‹ Le guide du cultivateur ou Cours d'agriculture [microforme]Chapitre 80 sur 113 · EXPLOITATION DES PATURAGES · texte numérisé non relu

EXPLOITATION DES PATURAGES

Dans les pâturages, ce sont les animaux eux-mêmes qui font la récolte. Le pâturage ne commence régulièrement qu'à partir du printemps qui suit l'ensemencement, et encore faut:il attendre que les plantes soient bien développées. Un pâturage trop précoce retarde la croissance et diminue le produit. D'un autre côté, on ne doit pas retarder jusqu’à ce que les plantes soient devenues trop dures. En général, le pâturage ne doit pas commencer, daus nos localités, avant les premiers jours de juin. Mais ici, il faut tenir compte de l’espèce animale qui consomme l'herbe. Les bêtes bovines à l’engrais demandent une herbe de 7 à 8 pouces au moins ; les vaches laitières exigent une herbe un peu moins longue ; les jeunes bêtes en élève une herbe moins longue. Les chevaux se contentent d'une herbe assez courte, et les moutons d’une herbe encore plus courte,

Il ne faut pas que le pâturage soit continu. Lorsqu'un champ est rasé, on en retire les animaux pour permettre à l'herbe de repousser, et lorsque celle-ci a atteint la longueur voulue, on recommence le pâturage.

On ne doit pas mettre d'animaux dans un jeune pâturage ou lorsqu'il ne s’est pas formé à sa surface une couche assez épaisse de gazon et aussi longtemps que le sol reste humide ;

autrement, les animaux enf hncent daas la terre et détruisent l'herbe,

CHoIX ET NOMBRE D'ANIMAUX DANS UN PATURAGE, — Il existe de très riches pâturages sur lesquels les bêtes à cornes engraissent parfaitement. Il y en a d’autres qui sont très pauvres et qui ne sont bons que pour les moutons. Entre ces deux extrêmes, nous possédons des pâturages de bonne qualité et qui conviennent très bien à la nourriture des vaches laitières, des jeunes animaux en élève et des chevaux. Les pâturages marécageux ne reçoivent que les porcs et les oies.

Cependant il n’est pas, pratiquement, économique de diviser les pâturages de cette manière ; car on perdrait ainsi; beaucoup d’herbes de bonne qualité. Les bêtes à cornes, les chevaux et les moutons n'affectionnent pas les nfêmes espèces de végétaux ; les bœufs à l’engrais sont les plus difficiles, et les moutons, les moins exigeants. Si le pâturage est très riche, on commence par faire brouter l’herbe par les bêtes à l’engrais. Quelques jours après, on les remplace par les vaches laitières ou les jeuncs animaux en élève ; plus tard les chevaux leur succèderont, et en dernier lieu viendront les moutons. Mais on se gardera bien de mettre tous ces animaux ensemble ; car les plus exigeants n’auraient bientôt qu’une nourriture insuffisante, sans compter les accidents qui pourraient en résulter.

Quant au nombre d'animaux qu’un pâturage peut rourrir, il varie suivant la fertilité de l’herbage et la taille des bêtes. C'est l'expérience qui est le seul guide dans ce cas ; mais on peut faire un essai, et le commençant n’a pas d’autre moyen pour se fixer. Pour cela, il prend ro animaux d’une taille moyenne et il les pèse, le matin ordinairement. Après les avoir laissés pendant 10 jours sur le même pâturage, il les pèse de nouveau et à la même heure ; et ensuite il parcourt le pâturage pour voir s’il est très rasé ou non, et s’il y

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a beaucoup d'herbes de piétinées. Lorsque le pâturage ne s’appauvrit pas, que les plantes ne sont pas rasées jusqu’au collet et que les animaux ont gagné en poids, l'étendue du pâturage est suffisante pour 10 bêtes ; dans le cas contraire, cette étendue est trop restreinte, et il faut l’augmenter. Après avoir fixé l'étendue, on divise le pâturage en enclos d’une surface assez grande pour nourrir les bêtes qu'on y met pendant 10 jours environ. On sépare ces enclos par des clôtures mobiles que l’on peut déplacer à volonté. Lorsqu'un enclos est rasé, on fait passer les bestiaux dans un autre, et ainsi de suite jusqu’au dernier ; après quoi, on recommence par le premier enclos, qui a eu le temps de repousser pendant l'intervalle. C’est le mode le plus économique et le plus pratique d'utiliser l'herbe des pâturages, tout en fournissant aux bêtes une nourriture abondante.

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