorsque la terre est pauvre, il vaut mieux renoncer complètement à leur culture.
Les plantes industrielles qui réussissent le mieux au Canada sont le chanvre, le lin et le tabac. On pourrait en cultiver quelques autres avec avantage. Les patates, les carottes, les betteraves, les navets et les autres légumes verts sont considérés comme plantes fourragères. Quand on a les moyens suffisants, on peut consacrer à ces légumes un tiers de l'étendue ea fourrages ; sur une terre forte et d’une culture difficile, on peut mettre un peu moins que le tiers en légumes. Sipposons une terre de 200 arpents, dont 60 arpents en praieries et 140 en culture, et recevant 60 voyages de fumier par arpent tous les six ans ou ro voyages par année ; il faudra 7,670 Ibs de fumi:r et trente sept têtes de
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gros bétail nourri à la stabulation complète pur faire face à cette consommation d'engrais ; et pour nourrir ce grand nombre d’aniinaux, il nous faudra 20,031 Ibs de fourrages et 10,050 lbs de paille. Quant à l'étendue nécessaire à cette production, il est assez difficile de la déterminer, car elle dépend de la fertilité du sol et du genre de culture auquel on la soumet.
Les bonnes prairies donnent en moyenne 300 bottes de foin par arpent, ou 4,500 Ibs. Dans un sol riche, le trèfle, les vesces et les fourrage; analogues donnent à peu près le même produit que le foin. Si l’on cultive des betteraves pour les animaux, on pourra toujours compter, avec une bonne culture, même dans les so!s nédiocres, sur un rendement double en matière nutritive de celui de la meilleure prairie.
On a supposé que sur les 200 arpents qu’embrasse la ferme, 60 arpents sont en prairies naturelles. Pour qu’il y ait la moitié de la terre en fourrages, il faut ajouter 40 arpents que l’on cultivera en racines, en trèfle, etc. Mais si les animaux ne sont pas nourris à la stabulation complète, une partie de cette étendue sera consacrée aux pâturages, et assez souvent il faudra mettre plus de la moitié de la terre en fourrages pour rencontrer les exigences du bétail.
Nous avons déj} vu que la paille mangée par les animaux ne donne en fumier que la moitié de ce que produit un poids égal de foin, tandis que, employée comme litière, cette même paille donnera un poids double de fumier. Dans ce cas, il est donc plus avantageux de faire consommer la paille comme litière que comme nourriture. Si l’on reconnaît que la paille est peu nourrissante, on fera en sorte d’en donner le moins possible aux animaux. Avec une bonne administration, la quantité de paille ne doit pas aller
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au delà du tiers de la récolte totale ; les deux autres tiers seront employés comme litière. Alors la quantité de fumier recueillie sera plus considérable, les animaux seront mieux nourris et les produits de ces derniers bien plus élevés.
D'après l'expérience des agriculteurs habiles, on a constaté qu’en général trois récoltes successives de céréales enlèvent toutes les substances fertilisantes contenues dans une fumure ordinaire, d’environ quarante voyages par arpent. De sorte qu'après ces trois récoltes, le terrain que l'on a engraissé est devenu aussi pauvre qu'auparavant. Le cultivateur doit éviter cet épuisement par tous les moyens qu'il a à sa disposition. Pour cela il argmentera la fumure et n’exigera de chaque fumure que trois récoltes de céréales. Dans ces trois récoltes de céréales 100 Ibs de fumier produisent environ 10 Ibs de grain, ou, en d’autres termes, chaque 10 Ibs de grain enlève au sol la fertilité que lui donnent 100 lbs de fumier.
On remarque aussi que tous les grains n’ont pas la même faculté épuisante. Ainsi, à poids égal, le blé épuise plus le sol que l'orge et le seigle, et surtout plus que l’avoine. De là on conclut que l'épuisement du sol est en raison directe de la facu'té nutritive des plantes. En conséquence les patates sont moins épuisantes que le blé ; l’expérience a dé 1ontré que généralement 100 lbs de patates n’épuisent pas plus le sol que 7 lbs de blé. Si donc on veut conserver le sol dans un bon état de production et l’empêcher de s’épuiser, on lui doïnera une fumure égale à un peu plus de dix fois le poids récolté, puisque ro Ibs de grain enlèvent la riehesse produite par 100 Ibs de fuinier.
On peut faire ici un calcul des plus utiles. Supposons que le blé pèse 60 Ibs par minot, le seigle 50 Ibs, l'orge 48 Ibs, et l’avoine 34 lbs, ce sont les poids reconnus par la loi avec