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MÉLANGES DES PLANTES LÉGUMINEUSES

En général, les fourrages précédents se cultivent séparément. Mais assez souvent on en mélange plusieurs ensemble ; et pour que ces mélanges soient bons, il faut les faire avec soin et n'associer que les plantes vivaces d’un côté, et Îles plantes annuelles de l’autre.

I. MÉLANGES DES PLANTES DIVERSES. — Ces mélanges réussissent bien lorsque le terrain convient à peu près également à tous les végétaux qui les constituent, Ainsi on fait :

10 Un mélange de trèfle rouge et de luserne. — Ce mélange donne un bon produit dès la première année ; mais, comme la luzerne a une plus longue durée que le trèfle, au bout de deux ou trois ans, le trèfle disparait et la luzerne reste seule. Il se produit alors beaucoup de vides dans la prairie, et ces vides sont occupés par de mauvaises herbes. Les produits diminuent d'une manièie notable en quantité et en qualité, tellement que, dès que le trèfle est disparu, il vaut toujours mieux labourer là prairie, que l’on pourra faire revenir lorsqu'il se sera écoulé un intervalle suffisant pour corriger l'antipathie naturelle des plantes fourragères,

20 Un mélange de trèfle rouge ct de trèfle blanc. — Ce mélange est excellent quand on veut, au bout de deux

ou trois ans, transformer la prairie en un bon pâturage. Il est vrai qu'alors le trèfle rouge disparaît; mais le trèfle blanc qui reste a une si grande force de végétation, qu'il remplit bientôt les vides sans permettre aux mauvaises herbes de se développer.

30 Un mélange de trèfle rouge, de luserne et de trèfle blanc. Ce mélange possède à peu près tous les avantages du précédent.

4° Un mélange de trèfle blanc et de lupuline.—Ce mélange forme des pâturages d’une qualité exceptionnelle. Pendant deux ans, la lupuline et le trèfle blanc fournissent aux animaux une nourriture aussi riche qu'abondante, et, après la disparition de la lupuline, le trèfle blanc continue à croître seul. On peut encore, pendant quelques années, compter sur un bon pâturage.

II MÉLANGES DES PLANTES ANNUELLES. — Tous les végétaux qui composent ces mélanges ne vivent qu’une année et n’ont pas, par conséquent, les défauts des précédents. D'un autre côté, ils ont de grands avantages ; ainsi, on en obtient un fourrage plus recherché des animaux; le produit est plus abondant et moins sujet aux variations causées par les influences atmosphériques.

Les plantes qui composent ces mélanges sont : les pois, les vesces, les lentilles et les féveroles. On associe ces plantes toutes ensemble deux à deux, suivant la nature du ter. rain. La féverole peut faire partie de tous les mélanges, car elle donne non seulement un fourrage excellent, mais enco:£ elle supporte les autres végétaux et les empêche de se coucher sur le sol et d’y périr. A défaut de féveroles, on devra toujours fournir des supports aux pois, aux vesces et aux lentilles ; pour cela, on emploie l’avoine sur les terres fortes, et le seigle sur les terres légères.

L'ensemencement de ces divers mélanges s'opère de manière que les plus grosses graines soient semées et enterrées les premières, et les plus petites, les dernières.

PLANTES FOURRAGÈRES NON LÉGUMI- NEUSES

Ces plantes diffèrent des précédentes en ce qu'elles puisent la plus grande partie de leurs principes nutritifs dans le sol. C’est pour cette raison qu’elles sont toutes épuisantes, mais non pas cependant au même degré ; cette différence provient de la quantité plus ou moins grande de débris qu’elles abandonnent à la terre.

Dans cette catégorie on voit figurer le blé d'inde, le seigle, l'orge et l’avoine. Ce sont les pays les plus avancés dans l'art agricole, surtout au point de vue de l'élevage du bétail, qui cultivent le plus souvent ces céréales comme fo:rrages. Dans les contrées arriérées, les agriculteurs ne peuvent consentir à faucher en herbe des plantes que l’on est habitué à ne cultiver que pour leurs graines.

Les avantages que l’on obtient de ces fourrages sont nombreux, voici les principaux : 1. donner de bonne heure en été des aliments très nourrissants aux animaux tenus à l'étable, ou suppléer à l'insuffissance de lherbe des pâturages ; 2. fdurnir aux couches intérieures du sol, épuisées par les plantes à racines pivotantes, telles que le trèfle et la luzerne, le moyen de reprendre leur ancienne fertilité en ne mettant à contribution que les couches superficielles ; 3. se procurer de bons fourrages dans des terrains où les légumineuses ne réussissent que très peu.

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