‹ Le guide du cultivateur ou Cours d'agriculture [microforme]Chapitre 84 sur 113 · LE TABAC · texte numérisé non relu

LE TABAC

On consomme beaucoup de tabac dans tous les pays de l'univers, soit comme tahrc à fumer, soit comme tabac à chiquer ou comme tabac à priser. Il est donc nécessaire de bie' connaître la culture du tabac, surtout dans notre pays, où il joue aujourd'hui un grand rôle parmi nos induitries.

ESPÈCES ET VARIÉTÉS.—Les variétés de tabac qu'on cultive le plus généralement sont le /abac à larges feuilles dit tabac Connecticut, \e tabac de Virginre, à feuilles étroites et pointues, le fubac de la Havane, etc.

CLIMAT.— On ne trouve pas dans les tabacs que nous cultive 15 an Canadi\ cette douceur agréable et ce parfum exquis qu’ils obtiennent dans leurs pays d'origine. Les tabacs aiment les pays chauds, et lorsqu'on les transporte sous des climats plus froids, ils conservent bien leur caractère extérieur, maïs leur constitution intérieure est changée, et les tabacs perdent l’arôme qu'ils avaient dans les pays chauds.

Parmi les tabacs, il y a des variétés qui sont précoces, comme le Connecticut et le Kentucky. Ce sont ces deux variétés qui réussissent le mieux dans nos localités. Nous leur donnerons par conséquent la préférence.

SoL.—[Le meilleur terrain pour le tabac est celui qui est léger, sablonneux, ou sablo-argileux, avec de l’eau à proximité, Mais le tabac réussit bien encore dans piusieurs autres sols, pourvu qu’ils soient arneublis profondément, engraissés, frais, sans humidité excessive et abrités contre les vents du nord. Les terres fortes et compactes donnent des plantes rabougries et un produit de qualité inférieure. Les sols arides et maigres produisent un bon tabac, mais en petite

quantité, Les terres grasses et hurhides fournissent un produit gras, acide et âcre. Les terres meubles et riches en matières végétales bien décomposées donnent un tabac recherché du connaisseur.

Les bas-fonds ne conviennent pas au tabac ; les côteaux ne sont guère plus avantageux, car la plante y est trop exposée aux grands vents et à la sécheresse.

La meilleure exposition est celle du sud, on doit la préférer à toutes les autres ; celle du nord est la moins favorable. Mais, comme l’on n’est pas toujours maître de choisir la situation la plus avantageuse, on s'efforce alors de diminuer les défauts du terrain en l’entourant d’abris artificiels, tels que haies ou clôtures pleines.

ENGRAIS ET AMENDEMENTS. — Les engrais que l’on peut employer avec avantage dans la culture du tabac, sont : 1° l’engrais humain, bien mélangé avec de la terre; on en met 25 à 30 voyages par arpent ; 2° les fiantes de volailles, engrais très puissant qu’on n’emploie qu’en poudre ou mélangé avec de la paille ; 1l en faut 20 voyages par arpent; 3° le fumier de mouton, qu’on distribue sur le sol dans la proportion de 40 voyages par arpent ; 4° le fumier de bêtes à cornes, qui est très favorable aux terres légères ; on en met 55 à 60 voyages par arpent ; 5° le fumier de cheval, qui est préférable au précédent dans les terres tant soit peu argileuses ; on en emploie 50 à 55 voyages par arpent; 6° le fumier de porc, qui est très bon, lorsque la fermentation lui a fait perdre son âcreté ; on en met 40 voyages par arpent.

Si l’on ajoute à ces engrais quelques matières minérales, comme la chaux et les cendres, le développement du tabac n’en sera que plus vigoureux. Cette plante n’est pas épuisante, mais elle ne croît bien qu’au sein d’une grande richesse. Dans tous les cas, les engrais pailleux ne sont

un proches en n tabac

côteaux est trop

la pré- 1s favo- > choisir le dimitificiels,

on peut , sont :

; onen illes, enmélangé t; 3° le la probêtes à en met qui est eu argi- ; 60 le ation lui arpent.

nérales, u tabac hs épuigrande e sont

pas favorables à cette culture. Pour s’en servir, il faut qu'ils aient subi un commencement de décomposition et qu'ils soient mélangés aussi intimement que possible avec la terre.

PRÉPARATION DU s01.—ÆEn automne, on étend le fumier sur le terrain et on l’enterre immédiatement par un labour. Cependant on se dispense de ce labour d'automne dans les terres très légères ; il serait plutôt nuisible qu'utile. Dans ce cas, on n’engraisse le terrain qu'au printemps avec du vieux fumier.

Quand on donne un labour d'automne, on en pratique un second au printemps suivant, quelques jours avant la transplantation ; et la veille même de la transplantation, on complète la préparation du sol par un hersage énergique, qui détruit les mauvaises herbes, fait disparaître les mottes et ameublit parfaitement la couche superficielle.

PLACE DANS LA ROTATION.—On peut cultiver le tabac sur le même champ, sans interruption, pendant plusieurs années, sans que son produit paraisse diminuer, mais à condition toutefois de le fumer fréquemment. Cependant, dans les pays où l’on entend bien cette culture, on fait subir au tabac une rotation régulière, et alors il occupe la place ordinaire de toutes les plantes sarclées.

PRÉPARATION DE LA COUCHE CHAUDE.—Sous nos climats surtout, nous semons le tabac en pépinière sur couche chaude, pour le transplanter ensuite en pleine terre, lorsque les gelées tardives du printemps ne sont plus à redouter. Nous suppléons ainsi par la chaleur de la couche à ce qui manque à l'insuffisance de la chaleur solaire. Si nous semions le tabac sur place, notre saison de végétation ne

lui permettrait pas d'arriver à sa complète maturation, et nous n’auiions toujours qu’un très mauvais produit,

La couche chaude doit être capable de fournir à la plante toute la chaleur dont elle a besoin depuis le moment du semis qu’à ce que la température soit suffisamment réchauffée. On produit la chaleur à l'intérieur d’une couche au moyen du fumier de cheval qui, en se décomposant, développe beaucoup de chaleur.

Pour construire une couche chaude on peut opérer de la manière suivante ou de toute autre analogue. On pose sur le sol un bâti en bois, sans fond ni couvercle, de 4 pieds de large sur 21% pieds en avant et 3 pieds en arrière, La longueur varie suivant l'importance de la culture. Au fond du bâti on dépose une couche de fumier frais de cheval, que l’on piétine fortement. Cette couche est d'autant plus épaisse qu'on la prépare le plus tôt au printemps. Ordinairement on lui donne une épaisseur de 15 à 18 pouces. Après le piétinement du fumier, on l’arrose abondamment avec de l’eau bouillante et on le recouvre de 5 à 6 pouces de bonne terie végétale, telle qu’on l’obtient en mélangeant de la terre de jardin avec du bon terreau. On arrose également cette terre avec de l’eau bouillante, Le fumier de cheval ernire bientôt en fermentation et produit une grande chaleur, qui se transmet dans la couche de terre supérieure, Dès que le premier feu est passé, on sème la graine de tabac, et, pour la répandre régulièrement, on la mélange avec de la cendre ou de la farine. On recouvre ensuite la graine d’une mince couche de terreau bien fin, qu'on arrose avec de l’eau chaude, mais non bouillante, pour hâter la germination ; et, afin de conserver le plus longtemps possible la chaleur humide dans la couche chaude, on met par-dessus une care de laine. On

n, et

lante it du hauf- 1e au déve-

de la se sur pieds À La u fond cheval, nt plus rdinai- Jouces.

miment pouces ingeant arrose fumier uit une de terre sème la on la scouvre ien fin, illante, le plus couche e. On

renouvelle tous les jours l’arrosage à l’eau chaude, sans noyer les graines, et, par ce moyen, la germination s'effectue dans quatre ou cinq jours ; ce qui permet de faire la transplantation 24 ou 25 jours après le semis. Par le mode ordinaire le développement du tabac prend en général 40 jours. Lorsque la plante est levée, on enlève la couverture de laine, Mais, tout en ménageant la délicatesse des plantes, il ne faut pas les soustraire à l'influence de la lumière solaire, et on doit leur procurer toute l’aération dont elles ont besoin.

Les couches de tabac demandent des sarclages et des éclaircissages, et l’on doit sarcler et éclaircir aussi souvent que l'exige la destruction des mauvaises herbes, Lorsque la graine est très petite, les plantes poussent toujours très drues. On les éclaircit alors en laissant un petit espace entre chaque plante ; sans cela, les jeunes pousses manqueraient d'air et de lumière et croitraient longues, frêles, étio'ées et d’une grande faiblesse. Ces plantes transportées à demeure ne reprennent que difficilement et, le plus souvent, ne résistent pas aux attaques des insectes,

TRANSPLANTATION. —On transplante le tabac lorsque les plants sont munis de quatre bonnes feuilles ; on peut ie transplanter plus jeune, mais la reprise n’en est pas aussi certaine. Dans nos localités on doit terminer la transplantation avant le 15 de juin, si l’on veut avoir un produit abondant, bien mûr et de bonne qualité On donne les dernières préparations au sol avant la transplantation ; après cela, on trace de petits sillons éloignés d’au moins 3 pieds les uns des autres; sur ces sillons on pratique des petits trous distants de 2 pieds les uns des autres. Pour le grand tabac

du Connecticut, l’espacement est de 31 pieds sur 2% ; mais pour le tabac à cigare il n’est que de 3 pieds sur 2,

car on a remarqué alors que la côte des feuilles est moins forte.

Avant d'enlever les plants de la couche chaude, on arrose cette dernière, afin qu'il s'attache aux racines le plus de terre possible, Pendant l’arrachage, on rejette tous les plants défectueux, étiolés, rabougris où endommagés de quelque manière que ce soit; en un mot, on ne choisit que les plants bien sains. Cette plantation doit se faire par un temps calme, couvert et un peu humide, et avec toute la célérité possible. On ne transplante pas pendant les grandes pluies ; car le piétinement des travailleurs durcirait trop le sol, et les plants devenus terreux végèteraient avec moins de vigueur. Il ne faut pas non plus transplanter pendant une sécheresse, à moins qu'on puisse arroser copieusement et à volonté ; mais, dans ce cas là, on commence l'opération tard dans l'après-midi, vers quatre heures, afin d'éviter la trop grande ardeur du soleil.

Si la terre n’est pas suffisamment riche, on fait des fosses à la distance voulue, et on y dépose quelques poignées de bon terreau.

Une condition indispensable pour assurer le succès de la transplantation, c’est de placer la racine dans sa position naturelle, sans la courber.

Pendant les premiers jours qui suivent la transplantation, il est bon de recouvrir les plants, jusqu’à ce qu'ils soient assez forts pour résister aux ardeurs du soleil,

SOINS PENDANT LA VÉGÉTATION.—Malgré les précautions prises par les travailleurs, il y a toujours ‘quelques plants qui ne reprennent pas ou qui, après avoir repris, sont dévorés par les insectes. Pendant les deux semaines qui suivent la transplantation, on parcourt le champ et on remplace les plants qui ont fait défaut, Plus tard ce travail est tout à fait

oins

on s le tous AgÉS 1oisit e par toute t les cirait avec lanter rroser comheu-

fosses ‘es de

de la bsition

tation, soient

utions plants dévouivent hce les à fait

inütile, car l’on n'obtient plus un produit abondant et de bonne qualité.

Le tabac est ravagé par les pucerons, qui rongent les feuilles, par les limaces et le ver gris Pour chasser les premiers, on saupoudre les feuilles avec un mélange composé de moitié cendre et de moitié sel ordinaire. On éloigne les deuxièmes en entourant chaque plant d’un cercle de cendre vive. Quant au ver gris, comme il est toujours caché sous terre, il est presque impossible de le détruire ; on peut cependant préserver le tabac contre ses dégâts en entourant chaque plant d’une petite feuille de bouleau.

Pendant les premiers jours qui suivent la plantation, le tabac a besoin d’arrosages, à moins qu’il pleuve de temps à autre. Ces arrosages ne se font que le soir, à l’eau pure ; mais si on y ajoutait une petite quantité de matières fécales ou de purin, le tabac ne s’en trouverait que mieux.

Quinze jours après la plantation, on donne le premier sarclage, à la gratte, On renouvelle ordinairement le sarclage toutes les trois semaines, et on le fait suivre d’un très léger rechaussage. On cesse ces différentes opérations lorsque les feuillent commencent à couvrir le sol.

Une fois parvenu à sa maturité, le tabac donne naissance à un bourgeon terminal appelé tête, qu'on casse avec les doigts. Aussitôt après il se développe à l’aisselle de chaque feuille un bourgeon qui absorbe une quantité considérable de sève. On supprime ces bourgeons à mesure qu’ils paraissent, afin de forcer la sève à refluer dans les feuilles principales.

On laisse sur chaque pied un nombre de feuilles plus ou moins considérable, suivant la richesse du sol et la qualité du tabac que l’on veut récolter. Dans un terrain riche, avec 9 à 12 feuilles sur chaque pied, on aura un tabac fort ; 15

feuilles donnent un tabac moyen, et 20 feuilles un tabac doux.

Si l’on suit les règles que nous venons d'exposer, le tabac sera mûr vers la fin d'août, Dans le centre des Etats-Unis, le tabac mûrit en 85 jours de végétation, en moyenne ; sous le climat de Montréal, en 70 jours, et dans le district de Québec, en 60 jours.

RÉCOLTE, — On reconnait que le tabac est mûr aux signes suivants : les feuilles changent de couleur; au vert vif succède un jaune pâle et obscur ; les feuilles se rident, la queue se plie et devient cassante ; il pousse des rejetons à la base de la tige, et la plante exhale une forte odeur de tabac, C’est le temps de faire la récolte. Pour cela, on suit les rangs, on courbe et l’on plie chaque pied d’une main et on le coupe d’un seul coup, en ayant soin de ne pas endommager les feuilles intérieures. On ne coupe d’abord que les pieds qui sont parfaitement mûrs, et plus tard on fait une seconde récolte pour les pieds qui n'étaient pas mûrs la première fois. Le tabac récolté avant sa complète maturité ne prend jamais une belle couleur.

Après le coupage, on laisse la plante étendue sur le sol pendant quelques heures, afin de lui permettre de faner, et ensuite on met le tabac en tas de 7 à 8 pieds, assez éloignés les uns des autres pour laisser un passage libre aux voitures qui doivent transporter le produit au séchoir.

On ne coupe jamais le tabac lorsque les feuilles sont chargées d’humidité ou à l'approche d’une pluie.

Lorsque les feuilles sont devenues souples, on transporte le tabac au séchoir ; mais on doit faire le déchargement avec précaution, afin de ne pas endommager les feuilles. Dans le séchoir, on suspend le tabac en liant les pieds par le gros bout et en mettant les feuilles la tête en bas ; on laisse un

tabac

tabac -Unis, : sous ict de

ir aux u vert rident, ejetons eur de ela, on d’une de ne coupe et plus ’étaient a com-

le sol ner, et sloignés oitures

es sont

nsporte bnt avec Dans le le gros isse un

espace entre les pieds ainsi suspendu, afin de permettre à l'air de circuler librement entre eux. C’est sirtout pendant les premiers jours qui suivent la suspension qu'on doit donner bsaucoup d'air au tabac, pour empêcher le ressuage. Cet accident, qui fait pe'dre au tabac ses meilleures qualités, est surtout à craind'e pendant les premiers vingt jours. Plus tard, les tiges et les feuilles ont perdu leur excès d'humidité, et l'on p ut diminuer l'aération, Dans tous les cas, on n'ouvre le séchoir que pendant les beaux jours, et on le ferme lorsque le temps est couvert.

Le séchage dure deux à trois mois, suivant l'humidité plus où moins grande de la temoérature. O1 remarque qu: le tabac qui sèche trop vite, est toujours moins bon, Quelquefois les feuilles paraisient sèches, mais la côte centrale reste molle; c'est une preuve que le séchage n’est pas encore terminé, Il faut attendre la dessiccation complète de cette côte, Ce moment arrivé, on choisit un temps humide pour détacher les feuilles des tiges, en séparant le tabac suivant ses qualités. Après quoi, on réunit les feuilles par paquets de 12 à 15 feuilles, solidement attachés par une feuille de qualité médiocre, et l’on en forme un grand tas où elles reprennent promptement leur souplesse. Dès que le tas manifeste un peu de moiteur, on l’ouvre et on le transforme en couches peu élevées que l’on visite et qu'on remue fréquemment. Quand le chauffement n’est plus à redouter, on réunit de nouveau le tabac en tas sur lesquels on place des poids pour maintenir une fermentation lente, qui procure au produit un goût aromatique fort estimé. Quelque temps après, on place le tabac dans des boîtes ou des boucauts pour le transporter sur le marché,

C'est le traitem :nt que l’on suit généralement dans nos cultures ; il est peu coûteux et très rapide, mais il donne

lieu à de nombreux inconvénients. Le séchage s'opère lentement ; il arrive très souvent que la côte centrale n’est pas parfaitement sèche et qu’elle gâte une partie de la feuille pendant la fermentation ; beaucoup de feuilles restent vertes, même après un séchage très long.

Dans un grand nomb'e de cultures, on adopte un autre mode de traitement qui est très long, il est vrai, mais qui ne comporte pas les inconvénients que nous venons de signaler, Ce mode consiste à ne récolter le tabac qu’en détachant les feuilles des tiges. La récolte s’opère à trois reprises différentes et en n’enlevant chaque fois que les feuilles parfaitement mûres. Pendant la première récolte, on détache seulement les feuilles du bas, qui donnent un tabac fort ; à la deuxième, on enlève les feuilles du milieu, qui produisent un tabac moyen, et à la troisième, vient le tour des feuilles du haut, qui donnent un tabac doux. A mesure qu’on récolte les feuilles, on les transporte au séchoir, où on les met en tas pendant queiques jours; ensuite on les enfile à des baguettes légères de bois, ou à des ficelles, ou à des fils de fer étamés. Le séchage se fait rapidement, et la côte centrale de la feuille ne tarde pas à atteindre le degré de dessiccation convenable ; généralement deux mois suffisent pour opérer une dessiccation parfaite. Une fois bien sec, on fait subir au tabac les manipulations que nous avons vucs plus haut, Dans tous Îles cas, on ne doit toucher aux feuilles de tabac que lorsqu’elles sont bien souples ; ce qui a lieu quand la température est chargée d'humidité.

> s'opère rale n’est la feuille nt vertes,

un autre mais qui nons de ac qu’en e à trois que les récolte, nent un a milieu, vient le oux. À Jorte au s jours; is, Où à ze se fait de pas à généraletion pares manitous les jue lorstempéra-

Dans nos localités, nous ne connaissons que deux plantes textiles : le lin et le chanvre, Le chanvre a des fibres fortes, longues et grossières, qui le font rechercher pour la fabrication des cordages et :ic grosses toiles. Le lin, au contraire, possède une fibre d’une très grande finesse et au moyen de laquelle on confectionne les toiles les plus fines et les plus légères, mais qui manquent souvent de solidité.

Le lin est à la fois une plante textile et oléagineuse, c'est-à-dire qu’on extrait de sa tige des fibres propres à servir à la formation des tissus et qu’on obtient de sa graine une huile siccative d'excellente qualité et très recherchée pour le délayage des peintures.

ESPÈCES ET VARIÉTÉS. — Lorsqu'on veut cultiver le lin avec avan‘age, il est important de bien choisir les meilleures variétés. Nos graines communes produisent un lin qui donne beaucoup de graines, mais dont les tiges branchues ne fournissent que des fibres de qualité médiocre. Pour la consomination domestique, ce lin commun satisfait assez bien aux besoins ordinaires, car on l’emploie le plus souvent pour la fabrication des toiles À sacs et À essuieiains. Mais si, en introduisant la culture du lin, on se propose de vendre ses produits aux manufactures, il faudra, dans ce cas, un produit de meilleure qualité et donnant une filasse plus fine. La meilleure variété que l’on puisse choisir pour arriver à ce résultat, c'est la graine de Riga, dont la tige élevée est pauvre en graines, mais riche en très bonne filasse.

Comme tous les produits de graines supérieures, le lin de Riga dégénère dès la deuxième année de sa culture ; i! faut par conséquent reuouveler la semence à peu près tous les deux ans. Ces importations réitérées de gra: es entraînent toujours des dépenses assez considérables, et voilà pourquoi l’on a essayé, à plusieurs reprises, d'empècher la dégénérescence du lir de Riga en le soumettant à la même culture que celle qui l’a produit dans son pays d'origine. Dans cette culture, le point impo:tant eit de semer très clair et de ne récolter que lorsqu: la maturité est complète. Bien que l'on ait rempli ces co iditions sous nos climats, la graine de Riga n’en a pas moins dégénéré. De sorte que l'importation est encore le meilleur moyen de se procurer de bonnes graines, malgré les fraude, que lacheteur est exposé à subir.

Sor. — Le lin est une plante à racine pivotante, contenant peu de fibres latérales et prenant sa nourriture surtout par une petite touffe chevelue qui termii racine. Jllui faut donc un sol profond, et, plus encore, ‘1 terrain riche dans toute son épusseur. Les meilleures terres pour le lin sont les terres argileu:s, meubles, profondes, non humides, reposant sur un sous-sol également argileux, La racine est d'autant plus longue que la couche végétale a une plus grande épaisseur ; et, comme les tiges s’allongent proportionnellement au développement des racines, les sols les plus profonds seront également “eux qui produiront le lin le plus long.

La présence de la chaux dans les terrains est nécessaire au succès du lin. De toutes les matières minérales, à part la silice, c'est la chaux que le lin absorbe en plus grande quantité, Ainsi, lorsque le terrain destiné à cette plante

es, le lin de ture ; i! faut rès tous les >s entrainent n1à pourquoi

la dégéné-

même culigine. Dars ès clair et de +, Bien que la graine de l'importation

de bonnes st exposé à

tante, conteture surtout cine. Jllui errain riche res pour le ondes, non gileux, La igét1le a une ongent pro- , les sols les ront le lin le

t nécessaire ales, à part plus grande ette plante

manque de chaux, il faut lui en donner au moyen de marnages et de chaulages.

Le fond du sal doit contenir une humidité constante, mais non stagnante. Pour empêcher la stagnation de l’eau, on égoutte parfaitement la terre.

CLimar, — Le lin est une plante assez rustique ; aussi le rencontre-t-on sous les climats très chauds, de même que dans les pays relativement froids. Mais, d'après les résultats obtenus dans les pays où l’on cultive le lin sur une grande échelle, il est constaté que l’on obtient les meilleurs pro duits dans les lieux les plus voisins des bords de la mer. Cependant le lin craint les grands vents, qui font frapper les tiges les unes contre les autres ; d’où il résulte de nom breuses contusions qui diminuent beaucoup la qualité de la filasse. On préserve le lin contre les grands vents par des abris naturels ou artificiels : les plantations d'arbres sont surtout très efficaces.

PLACE DANS LA ROTATION. — Conme toutes les pla ntes à racines pivotantes, le lin met à contribution surtout les couches profondes du sol. Ces couches sont toujours les plus pauvres, et ce sont aussi celles qui s’enrichissent le

plus lentement ; car elles ne reçoivent des engra's que par

infiltration. Ainsi donc, lorsqu'une culture de lin a épuisé les couches profondes, il faut donner à celles-ci le temps de reconstituer leur richesse perdue ; ce qui prend toujours plusieurs années. Le lin est aussi une plante très antipathique à elle-même, tellement que sur les terrains ordinaires on ne peut le cultiver avec succès que si on laisse écouler un intervalle de 7 à 8 ans entre chaque retour de cette plante Cependant, il y a des sols qui peuveut produire le lin tous les deux ans et même tous les ans, sans que le produit

en paraisse diminuer. Mais ce ne sont là que des exceptions à la règle générale.

Ordinairement on réussit mieux dans la culture du lin en le soumettant à un assolement régulier. On peut adopter l’une ou l’autre des rotations suivantes, où quelques autres semblables : r'e année, patates avec fumure ; 2° orge avec graines de prairies ; 3° et 4° pâturages ; 5° moitié lin et moitié avoine, et puis l'on recommencera par les patates, À la rotation suivante, la partie du sol qui était cultivée en lin, est semée en avoine, et la partie qui était en avoine, est semée en lin; de sorte que nous avons réellement une rotation de dix années, c’est-à-dire qu'il s'écoule un intervalle de dix ans entre chaque retour du lin. Dans ces conditions, la plante réussit parfaitement.

On peut aussi suivre l’assolement suivant : après le pâturage, 1'° année, avoine ; 2° demi-sol de lin et demi-sol de vesces ; 3° culture sarclée avec fumure ; 42 blé avec graines de prairies ; $° prairie ; 6° pâturage ; 7° avoine ; 8e demisol de lin et demi-sol de vesces ; 9° culture sarclée avee fumure ; rot orge avec graimes de prairies ; 11° prairies ; 12€ pâturage ; 13*avoine. ans cet assolement le lin ne revient à la même place que tous les 13 ans. (Cependant on ne peut l’adopter avec profit que si l’on a d’abondantes fumures à sa disposition, de nombreux animaux et une main-d'œuvre suffisante. Il n’y a que les terres très riches du reste qui peuvent supporter cet assolement.

ENGRAIS ET AMENDEMENTS.—L’analyse des cendres du lin nous fait connaître la composition des engrais qui conviennent le mieux à ceite plante. Cette analyse nous démontre que le lin absorbe des quantités considérables de silice, de chaux, de phosphate et de potasse. Les engrais devront donc contenir ces substances en grande quantité ;

des exceptions

ilture du lin en n peut adopter quelques autres ; 2t orge avec * moitié lin et ar les patates, ait cultivée en en avoine, est éellemert une oule un inter- Dans ces con-

après le pâtuet demi-sol de é avec graines ne; 8e demie sarclée avee 11C prairies ; ent le lin ne . Cependant d’abondantes maux et une res très riches LÀ

s cendres du rais qui conanalyse nous sidérables de

Les engrais de quantité ;

ces engrais sont le fumier de ferme et les débris du lin luimême, particulièrement les tourteaux de lin, On peut encore employer les matières fécales, les cendres lessivées, les superphosphates, etc. Il est vrai que le lin n’est pas épuisant, mais il aime à croître au sein d’une grande richesse, et voilà pourquoi on doit lui donner des fumures abondantes.

PRÉPARATION DU SOL.—Comme pour toutes les plantes à racines pivotantes, il faut que le terrain que l’on destine au lin, soit profondément et parfaitement ameubli. Dans les sols qui lui conviennent le mieux, on donne toujours deux labours, l’un profond en automne, et l’autre à la profondeur ordinaire de 7 à 8 pouces, au printemps, avant le semis. Ce dernier labour est suivi, quelques jours plus tard, d’un hersage dont l’effet est non seulement d’ameublir la surface du sol, mais encore de détruire une foule de mauvaises herbes qui se sont développées entre les deux opérations. C’est sur ce hersage que l’on sème.

L'égouttement est une partie importante de la préparation du sol ; il faut lé faire avec le plus grand soin, afin qu'il ne reste aucune eau stagnante sur le champ.

La saison la plus favorable pour déposer les fumiers d’étables sur le terrain, c’est l’automne, avant le labour profond ; de cette manière la fumure enrichit les couches inférieures du sol. On en met en moyenne 2,600 Ibs par arpent, soit env:ron 32 voyages. Le printemps suivant on complète cette fimure au moyen des tourteaux de lin et des engrais huniains, On confie ces engrais À la terre immédiatement avant le dernier hersage de préparation,

SEMAILLES.—On ne sème pas le lin avant que la température moyenne de l'air ait atteint 10 degrés centigrade, soit 60 degrés fahrenheit ; ce qui arrive dans nos localités vers le 15 de mai. Dans ces conditions, et pourvu que la tempé-

ms BEC ds:

rature ne soit pas sèche, le lin germe vite et sort de terre 7 à 8 jours après le semis.

Il est important de bien choisir la graine de semence. La bonne graine de lin est grasse, pleine, brillante et pesante. Avant de la semer, il faut la cribler avec soin pour enlever toutes les graines étrangères. Cette opération diminuera beaucoup les frais de culture et mettra le lin en état de donner un produit très abondant.

La quantité de semence que l’on met par arpent varie suivant la richesse et l’ameublissement du sol, et suivant le produit que l’on veut obtenir, Lorsque la terre n'aura pas été ameublie parfaitement, il faudra employer une plus grande quantité de semence. Quelquefois on cultive le lin principalement pour la graine, et l’on s'inquiète peu de la qualité de la filasse; dans ce cas, on sème très clair, environ 42 lbs où #{ de minot par arpent. La graine que l’on obtient dans cette condition est abondarte et de qualité supérieure ; mais la filasse est très grossière, D'autres fois on sème r minot où 50 Ibs par arpent. La graine est encore bien bonne, quoique un peu inférieure à la précédente ; mais la filasse est meilleure, c’est celle qu’on emploie pour nos usages domestiques. Dans les pays où l’on cultive le lin pour les besoins des manufactures de toile fine, on sème 2, 3 et jusqu’à 4 minots par arpent. On fabrique les toiles écrues avec du lin semé à raison de 2 minots par arpent ; mais les toiles très fines et les dentelles proviennent du lin semé à raison de 4 minots par arpent.

Règ'e générale, plus le lin est semé fort, plus les tiges sont fines et la filasse délicate ; mais la qualité de la graine décroît à mesure que celle de la filasse s'améliore ; c’est tellement vrai, que le lin semé à raison de 4 minots à l’arpent n'a pas même de fruits.

apr

sort de terre

de semence, brillante et ler avec soin tte opération ettra le lin en

arpent varie et suivant le re n'aura pas er une plus cultive le lin te peu de la ne très clair, a graine que te et de quare, D'autres La graine est ire à la précéqu’on emploie ys où l’on culde toile fine,

On fabrique 2 minots par s proviennent

lus les tiges s de la graine aéliore ; c’est ots à l’arpent

Les semis se font à la volée, très uniformément, et l’on enterre la graine avec une herse légère, de manière à la recouvrir d'environ un demi-pouce de terre; puis on termine l’ensemencement par un bon roulage,

SOINS PENDANT LA VÉGÉTATION,—Dans les bonnes cultures, on doit préparer le sol avec un soin tel, que le lin n’a pas besoin de sarclages. Mais il est bien rare que l'on atteigne cette perfection, Cependant il est reconnu que les mauvaises herbes nuisent beaucoup à la plante et diminuent surtout les qualités de la filasse. Il est donc important de sarcler le lin lorsque les mauvaises herbes se montrent la tête. Ce sarclage ne s'exécute que par l’arrachage, et on ne peut le faire que lorsque la plante est jeune. Le travail est long et dispendieux ; pour éviter cete opération, on doit prendre tous les moyens possibles de détruire les mauvaises herbes par és cultures précédentes et par la préparation elle-même du sol.

De tous les ennemis du lin, le plus redoutable est sans contredit une plante parasite appelée cuscute, et que nous nommons /eigne où feignasse. Une fois qu’une linière est envahie par la cuscute, on peut la regarder comme perdue ; ce qu'il y a de mieux à faire alor, c’est de tout arracher avant la maturité et de tout faire brûler. On ne doit pas non plus employer comme semence les graines de lin récolté dans un champ dont une partie a été atteinte de la cuscute ; car, malgré le nettoyage le plus minutieux, il y aura toujours quelques graines atteintes de cuscute qui échapperont au nettoyage et qui se propageront dans les cu'tures nouvelles.

RécoLrE. — Le lin, dont la première végétation est assez lente, croît ensuite avec rapidité, pourvu que l'humidité ne lui fasse pas défaut. En général, il fleurit 5 à 6 semaines après sa sortie de terre, et ses graines sont mûres environ

quinze jours plus tard. On reconnait la complète maturité des graines au jaunissement de la tige, à la chute des feuilles et à la couleur brune que prennent les graines. Quand on attache plus d'importance à la qualité de la graine qu’à celle de la filasse, c’est-à-dire lorsqu'on a semé le lin très clair, on n’en fait la récolte que lorsque tous les signes de la complète maturité sont apparents ; mais alors on doit sacrifier la finesse de la filasse et s'attendre à ne fabriquer qu'une toile grise très grossière. Au contraire, lorsqu'on veut avoir une filasse très fine et susceptible de prendre une blancheur éclatante, on récolte bien avant la maturité des graines ; c'est généralement lorsque les capsules commencent à se former.

La récolte s'effectue, dans tous les cas, par l’arrachage à la main. A mesure qu’on l’arrache, on le met en javelles pour le faire sécher ; il est important de faire les javelles d'une manière très régulière. Lorsque les tiges sont sèches, on fait des bottes de 12 à 15 Ibs et on les transporte à la grange.

Dans notre système de culture ordinaire, on ne procède pas de la manière que nous venons d’expliquer. Une fois que le lin est mis en javelles, on le laisse ainsi étendu sur le champ jusqu'à son rouissage complet, après l'avoir retourné à deux ou trois reprises. On comprend que, par cette méthode, beaucoup de graines germent sur le champ, et que celles qui restent intactes sont de très médiocre qualité. Dans toutes les bonnes cultures, on entre le lin aussitôt qu’il est sec ; on le déba-rasse immédiatement de ses graines et on le soumet au rouissage.

La séparation des graines se fait ordinairement en battant au fléau les gerbes de lin sans les délier ; mais ce mode mêle beaucoup la filasse. Il est bien plus avantageux de

nel SR an Lo

e maturité des feuilles Quand on qu’à celle très clair, de la comit sacrifier uer qu’une veut avoir * blancheur >s graines ; ncent à se

rrachage à en javelles les javelles ont sèches, asporte à la

ne procède .. Une fois étendu sur près l'avoir d que, par r le champ,

médiocre ntre le lin atement de

en battant ce mode tageux de

séparer les capsules des tiges, en passant les tiges poignée par poignée entre les denis d’un puissant peigne de fer solidement fixé sur un banc.

ROUISSAGE. — Il y a deux manières de rouir le lin: à la rosée et à l’eau. Le rouissage a pour but de faire fermenter et de rendre solubre une certaine matière gommeuse qui colle l’écorce ou les fibres sur les tiges. Tant que cette matière gommeuse n'est pas dissoute, il est impossible de séparer la filasse ; mais aussitôt que la solution est complète, la séparation se fait avec la plus grande facilité. Quel que soit le mode qu’on adopte, il faudra rouir le lin jusqu'à ce que la matière gommeuse soit disparue.

1. Pour faire rouir le lin à la rosée, on l’étend en couches très minces et très régulières sur la surface d’un champ couvert d’un épais gazon, par exemple sur une prairie qui vient d’être fauchée ou sur un pâturage. Dans notre culture ordinaire, on ne preni pas toutes ces précautions ; on se contente d'étendre le lin sur le champ qui l’a produit ; mais pendant les pluies, le lin se couvre de boue, et l’on n’en obtient toujours qu’une filasse grise de qualité inférieure, Le rouissige sur l'herbe est préférable sous tous les rapports. Ainsi étendu, le lin est soumis aux alternatives des rosées et du soleil, des pluies et des sécheresses. On le retourne de temps à autre sans le mêler, et, lorsque la matière gommeuse a subi la transformation que nous avons mentionnée plus haut, le rouissage est complet. La durée de l'exposition du lin est plus ou moins longue, suivant la température. Il est inutile de dire que le rouissage à la rosée est plus lent pendant les sécheresses que pendant les pluies.

On reconnaît que le rouissage est complet, lorsqu’en cassant une tige par le milieu, la fibre s’en détache sans

effort depuis le haut jusqu’en bas. Aussitôt que le lin est bien sec, on l’entre,

Il arrive quelquefois pendant le rouissage des accidents qui amènent la ruine presque cornplète de la récolte. Ainsi, par exemple, de fortes pluies s'abattent sur le lin vers la fin du rouissage ; alors non seulement la gomme est dissoute, mais les fibres ellesmêmes pourrissent. Le lin est à peu près perdu ; il n’est bon tout au pius qu’à faire de l’étoupe.

2. Le rouissage à l’eau eit préférable au précédent sous tous les rapports ; il donne une filasse plus blanche ; il permet de guider plus sûrement la déconposition de la matière gommeuse et la séparation de la fibre d’avec le bois ligneux.

On fait le rouissage à l’eau de deux manières : à l'eau courante et à l’eau dormante. Dans les deux cas, on construit de grandes caisses en bois, en brique ou en pierre, bien cimentées et qu’on nomme rowforirs. C’est dans ces routoirs que l’on fait rouir le lin après l'avoir auparavant lié en petites bottes. Avant d’y plonger le lin, on emplit les routoirs d’eau, et, pour faciliter le travail, on les plice au milieu d'un cours d’eau naturelle, La qualité de l’eau influ* beaucoup sur celle de la filasse que l’on obtiendra après L rouissage, Ja meilleure eau doit être limpide, douce, non calcaire, ni vaseuse. Les eaux dures ou boueuses donnent une filasse qui ne peut jamais prendre une belle couleur blanche ; cette filasse reste grise et ne sert qu’à la fabrication des tissus de qualité médiocre.

Il faut placer le lin avec symétrie dans les routoirs : on dépose d’abord un premier rang de gerbes, ensuite un deuxième rang en travers du premier ; puis un troisième en travers du deuxième ; ainsi de suite suivant la profondeur du routoir. Sur le dernier rang, on met quelques planches

que le lin est

des accidents récolte. Ainsi, lin vers la fin est dissoute, lin est à peu re de l’étoupe.

récédent sous s blanche ; il position de la e d'avec le bois

ières : à l'eau { CAS, ON COnsou en pierre, C'est dans ces auparavant lié on emplit les n les plice au ‘ de l’eau influ* tiendra après Le de, douce, non ueuses donnent e belle couleur qu’à la fabrica-

ès routoirs : On es, ensuite un n troisième en la profondeur elques planches

que l’on charge de pierres, afin de submerger complètement

les gerbes de lin, Il importe beaucoup qu'aucune partie des

gerbes ne touche ni au fond, ni aux parois du routoir. Si ces inconvénients se produisaient, le rouissage ne serait pas régulier, et toute la filasse ne se détacherait pas des tiges. A mesure que le rouissage avance, le lin devient plus pesant et tend à tomber au fond du routoir, Pour empêcher cette descente, on enlève peu à peu les pierres qui chargent toute la masse du lin.

Dans le rouissage à l’eau dormante, on ne renouvelle pas l'eau pendant toute la durée de l'opération, Cette eau croupit et hâte la décomposition de la matière gommeuse. Dans le rouissage à l’eau courante, on laisse arriver, par un bout du routoir, un mince filet d’eau, qui sort plus ou moins lentement par le bout opposé. L'eau se renouvelle ainsi peu à peu et n'a pas le temps de croupir, Le rouissage, dans ce dernier cas, est un peu plus lent, mais en même temps qu’il décompose la matière gommeuse, il emporte en dehors du routoir les substances colorantes naturelles à la filasse, Le lin ainsi roui donne toujours une filasse plus blanche que celui qui l’a été à l’eau dormante ou à la rosée,

La rapidité du rouissage à l’eau dépend de la température de l’eau et de l'air. La chaleur hâte le rouissage ; le froid le retarde. Pour la même raison, le rouissage à l’eau dormante se fait plus vite qu’à l’eau courante ; car cette dernière est toujours plus froide que celle qui croupit sur place. Le rouissage dure de 6 à 12 jours. Lorsqu'on rouit à l’eau dormante, dès le commencement du 6€ jour, on s'assure si la filasse se détache bien de la tige ; o 1 renouvelle ces essais

de trois heures en trois heures. Dans le rouissage à l’eau courante, on fait les mê nes es:ais au roème jour.

IMAGE EVALUATION DA ne

LO ‘“u2 12 = *I& pp n Mg —

LS ILS que

Photographic 23 WEST MAÏiN STREET GIENCRS enr Orporalion

Le)

K ne ar NRR

/ ce VS

Aussitôt que le rouissage est terminé, on retire le lin du routoir ; on le lave en le plongeant, à plusieurs reprises, dans l’eau du rouissage ; on le fait égoutter et on l’étend en couche mince sur une prairie fauchée ou sur un pâturage, Un retard de quelques heures dans ces opérations nuirait beaucoup à la force de la filasse, Lorsque le lin est suffsamment sec, on le lie de nouveau en bottes et on le transporte dans un lieu sec, en attendant le moment de la vente ou celui des différentes manipulations qui le transformeront en toile.

RENDEMENT.—Les produits du lin sont très variables. Sous les climats favorables, on récolte très souvent jusqu’à 500 Îbs de filasse par arpent ; mais, dans nos localités, la production moyenne ne dépasse pas 150 Ibs, plus environ 55 pour cent de graines, ou un peu plus de la moitié du poids de la filasse. Il ne faut pas oublier, cependant, que la production des graines diminue en proportion de l’augmentation du produit de la filasse,

Page 1