‹ Le guide du cultivateur ou Cours d'agriculture [microforme]Chapitre 85 sur 113 · LE CHANVRE · texte numérisé non relu

LE CHANVRE

Le chanvre est, comme le lin, une plante textile et oléagineuse. On extrait de la tige une fibre grossière, mais beaucoup plus forte que celle du lin. Dans les pays où l’on cultive le chanvre sur une grande échelle, on en fabrique d'excellents cordages et de bonnes toiles à voiles, ou encore certains tissus qui demandent beaucoup de force, comme les toiles à sacs. On obtient de la graine une huile grossière, que l’on ewploie pour l'éclairage ‘ns quelques rares contrées,

re le lin du s reprises, l'étend en 1 pâturage.

ons nuirait in est suffon le transde la vente isformeront

variables.

ent jusqu’à ocalités, la us environ moitié du dant, que la e l'augmen-

le et oléagimais beauays où l’on n fabrique s, Où encore rce, comme huile groslques rares

ESPÈCES ET VARIÉTÉS. —Ohn ne cultive qu’une seule espèce de chanvre, mais il en existe plusieurs variétés, entre autres le chanvre de Mayenne, dont la hauteur atteint ordinaire. ment 6 pieds, et celui de Lombardie, plus tardif que le précédent, mais d’une longueur dépassant 9 pieds.

SOL.—Le chanvre ne prospère que dans les terrains qui restent frais pendant toute la durée de la végétation, sans conserver cependant d’eau stagnante dans les couches profondes. Pour cette raison, il réussit mal dans les terres argileuses et tenaces, tandis que l’on voit de très beau Chanvre jusque sur les terres légères quand elles conservent une fraîcheur convenable.

CLIMAT.—La rapidité de la croissance du chanvre permet de le cultiver sous les climats les plus variés. Cette plante ne redoute que les grands vents qui, en faisant heurter les tiges les unes contres les autres, les couvrent de cicatrices, altèrent les fibres et leur font perdre beaucoup de leur valeur. On rencontre le chanvre sous nos climats froids comme dens les pays les plus chauds de la terre ; cependant, la température influe sur son développement. Dans nos localités, la longueur des tiges ne dépasse pas 8 pieds, même sur les meilleurs terrains ; tandis que dans des contrées plus chaudes, on voit le chanvre atteindre très souvent jusqu’à 25 pieds de longueur.

PLACE DANS LA ROTATION. —Cette plante est une des plus sympathiques que l’on connaisse ; on peut la cultiver presque indéfiniment à la même place, sans que son produit paraisse diminuer d'une manière sensible, pourvu toutefois qu'on ne lui ménage pas les engrais. On dirait que le chanvre n’a besoin du sol que pour y implanter ses racines et que l'atmosphère et les engrais fournissent seuls tout ce

qu'il faut à son développement. C'est pour cette raison que lon ne fait jamais entrer le chanvre dans un assolement régulier, Cependant le sol finit toujours par s’épuiser, mais seulement après une culture de 15 à 20 ans ; alors on cultive cette plante sur une autre partie de la ferme.

Il se développe aussi dans les terres affectées depuis longtemps à la culture du chanvre, une plante parasite appelée orobanche rameuse, qui implante ses racines sur celles du chanvre, se nourrit de sa sève et en paralyse complètement la croissance. On ne rencontre pas l’orobanche sur les terrains qui n’ont pas été fatigués par des cultures répétées du chanvre.

ENGRAIS ET AMENDEMENTS. — Le chanvre est une des plantes les plus épuisantes que l’on connäisse ; il ne réussit que dans les terrains les plus riches. Si on le voit pousser spontanément autour des bâtiments de ferme, c’est parce que le sol a été surabondamment enrichi par des débris de toute sorte qui ont pourri sur place. J/engrais le plus convenable au chanvre est sans contredit celui qui est formé par les débris de la plante elle-même, mais cet engrais naturel ne suffit pas ; la plante est alors trop mal nourrie, Du reste, cet engrais ne forme pas même le quart d’une bonne fumure ordinaire.

L'analyse du chanvre nous fait connaître sa composition minérale, ainsi que celle des engrais et des amendements qui lui conviennent le mieux. Par cette analyse on constate que cette plante renferme surtout de la chaux, de la potasse et du phosphate. Les meilleurs engrais pour cette culture sont donc ceux qui contiennent ces principes en grande quantité.

La présence de la chaux dans le sol, surtout, est absolument nécessaire, et, si le terrain n’en contient pas suffisam-

raison que ssolement iiser, mais rs on cul-

:s depuis > parasite sur celles complètenche sur ures répé-

| une des ne réussit it pousser est parce débris de plus conest formé et engrais | nourrie, art d’une

mposition ndements n constate la potasse te culture n grande

st absolu- ; suffisam-

ment, il faut lui en donner au moyen d'abondants chaulages ou marnages, Les engrais de ferme, les matières fécales, les cendres vives ou lessivées, les guanos, les superphosphates, sont tous des engrais très recherchés pour la culture du chanvre ; mais il faut que les eng ais de ferme aient subi auparavant une décomposition assez avancée, car le chanvre exige pour sa rapide croissance des engrais qui renferment la plus grande proportion possible de matières solubres, On applique l’engrais de ferme seul à raison de 20,000 1bs environ par arpent, et ce n’est que la moitié de la fumure. L'autre moitié se compose des débris du chanvre et des engrais que nous avons mentionnés plus haut.

PRÉPARATION DU SOL. — Dans la grande culture, cette préparation consi:te à donner un labour profond en automne auss.tôt après la récolte, si c’est po:s.ble. La profondeur de ce labour est d’environ 12 pouces. On exécute un labour en automne, afin de détruire les mauvaises herbes, dont la croissance est très rapide après que le chanvre est enlevé.

C'est ordinairement au printemps suivant qu’on dépose la fumure, qu'on enterre par un labour de 6 à 7 pouces ; mais il vaudrait beaucoup mieux appliquer la fumure en automne ; de cette manière, on aurait un fum.er décomposé et qui ne renfermerait aucune graine de mauvaises herbes ; ce qui diminuerait beaucoup les sarclages pendant la végétation. Mais la fumure d'automne ne dispense pas de faire le labour de printemps ; on exécute cette opération aussitôt que le sol est suffisamment réchauffé, et ensuite on abandonne le champ à lui-même pendant quelque temps. Lorsque la température s’est élevée à 9 ou 10 degrés centigrade, c'est-à-dire à 48 ou 50 dégrés fahrenheit, on donne la dernière façon, qui consiste en un sarclage énergique. Ce

dernier achève non seulement la préparation du sol, mais détruit encore une foule de mauvaises herbes qui se sont développées depuis le labour du printemps.

SEMAILLES, — On sème le chanvre aussitôt après le dernier h:rsage. La graine de chanvre que l’on emploie comme semence doit être d'un beau gris foncé, pleine, luisante et pesante. On choisit la graine récoltée sur les pieds qui ont parfaitement müûri, et qu’on a cultivés soi-même.

Les semis se font toujours à la volée. On sème plus ou moins fort, suivant la qualité de la filasse que l’on veut obtenir. Le chanvre serré est fin, court et donne une filasse d’une très grande finesse. Le chanvre semé clair devient plus long et plus gras ; mais la filasse est moins fine et d’une grande force; c’est celle qu’on emploie pour la fabrication des cordages.

La proportion de graine varie entre un minot et un minot et demi par arpent. On enterre la semence à la herse, de manière à la recouvrir de 34 de pouce de terre envi on.

Depuis le moment du semis jusqu’à la sortie de terre, il. faut éloigner les oiseaux du champ cultivé en chanvre, car ils sont très friands de la graine de cette plante.

Les semis se foat avec une très grande régularité. Dans les semis forts, les tiges sont espacées de 14 pouce à 11% pouce. L'espace ne doit pas être plus restreint entre les tiges ; car, autrement, on aurait un chanvre dégénéré, dont le produit de fasse est faible en quantité et en qualité. Pour le chanvre à cordages on laisse plus de distance entre les tiges.

SOINS PENDANT LA VÉGÉTATION. — Lorsque la préparation du sol est bien faite, on ne voit presque pas de mauvaises herbes croître parmi le chanvre ; mais, si cette préparation est un peu négligée, les plantes nuisibles pous-

u sol, mais qui se sont

près le dern emploie pleine, luiir les pieds -même.

me plus ou e l’on veut donne une semé clair moins fine oie pour la

t un minot a herse, de nvi on.

de terre, il.

hanvre, car

ité. Dans ouce à 112 1 entre les inéré, dont en qualité.

e distance

la préparaas de maus, si cette ibles pous-

sent avec une rapidité étonnante, du moins pendant la première végétation du chanvre. Pour les détruire, on donne un sarclage à la main, avec de petites grattes étroites aussitôt après la levée du chanvre Plus tard le chanvre se passe ordinairement de sarclage, parce que la rapidité de sa végétation étouffe toutes les herbes qui pourraient croître en même temps que lui. C’est aussi à cette époque que l’on éclaircit, de manière à lai-ser entre les tiges la distance voulue. Dans les contrées où l’orobanche infeste les cultures du chanvre, on arrarhe cette plante parasite à la main.

RÉCOLTE. — Dans les bonnes cultures, on récolte toujours le chanvre en deux fois, car touces les tiges ne mûrissent pas en même temps. Il ya du chanvre dont un certain nombre de pieds ne portent que des fleurs et d’autres ne portent que des graines. Les premiers mâûrissent toujours avant les deuxièmes. On fait cette récolte en arrachant les tiges à la main ; on le; laisse étendues sur le sol pour qu'elles puissent sécher ; on les rentre, on les bat, on les assortit de longueur en mettant en battes toutes celles qui sont également développées, et on les transporte enfin au routoir.

RENDEMENT. — Dans les bonnes cultures, on peut compter sur un pr duit moyen de 700 Ib: de filasse et de 200 1bs de graines par arpent.

ROUISSAGE. — On rouit le chanvre à la rosée ou à l’eau. Roui à la rosée, le chanvre donne toujours une filasse de mauvaise qualité. Il est préférable de le rouir à l’eau, comme on fait pour le lin.

PLANTES POTAGERES

On appelle potager une petite étendue de terrain emjiloyé à la production des légumes, et sous le nom de légumes, on comprend non seulement un certain nombre de plantes appartenant à la famille des légumineuses, mais encore tous les végétaux avec lesquels on assaisonne les mets et l’on en rehausse le goût, et ceux qui servent à compléter et à varier nos préparations culinaires. Le potager a sa place marquée sur toutes les fermes ; aussi le rencontre-t-on partout, dans les climats et les sols les plus différents. Piès des centres populeux, la culture du potager forme même l’objet d’une industrie particulière, qui est très profitable lorsqu'on s’y livre avec les connaissances et les qualités voulues.

TERRAINS. — Sous le rapport du terrain, le potager diffère beaucoup de la grande cuiture. En plein champ, on s’efforce de seconder la nature, c’est-à-dire que l’on cultive les plantes, autant que possible, dans leurs sols de prédilection, tandis que dans le potager, on oblige pour ainsi dire les végétaux, au moyen d'opérations plus savantes, à croître et à produire abandamment dans toutes surtes deterres, Le calcaire, l’argile, le sable, la tourbe, le schiste, peuvent subir toutes les préparations destinées à les tran former en potager ; il suffit de consacrer à cette opération le temps, les pein:s et les sacrifices que chacune de ces terres exige. Si le terrain est naturellement bon, la formation d’un potag:r sera moins coûteuse ; mais plus la terre est ingrate, plus il faudra de dépenses en travaux d’ameublissement et d'assainissement, en amendements et en engrais.

Il faut assainir les terres humides et compactes au moyen de drainages et de labours profonds, et les amender par la

\ emiloyé ‘umes, on e plantes core tous et l’on en t à varier > marquée out, dans es centres bjet d’une squ'on S'y

rer diffère n s'efforce s plantes, on, tandis végétaux,

produire caire, l’artoutes les otager ; il pein:s et le terrain era moins faudra de issement,

au moyen er par la

chaux et les terres sableuses. On forme ainsi une terre artificielle qui possède la même composition que les sols les plus féconds, composés en moyenne de 40 pour cent d’argile, de 36 pour cent de sable, de 8 pour cent de chaux, de 10, 12, 15 et même 20 pour cent de terreau, et le reste est formé de sel soiubre, qui complète la fertilité du sol. Certains jardiniers européens achètent, près des grands centres, des glaises stériles qu’ils transforment en potagers de première qualité, en creusant la couche arable jusqu’à la profondeur de trois pieds, en garni-sant le fond d’une épaisse couche de pierrailles et en recouvrant ces dernières avec la terre obtenue par le creusage. On comprend facilement que ces travaux entraînent des dépenses considérab'es, qu’on ne peut pas évaluer à moins de $100 de l’arpent.

On peut aussi former d’excellents potagers dans les sables secs et arides qui poudroient au vent, comme on en rencontre souvent dans les différentes parties de la province, c’est en ajoutant une proportion suffisante de terre argileuse et en leur donnant tous les ans les plus fortes tumures, jusqu’à ce qu’on ait obtenu une quantité convenable de terreau, soit de 10 à 15 pour ceut. Cette transformation du sable, quoique mvins coûteuse que la façon précédente, n'exige pas moins des dépenses considerab'es. Heureux donc le cultivateur qui pos-ède un sol convenable au potager !

CLÔTURE.—La première précaution à prendre dans la culture d’un potager, c’est de le protéger contre les grands vents. Les plantes d’un potager, soumises à des améliorations constantes, deviennent sans aucun doute plus productives que dans la grande culture, mais aussi d’une extrême délicatesse ; elles ne peuvent supporter les intempéries ordinaires ; elles ont besoin de protection pendant leur jeunesse et pendant tout le cours de leur végétation. Les clôtures

constituent l’un des moyens de protection nécessaire au potager ; elles doivent empêcher non seulement le passage des animaux, mais encore diminuer l’impétuosité des vents, Voilà pourquoi il faut construire les clôtures pleines, hautes et solides,

ENGRAIS.—Il n’y a qu'un seul engrais qui convienne parfaitement au potager, et encore on doit n’en confier au sol que la quantité qu’il demande. L’excès est aussi préjudiciable que l'insuffisance, Cependant, dans le cas qui nous occupe, il est assez difficile de tomber dans l’excès ; on peut, sans danger, accumuler le terreau jusqu’à ce qu'il forme environ le quart de la masse totale de la couche cultivée. On reste toijours en deçà de cette limite, faute d'engrais assez abondant ; mais il ne serait pas prudent de la dépasser, lors même qu’on le pourrait. On ne doit pas appliquer au potager les fumiers de vache et de porc, les matières fécales et la boue des rues, s'ils n’ont pis subi une décomposition suffisante ; car ils altèrent la qualité des légumes et surtout celle des racines ; mais lorsqu'ils ont subi une décomposition assez avancée, ils conviennent tous parfaitement. On réserve les fumiers de cheval et de mouton pour les terrains frais, et ceux de vache et de porc pour les terres sèches. La colombine, le guano, la fiante de volailles, la poudre d’os, le superphosphate et même le sel de cuisine ordinaire ont de précieuses qualités, que nous verrons plus loin en étudiant chaque plante en particulier. On doit mélanger tous ces engrais très intimement dans toute la masse de la couche végétale, c’est-à-dire sur une épaisseur d'environ deux pieds.

CoucHes. — Au printemps, la température de l’air et du sol met toujours beaucoup de temps à atteindre le degré de chaleur que demande la culture des plantes potagères. On

cessaire au le passage des vents, nes, hautes

convienne confier au aussi préjule cas qui ins l'excès ; u’à ce qu'il la couche imite, faute prudent de e doit pas e porc, les 1 subi une qualité des rsqu’ils ont 2nnent tous de mouton rc pour les de volailles, ] de cuisine errons plus On doit ns toute la Le épaisseur

e l'air et du le degré de hgères. On

supplée alors À l'insuffisance de chaleur au moyen de couches chaudes.

On construit les couches chaudes de deux manières, suivant la saison et le temps pendant lequel on devra suppléer à l'insuffisance de la chaleur solaire. Quand une couche chaude doit faire sentir son influence pendant une période très longue, on accumule les matières qui produisent la chaleur sous un volume plus considérable, et on les place de manière à y introduire des réchauds au besoin. Pour produire la chaleur artificielle, on se sert généralement de fumier frais de cheval, qui, en se déconposart, donne naissance à une vive chaleur et réchauffe la terre qui le recouvre. Si le fumier de cheval n’est pas frais, ou s’il a subi un commencement de décomposition, son emploi dans les couches chaudes devient inutile ; car il a perdu alors la faculté de produire de la chaleur. On peut aussi introduire dans la construction des couches chaudes toute autre substance qui possède les mêmes propriétés que le fumier de cheval. Ainsi, on mêle quelquefois le vieux tan imprégné d'urine au fumier de cheval, parce qu’en se décomposant il émet, lui aussi, une forte chaleur, La fermentation du fumier de mouton est moins active que celle du fumier de cheval; mais elle est de plus longue durée ; par conséquent, ces deux fumiers font un excellent mélange.

Lorsqu'on a l'intention d’ensemencer les couches chaudes de bonne heure au printemps et que l’on prévoit que ces dernières devront servir perdant plusieurs semaines, on pourra produire la chaleur nécessaire en construisant les couches chaudes de la manière suivante ou de toute autre analogue :

On dépose sur le sol, après l’enlèvement de la neige, un tas de fumier frais de cheval d’environ huit pieds de lar-

geur, de trois pieds d'épaisseur et d'une longueur proportionn fe au nombre de plantes que l'on veut y semer, On piétine fortement et uniformément le fumier, afin de régulariser la fermentation autant que possible, Sur le milieu du tas de fumier, on place un bâti en bois, en planches vu en madriers, d'environ 4 pieds de large sur 12 À 15 pieds de haut en avant, de 2 pieds de haut en arrière, et! un peu moins long que le tas. Lorsqu'on a terminé ces premières opérations, on arrose le fumier à l'intérieur du bâti en bois avec de l’eau bouillante ; ensuite on jette, par-dessus le fumier et sans le tasser, une couche de terre de 6 pieds d'épaisseur environ. Mais il faut que cette terre soit très riche ; pour cela, on la fabrique artificiellement en mélangeant, par parties égales, de bonne terre de jardin et du terreau de vieilles couches, Le fumier entre immédiatement en fermentation et produit de la chaleur qui réchauffe la terre placée immédiatement au-dessus. Pour empêcher la perte de cette chaleur et même pour l’augmenter, on recouvre la couche chaude de châssis en bois bien vitrés.

C’est dans le but de donner une inclinaison convenable à ces châssis que la terre est plus élevée en arrière qu’en avant de la couche Cette inclinaison doit toujours être du nord au sud, parce que, dans ce cas, les rayons du soleil tombent presque perpendiculairement sur la couche, et la chaleur se concentre à l’intérieur. Pendant la nuit, il se perd une proportion plus ou moins grande de cette chaleur, car les vitraux ne sont pas assez étanches pour empêcher ce dégagement, Où diminue cependant la perte de chaleur en recouvrant la couche chaude de paillassons. On ne laisse pas toujours les vitraux fermés. Pendant les beaux jours, alors que le so'eil brille dans tout son éclat, on les ouvre depuis 10 heures de l’avant-midi jusqu'à 2 ou 3 heures de l'après-midi.

‘ur propormer. On de régula- » milieu du hes vu en s pieds de e! un peu s premières iti en bois r-dessus le de 6 pieds ‘e soit très en mélanrdin et du immédiateai réchauffe empêcher menter, on en vitrés.

convenable rière qu’en >urs être du s du soleil uche, et la a nuit, il se tte chaleur, empêcher de chaleur s. On ne les beaux lat, on les À 2 ou 3

On ne confie la semence à la couche chaude que quelques jours après qu'elle a été complétée, afin de donner au fumier le temps de jeter son premier feu, Si l'on semait immédiatement après que la couche est terminée, aucune plante ne résisterait à la chaleur intense que le fumier dégage au début de sa fermentation.

Lorsqu'on n'a besoin de chaleur artificielle que pendant quinze jours ou trois semaines, on emploie un peu moins de fumier. Dans cè cas, on dépose généralement la boite en bois sur le sol même ; mais alors on la construit un peu plus haute, soit environ 3 pieds en avant et 3 pieds et 9 pouces en arrière, Au fond du bâti en bois on place le fumier de cheval sur une épaisseur de 2 pieds, en le piétinant toujours fortement et uniformément, On arrose le fumier d’eau bouillante et on le recouvre immédiat rient d'une couche de terre, telle que mentionnée plus haut,

Quant au semis, on doit prendre les mêmes précautions.

ARROSAGES,—£Le jardinier soigneux ne redou:: pas les sécheresses, rar il supplée à l’insuffisance de l'humidité de l’atmosphere et de la terre au moyen d'arrosage; aussi fréquents que l’exigent la température et le besoin de la végétation. Pour cela, il doit y avoir à proximite du potager ou dans le potager même une bonne fontaine ou une source d’eau vive capable de fournir l’eau nécessaire aux arrosages. On ne répand cette eau sur le sol et les plantes que lorsqu'elle a atteint la température moyenne de l'atmosphère. Où peut arroser avec de l’eau claire, mais le plus souvent on fait dissoudre dans l’eau d’arrosage quelques engrais puissants, comme le purin ou jus de fumier, le guann, le superphosphate, la colombine et la fiante de volailles.

Les arrosages ne doivent se faire que dans l'après-midi, alors que la plus grande chaleur est passée. Si l’on arrosait penda”:t les heures les plus chaudes de la journée, l’eau s'évaporerait presque immédiatement, et les plantes seraient même brûlées. Dans tous les cas, le sol deviendrait très dur.

GRAINES ET SEMIS. — Le jardinier ne doit se fier qu’à lui-même pour la production de bonnes graines de semence et ne recourir aux marchands de grains que lorsqu'il veut se procurer des variétés nouvelles pour remplacer celles qui ont dégénéré dans sa culture. Pour produire de bonnes graines, on choisit les plantes les plus vigoureuses et appartenant aux variétés qu’on veut cultiver ; on les soigne avec les plus grandes précautions pendant tout le cours de leur végétation ; on ne leur épargne ni les sarclages, ni les rechaussages, ni les arrosages ; au besoin on leur donne des tuteurs qui les soutiennent contre les grands vents ; on ne fait la récolte des semences que lorsqu'elles ont atteint leur complète maturité. Ordinairement les premières graines mûres sont les plus pleines, les mieux nourries et les plus propres À donner naissance à des plantes vigoureuses. Autant que possible il faut prendre pour semences les graines de la dernière récolte, En vieillissant, toutes les graines perdent de leur vigueur ; quelques-unes même ne conservent pas leur faculté germinative plus d’une année ; un petit nombre, pas plus de 6 mois, et d’autres, très rares heureusement, ne végètent sûrement que si on les sème immédiatement après qu’elles ont été récoltées.

Les semis se font à la volée ou en lignes. On préfère toujours les semis en lignes ; car il est toujours plus facile alors de pratiquer les sarclages et les éclaircissages nécessaires,

après-midi, l’on arrosait urnée, l’eau tes seraient endrait très

se fier qu’à de semence rsqu’il veut r celles qui de bonnes et appartene avec les rs de leur ses, ni les donne des nts; on ne atteint leur res graines

et les plus igoureuses.

les graines raines perconservent *; un petit res heureue immédia-

Dn préfère plus facile ges néces-

Règle générale, plus les graines sont fines, moins on doit les enterrer. Il y a de grosses graines, comme celles des petites fèves, par exemple, qui demandent à ne pas être plus recouvertes que les graines fines.

La meilleure manière de faire des sillons ne consiste pas, comme on le croit généralement, à creuser le sol à une profondeur plus ou moins grande, mais plutôt à le tasser, en passant un bâton sur la surface et en l’enfonçant en marchant dessus ; on forme ainsi de petites rigoles plus ou moins profondes suivant le diamètre de ces bâtons, et c’est dans ces rigoles que l’on sème. On recouvre les graines en remplissant les rigoles de terreau et en tassant la surface au moyen d’un rouleau léger ou avec le dos d’une pelle,

TRANSPLANTATION. — Beaucoup de plantes introduites dans le potager ont été soumises à une culture tellement artificielle, qu’elles ne ressemblent que très peu à l’espèce qui les a produites. Ces plantes ne conservent leurs propriétés qu'au moyen de transplantations réitérées. On ne transplante pas les laitues, les cerfeuils et le persil commun : mais la laitue pommée, le certeuil et le persil frisés ne conservent leurs qualités particulières que s'ils sont transportés une ou deux fois pendant le cours de la végétation ; autrement, ils dégénèrent et reprennent les caractères de l'espèce commune. Les carottes, les navets et les betteraves ne donnent de bonnes graines que si on les transplante ; il en est de même pour toutes les plantes bisannuelles.

Nous transplantons encore les végétaux qui ont été semés sur couches chaudes, dans le but de gagner du temps et de profiter de leurs produits avant l’époque voulue par le climat,

Dans certaines contrées, on transplante également les

oignons et les betteraves, afin d'en obtenir des racines et

des bulbes plus volumineuses ; mais, dans nos localités, les transplantations retardent la végétation ; les produits sont moins abondants et müûrissent rarement. Nous préférons par conséquent les semis à demeure.

Enfin, nous transplantons encore certaines plantes semées très serrées, et qui ne se développeraient pas si elles parcouraient toutes les phases de leur végétation sur l’emplacement où elles ont germé. On peut donner comme exemple tous les choux pommés qui, après avoir été semés en pépinière, sont transportés ensuite en pleine terre.

Page 1