EXPLOITATION DES PRAIRIES NATURELLES
On ne peut pas exploiter indifféremment une prairie naturelle comme pré fauché ou comme pâturage. Chacune de ces cultures est soumise à certaines conditions, dont voici les principales: 1° sous les climats humides, où la croissance de l'herbe est plus vigo'reuse, il est difficile de faire sécher le foin et, à un moment donné, il faut un grand nombre de bras, qu’on ne peut pas toujou's trouver dans la localité. Alors le produit est exposé aux longues pluies et diminue en quantité et en qualité; dans ce cas, on doit préférer le pâturage au fauchage, à moins qn'on adopte la mise en silo. 2° L’herbe des pâturages donne une quantité de fourrage plus considérable que l’herbe des prés fauchés sur une même étendue. En effet, la première pousse des plantes est toujours très rapide et diminue en vigueur à mesure que les végétaux approchent de leur maturité; de sorte que l'herbe des pâturages, rasée jeune, repousse vite, tandis que le foin des prés fauchés, récolté en pleine floraison, a un dévelonpment plus lent. Cependant, dans notre culture ordinaire, la même étendue de pâturage nourrit moins d'animaux que si elle avait été laissée en prairie ; la raison en est que, d’après notre méthode de faire pâturer, les bestiaux foulent à leurs pieds une trop g'ande quantité d'herbe. 3° Les frais de l'exploitation sont presque nuls pour les pâturages, et relativement élevés pour les prés. 4° Tout fauchage appauvrit le sol, tandis que le pâturage l'enrichit constamment.
D'après ces considérations, on doit conclure que les pâturages sont préférables aux fauchages. Tout de même, il nous faut des p'és, d'abord pour recueillir la nourriture