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LE CRESSON D'EAU

Le cresson est une plante condinentaire que l’on emploie dans les potages et pour relever la saveur de certaines sauces.

CULTURE.—On le voit croître spontanément le long des sources et des fontaines, et, de fait, il ne réussit bien que

dans le voisinage des eaux. Il faut que sa racine se développe au milieu d’une humidité constante et abondante.

Le potager qui manque d'humidité est impropre à la cuiture du cresson d’eau. Ce dernier se reproduit surtout par la plantation des vieilles souches et l’on procède ordinairement de la manière suivante :

Dans le voisinage d’une source d’eau vive ou d’une bonne fontaine, on creuse des rigoles peu profondes, larges de 3 à 4 pieds et plus hautes d’un bout que de l’autre, afin de pouvoir en chasser l’eau au besoin. Si le fond des rigoles n’est pas assez humide, on le submerge, et ensuite on laisse écouler l’eau surabondante, Quand le sol est un peu essoré,

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on l’ameublit après lui avoir donné une bonne fumure avec de l’engrais décomposé : on y plante le cresson par touffes, et, au bout de deux ou trois jours, la reprise est assurée.

Pendant le cours de la végétation, on tient le terrain net

; on procure aux rigoles toute l’eau dont elles ont besoin, et la plante se développe en toute liberté.

On consomme les feuilles et les tiges. Dans les cressonnières très vigoureuses, on récolte tous les quinze jours, et, dans celles qui sont un peu faibles, la récolte se fait toutes les trois semaines.

LE CRESSON ALÉNOIS

Le cresson alénois, ou passerage, s'emploie dans les mêmes circonstances que le cresson d’eau dont il se rapproche beaucoup par sa saveur.

CULTURE. — Comme le cresson a une végétation rapide et qu'il monte vite à graine, si nous voulons avoir un produit de bonne qualité pendant tout l'été, il faut le semer tous les quinze jours, depuis le milieu de mai jusque vers la fin de juillet. On le cultive en planches, en bordures ou contre-boïdures, dans de petits sillons peu profunds et éloignés de 5 à 6 pouces les uns des autres.

C'est une plante annuelle qui se multiplie toujours par ses graines. Il lui faut un terrain léger, bien meuble, riche en vieil engrais ou du moins fumé avec de l’engrais bien décomposé. Les sécheresses ont sur le cresson les effets les plus pernicieux ; il ne donne un produit abondant que s’il est souvent humecté par les pluies ou par les eaux d'arrosage.

Pendant le cours de sa végétation, le cresson n’a besoin que de sarclages, et lorsque ses feuilles et ses tiges sont bien développées, on en fait la réco'te au fur et à mesure des besoins, en le cassant avec les doigts ou en le coupant avec un instrument tranchant. Aussitôt que les tiges florales font leur apparition, le cresson est impropre à la consommation, car il devient alors dur et ligneux.

On ne coupe pas le cre:son que l’on destine à la production de la graine ; on le laisse végéter en toute liberté, et lorsque les siliques sont bien mûres, ce que l’on reconnaît à leur teinte jaune pâ'e, on en fait la réc lte ; on les conserve dans un lieu sec et aussi aéré que possible. L’égrenage des siliques ne se fait qu'au printemps, à l’époque du semis, Car on a remarqué que les graines ont alors une plus grande vigueur.

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