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On sème toutes ces plantes à la volée, même le blé d'inde, et plus diu que lorsqu'on les cultive pour leurs graines. D'ailleurs, leur culture ne diffère pas de celle
qu'on leur applique quand on veut en obtenir des semences. On fauche le blé d'inde depuis le commencement de la floraison jusqu’à la fin de cette phase; le seigle, l'orge et l’avoine, quand l’épt commence à se montrer.
Toutes ces plantes favorisent beaucoup la production laitière.
LE CfIOU
Depuis un temps immémorial, on cultive le chou comme
plante potagère; mais, depuis queïques années, on a
reconnu ses qualités comine plante fourragère, et on l’a
introduite dans la grande culture. Ce fourrage favorise
suitout la production du lait, mais il donne aussi beaucoup
de développement aux animaux à l’engrais, tels que porcs,
bœufs et moutons. Cependant on a remarqué que jies
vaches nourries exclusivement de choux, surtout vers la fin
| de l'hiver, donnent un lait d'un goût amer ; mais ce goût
- disparaît aussitôt que l’on remplace une partie des choux par d’autres aliments.
ÉREREMRÈUE
ESPÈCES ET VARIÉTÉS, — Nous possédons deux espèces de choux : le chou branchu et le chou pommé. Le premier ne forme pas de pomme, mais il pousse des feuilles nombreuses et très développées ; ses principales variétés sont : 1° le chou cavalier où grand chou à vaches, tige de 6 pieds de longueur ; très rustique, peu sensible au froid; 2° le chou du Poitou, tige de 6 pieds de haut ; feuilles très touf-
on
fues d’un vert plus pâle que celles du précédent, un peu moins rustique ; 3° le chou frisé surt du À: ra, haut de 4 pieds, résiste longtemps aux fortes gelées de l'automne ; 4 le chou frisé rouge du Nord, semblable au précédent, moins la couleur ; le plus rustique de tous les choux branchus, et 5° le chou prolifique anglais, feuilles d’un vert glauque et ondulées.
Le chou pommé possède les princijales variétés suivantes : 1 le chou quintal, pomme d’un ve t blanchâtre, aplatie et très volumineuse ; 2° le cou St-Denis, pomme petite, mais beaucoup plus dure; 3° le chou de Wilan, feuilles frisées ; pomme très grosse, Ces variétés ont donné naissance à une foule de sous-variétés qu’il est inutile d’énumérer ici.
SoL.—Le sol que le chou préfère est argileux, de cons:stance moyenne, profond, frais, mais non humide. Les terrains que l’on obtient par l'assainissement des marais ou par le desséchement des lacs ou des étangs, sont naturellement favorables à la culture du chou, On voit aussi de très beaux choux dans les terres argileuses et compactes, pourvu que le climat ne soit pas humide, et même dans les terres légères et sèches, pourvu que les pluies soient assez fréquentes.
Crimar.-Les régions plus humides que sèches, plus froides que chaudes, sont les plus favorables au chou. Les sécheresses excessives le font plus souvent périr que les loagues pluies, Les variétés qui résistent le mieux aux grands froids sont K choux frisés du nord et les choux prolifiques anglais.
PLACE DANS LA ROTATION. — Le chou exige un sol ameubii pr '.rdément, une fumure abondante, des sarclages e! des rechaussages. Il appartient donc à l’espèce des plates sarclées, et, comme tel, il tie :t ia première place
dans la rotation. Il vient bien après toute espèce de plantes ; on peut même le cultiver tous les deux ou trois ans sur le même champ, sans que la terre en souffre, pourvu toutefois que l’on satisfasse à ses exigences sous le rapport de la fumure. Toutes les plantes qui demandent un terrain riche, réunissent bien après le chou.
PRÉPARATION DU SOL. — Dans les terres où l’on sème ordinairement le chou, la préparation consiste en un labour d'automne, d'environ 10 pouc#5 de profon<eur, en un labour de printemps de 6 à 7 pouces, e! en un coup de scarificateur, quelques jours avant la plantait'on ou le semis. Cette préparation peut paraître dispendieuse, mais il vaudrait mieux ne pas cultiver le chou qu: de lui refuser les soins dont il a besoin.
ENGRAIS ET AMENDEMENTS. — L'analvs des renilres de chou constate la présence d’une grande ‘juaniite d: chaux, de potasse et de phosphate. Il faut douc ‘juc ies engrais destinés au chou contiennent ces substances en forte proportion. Les fumiers de moutons, l’engrais humain et les composts formés de terre, de fumier et de chaux et arrosés de purin salé, sont les meilleurs engrais pour les choux ; et si, à ces substances, on ajoute de la chaux et des cendres, la plante croîtra au sein de l'abondance et donnera ses produits les plus considérables.
CULTURE. — On sème le chou de deux manières : en pépinière et à demeure. On adopte le semis en pépinière, lorsqu'on veut avoir de bonne heure des plants qu: ‘a transporte en plein champ. De cette manière, on #16 trois semaines ou un mois sur la durée de la végé::tion &i l’on se procure plus tôt des choux pour la vente où Dur la consommation. Généralement, on ne sème °n pénirire
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Pour faire la pépinière, on choisit la meiïlleure terre de l'exploitation agricole, par exemple le jardin potager, ou la couche chaïde si l’on veut avoir des produits encore plus tôt. On calcule qu’un arpent de pépinière ordinaire suffit pour dix arpents de culture de choux. On pratique un bon labour de défoncement sur le terrain destiné à la pépinière ; on dépose ensuite une forte fumure, que l’on enterre par un labour ordinaire. Quelques hersages assez énergiques pour bien pulvériser la surface, terminent la préparation du sol. On fait les semis le plus tôt possible au printemps. Il faut par conséquent que les principaux travaux de préparation soient exécutés et que la fumure soit déposée en automne.
On divise le terrain de la pépinière en planches ou carrés de trois pieds de largeur environ, séparés par de petites allées qui permettent d'exécuter facilement les sarclages, l'éclaircissage et les autres travaux d’entretien. Sur ces carrés on sème à la volée et l’on enterre au râteau. Sur la couche chaude, on sème à la volée ou en lignes et l’on enterre avec du terreau.
Lorsque les jeunes plants ont atteint 4 à 5 pouces de longueur, on les transplante à demeure et en lignes plus ou moins espacées, suivant la fertilité du terrain et les variétés de choux cultivées. Sur les sols fertiles et pour les grandes variétés, l’espacement des lignes est de 3 pieds, et celui des choux sur les lignes, de 2% pieds. Pour les plus petites varietés et sur les terrains qui ne possèdent pas toute la richesse désirable, on laisse 21% pieds entre les lignes, et 2 pieds entre les choux sur les lignes. On doit terminer la transplantation au plus tard vers le commence-
ment de juillet, etil faut semer assez tôt pour pouvoir commencer à tiansplanter dans lo première quinzaine de juin. .
Sur la pépinière, les choux demandent certains soins particuliers ; ce sont d’abord des sarclages répétés aussi souvent que la croissance des mauvaises herbes l’exige, ensuite des éclaircissages. Les choux les plus vigoureux sont ceux qui ont pu se développer sans obstacle ; pour cela, il leur faut de l'espace et de l'air; s’ils sont serrés les uns contre les autres, ils deviennent longs, effilés et étiolés. Ces plantes reprennent toujours dfficilement ; elles résistent peu aux attaques des insectes et des maladies, souvent même un coup de soleil les fait périr. C’est presque toujours le défaut des choux provenant des couches chaudes, Après la plantation, il faut, pendant les premiers jours, parcourir le champ de choux et remplacer tous les plants qui n'ont pas repris où qui ont été détiuits par les insectes.
Les semis à demeure se font de la même manière que pour les navets. On sème sur ados dans les terres fortes et à plat dans les terres légères. Pendant le cours de la végétation, les choux plantés ou semés à demeure reçoivent des sarclages et des rechaussages nombreux ; on répète les sarclages aussi souvent qu'il est nécessaire, et l’on doit donner au moins trois rechaussages.
RÉCOLTE.—I1 arrive quelquefois que, dans les terrains très riches, les choux pommés se fendillent, Dans ce cas-là, il ne faut pas attendre pour les récolter après les grandes pluies d'automne, quand bien même ïis n'auraient pas atteint tout leur développement ; car l’eau pourrait s’introduire dans les fi:sures et faire pourrir les pommes. Le chou pomme, bien sain, se récolte, le plus tard possible, avant les grands froids qui annoncent le commencement de l'hiver,
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On récolte le chou branchu au fur et à mesure des besoins de la consommation. Ordinairement on fait cette récolte en trois fois : la première fois, on n’enlève que les feuilles du bas de la tige ; la deuxième, celles du milieu, et la troisième celles du sommet. La tige même forme un excellent fourrage, plus nourrissant que les feuilles, mais il faut la hacher avant de la distribuer aux animaux.
RENDEMENT, — Lorsque les choux pommés réussissent bien, on peut compter sur un produit de 34,000 lbs par arpent, en moyenne, et de 26,000 Ibs pour les choux branchus ; mais ces produits var'ent, plus ou moins, suivant la qualité et la richesse du sol, la température et les attaqués des insectes. On calcule que 5 Ibs de chou donné aux vaches laitières ou aux animaux à l’engrais nourrissent autant qu'une livre de foin ; tandis que pour les bœufs de travail, il faut au moins 8 1bs de chou pour valoir une livre de foin,
CONSERVATION, — Il est très difficile de conserver intacte une grande quantité de choux pommés, car onja à combattre contre la gelée ou contre la pourriture. La pourritrre se produit lorsque les choux sont conservés à la chaleur, et les choux gèlent quand la température est trop basse, On ne donne des soins de conservation qu'aux choux pommés, parce qu’on récolte les choux branchus à mesure qu’on en a besoin. Nous avons à notre disposition plusieurs moyens de conserver les choux pommés ; voici les principaux !
1. Dans un terrain sec, on fait une fosse de 2 pieds de profondeur, de 212 pieds de largeur et d’une longueur proportionnée à la récolte des choux. Dans cette fosse on place les pommes de choux sur une seule rangée, les uns près des autres, après avoir enlevé les feuilles qui ne font pas partie des pommes ; et, en travers de la fosse, cn jette
des gaules assez rapprochées, que l’on couvre d’une bonne couche de paille ronde.
2. On paut faire cette fosse dans le champ même où l’on a récolté les choux, pourvu que le terrain soit bien assaini et que l’on empêche les eaux de pénétrer dans les fosses.
3. On laisse les choux sous la neige ; une fois gelés, ils se conservent tant qu’on ne les laisse pas dégeler. Il faut alors les consommer dans le courant de l’hiver et ne les retirer de la neige que pour les utiliser immédiatement.
4. Dans les caves bien saines et bien fraîches, on conserve les choux longtemps, pourvu qu'ils ne soient pas exposés à l’humidité.