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chose qu’une étendue de terrain couverte de diverses plantes fourragères, qui occupent le sol aussi longtemps que leurs produits sont abondants.
En général, les prairies naturelles sont moins productives que les prairies artificielles ; mais, comme compensation, le prix de revient de leur fourrage est moins élevé, et ce fourrage est excellent pour les bestiaux. Outre cet avantage, le produit des prairies naturelles est moins sujet à varier sous l'influence des circonstances locales. D'ailleurs, quand même les prairies naturelles seraient inférieures aux prairies artificielles, on devrait cependant leur donner la préférence dans les cas suivants : 1° sur les terrains en pente rapide, afin que le gazon puisse maintenir la terre en place et l’empêcher d’être emportée par les eaux ; 2° sur les bords des rivières sujettes à des inondations fréquentes, pour les mêmes raisons, et parce que la culture des plantes annuelles y est difficile, sinon impossible ; 3° sur certains sols bas, humides et d’un égouttement difficile, et 4° sur les terrains froids où la végétation est lente.
Nous distinguons trois espèces de prairies natureïles : les prairies sèches, les prairies fraîches et les prairies humides ou marécageuses. La première espèce comprend toutes les prairies formées sur les terrains perméables ou en pente rapide. Ces prairies donnent un fourrage de qualité supérieure, mais peu abondant ; leur produit ne dépasse guère 2,000 à 3,000 Îbs de fourrage sec par arpent. La deuxième espèce comprend toutes ies prairies formées sur les sols simplement frais, c’est-à dire qui ne possèdent pas une humidité surabondante. Leur rendement est élevé et de bonne qualité. On rencontre ces prairies sur les sols argileux, argilo-sableux et argilo-calcaires.
Dans la troisième espèce, on groupe les prairies formées
sur les terrains couverts d’eau stagnante pendant une grande partie de l'été. Le fourrage est quelquefois assez abondant, mais toujours d’une qualité inférieure. On trouve ces prairies sur les terrains argileux, tourbeux ou calcaires, qui reposent sur un sous-sol imperméable, CLIMAT. — La production des prañies naturelles prend son plus grand développement sous les climats tempérés ou frais, caractérisés par de longs hivers et de courts étés. FORMATION DES PRAIRIES NATURELLES, — Lorsqu'un terrain est abandonné à lui-même, il se couvre spontanément d’une certaine végétation, qui représente la puissance productive de laterre. Cette végétation se compose d’abord de plantes grossières, très vivaces, peu exigeantes sur le choix de la nourriture et donnant un fourrage de qualité médiocre. Mais à furet mesure que le sol acquiert 4 la richesse, ces premières plantes disparaissent et sont remplacées par d’autres moins vigoureuses en apparence, cependant très vivaces et produisant un fourrage de la meilleure qualité. A partir de ce moment, la composition de la prairie ne varie pas d’une manière sensible, à moins que les rigueurs du climat, les gelées et surtout la présence des eaux stagnantes ne viennent détruire leurs racines. Ce mode de former des prairies serait certainement le plus naturel, si le cultivateur pouvait attendre et se passer des prodiits de sa terre pendant quelques années ; mais tel n’est pas le cas pour nos agriculteurs. La terre représente un capital important qu’il faut faire fructifier ; laisser ce capital inerte, c’est s’exposer à une ruine presque certaine. Le cultivateur a besoin de prairies naturelles, et il s’emprssse de les créer en semant les graines fourragères les plus convenables au sol et en aussi grand nombre que possible ; plus il y a de
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CHOIX DES PLANTES.—Les plantes des meilleures prairies naturelles appartiennent presque toutes aux légumineus et aux graminées. Mais le choix qu’on doit en faire, peut différer suivant les circonstances suivantes :
1° Za dose d'humidité contenue dans Le sol Quoique certaines espèces réussissent indifféremment dans les sols humides et les terrains secs, le plus grand nombre ont des prédilections particulières dont il faut tenir compte ; autrement, le produit et la durée de la prairie sont grandement diminués.
2° La composition du terrain. Cette circonstance exerce une influence moindre que la précédente ; cependant elle a des exigences qu'il ne faut pas négliger.
3 La manière dont on veut exploiter la prairie.—Quand on veut l'utiliser comme pré fauché, on choisit les plantes dont la tige est droite et longue ; si l’on veut l’employer comme pâturage, on donne la préférence aux plantes ram pantes, qui s’enracinent rapidement et repoussent très vite” après qu'on les a rasées.
4° L'époque de la flrraïson.—1,orsque la prairie est surtout destinée à être fauchée, on ne mélange ensemble que les végétaux qui fleurissent à peu près à la même époque. On comprend que, si dans ce mélange certaines plantes fleurissent très tard et d’autres très à bonne heure, les premières sont encore en herbe, lorsque les secondes sont en pleine floraison, et, quand viendra le moment de faucher, on perdra beaucoup dans la quantité et la qualité du fourrage. Pour les pâturages, l'inconvénient n’est pas aussi grand ; cependant il est facile de constater qu’un mélange de plantes
précoces et de plantes tardives donne toujours un pâturage dont le produit est chétif.
On sait que les terrains secs perdent bientôt leur humidité, Par conséquent, les prairies qu’on forme sur ces terrains doivent posséder des plantes précoces, dont la végétation est déjà avancée lorsque les sécheresses arrivent.
5. Za qualité et la valeur nutritive de la plante.—On conçoit que dans les prairies, aussi bien que dans les pâturages, toutes les fois que la nature, Ja richesse et l’humidité du sol le permettent, il faut rechercher les végétaux les plus nourrissants et les pius succulents. Les plantes de qualité médiocre ne sont bonnes que ponr utiliser les terrains qui ne peuvent fournir une meilleure production.
SEMIS.—C'est toujours avec répugnance que l’on se décide à labourer une vieille prairie, et cette répugnance est le résultat de la crainte qu’on éprouve à former une nouvelle prairie qui ne puisse donner des produits aussi abondants que la vieille, Cependant, avec les moyens dont l'agriculture dispose aujourd’hui, cette crainte n’est pas du tout justifiée, pourvu que le sol soit riche et bien préparé et les semences bien choisies. On peut toujours former de nouvelles prairies d’une très grande production. En même temps, on utilise les richesses qui se sont accumulées dans le sol de la vieille prairie. Depuis sa première formation, une vieille prairie a couvert le sol d’un gazon épais qui, en se décomposant, donne à toute la couche végétale une très grande richesse, dont l'exploitation se fera sentir pendant de longues années. Il est de l'intérêt de l’agriculteur de profiter de cette richesse, et pour cela il ne doit pas craindre de retourner les vieilles prairies aussitôt qu'il constate une grande diminution dans la production, Mais en même
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temps, on n'agira pas en aveugle ; avant de détruire une vieille prairie, il faut en créer une nouvelle.
Le travail de création s'effectue de deux manières: par les semis ou par la plantation des touffes de gazon. La première méthode est la seule praticable dans les grandes cultures. Pour faire cette opération, on commence par ameublir le sol et ensuite par détruire complètement les mauvaises herbes ; on exécute aussi avec soin les travaux ordinaires d’une bonne culture, mais particulièrement l'assainissement du terrain. Une des meilleures préparations pour la formation d’une prairie serait de commencer par un labour de défoncement, suivi d’une année de plantes sarclées avec fumure ab9ndante, et, après cette plante sarclée, on sèmerait une céréale dans laquelle on mêlerait les graines de la prairie.
Tous les travaux préliminaires doivent tendre à aplanir aussi complètement que po:sible la surface du sol. Cette condition a toujours été importante, mais elle l’est devenue encore plus depuis l'introduction des faucheuses, des faneuses et des râteaux à cheval, instruments qui fonctionnent d'autant mieux que la surface du terrain est moins accidentée.
Le terrain où l’on a l'intention de former une prairie doit être riche en matières fertilisantes. Nonobstant les fortes fumures que les cultures précédentes ont reçues, on donne un supplement d'engrais assez considérable pour que la première végétation des plantes fourragères se fasse avec la plus grande vigueur. Le meilleur engrais est celui des animaux qui ont reçu pour nourriture le produit des prairies analogues, et, par engrais, on entend non seulement les déjections solides, mais encore les urines dont on ne doit perdre aucune partie. À ces amendemcui: on ajoute des
cendres, de la chaux et d'autres engrais calcaires, sur'out sur les sols où le dernier élément fait défaut, Les composts formés de boue de chemin, de levées de fossés, de fumier de ferme, de cendres, de suie, de vieux mortier et de sel, ordinairement arrosés de jus de fumier, sont des engrais de qualité supérieure, ‘Tous les engrais liquides activent tout particulièrement la végétation prairies ; les matières fécales et, en général, tous les engrais animaux très concentrés agissent défavorablement sur les prairies ; 1] ne faut donc pas les employer.
CHOIX DES SEMENCES. — Trop souvent le cultivateur n'apporte pas assez de soins dans le choix des semences destinées à la formation des prairies ; il se contente de prendre les balayures des greniers à foin ou des fenils. On s'expose ainsi à de graves inconvénients. Lorsqu'on fauche le foin, la plupart des plantes les plus utiles sont encore en pleine floraison ; il s’en suit que les balayures ne contiennent que les graines des plantes les plus précoces, c'est-àdire celles qui ont müûri avant les meilleures espèces ; les graines des plantes précoces air 2cueillies sont pour le moins inutiles et quelquefois m uisibles. Ces plantes prédominent dans la nouvelle prairie, et on n’en retire qu’un fourrage de mauvaise qualité.
Outre ces désavantages, les balayures proviennent souvent d’un foin qui s’est développé sur un terrain dont la composition et la quantité d'humidité diffèrent trop de celles du sol sur lequei on veut former la nouvelle prairie. Dans ce cas là, quand même les graines appartiennent aux meilleures espèces, le produit de la prairie est médiocre, parce que les plantes, ne se trouvant pas dans le sol qui leur convient, se développent très peu et n’ont qu'une courte durée.
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Les bons cultivateurs agissent autrement ; ils choisissent dans un champ placé dans les mêmes conditions que celui qu'ils veulent ensemencer, ayant la même composition et la même quantité d'humidité et donnant un pro luit de qualité supérieure, ils choisissent, disons-nous, la partie la moins infestée de mauvaises herbes et y laissent arriver à leur parfaite maturité les plantes les plus utiles ; puis ils récoltent, battent et vannent, Ce procédé est supérieur au précédent, mais il n’est pas sans défaut, Le mélange obtenu de cette récolte contient toujuurs une certaine proportion de plantes nuisibles, qui diminuent sensiblement la qualité du fourrage,
Dans les cultures où l’on entend bien la formation des prairies, on a adopté un autre procédé, qui est exempt des défauts que nous venons de signaler ; il consiste à récolter séparément ou à acheter chacune des espèces qui doivent entrer dans la formation d’une p'airie et à les mélanger ensuite en proportion convenable, suivant les circonstances paiticulières du sol sur lequel on veut créer cétte prairie. On con-eille ici d'essayer préalablement la force germinative de chacune des graines par le moyen que nous avons exposé pour le blé, Dans tous les mélanges dont on se sert pour former une prairie naturelle, on fait entrer une proportion notable de légumineuses ; ces dernières donnent les meilleurs fourrages, ameublissent même le sol et le rendent plus fertile.
Quant à la proportion dechacune de; espèces, il est presque impossible à la théorie de la fixer. D'ailleurs, il est très rare que les diverses plantes d’une prairie restent dans les mêmes proportions qu’on les y a mises ; presque toujours les unes se développent avec vigueur et abondamment, les autres diminuent, et quelques-unes même dispiraissent complètement. C’est le cas surtout pour le trèfle rouge et la luzerne
qui, au bout de quelques arnées, sont remplacés par des plantes d’une nature toute différente.
On sème ordinairement les graines de prairies au prin temps, et dans une céréale de printemps. La céréale protège la prairie raissante contre les ardeurs du soleil. Les céréales avec lesquelles le semis des graines de prairies réussit le mieux, sont les mêmes que pour le trèfle rouge.
Lorsque les graines sont de grosseur différente, on sème d’abord les plus volumineuses que l’on enterre par un hersage, et ensuite les plus petites que l’on recouvre par un roulage. On doit, autant que possible, faire les semis en temps calme, afin que les graines soient distribuces plus régulièrement.
SOINS PENDANT LA VÉGÉTATION, — Le succès d’une prairie dépend beaucoup du soin qu’on lui donne pendant son existence. Aussitôt après la récolte de la céréale, on répand sur le sol un engrais en poudre, tel que les cendres, la suie, le superphosphate, les os pulvérisés, etc ; ensuite on fait un bon roulage et on laisse les plantes fourragères se développer en toute liberté.
Le printemps suivant, lorsque les jeunes plantes couvrent bien le sol, on les fait raser par les moutons, et on laisse repous:er ; on fait raser de nouveau et on laisse repousser encore ; ainsi de suite alternativement, jusqu’à l’automne, Ce rasage périodique fait taller les plantes, tandis que, si l'on fauchsit à la première année, l’herbe s’éclaircirait. Cependant, sur les terrains humides, ce pâturage est nuisible. Ce sont les moutons que l’on fait paître dans ce cas, parce qu’ils rasent l'herbe sans la déraciner. On pourrait aussi y faire pâturer les vach:s, maïs seulement lorsque l'herbe est longue.
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Si l’on veut utiliser la prairie comme pâturage, son exploitation régulière ne commence qu’à la troisième année, c’està-dire qu’ la deuxième année on laisse les plantes croître à leur longueur et on les fauche pour en faire du fourrage sec. Ce fauchage augmente la vigueur des plantes. Si on doit l'utiliser comme pré fauché, son exploitation régulière ne commence qu’à la quatrième année ; avant cette épocue, le pâturage alterne avec le fauchage.
ENTRETIEN DES PATURAGES. — Le fumier des animaux qui vivent sur un pâturage suffit pour entretenir la fertilité de ce dernier, mais à condition que le fumier soit étendu régulièrement sur le sol. Si on le laisse sur place, il empêche l’herbe de pousser sur tout l’espace où il est tombé. On sait qu'une vache peut, en 24 heures, couvrir de sa fiante une étendue de 9 pieds carrés ; or, si un troupeau est très nombreux, il en résulte une perte de terrain fort considérable quand on laisse les fiantes en tas. Lorsque le fumie est décomposé, l’herbe pousse beaucoup, mais elle est très aqueuse et d’un goût si détestable que les animaux refusent d'en manger. Non seulem:nt on conseille d'étendre le fumier, mais aussi de faucher, après le passage des animaux, toutes les herbes qu'ils ont dédaignées.
Dans les localités où la terre est d'un prix élevé et la culture bien faite, on prend encore un plus grand soin du pâturage. On ramasse, tous les deux ou trois jours, les fiantes des animaux que l’on met en compost dans un coin du pâturage avec des levées de fossés et des cendres. Après que l’herbe est rasée, on répand ce compost, à l'approche d’une pluie, sur toute la surface du champ. Cet engrais a une valeur fertilisante double de celle des fiantes abandonnées à l’ardeur du soleil. Aux levées de fossés, on peut également ajouter des boues de chemin.
Quelquefois le pâturage se couvre d’herbe de qualité inférieure et dont la croissance est provoquée par des eaux stagnantes. Ce sont en grande partie des jones et des nousses, qu’on fait disparaître en assainissant le terrain au moyen de fossés et de rigoles bien entretenus ; ensuite on répand sur le sol des engrais minéraux, tels que cendres, chaux, plâtre, suie, superphosphate, etc; après avoir épandu ces engrais, au printemps, on donne un hersage profond.
Quelquefois encoie le |” ‘age se couvre de mauvaises herbes à racines vivaces. n appelle ici mauvaises herbes celles que les animaux refusent de manger. Pour les détruire, il faut les faucher près du soi, plusieurs fois pendant l'été. Le fauchage épuise alors les plantes et les détruit. Si les mauvaises herbes couvraient la plus grande partie de la terre, il serait préférable de labourer le pâturage, de le souinettre à une culture régulière avec des plantes nettoyantes et, plus tard, de le ramener à son ancienne destination, Les mauvaises herbes annuelles sont plus faciles à détruire ; il suffit de les faucher deux ou trois fois pendant l'été avant leur floraison.
Dans les pâturages plantés d’arbres fruitiers ou d'arbres d'ornementation, le sol se couvre de feuilles mortes à chaque automne. Il faut enlever ces feuilles à la herse ou au râteau, car leur présence empêcherait la croissance de l'herbe l’année suivante. ‘Tous les automnes encore, on fauche les longues herbes que les animaux n’ont pas mangées ; car, sans cela, les plantes qui auraient mâûri sur pied, ne repousseraient pas l’été suivant.
Les pâturages ont des ennemis qui, en se multipliant, diminuent la production ; ce sont les taupes et les fourmis. Ces ennemis nuisent aux pâturages par les monticules qu’ils
qualité es eaux et des Train au aite on endres, s avoir hersage
Luvaises herbes our les is pendétruit.
artie de e, de le tes nete destifaciles à pendant
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tipliant, ourmis.
s qu'ils
forment à la surface du sol et qui s'opposent à la croissance de l'herbe, Sices monticules ne sont pas nombreux, la perte n’est pas considérable ; mais, dans le cas contraire, la perte est si grande qu'il faut étendre soigneusement les monticules en nivelant le sol.
Dans certains terrains calcaires, sab'eux ou tourbeux, la gelée soulève la surface et expose les racines à l’action immédiate de l'air. Abandonnées à elles-mêmes, un grand nombre de plantes périssent, On remédie à ces défauts, en donnant un bon roulage tous les printemps, lorsque le sol est assez raffermi pour supporter le piétinement des animaux.
Enfin on doit curer les fo:sés et les rigoles aussi souvent qu'il est nécessaire, de manière à empécher les mauvaises herbes de les chstruer, et relever la terre que les animaux ont fait ébouler.