‹ Le guide du cultivateur ou Cours d'agriculture [microforme]Chapitre 77 sur 113 · ENTRETIEN DES PRÉS · texte numérisé non relu

ENTRETIEN DES PRÉS

De toutes les opérations utiles à une prairie fauchée, c’est l'application des engrais qui est la plus profitable, En effet, la fumure sur un pré augmente tellement le produit que, dès la première année, le surplus du fourrage récolté donne une fois et demie de plus d'engrais qu’on en a mis. Iln'ya que les prés inondés périodiquement ou placés au bas des côteaux qui profitent peu de l'application des engrais ; ils sont déjà assez riches. Mais, dans tous les autres cas, il est nécessaire de fumer régulièrement les prés si l’on veut en maintenir la production. On fume plusles terrains pau vresque les riches, pius le haut des pentes que le bas, plus Les terres

légères que les terres fortes, plus si le grain est fauché que s’il est consommé sur place. Invariablement la prairie ne peut recevoir que des fumures en couverture, et ces fumures sont toujours moins abondantes que dans les champs cultivés.

Les prés font bien avec tous les engrais, mais ils préfèrent les engrais en poudre ou liquides ; le fumier de ferme et les varechs sont moins bons et communiquent au fourrage un goût désagréable, surtout dans les terrains plats. On peut appliquer ces engrais en automne, mais sur les sols en pente les fumures ne sont utiles que si on les distribue au printemps. Cependant les engrais liquides ou en poudre semblent toujours produire leurs meilleurs effets quand on les applique au printemps ; et cela s'explique par le fait que leur action est immédiate, Comme la fumure est toujours distribuée en petite quantité, il faut la répéter plus souvent.

Voici les engrais qui produisent le plus d’effet sur les prairies : la marne et le sable sur les terres argileuses ; les cendres et la chaux sur les terrains non calcaires ; en général, la fiante de tous les oiseaux, le plâtre, le guano, le superphosphate, la terre végétale, surtout les levées de fossés, les eaux bourbeuses, les eaux de lessives et de lavages, l’urine de l’homme et de tous les animaux, et le purin convenablement étendu d’eau.

Dans la fumure des prairies, on ne doit pas seulement chercher à obtenir une forte production de fourrage, il faut encore travailler à produire un foin de qualité supérieure. Par conséquent on mettra de côté tous les engrais, même les plus riches, qui pourraient donner un mauvais goût au foin, par exemple les matières fécales, les débris animaux, le sang et en général tous les engrais fortement azotés.

Il ne faut pas oublier non plus, dans la fumure des prairies, que le foin enlève au sol une quantité considérable de

iché que rairie ne fumures mps cul-

préfèrent ferme et fourrage lats. On es sols en stribue au n poudre quand on le fait que t toujours s souvent.

et sur les euses ; les n général, , le superfossés, les es, l'urine bnvenable-

seulement ge, il faut upérieure.

is, même is goût au

animaux, Lotés.

des praiérable de

phosphate, qui passe dans l'organisme animal, seit à la formation ou à l’entretien de la charpente osseuse, et constitue un élément important de la richesse du lait, On comprend ainsi que tous les engrais appliqués à une prairie ne pourront être parfaits que s’ils contiennent une proportion notable de phosphate.

Dans les prés fauchés, on considère comme mauvaises herbes non seulement celles qui infestent les pâturages, mais encore les plantes qui s’étalent sur le sol ou que la faux ne peut atteindre, et aussi certaines espèces de plantes qui sont bonnes quand elles sont jeunes, mais qui deviennent trop dures à l’époque de la fenaison. La destruction de toutes les mauvaises herbes rencontre plus de difficultés dans les prés fauchés que dans les pâturages, et l’on ne peut pas non plus employer les mêmes procédés. Si les plantes nuisibles sont vivaces et peu nombreuses, on peut les détruire par l’arrachage ; mais si elles infestent une grande partie du champ, on laisse la prairie en pâturage pendant deux ou trois ans, et l’on opère comme pour les pâturages. Si, au contraire, ces mauvaises herbes sont annuelles, on fauche le foin avant qu’elles soient en floraison.

Dans les prés fauchés, les taupes et les fourmis sont encore plus nuisibles que dans les pâturages ; non seulement elles diminuent la production du foin, mais les monticules qu’elles forment entravent beaucoup les travaux de la récolte, soit qu’on se serve de la faux ou de la faucheuse.

Le roulage sur les terrains qui lèvent à la gelée est aussi nécessaire pour les prés que pour les pâturages ; il aide beaucoup à l'entretien des fossés et des rigoles.

Enfin on devra épierrer les prairies avec un soin minutieux, surtout si l’on se propose de récolter le foin à la faucheuse mécanique.

Page 1