LA PIERRE LEVITE
ils ne sçauraient autre chose faire, passassent temps à monter sus ladicte pierre , et là bancqueter à force flacons , jambons et pastés, et escripre leurs noms dessus avec ung cou&teau, et de présent l'appelle-on la Pierre-Levée. Et en mémoire de ce, n'est aujourd'hui passé aulcun en la matricule de ladicte Université de fH)itiers, sinon qu'il ait bcu en la fontaine caballinc de Croustelles, passé à Passe-Lourdin et monté sur la Pierre-Levée. »
Ce monument, autour duquel se tint dès l'origine la foire de la Saint-LuCf est encore quelquefois l'objet d'une vénération qui prend assurément sa source dans des souvenirs religieux que l'on peut rattacher successivement aux Druides des temps antiques et . aux fées du moyen «îgc. Cette vénération ne pouvait cependant le sauver des coups du marteau menaçant, et le vieux dolmen gaulois allait se métamorphoser en macadam, lorsque l'intervention de la Société des Antiquaires de l'Ouest et les fonds du ministère de l'intérieur ont fait récemment de ce dolmen une propriété de l'État. 11 est à présumer que l'administration des ponts et chaussées ne reprendra pas plus tard l'idée de son ancien propriétaire.
Cimetière de la Plerre-I^cTée. — Près de ce dolmen, à gauche de la route de Poitiers à Bourges, a été établi, en 1830, le cimetière de ce nom. Il contient déjà plusieurs monuments plus ou moins dignes de (Ixcr l'attention. H en est un surtout qui mérite une mention spéciale en raison de son étendue et de sa forme. C'est une chapelle gothique avec toiture en dalles de pierres. Des caveaux sont destinés à recevoir les membres de la famille qui l'a fait construire.
▲BBA¥£ DE 9À1MT-GYPR1BM.
Abbaye de Salnt-CyprleB. — Âu delà du pont de Saiot-Cyprien , à gauche , dans le vaste enclos qui forme la pépinière départementale, se trouvait autrefois l'abbaye de Saint-Gyprien qui dot à s« situation hors des oiura, et au défaut de moyeuB de défenses, ses tristes vicissitudes .
Fondée ça 828 par Pepin I*', roi d'Aquitaine » détruits par les Normjsnds» elle fut reconstruite à dotée par Frottier II du nom, évéqae de Poltferê et consacrée en 936. Guillaume Pler-à-Bras , comte de Puitou, avait pris 1 habit religieux à Samt-Gyprien et ii avait donné à cette abbaye l'église de Maillerais. Son fils Guillaume^ le-Grand, ayant fait ériger cette église en abbaye, donna à celle de Saint-Gyprieu» à titre d'iudemuité » la forêt de Deuil eu ^aintonge* ^ A la fin du xi« siècle ses possessions étaient immenses, elle comptait . d'après une charte de Pierre 11 , évéque de Poitiers, plus de een^ églises 4ei|e le diocèsie. Les confirmations des droits accordés par ce prélat furent renouvelées en 1 1 50 psr Gislébert II et en 1 1 57 par Chalon; puis dans le même temps, pour les diocèses de Saintes, Agen et Bordeaux, par Geoffroy, archevêque de Bordeaux. Les droits et propriétés de Tabbaye autour de son enclos étaient aussi considérables , mais elle eut à lutter souvent -aYec l'al*l)aye de la Trinité sur des points contentieux. Ces possessions noni^ breiises expliqaeiit comment au xv* siècle elle comptait entif deux et trois cents religieux. En 1510» ce nombre était réduit par les guerres à vingt-cinq. Les Anglais étaient passés psr là; mais quand vinrent les protestants, qui étaient Français pourtant, ce fut bien pis encore. Tout fut pillé et brâlé de telle sorte que le couvreur seul demandait 1 1 ,480 livres pour les tuiles à fournir. Nicolas Bouvery , abbé commendataire , entreprit de réparer ces . désastres; mais au moment où les constructions nouvelles s'éle* . valent, Tautorité municipide les fit démolir par mesure de sârelé pour . empêcher les ennemis dé s'en emparer ( 1574 )« Retirés dans rintérieur de la ville où Us firent le'service divin dans l'église de Notre- Dame-r Ancienne , les religieux ne retournèrent à l'abbaye que sous le gouvernement de M. de la Roche-Posay qui y introduisît la réforme de saint Maur, et ils s'y maintinrent malgré les protestations du corps de v.ilie (1604). Une simple chapelle suffit
LES coulis.— CIMETIÈRE DB CH1LV£RT.
d'abord aox besoins du culte , mais bientôt de ^ua flOiiij^tneBi bâ* timenU s'élevèrent à grands frais. Ils étalent à peine wàmtà lorsque la réTolutlon yïvi les anéantir , les raser et leur snbstitoer..*
une pépinière , une magnanerie et un jardin botanique. La chapelle , monument d'oidre dorique , ayant 4 G mètres de long, était» dit-on , le plus beau monument moderne du Poitou.
Les dicnitaîres de cette abbaye étaient à peu près les mêmes qu'à Montierneuf , mais cependant le principal officier après Fabbé était V aumônier 9 qui était chargé de faire aux dépens du eouirent d'abondantes aumônes. Les revenus , bloi diminués par les mal^ beufs des gumes ciTlles» étaient, en 1714 , de 13,000 litras*
lie» Cour«. — Ce fut le 15 janvier 1 G8G que pour venir en aide à la classe indigente on fit commencer la promenade située en face de l'abbaye de Saint-Cyprien, etqni s'appelait comme Riijoord*hul les Cours. On aclieta quelques vignes, on aplanit le terrain, on bâtit des murs de soutènement et on y planta quatre rangs d*oiw meanx. Ce traTall utile employa 500 ouvriers* On anra une Idée du prix des denrées et des Journées d'dors , lorsqu'on saura que lea hommes gagnaient d s. 0 d. et les femmes S s.
Les Cours n'étaient pas beaucoup plus fréquentés qu'aujourd'hui. Ils servaient comme nos jours aux soldats qui y faisaient l'exercice. Au Mercredi saint, il était de bon ton de venir s'y promener en brillants équipages. C'était donc le Longchamp poitevin. 11 est encore pins déchu que son confrère de Paris , bien que celui* d dolye regretter , conmie tant d'autres, les jours passés.
ClHieélèpe CMlvev«.^€e cimetière, ritué à droite dePan-
cienne chapelle de St-Jacques , occupe un emplacement confisqué sur un ancien chanoine de Saint-Hilaire qui y possédait sa maison de plaisance. ! Quel enseignement? 11 ne renferme point de monuments remarquables. On y voit cependant des caveaux de famille et des tombes qui portent des noms qui ont honoré la Tille de Poitiers.
Prméê parlêtemps , nous ne pouvons entrer dans toos les détails
intéressants qui concernent les localités voisines de Poitiers. Ce sera pour notre 2' édition. Raison de plus pour que nous recommandions à nos lecteurs un ouvrai^e qui vient de paraître sous le titre de Chroniques populaires du I^oilou, Cet ouvrage présente sous la forme d'épisodes détachés tous les faits mémorables qui se ratacheni aux localités comprises entre le Glint la VienAe et la Gartempe» «tdéTeloppe dans une série descènea variéesles moeura » coutumes » croyances et tniTaux des générations qui se sont suc^ cédé depuis les Gaulois jusqu'au xi* siècle*
i fort volume in- go, avec lithographies et vignettes sur bois intercallées dans le teite. -7- Càes MM. Oudin et Létang » libraires, à Poitiers.
— - nrir'j
Pollleis*— bnp. de Beoii Oudin.
m \MTE CHJklZ LE MÊME LIB&AlKi!;.
CliMBMiaM et ëjéf;mmàeB p<qi«liilr6ft 4m ^oiêmuj 4m CmMs à'Vmm 1000 » recadilm sur les bords de
la Vieniie ^ du Clain ei de la Gartempe , par M. le Lomé de LiMigoemer* 4 fr«
Ê^mMetm mi mmm mwkiHum , croqais lithographiques
du Guide de TEirangei a Poilicrs, édité par MM. Oudiu el Léieiig* %k.
iUégm dkf IFm i êim ^ M t m tiberge » Boavelle édItioD ,
anaoléeparM. Beauehet-FUieau ; avec une Iniroduciiuii historique, par Ch. de Chergé, 4 beau vol. io-S*". 5 ir.
PLAN DE L4 VILLE DE POIXIERS, dessillé par Ch. de Chei^é j noav. édh. i ir.
HISTOIEE DE SAINTE RADEGONDE, reine de France au vi*" siècle et pairooQe de Poilîers, par M. £d. de Fleury, i vol. in^. 5 fr.
Le même , i vol. in-i^. 3 fr.
Le même > i volé iii-48« 60 c.