‹ Le guide du voyageur à PoitiersChapitre 19 sur 32 · FACULTÉ DF.S LETTRES · texte numérisé non relu

FACULTÉ DF.S LETTRES

presque toujours victimes , rendaient le séjour de la ville de Poitiers très désagréable aux chefs de corps qui dcclioaient , le plus possible , l'honneur de venir faire décimer dans nos murs leurs

brillants états-majors.

Les mœurs , les usages ont chaniip, et, soit eu iaiM»n tle leur plus Jeune âge, soit en raison de riicureux aiTaiblissemcnt d'un triste préjuge , nos étudiants d'aujourd'hui ont complètement oublié les dangereuses traditions dcleurs devanciers.

Mais si la réputation hréinilUuse de notre école s'est éclipsée » elle a fait place à une réputation plus honorable pour elle ; si Ton ne cite plus ses terribles succès dans d'odieux combats » on cite ses triomphes dans les luttes plus nobles et plus patriotiques de Tintelligence , et c'est en envoyant ses dignes leprésentants sur tous 1rs champs de bataille des concours, c'est en faisant inscrire partout ses vainqueurs parmi les maitres de la science, qu'elle a prouvé depuis trente ans la supériorité incontestable de son personnel et de son enseignement*

WmcuMé des I«eMre0«— Cette faculté faisait aussi partie piimi-» UvemeotySousle nom de faculté des ans, de runlversité de Poitiers, créée en Udi. Elle tenait le quatrième rang dans la hiérar-

. chie et suivait la Faculté de médecine. D'après un arrêt du Parlement , le principal du collège de Ste MartJie ;voir au mul Lycée) était doyen de la Faculté des arts, que composaient avec lui les deux professeurs de philosophie et celui de rhétorique. Elle conférait le titre de maître ès arts nécessaire pour compléter les études faites dans les autres facultés et pour se livrer à renseignement publie I et celui de bachelier ès arts. 11 fallait pour y être admis avoir fait son université ^ c'est-à-dire avoir fréquenté les deux cours de philosophie et de physique enseignés au collège. Les examens se faisaient avec plus d'appareil qu'à la FacultJ de droit. Mais les actes qui teniilnaieiil ia 2 année et qui avaient lieu au collège (lycée; dana la salle des exercices (^aujourd'hui salle de récréation des jeunes élèves) , étaient accompagnés d'un luxe de discours, d'argumentateurs , de thèses et d'assistants assez effrayant pour ceux qui n'auraient pas connu le moyen , quelquefois trompeur cependant , des arguments communiqués*

15S MOSÉE D'mSTOlEB NATURELLE.

Le grand costume delà Faculté des arts se composait d'une robe courte en moire de soie violette bordée d'hermine.

Celte Faculté disparut av ec ses sœurs m t789 et ressuscita pour Poitiers au souille réparateur du décret du IT mars 1808. Supprimée par ordonnance du 18 janvier 18 16 avec seize autres facultés, celle de Poitiers a été rétablie par Tordonaance du B octobre 1846 et installée soleDoellement le 18 novembre suivant.

Voici les chaires dont se compose la Faculté de Poitiers: Phil<H ioph%9f^Hi9tairep ^Littérature aneiennê 9 ^Littérature fratiçaise Littérature étrangère»

]Hn»iée d^hlstolrc nntiirelle. — Fn revenant sur nu^ pas et en passant sous le porclic par lequel nous sommes entrés , nous nous arrêterons au milieu et nous entrerons à gauche , dans une vaste salle qui sert de vestibule au cabinet d'histoire naturelle. Ce cabinet se compose ainsi qu'il suit:

I. De jî,dOO échantillons , tant de minéralogie que de géologie. La minéralogie doit beaucoup au sèle et au désintéressement de feu M. le baron de Crcssac , ingénieur des mines, longtemps député de la Vienne. — 11. D'une collection de botanique cdmpusëe: lo d'un herbier général , dit !ierl>ier Dencsle , du nom du professeur qui l'avait créé; 2° des algues de l'ouest delà France ; 3* de Fherbier des plantes phanérogames du département » donné par M. Delattre, naturalisie distingué» connu par des ouvrages estimés sur cette matière; Il faut y Joindre les hépatiques et les mousses de la Vienne, données par M. l'abbé Delacroix > et les champignons du même département (modelés en cire).— lll. De 92 mamniift ios, tant indigènes qu'exotiques , avec un commencement crillcctinn squelettes d'animaux — IV. D'une collection d'ornitiiologie, comprenant: 1" 321 oiseaux étrangers au département; 2o iQ^ du département; 3^ une collection d'œufs.— Y. De 118 reptiles exottqùes ou indigènes.— VI. De 142 poissons, dans lesquels sont comprises 41 espèces du département.— VII. D'une belle suite de coquilles exotiques ou du département. —VIII. Enfin ; de quelques crustacés , insectes et soophytes.

11 faut y ajouter 1 15 volumes imprimés ou manuscrits à l'usage spécial du cabinet , pai lui icsqueU on cite la Carte géologique de

Lk BIBLIOTHÈQUE PUBLlQUEr

Frium » les Mémaitêi àê la soeiéié fféoloçique de France , te Dietiannaire nnineriêl â^hiiîùire n€Uur$llû , VAnaîamiê comparée

de Guvier, VOmithnlogie du Dauphiné^ etc., etc. Le noyau de cet établissement, qui s'enrichit chaque jour, est dû à l'acliviLL" de feu M. l'abbé Gibault , dont iioub allons vous dire le zèle et le dénouement en vous parlant de la Bibliothèque publique, siiixé^ audessus da musée d'histoire natoreile.

li»Biblto«liè4«iepiAll«m.*lleBtparlé dansnotrehistoire locale de la bibliothèqae que Guillaume 111, comte de Poitou et

duo d'Aqtiitaine ( 942 ), possédait en son palais, à Poitiers. Au XII* siècle, nos églises , et notamment celle de Saint-Pierre , possédaient (les bibliothèques. Au w* , l'université de I^oiIk i ^ fit déposer la sienne dans la chapelle des A pôtres à la cathédrale; Jean, duc de Berry, comte de Poitou ( 1392) avait aussi fondé une bibliothèque dans Tune des tours de son palais ducal. Mais tons ces dép6ts éteieut'et devaient être peu considérables en raison de la difficulté que présentait la confection si lente des œuvres destinées à les enrichir. Cependant, en 1461 , Mourauit, maire de Poitiers, voulut faire achever la librairie de l'Hôtel-de-Ville, qui ne fut terminée qu'en 1473 , selon Thibaudeau, et en raison de l'étendue de ce bâtiment (v. page 1 36). Il y a lieu de croire que les livres de lacommune étaient déjà assez nombreux. En 1473, Robert Poitevin , trésorier de Saint-Hilaire, légua à cette librairie six volumes de médecine. A trois siècles de là, un Intendant de la généralité de Poitiers , M. le Nalà (de 1732 à 1743) , conçut la pensée d'une hiblioihèque publique , et ce ftat encore un trésorier de Saint-Hilaire , llich.ird Desgrois, chancelier de l'université qui, adoptant cette heureuse idée, disposa en faveur de la future collection de quelques livres et manuscrits. Notre bibliothèque n'existe réellement comme établisement sérieux que depuis la révolution. Mais à quel pflx ? Au prix de la confiscation, de la spoliation, de Texil , de la mort même des légitimes propriéteires d'une grande partie des trésors qu'elle possède aujourdhui.

Cependant avant cette époque , un homme dévoué à l'étude de l'histoire de son pays , le fondateur des A [fiches du Poitou , Jouyneau des Loges , s'était associé au zèle du chancelier de l'Uni-

hk BIBLIOTHÈCUE PUBLIQDS*

Tmlté^ et de leur oMé» les étudiants en droit réunie à leurs professeurs , avaient créé pour le besoin de leurs études une biblio-

th( que spéciale. On peut voir sur un tableau conservé avec soin à la bibliothèque publique, les noms de ces studieux disciples de Cujas et de Barthole. Mais tous ces essais étalent bien imparfaits lorsque survint la terrible révolution qui , sans scrupule, entassa aux chefs-lieux de chaque département , les richesses bibliographiques des abbayes, des corporations religieuses et des châteaux. Dans bien des départements ces richesses' précieuses furent dilapidées et perdues ou largement décimées par la cupidité; c'était à yftA dire des voleurs qui se trouvaient volés k leur tour , mais l'iiUéicl public y periUnt toujouis quelque chose. A Poitiers , les trésors contisqués tombèrent entre les mains d'un ancien Bénédictin de Tabbaye de St-Cyp il en de cette ville , qui racheta du moins quelques faiblesses , par un zèle ardent pour la conservation du butin que la nation venait de conquérir sur Fennemi. Les 60»(MiO volumes entassés dans les grandes salles du et-darani eol^ lé^ des Jésuites» furent triés « classés et catalogués» et lorsqu'à * diverses époques et pour diverses causes » on fut obligé de vendre au prix de 10 centimes la livre la moitié de ces richesses ou do resliLuer à quelques -uns des véritables propriétaires ce qui leur était légitimement dû, ou de composer plu^ tard des noyaux de bibliollieque au Séminaire , au l.ycée et à la <^)ur royale , ces opérations purent du moins se faire avec régularité.

En 1811 , il fallut déguerpir de Tasile où s'était réfugiée la collection » et ce fut alors qu'elle f dt transportée dans le local qu'elle occupe actndlement i mais , fautrll le dire, ce déménagement ne put s'opérer qu'au prix d'une nouvelle vente de 7,290 volumes qui réduisit le nombre des livres et manuserlts à 12,636 volumes.

La bibliutlièque défmitivement installée chez elle, allait entrer dans une ère nouvelle, lorsque son conservaleur, D. Mazet, mourut presque subitement [iSiS] au milieu de ses tra\«ux et de ses projets , laissant son titre de bibliothécaire à un hommo plein de sèle , d'ardeur et d'abnégation » M. Tabbé Gibault» digne en toos poinU de continuer l'cBuvre de son prédécesseur* Il débuta par faire acheter à la ville de Poitiers le cabinet et les eollections de D. Maset » c'était un trésor; car Indépendamment des manuscrits

LA BIBUOTHÀQOE POBUQOS» 161

que le savant Bénédictin D. Fonteneau aTait recueillis pour for-^ mer les éléments d'une histoire de Poitou et qui se trouvaient au pouvoir de D. Mazet , son i uulinuateur , ce dcrnirr avait réjnl dans son cabinet, sous le titre de Jdusœum Pîctonicumt une col* lection composée en partie de livres sortis des presses du Poitou ou écrits par des auteurs ués daos cette provinoe » et pouvaut servir ft son histoire.

Ce fut le noyau de cette ColUeHon poitevine qui occupe dans la bibliothèque ainsi que dans le budget municipal , une place à part, et (lui mérite les justes éloges des connaisseurs les plus compétents. Celte collection dépasse aujourd'hui 2,000 volumes, en y comprenant les brochures.

Peu après cette i m pnrt note acquisition , M. l'abbé Gibault qui consacrait sur les 2,000 francs de son traitement 1,800 francs à l'augmentation et à l'administration de sa chère bibliothèque, fit i|chetcr la collection d'histoire naturelle du professeur Denesle. Les objet s dont elle se composait Joints au fonds de la suceessioa de D. Mazet , formèrent encore le noyau du Musée que nous venons de visiter au rez-de-chaussée au-dessous de la bibliothèque. La colkclion de D. M.izel ( ( nilenait aussi divrrs objets d'antiquités. Ce fut l'origine du Cabinet des antiques que nous allons visiter en sortant de la bibliothèque.

. Toutes oes créations dues au sèle et au désintéressement de M» Tabbé Gibault , doivent faire honorer sa mémoire. Démission- naire en 1830, il a eu plusieurs successeurs qui ont apporté leurs

soins à la rédaction du catalogue, à l'amélioration du régime intérieur et à l'augmentat ion tlii trésfor confié à leur garde. Ce trésor que le gouvernement el les dcms généreux de plusieurs Poitevins ont enrichi , se compose aujourd'hui d'environ 2r>,000 volumes (y compris la collection poitevine « mais non compris une grande quantité de brochures) formant de 13 à 14,000 ouvrages; de 300 manuscrits (non compris les 87 vd. in-S"* des manuscrits de Dom Fonteneau).

Parmi les 214 incunables ^ la plupart fort rares, que possède la

bibliothèque, on compte plusieurs bibles; la ancienne est celle de Venise (Nicolas San/.on , (476^ ; plusieurs heures imprimées sur vellD avec miniatures et arabesques , le Confessionale d'Ân*

LA BIBtmHfcQUB PDBLfOVB*

tonin , archeTpqnc de Florence (Maycnce , Pierre Schoiffcr, 1478, in-é*»); le r/i^'odori Gasœ introductivœ grammatices , libriJY (Aldus , 1 ios; ;le Thesaunu comucopiœ et horii adonidis (Aldus l&OO). Ces deux derniers ouvrages, in-f*» sont revêtus d'une fort belle tellure antique; la édition des Opuseula latina de Pétrarque (Bàle, Jean Amerbaeh, 1496 , in-fo) ; Térence, gravures sur bols représentant les personnages romains en costume du xt« siècle {Strasbourg, uui), in-l ); enfin le premier essai, sans doute, de l'art de Guttemberg, fait à Poitiers, 39 ans après \n découverte deTimprimerie ; Breviarium historiale ex Landulpho de Cohimnd excerptum (147 9), petit in>4*> gotbique , très soigné , imprimé cbes un chanoine de St-Hilalre (in œdibus eamnici eeelesiœ

Les ouvrages les plus importants en théologie (partie la plus rIcKe de la bibliothèque), sont les bibles polyglottes de Ximenès de

Lcjay et de Walton ; les Biblia ordinaria maxima ; le Psalterium hebrœum, grœcum , arahicuin et chaîdeum^ d'Aug. Justiniani, archov. de Gcnes (première édition polysîotte du Psautier); la Misna (Gode de droit civil et ecclésiastique des juifs « 9 vol. ln->4* max).

La jurisprudenceavalt été négligée pendant les premiérés années de Texlstencede la bibliothèque, aujourd'hui c'est une des parties les plus complètes. Les travaux des Interprètes du droit romain les

plus célèbres en i rance et en Allemagne , s'y trouvent à côlé des meilleurs auteurs qui aient écrit sur Tancien et le nouveau droit français.

Les sciences ne sont pas aussi bien représentées , cependant elles offrent encore de précieux volumes. On y voit entr'autres on magnifique ln-^ max. Salviani aquatilium hisîoriœf 1558, do belle impression avec gravures très soignées ; Il est revêtu d'une reliure du xvi* siècle, ornée sur les plats de la devise et des .armes de Diane de Poitiers, à laquelle il a, sans doute , appartenu.

Si vous aviez à consulter les auteurs grecs ou latins, vous trouveriez ici les plus belles éditions de leurs œuvres.

La collection historique est considérable. On y voit les Acta tanclorvm, par Bollandus; le Jlectiei< det hisiorient det Gaules

ê$ de la France ;les Ordonnances des rois de France de la 3« Race ; VJfistoirc littéraire de la France, par les Bénédictins; les Mé^ vinîres de VInstitut ; ]a Description de VEgifpie, faite pendant i 'expt'dilion de Tarniee française, enfin la majeure partie des DocU" ments législatifs et historiques, publiés par la coiiiini«9ion des archives d Vngleterre , donnée à la blblioihèqae par le gouverne- - ment de la Grande-Bretagne.

Parmi les manoacrits, on peut citer un bel Evangéliaire écrit en oneiales earoUnes de la fin du nvr siècle (?élln ln-^ , parfaitement conservé). Peiri Lomhardi liber sententiarum (x« siècle]. PontifLcalc romanum (xi* siècle). Deux missels et un niuel.

Ad usum ecciesiœ Pictaviensis. ivituel de l'abbaye de Nouaillé (xiu* siècle). Le livre de St-Pierre-le-Puellier , contenant l'Evangile de Nicodéme, l'histoire de Ste-Lo«bette et de la fondation de l'église de St-Pierre-le-Puellier. Plusieurs livres d'heures , psautiers, des XIV*, XV* et xvi* 8iècles,Temarquable8 par leurs belles miniatures « parmi les([uels se distinguent le beau psautier in-4*, sur vélin, attribué au roi René d'Anjou, et nn petit livre d'heures du commencement du xvi* siècle. Rien n'égale la fraîcheur et l'éclat du coloris , la pureté de dessin des miniatures et ai ;il)csqucs qui ornent les blanches pages de son vélin, 1 vol., cunlcuant siatuia synodalia diocesis atbiensis (in-4°). Aniiquitates seno^ nensis diocesis (in-4", xvr siècle]. Pancarta divinitatum benefi-' dorum, etc. à capiiulo Lemwieense dependentium (in-4*, xvi*). Plusieurs manuscrits importants pour l'histoire locale. Mémoires pour l'hisloire de l'é^se de St-HIlaire; Antiquités de l'abbaye de St-Haixent ; continuation des annales d'Aquitaine de Bouchot, par Bobinet , curé de Buxerolles , in-fo , 2 vol., xvii" siècle.

i*our i histoire générale on peut citer :

Réflexions sur l'histoire de France, par BouiainMlliers ^inédit), in-^. Chroniques de France , extrait^ dos chioniques de saint Denis, in-fo. Mémoires des choses faites , par de Yiiarnoul et de Mirante > députés généraux des églises réODrmées, à commencer de novembre I608,in-f<»«— Jf/motm du sieur âPAubérytambassa,' deurdeFranceen Hollande, au XVII siècle, vol. in-f». Curieuses pages inédites, où, indépeDdamnientdes faits particuliers qui concernent l'auteur et sa famille, se trouvent beaucoup de choses pio-

ABGHIYES HONtClPALBS

près à jeter une grande lumière sur l'histoire de Pnmee , pendant

les longues années que l'auleui a passées en Hollande , où il représentait son pays.

En vous adressant à l'obligeance du bibliothécaire vous aurez commuolcation de ces précieux manuscrit^^ œuvre de patience et de goût dans lesquels notre cifilisatioa et dos progrès incontestables trouvent tous les jours encore beaucoup à prendre. Il yous montrera aussi une cdleetion de gravures et dessins qui provlen* nent sans doute de ranclenné école royale académique dont nous avons parlé à la page 30. Les œuvres des mattres n'y sont pas nombreuses; cependant vous venez : Une belle scène du déluge à la sépia rchauàsée de blanc, de l'école d'Italie (ancienne); 2^ un joli drssm par Natoni représentant Adam et Eve; 3° le bon Sarryaritain, dessin au bistre ou à la sépia (ancien) ; plusieurs beaux dessins auK troU crayons reproduisant des figures tirées des ta- Meaui des sept saeremenie du Poussin. Nous n*qserions affimer que ce soient des originaux de ce grand maître , mais ce serait fort possible , Us sont dignes de lui ; deux dessins non signés représentant le triomphe de la mort ; ce sont dpnx pages remarquables ; G° des contre-épreuves de dessins de la galerie de MédéciSf de Rubens. (Vest furt exactement dessiné, mais elles ont des défauts de toutes les contre-épreuves , elles sont un peu pâles; enûn quelques autres Jolis dessins de l'école française par Boucher f etc.

Arelitves mmlel^ttlefl. — C'est à la bibliolbéqne publique que sont conservées les archives municipales. Classées avec soin elles offriront à votre examen : !• une série de chartes et ordonnances , accordant ou conUrmant les priviléi^es de la commune de Poitiers depuis Aliéner d'Aq-iilaine ; 2' les registres des comptes de recettes et de dépenses de la ville d^'puis 138? , recueil précieux en raison des détails intimes et des renseignements qu'il fournit sur l'administration , le prix des denrées , et de la main d'^invre , sur les usages, et les faits historiques d^ cette époque; 8* les re* gistres des délibérations de l'échevlnage depuis le commencement du xv*siède; 4« enfin des registres et papiers de l'université de Poitiers et principalement de la faculté de droit.

«USlfBS DES TABLEAUX ET ANTIQUITES. 165

La bibliolhèqae est oaverte au public tous les Joura non fériés , de 11 heures à 3 heures; et de plus en hiver » depuis 6 heures du , soir jusqu'à 9 heures , à partir du mois de juin jusqu'aux vacances , le publie y est admis de 6 à 8 heures du matin.

Pour connaître avec plus de détails cul etalilissement , V. Vhis^ toire de la bihl. de Poi^^r^ par M. Pressac, bibi, adjoint. ^iiuUeiins de la soc. des Aot. de l'Ouest. 1848, p. 222.)

Musée» dfM VableMx et «^AMiHialtés.— fin sortant de la bibliothèque , si nous voulons visiter ces musées , il nous faudra redeseendre le grand escalier et aller chercher le concierge que nous trouverons au bas.

Avant d'entier dans la première salle, jetez un coup-d*œil sur cette loile immense qui couvre les parois des murailles du dernier palier df! l'escalier. Noussoiumcs obligrs tle vous dire que ce sont des fragments de la carte du diocèse de l^oitiers qui tapissait autrefois l'une des anti-chambres du grand salon de réception de l'évéehé* Ce produit isolossal mais peu exact sous le rapport de la situation des lieux et de leur distance eotr^eux ne porte plus le. titre qui indiquait autrefois son objet. Ce titre a été eflTacé à l'époque où les scrupules du puritanisme civique protégeaient les re* gards contre tout ce qui pouvait avoir quelque rapport avec Dieu , ses ministres et ses autels. Cette maladie était fort commune alors, et bien qu'elle ue sévisse pas aujourd'liui avec autant d'intensité, elle n'a pas cependant encore disparu du soU La préiropkobU deviendrait-elle endémique ?

Entrons dans la salle du mus^ des tableaux. Cest ane collection qui ne date que d'hier ; n'y cherches donc pas les richesaea des musées de Paris, de Nantes et d'autres villes Importantes* Pardonnez à ces belles gravures modernes de se trouver là , ne dédaignez pas lescouleuvrincà et petite <jc yucrre qui, exilés

des embrdsures des bastions , occupent aujourd'hui les emtrdsures des fenêtres de la salle destinée à loger MM. de la faculté des sciences..- , quand ils seront venus. Ces engins «ont leur mérite ; plusieurs après avoir défendu notre cité contre ses ennemis » ont célébré leurs propres triomphes.

Les deux meilleuTs tableaux , à notre avis » sont deux copies.

166 MUSÉES DES TABLEAUX ËT ANTiaUlTÉS.

d'après Raphaël. La première est la Vierge et VEnfanUJitm , du tableau bien connu de la Sie^^Famille qui est an LooTré. On sait que cette belle toile fat offerte ft Ftan^^is par le grand peintre,

en lémoignaize de sa rLConnaissaiicc pour la manière vraiment royale dont le monarque nvait payé son tableau de V Archange St- Michel victorieux du démon; la seconde est une copie tr(S fidèle du portrait de Jeanne Arra^on, vice-reine dcNaples* Raphaël peignit la tète et Jules Homain peignit les mains.

Viennent ensnite le tableau qui représente <I.-C. remeUanu' U$ eleft à SUPierre. Gette composition de P. Spencer « a du mérite; St^Sébatiien d'après le Guide; un combat entre deux pan-thères , dans la manière d'Oudry , ce tableau qui a de la valear aurait grand besoin d'élre nettoyé; une vue de T'enûe, tableau nio derne envoyé par le ministre de Tintérieur , bien touihe et d'un bon ton de couleur mais sMé par un nuage des plus lourds ; un portait du duc de Chartres gouverneur du Poitou ; un portrait de femme d'une famille encore dignement représentée dans nos murs. Ge portrait est très bien pdnt et rappelle la manière de Hignard } citons encore an portrait d'Aemms de l'école Flamande, mais dont tontes les demi-teintes ont disparu par le frottement.

Ne sortons pas de cette salle sans jeter un coup d'œil sur le vaste tatileau qui occupe le fond , au-dessus des deux jolis meubles de Boule et de l'armure complète d'un chevalier du jlvi* siècle; c'est un monument glorieux pour Poitiers. 11 rappelle sa Tleille enceinte , son aspect d'autrefois , et mieux encore que oeia, sa noble défense contre l'amlial de Goligny, et les détails du siège mémorable de 1569.

Dans la salle à gauche sont déposées les précieuses reliques dn passé et les échantillons des civilisations qui se sont succédées depuis les Egyptiens jusqu'à nos jours; là vous verrez les statuettes sépulcrales d'ïsis et d'Osiris, les fragments de momie et de granit du memnontu m, les haches et couteaux en pierre des Gaulois» nos ancêtres > leurs bracelets en grès » leurs instruments en es , leurs gmlns de colliers » les haches et coins en bronie avee leurs moules, les épées et anneaux du même métal » les anneaox de plomb , qui formèrent kurs premlèM meonales, d enfin les

SOCliTtfS D^AGRICULTUIIS ftES A1ITIQ0AIRE8. 167

pièces quMls frappèrent aux types suecesaifo de la Celtique, de la Grèce et de Rome.

Le médailler tous offrira ses 3,000 médaîUes et les types variéa que Fart et les nationalitës diverses imposèrent dans la succession des siècles à ces signes représentatifs delà valeur des choses, à ces véhicules du commerce et de la richesse des pcuiiles.

Le moyen âge étalera à vos yeux les caractères propres h ses œuvres dans les crosses des evèquea et abbés, dans les reliquaires sculptés , dans tous les produits de rimagîoaiion de ses artistes.

La renaissance et répoque moderne rédameront quelques-uns de nos instants en faveur de leors meubles aealptés , de leurs jolis reliefs, de lenirs émaux. L'un de ces émaux (or sur fond noir) a para mériter les honneurs de la gravure , et vous pourrez louer tout à la fois et la composition du peintre émaillenr et le burin de l'artiste éminent qui l'a si bien reproduite pour la iiuciété des Antiquaires de TOuest. [Voir ci-après.)

I>a porte qui s'ouvre du côté opposé à celle du Musée des anti^ quité* conduit à la salle des réunions des sociétés savantes. Nous vous dirons en peu de moi» ridstoire de ces associations qui complètent si dignement i Poitiers le bel ensemble de nos établissements d'instruction , en plaçant à coté d'eux la preuve de leur Qtaité, le prodÊtU M leur action efiScaoe et de leurs enseignements.

La Société Agriculture , Belles-Lettres y Sciences et Arts a succédé, le 31 décembre , à la Société des Arts d'émulation et d^agrieuUure , créée le il mars 1789. Fixé d*abord à quarantecinq, le nombre de ses membres titulaires résidants, vient d'être porté à cinquante. Le nombre des titulaires non-résidants et des * correspondants et membres honoraires est illimité. Cette société , qui a rendu de très grands services à l'afrleulture, et surtout à l'horticultuie , qu'elle a noblement encouragée par son exemple et par des sacrifices intelligents , en instituant et patronant des ronctjurs f i des exposiliOQs, a publié plusieurs volumes de bulletins trimestriels.

La Société dei anftqttotres de VOueH a été fondée en 1894, .à

Page 1