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céréale, et auquel Sawson a donné le nom 'avénine ;: c'est cette aténine qui constitue l'élément le plus précieux de l'alimentation du cheval.
On peut engraisser un cheval sans avoine, mais on ne peut pas le rendre dur au travail, ni lui donner de vigueur.
Donc la base de l'alimentation de tout cheval qui travaille (quel que soit le genre de ce travail), c’est l’avoine.
On en donne plus ou moins, suivant que le cheval travaille plus ou moins fort.
Le foin est nécessaire jusqu’à un certain point, mais pas autant (il s’en faut de beaucoup) qu’on le croit généralement,
Il suffit de jeter un coup d’œil sur le tableau comparatif suivant pour se rendre compte de l’énorme différence qu’il y a entre le foin et l’avoine comme aliment nutritif :
Avoine, Foin.
Ligneux et eau (matières inutiles) 7 p. c... 59 D. c Matières azotées (matières réparatrices)
D DR ES Ce ta ns noms ss.
Matières non azotées (servant à la chaleur
animale et à la production de la graisse)
ANR PAT TT RS 1212 p.c.
Matières minérales 314 p. c à peu près nulle
Récapitulation : Avoine: matières nutritives 93 D 6;
Foin: 50p. c.
Et dans cette énumération il n’est pas tenu compte de l'avénine, qui compte pour plus d’un quart dans la valeur nutritive de l’avoine.
C'est pourquoi, au point de vue théorique et pratique, comparée au foin, l’avoine compte pour 3 et le foin pour 4 dans l'alimentation du cheval.
RES de AA
Aussi dans les villes, bien maladroits sont ceux qui, sous prétexte d'économie, prodiguent le foin et ménagent lavoine,
J'ai dit que le foin était nécessaire jusqu’à un certain point, Il faut au cheval du foin, même quand on lui donne beaucoup d’avoine, pour lester l'intestin qui fonctionnerait mal, s’il n’était pas rempli dans une certaine mesure par cet aliment volumineux, mais peu nutritif. C’est donc comme Zest que le foin est surtout utile.
C'est pourquoi, quand on en aura donné une certaine quantité, disons 16 lbs pour la plupart des chevaux et 24 Ibs pour les plus grands, si la quantité d’avoine a été suffisante, on peut le remplacer, sans inconvénient aucun, par la paille,
L’avoine est donnée en trois rations (matin, midi et soir) ; le foin en deux rations.
ORDRE DES REPAS. — Autant que possible les. repas du cheval doivent être réguliers, surtout ceux du matin et du soir,
On donne le foin d’abord, ensuite l’eau, enfin l’avoine.
Il est utile d’accoutumer les chevaux à ce régime, cependant il yen a qui ne veulent jamais boire avant d’avoir mangé l’avoine.
Le foin contient peu de matières azotées (71/7) de sorte que, pourvu qu'il soit bien mastiqué, la digestion dans l'estomac sera accomplie dans 30 à 40 minutes. L’avoine devra y rester une couple d’heures. Ce qui fait qu’en donnant l’avoine d’abord et le foin ensuite, celle-là est chassée par le foin de l'estomac dans l'intestin avant qu'elle soit complètement digérée, et est perdue comme aliment.
Cet inconvénient est encore plus grand quand on abreuve le cheval après lui avoir donné l’avoine.
Une couple de fois par semaine on devra donner un #”a54,
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c'est-à-dire, du son délégué à l’eau froide, afin de rafraichir le système qui est plus ou moins échauffé par l’avoine.
Si l’on veut engraisser rapidement le cheval, on lui donne des farines d'orge, de lin, d'avoine et du son mêlés ensemble et sur lesquels on répand de l’eau chaude.
Le maïs, les carottes, le trèfle, les topinambours, peuvent servir à varier l'alimentation. Mais rien n’est si bon et ne coûte meilleur marché (dans les villes) que l’avoine comme base alimentaire accompagnée de 16 À 24 Ibs. de foin.
NOURRITURE DU BÉTAIL.—T/alimentation du bétail d’engrais ne doit pas être celle du bétail laitier.
Voici, en aussi peu de mots que possible, comment on devra soigner ces deux catégories de bestiaux.
BÉTAIL D'ENGRAIS.—Le secret du succès dans l’engraissement du bétail, c’est de lui faire manger la plus grande quantité d'aliments possible en aussi peu de temps que faire ce peut. Car il y a une partie de l'aliment qui sert à maintenir la vie, c’est la ration d’entretien; cette partie de laliment est totalement perdue pour l’engraissement. C’est l’excédant de cette portion de nourriture qui produit de la graisse. Or, si l’on prend 9o jours à engraisser un animal, on aura donné inutilement go rations d'entretien ; si l’on met 150 jours à parfaire l’engraissement, on aura perdu 150 rations d'entretien.
Pour que l’engraissement du bétail scit rémunératif, il faut donc le pousser, le hâter, afin de perdre le moins possible de rations d'entretien. Cependant il ne faut pas que la portion soit assez forte pour dégoûter l'animal ou le rendre malade. Ne lui donnez rien que ce qu’il peut manger avec appétit.
Certains aliments contiennent peu de matières propres à
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la production de la graisse, d’autres au contraire en contiennent beaucoup.
Ainsi le foin ne contient que 30 pour cent d'éléments nutritifs, tandis que l’avoine, le blé-d'inde, le son, les tourteaux en contiennent de 7o à 85 pour cent. D'où il suit que c’est avec le foin que le bétail engraissera le moins vite.
Mais me dira-t-on, quand on a du foin plein ses granges, il faut bien le faire manger, et l’engraissement au foin seul coûtera encore moins que si l’on achète de l’avoine ou des tourteaux !
Peut-être que oui ! En tout cas voyons un peu.
A et B ont mis à l’engrais le même jour chacun un animal de même âge, de même race, de même taille et de même conformation.
A engrais.e au foin seulement. Il lui donne trois bottes de foin par jour. Le foin se vend bon marché, disons quatre piastres.
Cela fait donc 12 cents par jour de nourriture = 12 cents
Outre le foin, B donne du grain. Son animal à l’engrais reçoit :
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3 lbs de son à 75 rents le 100 lbs..........,= 217 3 lbs d'avoine à 40 cents le minot de 361bs = 4 ‘
2 1bs de tourteaux de coton $25.....,,,...,,— 21/5
Total en chiffres ronds.... 1212
L’engraissement des deux animaux coûtent le même prix ; mais celui qui ne mange que du foin n’a que 30 pour cent de matières nutritives, tandis que l’autre reçoit une nourriture qui en contient de 7o à 85 pour cent. De sorte que si l’animal de B a pris 3 mois pour engraisser, celui d'A prendra 5 mois,
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De sorte que À y trouvera son compte à vendre son foin à 4 piastres et à acheter du son, de l’avoine et des tourteaux.
On donne le foin matin et soir seulement. Quant à la portion de grain, on peut la donner en 2 où 3 fois, mais je préfère ne la donner que 2 fois par jour. Le temps doit être épargné, c’est de l'argent. Soignés régulièrement le matin et le soir, les animaux engraisseront tout aussi bien que sils l'étaient 3 fois par jour.
BÉTAIL LAITIER, — Le bétail laitier doit toujours être en bon état de graisse, si l'on veut qu'il donne tout le lait qu'il est capable de donner. La meilleure nourriture pour les vaches à lait est certainement l’ensilage accompagné d’une petite quantité d'aliments contenant beaucoup de matières nutritives. La quantité d’ensilage varie en proportion de la taille de l’animal : 25 1bs pour une petite vache canadienne, de 35 à 45 I1bs pour une croisée Durham ou pour une Ayshire suffisent. En donnant cette quantité d’ensilage on pourra réduire la quantité de foin d'au moins les 23.
Je recommande l'alimentation suivante pour les vaches laitières :
Fous se reusrscs Ib 40:00 = 2 cents PAS eut .. 61bs. à 2oc=1 Ensilage de 25 à 45 Ibs. selon la
taille de l'animal.
So heteomerrets TIDS 1% Tourteaux de coton.. 3 lbs. 4
812 cents.
On a là une excellente nourriture qui coûte beaucoup moins que si l’on ne donnait que du foin.
Le foin et la paille doivent être hachés. On ajoute l’ensilage, le son et les tourteaux, et l’on fait tremper pendant
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12 heures, soit dans l’eau froide, ou mieux dans l’eau chaude, ou mienx encore on fait cuire à la vapeur.
Si, pour une raison ou pour une autre, on ne pouvait faire subir la macération à ce mélange, il faudrait bien mélanger le foin et la paille avant de les donner aux animaux au repas du matin, [’ensilage serait le repas du soir. Quant au son et aux to'rteaux, on Îles mélangerait après y avoir ajouté un peu d’eau. Cela ferait le repas du midi.
L’ensilage peut être remplacé par les betteraves, les navets de Suède, etc. ; cependant ils sont beaucoup moins bons que l’ensilage pour faire donner du lait,
On peut dire que la base de l'alimentation de la vache laitière c’est :
L’ensilage comme fourrage, et le son et les tourteaux de coton comme nourriture ex/ra.
En été, les vaches vont au pâturage ; elles trouvent dans l'herbe tous les éléments nécessaires à la production abondante du lait. Cependant elles ne donnent jamais tout le lait qu’elles pourraient donner. Le mauvais temps, l'extrême chaleur, les mouches, sont autant de choses qui diminuent la traite.
Si l’on veut faire donner une grande quantité de lait à une vache, il faut la garder à l’étable, la soigner au fourrage vert en y ajoutant du son, des tourteaux, etc. Je parle par expérience, mes lecteurs peuvent m'en croire ; qu'ils essayent et ils se convaincront facilement de la vérité de ce
que je dis.
Il est nécessaire de donner chaque semaine quelques onces de sel au bétail soit laitier, soit de boucherie.
Le sel est un condiment et un très bon stimulant des organes digestifs des bestiaux.
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On doit, autant que possible, abreuver les animaux avant de leur donner leur ration de grain. Il vaut encore mieux leur tenir de l’eau constamment devant eux.
Je suis fermement convaincu que d'ici à dix ans la moitié au moins des cultivateurs aura adopté la stabulation complète pour son bétail. Il n’y a que ce moyen de lui faire
“donner tout ce qu’il peut nous donner ; il n’y a que ce moyen de nourrir à bon marché et d’avoir beaucoup de lait.”
NOURRITURE DES MOUTONS.—La Gazette des Campagnes a publié dernièrement un excellent article sur les soins à donner aux moutons pendant l'hiver, En le reproduisant, nous croyons rendre service à la classe agricole :
“ Quelque froid qu’il fasse, on pourra toujours, sans inconvénient, faire sortir les bêtes à laine pendant quelques heures de la journée, pourvu que l'air soit sec. Ce qui leur est nuisible, ce n’est pas le froid, contre lequel les garantit leur épaisse toison, c’est l'humidité du sol et de l’atmosphère. Aussi, pendant le dégel serait il prudent de les laisser à la bergerie. ‘ Le grand hiver, disent les bergers, n’est pas l’hiver des moutons : ” en effet pour eux, le véritable hiver, le temps de la souffrance, est le mois où la température commence à se détendre et où l'air se charge de vapeurs. La neige ne doit pas eftrayer le berger, même s’il voit ses moutons en manger ; les expériences de Daubenton prouvent qu’elle ne leur est pas nuisible.
En hiver, plus peut-être qu’en été, il est important de laisser toujours à la disposition des moutons du sel, soit en blocs, soit dans de petits sacs de toile qne l’on suspend à l'extrémité du râtelier. Les moutons vont les lécher, et prennent ainsi la quantité de substance qui leur est nécessaire : en outre de ses propriétés toniques, le sel a l’avan-
(00 es tage d’exciter l'appétit et de rendre les aliments plus digestifs. Les bergers allemands ont l'habitude de l’employer en poudre ; ils en répandent deux fois par semaine une certaine quantité dans les mangeoires, le soir au moment où ils font rentrer les moutons, puis ils laissent ceux-ci sans boire jusqu’au lendemain matin. Nous n'approuverons point cette pratique. Les moutons, n'ayant point le sel continuellement à leur disposition, se jette alors sur cette friandise avec trop de voracité ; les gros poussent les plus faibles et leur volent leur part ; il s'ensuit que quelques-uns en mangent trop, et que d’autres n’ont pas ce qui leur est nécessaire.
Une excellente manière de faire consommer le sel consiste à en saupoudrer les fourrages en les montant en meules ou en les rentrant dans les greniers au moment de la fenai son; on en emploie 3 Ibs par 1,000 Ibs de fourrage sec ; en fermentant, le foin 54e, comme chacun le sait ; l'humidité dissout alors le sel, qui pénètre le foin et le rend plus savoureux ; les moutons ne laissent jamais perdre aucune parcelle des fourrages qui ont été préparés par cette méthode.
Le foin qui a contracté quelque mauvaise odeur par son séjour au-dessus des étables est impropre à la nourriture des bêtes à laine, aussi bien que des chevaux, surtout s’il s'y montre des moisissures ; dans ce dernier cas, c’est tout au plus si on peut l’utiliser comme litière ; quant à l’employer comme aliment, il n’y faut point songer. Enfin les fourrages moutllés et ceux qui ont été vasés leur occasionnent des maladies de poitrine, et aussi, dans certains cas, le chancre a la bouche. Lorsqu'ils consomment de pareils fourrages, ils sont plus disposés que jamais à contracter toutes sortes de maladies, mais ils les rebutent tant que la faim ne les presse pas trop.
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Le son est pour les bêtes à laine une fort bonne nourriture ; nous l'avons employé avec avantage à leur entretien et à leur engraissement, On l’accuse à tort d’être dépourvu de principes nutritifs, sous prétexte que le peu qu'il en contient n'est dû qu’à la présence de la farine qui v reste attachée, et qui, avec les procédés de mouture actuellement en usage, ne s’y trouve qu’à dose homæopathique. L'un de nos éleveurs les plus distingués, M. Félix Villeroy, a dejà combattu cette idée, qui se fonde sur une base entièrement fausse, à savoir, que le son est à peu près exclusivement composé de ligneux. Dans un opuscule du plus haut intérêt, intitulé : Recherche sur la valeur nutritive des fourrages et autres substances destinées à l'alimentation des bestiaux,” M. Isidore Pierre publie une analyse du son de froment qui est concluante.”?
En traitant les différents sujets qui forment la première partie de cet ouvrage ou de ce cours agricole, nous avons parlé d’une foule de choses que le cultivateur connaît depuis longtemps, mais nous avons cru bien faire en insistant sur des détails connus, mais qu’on oublie trop facilement dans la
pratique. Il y a un proverbe qui dit qu’on ne répète jamais assez les bonnes choses. C’est surtout en agriculture que cette vérité trouve mieux son application. Et voilà pourquoi nous répèterons ce qui a déjà été dit vingt fois avant nous. Voltaire disait : Mentons, mes amis, il en restera quelque chose. Eh bien, de notre côté nous dirons: Répétons ce qui est vrai, et il en restera toujours quelque chose.