‹ Le guide du voyageur à PoitiersChapitre 1 sur 32 · DE L'ITINÉRAIRE DE TOURS A POITIERS · texte numérisé non relu

DE L'ITINÉRAIRE DE TOURS A POITIERS

AVBC TOCS LES aEIf8BIG!«£MKMTS UTILES AUX JàTBAHGBRS;

PAR eu. DE ÇHERtiË

Correspondant des Ministères de r'nte'rieur et de l'Instruction publique» ancien Président de le Société des Antiquaires de rOaest

HENRI OUDIN, IMPRIMEUR- LlfiRAlHË,

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ViGTOR LÉTAMG, LIBRAIRË-ËDITËUR

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MUmérmirm mmmIv^ — Si Toat n'avez pas le temps de suivit tous les détours iflieledéilr de ne rien laiiseraoriMfie roote sans Tesploier avec ? eus , Coua a fait snim à noosHiiémes, vekl IHtlnéraire abrégé que nons toos conseillons : les titres courants placés ao haut des pages vous guideront suffisamment à cet égard. — \° Place tVArmes,—!'' les Arènes. — 3o le Lycée. — 4*lê Temple St-Jean.— 5o V Eglise cathédrale du. St -Pierre, — 6^ VEglise Sle-Radegonde, — 7® f Eglise de Montierneuf, — 8** l'Eglise de Notre-Dame. — 9" rEeole de droit. — le Palais. — 1 !• Si- Porehaire. — 12o Bhnac. — ia« Si-UUaire. — 14* ¥Embar^ eadère.

KrrAta. — Page 2 , ligne 32 : Lisez , depuis le u* siècle»

Page 6, ligne 6 : Lisez, dans le vide des temps.

Page 27 , ligne 21 : Lis^x^ m ils saTaient lire et même paisa* blement écrire, disait-on ; donc » point n'était besoin , etc.

Page 61 , ligne 32 : L%s$$^ seraitpce parce 4[ue le trône ne s'est pas toiUonrs tioQYé asses élevé pour protéger les chelii des Etats contre la diabolique escalade , que l'on songerait à les placer désormais sur uu fautéliil ?

Page 177 , ligne 29 : Liseji , en décidant la suppressiim de ces nidies*

La Tille de Poitiers était, avant la révolution de 1789 , la capi-, taie du Poitou , le chef-lieu de Tintendance , le siège d*un vaste évéché , au<|uél ont emprunté les diooèses de La Rochelle » Laçon» Angers » Tours , Bourges et Limoges , d'une généralité fort étendue ^ d'un présidial dont ressortissalent 300 hautes-Justices, qui dépsssaient le ressort actuel de la cour d'appel, et s'étendaient jusqu'à des limites qui dépendent aujourd'hui des cours de llOrdeaux , Limoges , Bourges , Orléans et Angers. Elle avait en outre un bailliage, une sénéchaussée, une clection , un hôtel des monnaies^ une université, 5 chapitres, 24 paroisses, Il monastères d'hommes^ 15 communautés de femmes, 60 édifices consacrés au culte catholique , «t leufs clochers de tontes formes , de toutes grandeurs » lui donnaient de loin un aspect fort singulier.

Elle est aujourd'hui , bien que déchue de son ancienne importance, le siège d'une cour d'appel divisée en quatre chambres, dont ressorlissent les tribunaux des 4 départements de la Vienne , des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Charente-Inférieure; d'un évêchéqui comprend les 2 départements de la Vienne et des Deux- Sèvres; le cheMieu du département et de l'académie delà Vienne; . elle dépend de lal« 8ubdlvisîon(fours},dehi 14* division mlUtaira (Nantes), de la 26* conservation forestière (Niort).

Elle est située au confluent du Clin et de la Boîvre à 395 kilo* mètres de Paris, à 215 d'Orléans, à lOi de Tours, à 32 de Chàtellerault. Sa population est de 29,051 ùtiies (recensement de 1851).

Malgré les améliorations très nombreuses dont elle a <Hé l'objet depuis trente ans, la ville de Poitiersest encore foit loin tle pouvoir être citée parmi les villes do France <|ue le voyageur doit visiter pour la seule satisfaction de ses regards. Son aspect général , des hauteurs qui la dominent presque de tons côtés > a quelque

BISTORIQUE.

etaoïe, il est Trai, de pittoresque qu'on chercherait en vain dans des

cités plus populeuses et plus régulières; mais si l'ou pénètre dans rintérieiir, av( i! les clTets trompeurs de la perspective disparaît le charme factice qu'avaient produit ces bâtiments mêlés aux touffes d'arbres , ces rues proûléed pour ainsi dire au milieu des Jardina verdoyants, et Ton se itouve face à face avec une décevante réalité.

Ses rues sont étroites et tortueuses , ses bâtiments sont dépourvus de toute ornementation , de tout style. Elle manque de ces vastes places largement aérées, de ces quartiers neufs , de ces monuments brillants de jeunesse qui font la décoration et l'iionneur de nos cités modernes ; ou bien » si elle en compte quelques-uns » ils sont de nature , béias , à produire un effet tout contraire , or, 8i tout cela ne constitue pas précisément ce que M» de Custine appelle fort peu galamment quelque part un vMmeeau de vieux plairas » cela» du moins ^ ne peut point en conscience être appelé beau.

Cependant , après avoir fait la part à la critique, soyons juste... Poitiers a conservé , malgré les révolutions et leurs conséquences modilicatives, une partie de ce cachet remarquable que le moyen ftge imprimait à ses cités les plus importantes , et qui n'était après tout que le reflet d'autres mœurs et une satisfaction donnée à d'autres besoins..

Mais c*est précisément cette physionomie toute spéciale à laquelle chaque jour enlève une ride, un trait; c'est précisénieut ce faciès original qui doivent solliciter le voyageur , et ^iin Lout le voyageur Intelligent , à donner quelques lu u vos d'examen reiléchl à l'antique capitale du Poitou. Les seuls monuments qu'elle puisse montrer avec quelque orgueil , sont, il est vrai» noircis par le temps , mais presque tous aussi ils sont remarquables à des titres divm* Chaque période un peu importante de l*falstoIre de Fart depuis le xi« siècle , s'y trouve représentée par des échantillons à un état plus ou moins parfait de conservation, mais qui peuvent servir d'objet d'étude approfondie pour l'artiste et pour le sa-, vant ; les souvenirs hisiuriques réveillés par ces pierres , se raltaclient du reste presque tous aux phases les plus essentielles de AOtre histoire. C'est près de nos murs que se sont livrés les grande cem-

bats auxquels la France doit peut-être sa religion , sa natioiialité, ses franchises; c'est dans son enceinte même que fut proclamé le salut de la monarchie , menacée de devenir anglaise ; c'est là que 'Vécurent de grands saints , chaque pas rappelle leur souvenir , Itors Tenus, leur protecUoa efficace; c'est là que se développèreot» au seio de Fétode ^ du travail, des générations entières « de savâiits , des poètes, des littérateurs, des hommes distingués dans divers gem^ et qui ont honoré leur pays; que faut-il de plus, même aux yeux des es^ rils superliciels , pour leur faire oublier en faveur du fond ce qu'ils seraient peut-être tentés de blâmer dans la forme.

C'est ce que nous avons pensé au moment où nous avons mis la main à notre œuvre» et c'est aussi ce qui nous a dirigé dans son exécution. Dès lors que le fait historique domine ches nous de tonte la hauteur de son importance m<Nrale le fait matériel et le monument qui en est l'eii^ression plus ou moins oDmplète » ou qui S) r;itt;Khe indirectement, de même aussi, la partie histdriquc de nou e œuvre devait prendre des proportions en hrinuoiiie avec son importance réelle. C'est ce qui expliquera h nos lecteurs, IMNirquoi avant de les initier à la connaissance plus intime de diaeon de nos momiments » nous nous sommes cru obligé de faire passer sous leurs yeux une large esquisse de Thistolre générale à laquelle leur vie particulière se trouve essentiellement mêlée» et pourquoi dans leur histoire propre, nous n'avons Jamais voulu perdre de vue , au milieu des détails variés de la description technique , ce point essentiel qui peut seul leur duuner à tous les yeux nne valeur réelle et incontestable.

D'ailleurs, et pourquoi ne le dirions-nous pas , si^ous avons dépassé certaines limites , c'est que nous avons contracté nne dette Jmportaste vlsHkHris de nos concitoyens et de nos frères en études sârieusesi l'un (t) a poussé l'abnégation bien flatteuse pour nous , Jusqu'à vouloir nous laisser marcher seul dans la vole que sa science avait parcourue avec honneur avant nous, et où nous ne pouvons guère que le suivre ; l'autre (2; u mis u uoire disposition,

(i) M. Poacart , ■uleor ^ Aillfer^ «I sës Uotmmtmié, («) H* Le T4Miié de LoDgaeniar.

avec une rare modestie, ee crayon facile anquél il sait si bien Joindre, quand il yeat, la plume élégante du clnoniqucur ; l'autre enfin (i) nous a permis de pratiquer encore avec lui ce commu-

nisme littéraire de vieille date entre nous , mais qui effraierait peut-être tout autre amitié que la sienne, et nous n'avons eu qu'à puiser à pleines mains dans les trésors de ses riches archives. Nous devons donc d'autant plus qu'on a plus fait pour noub , et si nous avons une crainte fondée , c'est^que le cadra, où nous avons été forcé de nous enfermer, ne nous ait pas permis d'étie à la hauteur de notre tftche..«« Puissies-vous, ami lecteur, en accordant à ce petit livre une faveur moins éphémère que celle d'une lecture rapide aussitôt oubliée, nous autoriser à croire que nous ne sommes pas resté trop éloigné du but que nous nous proposions.

Si l'on s'amusait à rechercher dans les premiers auteurs rorl-* gine des Poitevins et de Poitiers, on y lirait que les paisibles habitants de celte tranquille cité descendenlen droite ligne d'Hercule fiiÂ'nne vierge dénature humaine et serpentine^ babilant une tle de la Sc> thie appelée lté Sylvestre. Vous dire comment cette llliation , en passant par lesScylhes , les Agalhyrses et les Pietés , a donné le produit qui existe aujourd'hui et qui fait partie du grand tout que nous nommons avec orgueil le peuple Fran*;ais , c'est ce que nous n'essaierons point. Nous n'avons ni le temps ni l'espace pour ce faire. Nous serons aussi sobres à l'endroit de l'étjfmologie des noms de Piciavia, Fieti , Pietavi , Ptctoner » qui ont été donnés par les auteurs latins au pays et à ses habitants.

De grands savants ont vu dans ces mots la prenve'qoe nos ancêtres « se peindaient tous spécialement de rouge ; de là furent appelés PîcH et le pays Pictavia et eux Poictevins rouges ; » d'autres , prenant pour point de départ cotte donnée ingénieuse, ont vu dans le fard rouge du visage de nos pères un moyen tout nouveau de les rattacher *à leur divin auteur , et, se souvenant des exploits du fils de Jupiter et d'Alcmène, dieu de la force. Ils ont pensé que le motPtcla i^ (force peinte) , exprimait fort heureusement Fidée complexe d'une origine céleste et de l'antique

(i) M. Betfuchcl-i'iilaïu.

HISTOBIQUB«

habitude du tatouage. EnUn , quelques-uns plus timides , uni découvert que Pictavia signifiait tout bonnement que le paya de Poietott était primitivement (mata malheureusement pour Télymologie » il a eela de commun avec un trop grand nombre d'autres) « painct et enrichy d'arbres , blés, vignes^ fontaines, rivières» boys , boucages et pa^turages. »

Puis sont venus les traînards qui, suivant péniblement les sentiers battus de rétymolosie, oîU ramassé dans quelque coin obscur cette présomption importante : « Que la cité de Poitiers fut » appelée Ptctavtf, ab ave pietd, parce qu'elle fût édifiée au » lieu où Ton avait trouvé un oiseau peint. »

Cette dernière ëtymologie nous a rappelé Inalgré nous celle qu'un grave auteur attribue au nom de la capitale du f joudunais ; Londun, Laudunum, ainsi nommée parce qu*on trouva dans les fondements de la ville Vos d*un homme. Avouer, lecteur, que tout cela est d'égale force !

Quant à nous, tout en admirant ces efforts d'imaginative , nous noDs demanderons 8*11 est absolument indispensable pour notre salut et pour celui de nos lecteurs , de croire à la nécessité d'un radical à prétentions dans le nom de noe pères. La réponse sera négative, car depuis que nous avons tu faire dériver le mot Liitotta, nomlattnde Paris, la capitale du royaume, de la blancheur Ae ses Jolies femmes, et de îa houe de ses rues sales, notre foi jadis très robuste en rinfaiilibilité de l'étymologie s*est métamorphosée en scepticisme grandement prononcé : aussi ce scepticisme nous ferat-ildire que nos ancêtres furent appelés Pictons tout bonnement parce qu'il leur fallait un nom tel quel , qui les distinguât de leurs voisins, et quece fût celui-là plutôt qu'un autre que le hasard leur imposa. S'il avait un sens, nous avouons ne le point connaître.

Quant à l'origine de la population elle-même , nous ne suivrons point nos devanciers pour examiner avec euv si le Poitevin est KeltcouGoth, nous ainvins mieux nous rattacher, comme Ta fait avant nous un spirituel écrivain, « h Tidée que nous sommes, sans conteste valable, un franc rejeton de la noble souche gauloise ; il nous serait pénible de penser qu'on ait droit de nous regarder comme une branche sauvage apportée de Je ne sais où , pour être entée presque par force sur ce vieil arbre dont le fer des Romains

B18T0BIQ«S*

essaya vainement de mutiler lesrî^meaux vivaces et de comprimer la sève généreuse. »

Cet arbre irénéalociquc en vaut bien' un autre, qu'en pensezvous , ami lecteur ? Nous nous y Uendroas , par coofiéqueQt» sans plus chercher ailleurs. Après avoir appartenu à cette grande nationalité gauloise dont l'existanee est mftrqnée dans le vie des temps par ces deux jalons historiques , le sac du temple de Del* pbes el,le sac de Rome , le Poitou suivit les destinées de lu Gaule lorsque Tépcc de César vint lui demander compte du sang versé par l'cpée de Brennus; il fut alors soumis par IHiblius Grassus , lieutenant du futur dictateur, et il fournit à la flotte du vainqueur son contingent lorsqu'il alla attaquer les Vénètes.

Cependant , lors du soulèvement d'une grande partie de la Gaule, les Plctons suivirent l'élan national, à l'ex<»ption de quelques personnages dont l'un , cntr'autres^ a laissé un nom historique qui se rattache à l'existence même de la ville de Poitiers, Nous voulons parler du Picton Duratius. Demeuré fidèle aux Romains , ce chef soutint contre Dumnacus , chef des Andes (Angevins), dans la capitale même des Pictons , Limonum, un siège en règle, qui annonce l'importance relative de cette cité au milieu des bourgad es sans défense de la Gaule vai ncue* Une monnaie a été frappée à l'elOgie de ce personnage; nous la reproduisons comme étant le monument le plus ancien de Texlstence de notre dté.

Cette existence antique, nous la réclamons pour la vNle actuelle

en dépit des prétentions de certains auteurs qui placent le Poitiers primitif au lieu dit le vieux Poitiers , près duquel les voyageurs , qui arrivent tic Paris, passent après avoir vu se réunir les eaux du Clin et de la Vienne. Ce heu, où subsistent encore quelques restes de construction, n'était qu'une mamio romaine. Nous n'acceptons pas non plus cette idée de Dufour qoela ville primitive de

HI6TORIQ0E.

Poitiers dût être placée , rive droite du Clin , sur les liantonr? do Maubcrnage (Monlbernage). Laissons à ce faulwurg, icnomme par ses excellents fromages , la réputation gastronomique dont il est digne, et à laquelle il n'a pas la sotte prétention d'i^ouler l'orgneil d'ane trop vaniteuse origine.

A Toir la situation de la ville de Poitiers au confluent de la Boivre avec le Clin, sur une espèce de promontoire , qui s'dend dans une anse de cette dernière rivière et dont l'escarpement est tel que la ligne de faite est élevée d'environ 40 mètres au-dessus de la vallée, il est évident que les premiers habitants du pays, qui songèrent à se réunir pour opposer une défense commune à un ennemi commun » trouvèrent de suite dans cette situation favorable toutes les conditions qu'exigeait leur salut , et qu'ils Burent en proflter*

Après la soumission complète du pays , le Poitou lit partie de la Gaule aquitanlquc. Les dél)ris Uuuvés dans des fouilles nombreuses, et l'cxislence d'un immense ampliithéàlre , prouvent, à défaut de documents iiistorîques , tout ce que Limonum emprunta âe magniûoence et de richesses à la civilisation romaine , et nous Bommes en droit de reconstruire» parla pensée» cette cilé importante , avec ses palais et ses temples revêtus de marbre» décorés de sculptures élégantes, avec ses «tlto semées çà et là sur le bord des nombreux cours d*eau qui sillonnent le pays.

Des fouilles, des recherches faites avec soin piouveiUque, sous la domination romaine, la ville dut être entourée d*iine fortifirrition continue , dont le caractère romain se reconnaît à son parement composé de lignes alternées de petites pierres et de briques horisontalement et régulièrement espacées* Malgré les assertions de l'historien Dufour, il est aujourd'hui démontré qu6» loin d'avoir la forme allongée que cet auteur lui attribue dans ses plans , l'enceinte romaine de la ville de Poitiers affectait, avec des dimensions moins vastes, uno forme presque circulaire assez éloignée de la flgure irrégulière do l'enceinte actuelle. L'aspect des lieux seul suflirait du reste , comme nous l'avons déjà dit , pour justifier cette opinion » en raison de la nécessité d'une bonne défense » si rexistence même de la muraille antique dans des caves et souterrains ne constatait pas une ligne de fortifications que Ton

HISTORIQUB.

peut suivre sur notre plan» où elle e»i indiquée par des signes particuliers.

Toutes les magniflceoces dont la civilisation romaine avait doté la ville de fAmonum disparurent sous l'invasion des barbares. Lorsque le l'uilou fut cédé en 418 par l'empereur Hunorius aux Visigolhs, si ces peuples , demi-civilises , n'augmenlèrent pas les ruines faites par leurs devanciers, on doit au moins les acçuser d'avoir entassé» pour satisfaire aux besoins de leur défense, tous les débris somptueux des palais et des temples écroulés» et d'avoir construit avec ces matériaux précieux cette enceinte visigothe qui s'appuie presque partout sur renceinte romaine , mais qui offre par ses casemates et ses voûtes ornées de riches sculptures , de figures, de symboles et d'inscriptions antiques, un caractère vraiment curieux à étudier et que nos lecteurs ne trouveront peut-être nulle part ailleurs* ^V. Mém, des antiquaires de r Ouest, t. 1836, p. 314.;

Les Visigotlis » qui dominaient du fond de l'Espagne Jusqu'à la Loire f et dont la capitale était Toulouse , avaient fait cependant de Limmntm un des centres de leur puissance, et ce fut de là qu*A1aric II, leur roi, sortit en 507 pour aller sé faire battre et tuer dans les plaines de Voclade (Voulon et non Vuuillej par le roi des Francs, Clovis. (F. ci-après Tart. relatif à Voulon.)

Cette rude bataille anéantit, avec le pouvoir du défenseur de rarianisme dans les Gaules , cette secte dangereuse^ et constitua le royaume catholique des Francs. Le vainqueur, devenu possesseur de ce vaste pays d'Aquitaine, établit des comtes dans les principales cités , et Poitiers fut le lieu de résidence de Tun d'entr'eox, sous la puissance souvent contestée des rois et ducs d'Aquitaine descendants de Clovis jusqu'à rcxtinctiun de sa dynastie. C'est pendant cet intervalle que les Sarrasins d'Espagne, aiiirt^s par les immenses ri( lu sses que leur promettaient les plaines fertiles de la France et ses monastères puissants, envahissent le territoire, ravagent sur leur passage les cités les plus populeuses» les temples les plus saints » et viennent enfin se faire écraser à (luelques lieues de Poitiers dans les plaines de Mouuaiê^la'Ba" taille , par le sauveur de la religion et de la nationalité française, le ^oricui chef des Francs , Ghaiks-le-Marlel.

RISTOR100E«

Malgré le prestige qui devait favoriser les vues ambitieuses du vaînqii(nir,?jn attachement traditionnel et mslinclivement national, portait lc& Aquitains à soutenir la race de leurs anciens mailves, et Ton vit Âmingus ou Amanuge, comlede Poitiers, sous le malheu- Teox Walffre, dernier dac Mérovingien d'Aquitaine , se faire tuer dans la lutte vraiment patriotique que ce prince soutint contre son lienreuiL rival , Pépin le Bref, flts du vainqueur des Sarrasins.

Waiffre, assassiné par des traîtres, après une résistance lionorable, entraine avec lui la chute des Aquitrilns; puis, Gharlemagne, h son retour de son expédition d'Espagne , rétnliîit le royaume d'Aquitaine eu faveur de son fils Louis qui venait de naître , et nomme, pour gouverner en son nom, quinze comtes chargés de la défense do pays et de Tadministration de la Justice* Abbon , le premier , est Investi de ces titres de confiance pour la ville de Foitiers , et tant que la puissante main du maître se fait sentir, lui et ses successeurs remplissent fidèlement leur mandai.

Mais, sous les faibles successeurs du crand empereur, les comtes de PfMtou , ducs d'Aquitaine , étendent leur puissance jusque sur les frontières d'Espagne , guerroient avec leurs redoutables voisins , protègent les rois de France eux-mêmes centre leurs grands vassaux, fournissent, depuis Guillaume i" jusqu'à Guil- * laume VU! , une suite héréditaire de souverains belliqueux, ama« teurs des lettres et des arts , dont Tun mérite par ses poésies conservées encore , le titre de troubadour fil était bon troubadour, bon chevalier d'armes, et courut longtemps le monde paiir tromper les dames), tandis que son aïeul avait couquis par des qualités réelles le surnom plus glorieux de Grand, Puis, à la mort de Guillaume Yiii , que TKgiise de Poitiers honore d'un culte public, toute cette puissance se concentra sur la téte de sa fille, Allénor d'Aquitaine. Seule héritière de toutes ces grandeurs, elle donne , avec sa main, an fils du roi de France, plus tard roi luimême sous le nom de liOuls Vif , une couronne de plus (M 37).

Mais, la répudiation plus honni able que poliliquede la princesse par son royal époux (1152), inveslil bientôt le roi d'Angleterre, Henri 11, d'un pouvoir fatal à la France, pouvoir qui pèse rigoureusement sur les Aquitains, impatients du joug, et toujours forcés de le subir malgré leurs soulèvements incessants et infructueux.

mSTORtOUB

Après avoir vu son fils, Richard Cœiir-dc-Lion, ef son pctit-flls, Othon d'Allemagne, posséder leur à tour le duché ri Aquilaine, la eomiesse^reiiie s'en ressaisit à la mort de Richard (11U9)« ea fait hommage EQ roi de France Philippe-Auguste t s'associe son autre fils Jean d'Angleterre» dit /ean-«ai»-Terre, et gouverne à peu près seule ses vastes États. Elle avait, sous le règne de son mari , Henri II , construit dans sa capitale des monuments dignes d'elle, et protégé la ville par une enceinte nouvelle qu'exigeaient ses dévrlojipements; mai? lorsqu'elle devient seule mailiessedes destinées du pays , elle sent le besoin de se gagner les cœurs , qu'elle s'était aliénés par des actes d'oppression tyrannique; elle confirme les privilèges accordés aux Poitevins par ses prédécesseurs , celai par exemple, et il est assez significatif, de marier leurs flUes comme ils le jugeraient à propos, et crée une commune à Poitiers (1199).

Après la mort de la comtesse-reine , le Poitou <îst confisqué sur Jean-sans-Terre pour crime de félonie et de parricide , par la cour des pairs de France, L'impétueux Philippe-Auguste exécute , les armes à la main , cet arrêt vengeur du meurtre odieux de l'innocent Arthur de Bretagne, et Saiat«Louis donne plus tard le comté de Poitou à son frère Alphonse.

Après la mort de ce prince , Philippe le Hardi, roi de France, son neveu , réclame le Poitou , et l'obtient par droit de reversion. rMiiljppG le lid , Philippe le I.ong, le possèdent tour à tour. Le prcmior de ces princes , d'accord avec le pape Clément V , décrète la suppression de l'ordre religieux et militaire dos Templiers, et c'est à Poitiers même que se décide, dans des pourparlers secrets, cette mesure violente, commandée peut-être par la politique , mais qui donne lieu à des explications bien contradictoires.

C'est dans les champs de Maiipertuls, presqo'en vue de Poitiers, qu'eût lieu la sanglante défaite du roi Jean, par le prince iNoir (LioG , et c'est à cette désastreuse journée, si fatale à la noblesse française , que se rattache le grand fait historique de l'accroissement de l'influence de la commune. Le traité de Brétigny (8 mai 1360} place le Poitou sous h domination anglaise, mais la noble épée de du Guesclln l*arrache bientôt et pour toujours à ce joug odieux. Il devient l'apanage de Jean de Berry, fière du lol

CharlesV (1692), retourne à la couronne pour revenir encore (!4n) apanage de Charles de France, dauphin de Viennois, depuis (Charles VII, qui le réunit à la couronné, sans qu'il puisse en être détaché liTaTenir , même en faveur d*un prince du sang; et en effet il avait bien mérité cette preuve d*alfeetion royale. Pendant les malheurs qui frappent ce souverain , c'est à Poitiers que «es droits sont reconnus , c'est à Poitiers que son avènement an trône est prockiinë. Tandis qu'un héraull d'armes anglais crie sur la tombe encore ouverte du malheureux Cliarles VI , Vive Henri VI d'Afigleterre , roi des Français, le peuple du Poitou , fidèle aux tils de St-Louis comme il Tavait été aux fils de Charlemagne, proteste contre les lâches acclamations des Parisiens en criant t Noël pour Charles Vil, roi de France.

Réduit à quelques villes indomptables dans leur attachement à leur nationalité , le roi tranfère à Poitiers (l#23) le parlement et Tuniversité de Paris qui y restent jusqu'en 1436, et c'est en raison de ce séjour ([ue les membres du prcsidîal de Poitiers, porteront 4a robe rouge, insigne spécial des coms souveraines.

En 1428, Jeanne d'Arc est conduite au roi à Chinon , elle lui annonc43la victoire; en mars 1429, elle subit à Poitiers, devant les docteurs de l'Université , les interrogatoires qui constatent la réalité de sa mission divine , et c'est de Poitiers, de rhôtel delà lto«e, où elle était descendue, qu'elle s'élance iintte armie à blane, pour aller faire couronner à Reims ce roi qu'on appelait par dérision le roi de Bourges , et que l'histoire, grâce à la pucelle, nommera plus tard le viclorieux.

A dater de là , l'hisloire de la ville de Poitiers n'ofVre rien de très remarquable jusqu'au xvi' siècle; la prédication luthérienne est pour elle une époque de deuil et de sang. Calvin , le novateur astucieux, séjourne dans ses murs , enjôk et eaiffe, suivant Tezpression naïve d'un historien , plusieurs habitants distingués , et tient ses conciliabules dans des grottes sauvages dont l'une située sur les bords du Clin , porte encore son nom. L'excitation qu'il provoque entraîne de sanglantes attaques contre les prêtres puis des représailles judiciaires. Le mal fait des progrès : Poitiers, foyer des nouvelles doctrines devient un point de mire , il est pris et repris par les Huguenots et les catholiques , et eoiln » le 20 mai

1662 et Jours suivants , U est livré au pillage d'une troupe de bandits gascons protestants qui violent les tombeaux , brisent les autels, mutilent les monuments religieux, volent les trésors des

églises et s'abandonnent aux horreurs d'une rage effrénée. A leur tour , les catholiques, commandes par le maréchal de Saint-André, chassent les gascons , le maire Hubert est pendu à une potence, un soldat fait une « fricassée d'oreilles d'hommes , conviant à ce banquet quelques siens compaignons. » C'est l'iiistoire bêlas! trop réelle de toutes les guerres civiles. La question religieuse s'envenime de toutes les passions politiques, la France devient une vaste arène oô se débattent des intét'éts qui d'un côté du moins ne mit

pas les siens. Dan^ ce \aste conflit, Poitiers se trouve assié^^é par l'amiral Coligny , chef des protestants qui , malgré les forces dont il dispose et l'étendue dëfavoralle de la \ilie, se voit forcé par le courage indomptable des habitants à lever honteusement le siège au bout de sept semaines d'une défense désespérée (1 septembre thê9)t et va se faire battre complètement à Honcontour (i).

A partir de cette date gloriéuse pour elle, la ville de Poitiers» agitée encore par les éléments de trouble qui avaient germé dans son sein , éprouve quelques luttes intestines. Mais bientôt son liiàtoire et sa vie , sauf quelques faits particuliers de mince importance, vontse trouver fondues dans l'histoire et la vie de la grande nationalité française. Depuis lors aussi , le cœur tout français de ses babitants a répondu à tous les battements du cœur de la France; aux leurs de ses triomphes ilabondi de Joie et d'wguell; aux Jours de ses désastres 11 a ressenti la douleur de ses humiliatiens , et quand 11 ne s^est pas associé aux élans que l'on denmn* dait à ses enfants, c'est que ces élans étalent indignes delà France.

(i) On peut oon«uller sur ce iivet imporUmt, le Xi»gê êê MUerÊ, |wr Liberté, euivi de la bslaiNe de Moncoalour el 4a '^è^t de Saint«Jcen*d?An> f/Skj, AouveUe Mition annotée par H. Beancliet-Fillcan, et que noua avona 6U précéder d*Hne inlroduclion hiatorique; cbei Létans $ libraire- édilcur à Poltien.

GUIDE DE L'ETftMGËR

Jk P01TI1»9.

Noos supposons, cher lecteur , que tous êtes logé dans Tan des

confortable 3 liùtela oa reblaiii ants (jui :>ont tous , ou à peu près , placés au centre de la ville , dans un cercle assez restreint, et dont notre table vous indiquera , du reste , ies noms , la situation , Tordinaire et les prix -, nous supposons de plus que vous avex le temps et la Y«doiité de visiter en délai! et avec un soia minutieux la cité toute entière» car si vous n'aTîei que quelques Instants à lui ao* corder, U faudrait abréger votre course» et vous référer à cet égard» toujours à notre îàblê » au mot itinéraire tommaire. Nos premières hypothèses admises , nous vous prenons par la main , décidé à ne plus la quitter avant ie tenne de notre course ; pendant le trajet, qui sera long,- celte main deviendra peut-être celle d'un ami : mais auparavant » veuillez jeter un coup d'œil sur ce plan » dégagé de détails topographiques inutiles» et qui sera pour vous le fil d*Ariane, à l'aide duquel vous sortires sans effort» sinon sans fatigue » du dédale de nos rues quelque peu tortueuses.

Dirigeons-nous maintenant vers la Place d'armçs , qui va' devenir notre point de dépait.

plAce Armes. ~ Cette place, autrefois le Marché ttei/., nom qui indique sa destination primitive , fut appelée Place royale après la cérémonie du 26 août 1667 , éçùque à laquelle eut lien » ayec grande pompe et aceompagnement de éioches » sermons » tambours » trompettes » scènes théâtrales et mythologiques» ballets, feux de joie, symphonies» soupers p^ies et danses ,

14 PLACE d'armes.

l'érection d'une slatuo de Louis XIV, par le corps des marcliaiids de la ville de Poitiers, en souvenir du rétabliiisemcnl des aits et du commerce. Celte œuvre fui confiée au sculpteur poilevin Giroua rd t qui a laissé plusieurs compositions en diverses abbayes de Fr9nce » et qui est mort en 1720 à Tabbaye de Prières» diocèse de Vannes* (Voir notre article da Dict. des Fam* du Poitou , t. ii « p. iftO.] U monument se composait d'un piédestal en pierre , peint en bronze, enrichi de sculptures , et dont les quatre coins étaient soutenus par quatre Termes, représentant les diverses nations subjuguées î le tout était surmonté de la statue pédestre, aussi peinte en bronze, du grand roi , habillé à la romaine, avec un manteau fleurdelisé. C'était le goût du temps; mais, par compensation , le théâtre affublait Brutus et César de la perruque monumentale de Louis xiv. A huit pieds , une balustrade en fer doré , entourée de bancs , formait une enceinte. Cette composition , qui n*étalt pas sans mérite, et sur laquelle le marbre noir étalait enlatio et en français les piunpeux éloyes que le héros du jour méritait »auâ doute... alois, fut détruite un peu plus d*un siècle après. Le vent de la faveur populaire avait tourné. On vit du reste à cette époque d'étranges choses... Tel était le vertige que souvent les mémos bras , qui naguère entassaient pierres sur pierres en l'honneur de la royauté, tenaient à de plus laisser sur le sol français un seul grain de sable qui pût attester l'eiistenoe de cette idole delà veille, brisée le lendemain. Le 16 août 1702 , un de messieurs du conseil gént ral de l.i nMiimuiie, fit la motion do • df'srpridre re Louis XIV, dont Vatiitudc fière et menaçante , » osait encore insulter ceux que son féroce orgueil avait fait » trop longtemps gémir,,, » Le surlendemain, 18, In statue avait été descendue et détruite , et l'on vendait pour 2b livres les pierres du piédestal... Il ne reste plus rien aujourd'hui del'œuvre de Girouard , sinon la téte de la statue,* déposée au Temple Saint- Jean , musée des antiquités de l'Ouest , où vous la verrez , ainsi qu'une partie du modèle en terre, «jui servit sans doute au statuaire , et que l'on a retrouvée \Au^ tard dans les déblais delà caserne de cavalerre de Montierneuf.

Malgré la destruction du monument perpétuel de la place royale de Poitiers en 1792, YEimiU én provina de M. de iouy

PLACB D*ARMB8. LIS AUGUSTINS.

l*y voyait eaoore en 1824... Noos citons ce tour de force de vae rétroepective, afio de rappeler une fois de plus, et ea pamnt» eemment trop souvent on écrit l'hisloire. Si les a^rëeiaUoas politiques et religieuses de VErmite étaient aussi vraies que ses réeits , il a dû faire de tristes prosélytes.

Sur la place qu'occupaiL autrefois Fi mage d'un roi qui restera grand quand même, 8*élève aujourd'liui une fontaine. Son inconteslable utilité , jointe à son caractère parfaitement inolïensif au point de vue politique, aussi bien que sous le rapport monu^ mental , semble devoir la garantir contre les terribles effets des révolutions. Ne Jurons de rien cependant; si les améliorations que nous promet la perfectibilité indéfinie de notre nature venaient à se réaliser ; si par hasard des océans de limonade , des lacs de punch, des fleuves de vin, venaient à détrôner les anm bourbeuses et salées , il y a gros à parier que le mince filet qui s'échappe du sommet de ces vasques étroites , prendrait des proportions gigantesques qui exigeraient de plus amples appareils.*.. Si voua croyes , ami lecteur, k cet avenir brillant pour l'humanité , donnez en passant une larme anticipée à une infortune future; si vous n*y croyez pas , gémisses avec nous des étranges aberrations de Fesprit humain.

E,em Aagusllns. — Le portail en style du xvu* siècle , qui dcpîiï^sc Taligncment de la voie publique , presqu'cn face de la salle de spectacle, était autrefois le péristyle de l'église des Au* gustins fondée et bâtie » an milieu du xiv® siècle, par Herbert-Berland,it« du nom, chevalier-seigneur des Haltes, appartenant à une des plus anciennes familles de la ville de Poitiers, dont un grand nombre de membres ont été enterrés dans cette église. Quelques personnes attribuent au sculpteur Girouard ce péristyle appliqué plus tard sur la façade. Au lieu de la balustrade qui sert d'altiquc au monument, et qui a été construite depuis la révolution , il y avait un fronton , surmonté des statues de la sainte Vierge , de saint Augustin et de sainté Monique. L'église,, aujourd'hui méta- DDorphosée en magasin , était grande et sombre ; elle n'avait qu'une seule nef et n'avait point de voûte en pierre. La chaire à prêcher, œuvre d'art remarquable , était en bois de chêne sculpté

16 tBS AUG08T1II8.— SAtLB DB 8PBCTACLB.

et soutenue par un Samson colossal , que la malicieuse çaielé du peuple donnait pour d il ce leur de conscience à ceux qui ne confiaient cette direction à personne. « C'est un pénitent du père Samson aax Aogaatins, » signifiait ud homme qui ne remplissait Jamais ses devoirs religieux.

C'était dans Téi^ise des Augustins que l'un des régiments ea garnison à Poitiers allait ebaqne dimanche à la messe mlUlalre, qui était suivie du défilé de la parade , sur la place , au son de la musique et des tambours. Ce spectacle attirait toujours un grand nombre de curieux,

de Spectaelc. ~ Cette salle» inaugurée en 1819, est située presqu'en face de Taneienne église des Augustins. Son aspect est peu gracieux et n'a aucun caractère, quoiqu'elle- ait coûté une somme asses considérable. Ses dispositions Intérieum ne sont guère plus heureuses. La scène surtout est trop rappro» chée du spectateur; des dépenses de décorations y ont été récemment faites, mais il serait à dt^iier qu'on y piH inlroilnirc encore de nouvelles améliorations. Il serait à souhaiter aussi que la si- . tuatlon des finances de la ^iile lui permit d*affecter à l'encouragement de l'art dramatique une subvention plus considérable* Cependant les troupes sont généralement satisfaisantes pour une ville de l'Importance de Poitiers, el , si les directeurs savaient , par le choix sévère de leurs pièces . attirer certains spectateurs qui leur font défaut, il est à présumer que la tenue un peu nioiiis bruvanle du parterre leur garantirait de véritables succès.

Poitiers est compris dans le 13* arrondissement théâtral. Sa troupe privilégiée y joue l*opéra du I" au 22 mai , et du mois d'octobre jusqu'à Pâques. On y Joue le drame et le vaudeville du i*' Juillet an août Le prix ordinaire des places est ainsi Axé : Stalles d'orchestre et Premières» f fr, 50 c; Balcon et Baignoires, 2 fr 20 cj Parterre, l fr.OSc; Secondes, I fr. 30 c.; Troisièmes, 80 c. (Les billets se prennent sous le péristyle, à droite de la farade.)

Sur le même côté de h place d'Armes, où se prolonge în ?aUQ^ de spectacle , au faite d'une maison décorée d'un vaste balcou , ttj qui sert de lieu de réunion à l'un des cercles de la ville » Tougj

INSCaiFTIOM BONGENME, — SA1MT-MC0LA8. 17

apercerex une plaque de bionie sur laquelle briàe, en lettres

d*or, Tinscriplion suivante :

ICI SST MORT, LB 32 JUILLET IMO, V. MSaUB BORCBIIIIE, ATOCAT, DOTBR DB LA FACULTÉ DE DEOIT.

LA VILLE UB HIITIBRS A VOULU CONSAGIIBR CE TRISTE SUOVERIR

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