‹ Le guide du cultivateur ou Cours d'agriculture [microforme]Chapitre 68 sur 113 · LE TRÈFLE BLANC · texte numérisé non relu

LE TRÈFLE BLANC

Le trèfle blanc est aussi une plante vivace, qui croît spontanément dans la plupart de nos bonnes terres argileuses. Sa tige rampante a un grand nombre de ramifications, qui s’enracinent dans le sol de distance en distance. Cette propriété fait du trèfle blanc une plante des plus précieuses pour les pâturages ; les animaux ne la détruisent pas, et, lorsque lés pluies viennent de temps en temps rafraîchir ou humecter le sul, le rasage du trèfle par les animaux semble en favoriser la multiplication. Catte plante est plus nourris-

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sante que les autres trèfles pour tous les animaux de la ferme.

Soc. — Le trèfle blanc préfère les terrains frais, de consistance moyenne et contenart une assez forte proportion de calcaire. Cependant il donne encore des produits passables sur les terres dont la composition diffère beaucoup de la précédente. Ainsi, on voit de beau trèfle blanc sur les terrains secs et légers, comme sur les sols argileux et humides.

CLimaT.— Le trèfle est très rustique et résiste parfaitement aux intempéries et aux fortes gelées de l'hiver; il croit même spontanément sous les climats froids, où il donne même de meilleurs produits que sous les climats chauds.

PLACE DANS LA ROTATION, —Le trèfle blanc tient la même place que le trèfle rouge ; il demande aussi la même prépa ration du sol et les mêmes engrais.

SEMAILLES. — On peut semer indifféremment le trèfle blanc en automne dans une cérézle d'automne, ou au printemps dans une céréale de printemps. Comme sa graine est plus fine que celle du trèfle rouge, on en sème une plus petite quantité par arpent, soit environ 7 à 9 Îbs.

SOINS PENDANT LA VÉGÉTATION, — Dès l’automne qui suit le semis, et lorsque la plante est suffisamment développée, on l’a fait pâturer pendant quelques jours, afin qu’elle puisse mieux taller. Le printemps suivant, si les moyens le permettent, on répandra sur le jeune trèfle une légère couche de cendres, dans la proportion de 20 à 25 minots par arpent. Cette culture, du reste, s'exécu‘e comme celle du trèfle rouge.

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RÉCOLTE,—On récolte le trèfle blanc en le faisant pâturer sur place. Mais, comme c’est une plante précieuse et que le prix de revient est assez élevé, on devra empècher les animaux de fouler aux pieds une trop grande étendue de

icette culture. Pour cela, on divise le champ de trèfle en

petits clos dont la superficie est prop rtionnée au nombre de bêtes que l’on y fait paitre. On entoure ces clos de clôtures mobiles, que l’on peut changer de place à volonté. Les animaux qui paissent le trèfle blanc sont exposés à m accident appelé w'téorisation. Cet accident est d’autant blus à craindre que les bêtes passent plus brusquement de a nourriture sèche à la nourriture veite, qu'elles mangent ette plante avec plus d’avidité, que le trèfle est plus jeune t d'un meilleur goût, que les animaux l’absorbent avant Que la rosés soit tombée et qu’ils boivent après le repas. Il st facile d'empêcher les animaux de se météoriser ; il suffit, endant les premiers jours, de leur donner un repas de burrage sec le matin, avant de les envoyer au pâturage, ce ui ne doit se faire qu'après la chute de la rosée. Avec trois u quatre jours de ce régime, on habitue les animaux à la uvelle nourriture et l’on empêche la météorisation. E Comme pour le trèfle rouge, il est à désirer que les cultihteurs récoltent eux-mêmes leurs graines de trèfle blanc. our obtenir de bonnes graines de ces deux plantes, on les it pâturer, la dernière année qu’elles occupent le sol, squ’à la fin de juin, ensuite on les laisse repousser ; rique les têtes sont noires et bien mûres, ‘on fauche le éfle, et, après qu’il a bien séché sur le champ, on l’entre, > trèfle s'égiène difficilement; il faut une dessiccation mplète des têtes pour produire l’égrenage.

Le battage se fait au fléau ou au moyen d’un instrument cial ; les machines à battre ordinaires n’égrènent le trèfle

qu’incomplètement. Pour nettoyer la graine, on se sert d’un crible,

RENDEMENT.—En moyenne, le trèfle rouge donne 260 Ibs de graine à l’arpent, soit 5 à 6 minots, et le trèfle blanc, 200 Ibs à l’arpent, soit 412 minots.

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