‹ Le guide du voyageur à PoitiersChapitre 31 sur 32 · SAINT-HILÂIRE-LE-GRAND · texte numérisé non relu

SAINT-HILÂIRE-LE-GRAND

taire s'empfiBSsa de débiter la charpente, fut bientôt en rnfnes. Et lorsqu'il s'ogit de rêstitner l'antique collégiale au coite restauré, on ne trouva rien de mieux à faire que d'en démolir à grands frais

une partie pour conserver l'autre. Les annexes du midi et de Touest, et ceux des deux bas-côtés, furent détruits , les quatre premières travées furent supprimées. Ucdiiiteà moins de moitié de sa longueur» l'église royale vit sou portail latéral et ses chapiteaux» dont les fleurons mis à Venven » tous offrent Vapparêncê d^nna fort laide figure, s'encadrer dans un Ignoble pignon. En revanche, elle hérita de la porte en bois qui fermait l'église des Bénédictins de SainUCyprim, Ce n'étiH pas la peine d'y ajouter Timmense oculus qui jette à rintéricur une lumière beaucoup trop vive, puisqu'elle doit éclairer d'horribles mutilations dans les membres de réditice et de pauvres emlieliissemeats dans ses décorations intérieures.

L'église de St-Hilaire contenait autrefois plusieurs tombeaux qui furent indignement profanés parles protestants lors de la sur» prise de i562. Parmi ces tombeaux, on remarquait ceux de saint Pridolln , l'un des premiers abbés de Saint-Hilalre , de saint Fortuoat le savant évéque de] Poitiers (vr siècle) , de Gilbert de la Porée, mort en 1154, laissant, malgré quelques erreurs, la réputation d'un savant estime. lioulainvilliers prétend aussi ([ue le coeur d'Aliénor d'Aquitaine y avait été déposé dans un beau mausolée.

Un autre tombeau sculpté, fort renommé dans les livres el Guides de l'ancien temps, avait donné lieu à d'étranges aasertlons. Selon les uns » c'était la tombe d'un réprouvé , et lé diable, en faisant une de ces choses qui ne s'expriment pas , mais qal m sentent , avait laissé sur cette pierre sépulchrale l'odeur qu'elle exlialait et qui l'avait fait nommer la Pierre qui pue ; selon d'autres, c'était un tombeau antique et païen. Mais la croyance populaire y attachait quelques mérites , car on avait ete oblige de la faire scdler dans le mur afin d'empêcher qu'elle ne s'en allât en morceaux sous les efforts répétés des couteaux toiijoars agissants.

Ce monument, en calcaire féHdêt et qui produit en eflist , ad moindre firottement, une odeur désagréable , qu'il doit à la présence de l'hydrogène sulfuré qui en forme la base , existe m partie au musée du temple Sl-Jcan.

8AINT-H1LAIIIB-LB-GRAMD* 331

Ces tombeaux ont disparu. Celui que l'on remarque près de In chapelle du Miracle des cUft et qui est en marbre blanc de forme cylindrique , rappelle par ses sculptures la décadence de Tempirc, on serait même tenté de croire, en y Toyant la Croii, Tétoile, le poisson et tous les emblèmes que les chrétiens ayaient adoptés au Nnps des persécutions contre l'église , qu'il dut renfermer un per« »*.nnage mort avant l'époque ou la conversion de Constantin rendit avec la liberté religieuse, ces symboles inutiles et par suite moins fréquent?.

Cependant, suivant quelques attributions traditionnelles, ce tombeau aurait été primitivement celui de saint Uilaire , ou de sainte Abre, sa fille»

lious constatons cette opinion sans la partager

Le chapitre de St-Hitaire, dont un des membres était chargé d'administrer le baptême aux enfants des trois paroisses qui relevaient de sa juridiction, baptisa par immersion jusqu'à une époque assez rapprochée de nous, et Dom Fouteneau parle d'une grande cuve carrée de marbre et d'une piscine ronde existant dans le transsept du côté de Tépitre qui servaient à cet usage. Ces deux objets figurent encore dans un plan deFéglisede â1d2«

Le pupitre du chœur se distinguait entre tous ceux des chapitres de Poitiers. Il représentait deux aigles énormes en cuivre ayant pour piédestal des lions de grande dimension.. Tout eela a suivi les anges et les saints traigeiU doie qui décoraient h s reliquaires. L'impitoyable creuset de la cupidité a fait disparaître ainsi des œuvres dont la perte « au seul point de vue de i'ari, est irréparable.

Mais à quoi bon s'occuper d'art quand il s'agissait de conquérhr ce que l'on a gagné... Certes , il ne faut pas se plaindre ; l'humanité en général et la France en particulier , ont fait en ces Jourslà un fameux marché.

Nous avons parlé de la chapelle du Miracle des clés^ c'est en eCTet le nom que Ton doit tloiuier à ce petit niouumenl créé en 1837 , près du transsept à droite , et dans lequel ont été déposées les statues autrefois élevées sur la porte de la Tranchée en mémoire de l'intervention miraculeuse de la Ste-Yierge , de Ste-Hadegonde et de St-Hilaire. (V. page 173.) La pensée qui a présidé à

CHAPBLLC SAtlfmMmi.^SAlirrK-TftlAtSB.

PérecUon de ce monument pieoi est assurément fort looable, mats on ne peut conBcienciensement applaudir au monument matériel ({ni en est rexpreasion. On pouvait faire mieux au même prix , ou tout au moins » ne pas mettre un chapiteau grec en ligne avee* un chapiteau roman , on pouTait surtout se dispenser de barbouiller les statues assez remarquables que le céruse a défigurées.

A quelque distance delî^ , dans le mur oriental du trnnssepl , a été déposé, eu 1827, le cœur de Mgr Charles-François d'Aviau du Bois de Saniay, ancien chanoine deSt-Hilaire, mort archevêque de Bordeaux » pair de France , le It JnlUet 1 S36 , à T&ge de 89 ans.

diapelle SMsom. — Cette chapelle était située dans la rue

et près Ste-Jriaise à gauche en entrant dans cette rue par St- Hilaire. Elle existait encore au wiic siècle. D'après Duchesoe, elle avait Pîr ('IcYPe en l'honneur de St-Ai:on , 4* évêque de Poitiers. « ... Duquel (S t-AgoD) ne reste autre mémoire à Poitiers que lea » précieuses remarques d'une chapelle consacrée à son nom »«••• Besly (évéques de Poitiers] en parle également. « 11 y a cKappelîe 9 en son nom , dit-il , au cimetière de Ste-Triaise , au bourg de » St-Hilaire; L'église de St-Hilalre de PoiUers célèbre sa féte le « 18 août

Sie-TrlalKe. — Celte église paroissiale était située immédiatement après la chapelle de St-Agon. Le premier monument historique cité par Dufour sur cette église , est de 965. D'après le même auteur lea moditlons de la façade principale indiquaient une eon* struction du xi« siècle. Cétait dans le mur de cet édilke beaucoup plus récemment construit, et du eèté du cimetière, qu'était encastré le bas-relief dont nous avons donné le dessin à Tartlcle du Temple s i- Jean. (V. p. 46). Le terrain qu'occupait cette église ainsi que le cimetière qui y était continu et où se trouvait la chapelle de y on, forment maintenant un jardin particulier.

Cette paroisse, qui comptait 800 communiants, dépendait, ainsi que celles de Si^Fierre-'rHùtpiialiêr et de Notre-Dame de la Chandelière^ de la Juridiction du chapitre de St-HUaire. Ces trois paroisses étaient soustraites complètement à la Juridiction

POaiB DB LA. tramchiLe» . 223

épiscopale, et. même leurs église» n'avaient point de fonts baptismaux. C'était un hebdomailler de St-Hilaire qui était chargé d'administrer ce sacrement au\ enfants des trois paroisses dans l'église abbatiale. Avant la révolution , Lecesve , dernier curé de Ste-Triaise , s'était insurgé contre sa métropole sur ce point important La révolution lui donna gain de cause complet en le décorant de la mitre eonstituttonnélle* Ses débuts promettaient une telle fin.

Porte *e la Tranchées. — A l'extrémité de la rue Ste- Triaise, un peu îi gauche , s'ouvre la porte de la Tranchée. Klle était autrefois située un peu plus bas ; mais » quelques années avant la révolution , elle fut placée daus l'axe de la rue à laquelle elle a donné son nom. Ce nom » die le devait elle-même, sans doute^àqadqaes fossés et trancliées qui y avaientété pratiqués au temps des guerres, pour protéger la ville, asses mal défendue de ce. côté, contre les approches de l'ennemi. C'est à celte porte qu'eut lieu la déconfiture miraculeuse des Anglais , dont nous avons parlé en détail à propos de l'église de Notie-Dame et de St-Uilaire. En face de la porte actuelle, vous voyez encore les restes de l'un des modestes oratoires qui avaient été élevés à la sainte Vierge sur plusieurs points de ia ville à l'occasion on en souvenir du miracle dei eîé$*

Descendons maintenant , en suivant les boulevards extérieurs qui forment, avec le chemin de fer, une deuxième ceinture autour de la ville. Sur notre cauche , dans la direction où vient d'être percé un tunnel île 295 mètres , nous verrons les murs ébréchés et les tours démantelées du haut desquels veillaient, en temps de guerre, les habitants en armes* De ce côté-là, ils avalent un renfort qui les rendait presqu'inexpugnables : c'étaient deux étangs, ou plutôt deux marais , formés par les eaux de la Bolvre , et dont nous allons vous dire quelques mots.

Etang;s de St-Hllalre et de Montlcrneur. — Ces deux

étangs, formés par les eau\ de la Boivre , couvraient l'espace immense qui s'étend depuis la Porte-de-Faris jusqu'au delà de l'alignement des fortifications de la porte de ia Tranchée. De

224 iStANGS BI SAlMT-fllUIRl BT 0B lIOlITinRBinP.

telle sorte que là où sont aujourd'hui les riants jardins des sœurs de la Sagesse , les prairies vertes , les arbres pleins de sève, la TOie de fer, la fitatioa i rembarcadère et ses remblais, œuvre colossale que quelqueft mois ont élevée , là étaient autrefois de^ eaux eroupissantes et fétides , des bourbiers malsains,

L'étjADg.d^ SuHilatre fut établi fTar le chapitre de la collégiale, sur l'autorisation qui lui en fut donnée, en t f 43 , par Louis Vit , duc d'Aqiiilaine, comme époux d* Aliéner, pour l'ornemenl et la sûreté de la Tille de Poitiers. Le prévôt et les habitants durent même aider de tout leur pouvoir Jes chanoines dans une œuvre de défense coniniime.

Véiàng de MotUierneuf, qui suivait celui de St-Hilaire, avait été créé auparavant par Agnès de Bourgogne, épouse de Gulllaume-le-Grand , comte de Poitou , dans le but de protéger anssi la Tille du côté des Immenses terrains vagues qui la défendaient mal, [de 903 à 1030].

Ces étangs, après voir rendu les services que l'on attendait d'eux dans des temps de luttes et de guerres , étaient devenus , en dernier lieu , la cause de sérieux dangers pour la santé publique* Après la révolution , un honmie dMntelligence , qui avait fait ses preuves en exécutant avec succès la descente du timbre du groÊ horloge ^ et qui devait plus tard attacher son nom à la restauration du pont de Tours et à la oonstrnetlon du pontd*léna, à Paris, se chargea de dessécher et d'assainir les marais de la Boivre, et il réusssit. Ce fut pour lui une opération honorable. Ce fut pour Poitiers un bienfait.

Hospice de PonMeliarck — C'est encore une création due à M. Galland. Ce noble ouvrier, qui ne devait sa fortune qu'à son activité et à son Intdllgence, voulut, en mourant, que roeUTre de ses mains proÛtftt aux ouvriers qui, moins heureux que lui ,

ne pourraient trouver un asile honorable après les labeurs d'une longue vie. A lu place d'un moulin de chétive apparence, il avait construit à Pont-Achard des bâtiments eonRidéral)l( s , une chapelle; il voulut que tout cola devint le patrimoine des ouvriers pauvres, et il voulut de plus reposer au milieu d'eux. L'hospice de Pont-Acbard est aujourd'hui, en vertu -de sa fondation, chargé

INSTITUTION DIS SOUftDES-HUETTIS.^POMT-ACBABB* 325

de fournir neuf lits à autant de pauvres ouvriers invalides. Pendant quelques années, les sœurs de la Sagesse y ont tenu leur institaUoa de fiourdeannuettes*

lulttntton de« «oardes-naeile*. — Ce deroier établisflejnent a été , depuis peu , transféré à lama y ^ propriété située à trois kilomètres , à l'ouest de Poitiers , sur la route de Nantes. Là,

grâce au concours généreux d'une inépuisable chailLc, d'immenses constructions s'élèvent, une chapelle en style ogival se bâtit sur les plans de M. Tabbé Tournesac, et bientôt Ylnstitution des sourdes-mueUes de Poitiers sera tout à la fois un grand moQUment el une grande chose* Aujourd'hui » elle compte quarante élèves ; seize sœurs de la Sagesse et dix converses desBervent cet établissement et Vhospice de Pont-Achard.

i*ont*.%chArd. — Après cette dii;ression , que vous ne regretterez pas, nous l'espérons, surtout si elle vous inspire la bonne pensée d'aller voir de vos yeux les prodik;es qu*opércnl chaque jour les disciples de l'abbé de TEpée, permettez que nous reprenions notre rôle et notre course.

Le Pont-Acbard existait dès le mois d'octobre W> Il était connu à cette époque sous le nom de Tentenomu. Quelques années plus tard, il portait le nom de Pont Acardi^ ainsi qu'il résulte d'une charte de ton. Les mémoires domestique de la famille Acliard (encore représentée dans nos murs), prétendaient que ce ponl avait été construit par Jean Achard, évéque d'Avranches, llieologien distingué et favori de Henri II d'Angleterre , et par son frère Pierre Achard , gouverneur de Poitiers. Us fixaient à Tan 1 162 la date de cette fondation qui ne peut recevoir cette attribution en présence de la charte de 1017 ^Nous pensons néanmoins que tout en se trompant sur. le nom du fondateur, les mémoires domestiques ont raison d'attribuer cette construction à un membre de la famille Achard. Bruzen de la Martinière, à propos de ce pont, s'exprime ainsi dans son grand Dictionnaire Géographique : « li y a à Poitiers six portes qui sont... et celle de Pont-à-Char où les carrosseï ne peuvent passer. » Admirez avec nous le jeu de n^ots du géographe. Malheureusement y pour se donner la puérile satisfaction d'un

226 LA STATION, L'CMBARCADÈRE.

calembourg , son ignorance a fait le contraire de ce singe de la fà-

lile qui pi cûait le Pyrée pour un nom d'homme.

lia lîttatlon, rEnibnrcadère. — Vous trouverez plus loin îeg détails que peut désirer un voyageur qui se dispose à faire BCft adieux à la ville à laquelle ii ne demandait qu'une hospitalité pas-> sagère ; maintenant nous ne tous dirons point tout ce qu'il a falla dé déblais et de remblais» de mètres cubes de béton » de sable et de pierre pour construire cette oeuvre gigantesque. Cependant» si vous liesiriez coonaitre quelles dépenses exigera la confection de cette partie delà ligne de Paris a IJordeaux , nous vous dirons que depuis la Folie (à 4 kilomètres au Nord de la ville ; jusqu'à Mauroe (à 4 kilomètres au Sud), les accidents [de terrain, les coura d'eau.à traverser» les ponts à construire, les tunnels à percer» coûteront environ cinq millions.

Nous ne comprenons point dans cette 8omn\e » déjà asses ronde pourtant , celle qu'exigeront des voieg accession eonvenables pour meUre cette ville que vous voyez perchée sur le sommet du coteau en rapports faciles avec les pni?«an1ps machines qui vont imprimer à ses relations et à son existence un mouvement qu'elles ne coa« naissaient pas.

£n attendant ces voies là , profitons de celles que la prévoyance de nos ancêtres n'avait point assurément disposées pour relier la place d'Andes aux étangs de la Boivre , vos jambes s'en apercevront

de reste; gravissons donc la pente escarpée de la Visitation, dans laquelle notre administration municipale a voulu sans doute concilier des opiuionsbicn opposées en y circonscrivant les deux rampes , objet de débats si animés. Ce nom annonce le voisinage d'une maison religieuse , et c'était là en e£fet que les dames de la Visita» Hm avaient établi leur pieux sanctuaire; mais aujourd'hui , sur la front mutilé de cet édifice Incomplet vous pourries écrire cette apos» trophe sanglante de l'Evangile : « Ka maison est unê maison dê prières f et vous en avez fait une caverne de voleurs, » La Visitation est devenue lu maison de détention , la prison départementale...

Sa charmante église qui était à peine achevée au moment de la révolution, fut démolie Jusqu'à une hauteur qui permit à sesqua-

mOB DK LA fISITATIOM.— MB DBS HAVTB8»T1BILLB8. 331

ire murs d'enclore le jardin da geôlier* Quelle délicate attention , tandis qae l'on ponvait les raser Jusqu'aux fondements...

Etablies à Poitiers , atee Fagrément de FHÔtel-de-Ville , le 5 septembre 1733, les DafMi de la Viiitatitm habitèrent d'abord une

maison située derrière les Trois-Piliers , devant le couvent du Calvaire et qui se nommait les Arènes, Plus lard , elles se logèrent dans ia maison que vous voyez et qui s*appclait des Ecossais,

C'était autrefois l'hôtel de la famille Irland , aujourd'hui éteinte. Le premier auteur établi à Poitiers , Robert Irland , était écossais d'origtne I juriBoonsulte et professeur distingué» il était appelé poor cela Eeossaig dodeur ; Rabelais le nomme ainsi; de là , le logis de VEeoisais , puis des Ecossais et enfin la RuelU des Ecossais,

Cette ruelle que vous voyez là , sur la droite , et qui est munie à se;^ deux extrémités iVunc porte, absolument cominr. une rue des juifs au moyen âge, servait autrefois de champ de bataille aux duellistes. nuit , elle est close. Le vaste enclos qui entourait les bâtiments de la Visitation est aujourd'hui une propriété particulière. Quant aux religieuses expulsées , elles ont trouvé plus tard y comme nous TaTons dit (v. p. 42 ), un asile dans la maison de l'ancienne sous-chantrerie de la cathédrale , près du temple S t' Jean,

La rue de la Visifation débouche dans la rue des Basses^ Treilles, appelée de ce nom ainsi que celle des Hautes-Treilles qui la suit , parce que ces terrains» vagues autrefois , renfermaient une certaine quantité de treUles en rapport. Dans la première de ces rues » à gaucbc, au n* 10« cette maison , qui ftit babltée par un avocat distingué y rival souvent heureux de H. Boneenne , était, avant la révolution, voisine du jeu de paume dit du Faisan, no 8.

Remontons à droite. Voici la rue des Hautes-Treilles, Plusieurs des maisons de cette rue et de celle qui précMe , appartenaient aux Augusixns qui les avaient données à rente ou à loyer.

Entre les n~ 3 et 1 0 de cette rue, on voyait encore, il n'y a pas longtemps , au-dessus d'une porte cintrée décorée de pilastres » trois petites niches qui renfermaient autrefois les statues de la sainte Vierge , de saint Augustin et de sainte Ursule. C'était la façade de la chapelle des Ursulines que courûiiuaii un fort joli clocher en

228 LA ceand'maison»

diarpentotunnonCé d'une graeieuia campanllle. Cétaii on en

de{;à de cette chapelle que se trouvaient de ce côté les limites de la juridiction seigneuriale du chapitre de Saint-HIlaire , indiquées par une statuette du grand évêque, debout entre le4i écuâsoos de France et du Saint-Siège,

Les Ursolines tenaient on pensionnat de Jeunes demoiseUes , et meignat^t gratuitement. lei .filles da peuple; leur école était trèè fiéquentée. Dispersées par la révolution , elles n'ont pas reparu sur le sol poitevin.

La Grand'ItfalAon ou les Danie.<» de l\%cluraUoii perpétuelle. — C'e»t dans la rue dts Hautes-Treilles , aux n"* 32 et 43 » que se trouve le double établissement religieux , dit de la {hrand: Maison, où les enfants des deui sexes trouvent séparément les biepfisits d'une. éducation religieuse. C'est en 1797 que. cette maison fût achetée par Madame Henriette Aymer de la Gbe^ vallerie , fondatrice de Tordre qu'elle voua à IMdoraiton perpétuent et aux sacrés CiRurs de Jésua et de Marie, Associée dans son œuvre pieuse à M. l'abbé Goudrin qui , de son cÀAé , organisa une communauté d'hommes, Madame de la Chevallerie roussit dans son entreprise, et lorftqu'elle mourut, en 1834 , son institut était dans l'état le plus florissant. Ai^ourd'hui , les Dames de la Grand* Jfaisofi tiennent un pensionnat nombreux de jeunes demoiselles , une école gratuite plus nombreuse encore de petites filles pauvres. Les prêtres de la ^Afid'tfair on ou de Picpus , après avoir eu à Poitiers un pensionnat florissant qui fut dispersé en 1828 par les tristes ordonnances de cette époque , étaient réduits depuis quelques années à une simple école primaire. l*rofitant de la loi de 1860 , ils ont organisé june institution libre pour l'instruction secondaire.

Nous eussions voulu, cher lecteur, pouvoir dire ce qui se trouve là , à peu de distance de vous, à quelques pas à peine, ,. C'eût été couionner par un gracieux bouquet notre course et ses fatigues;

mais ee riche bouquet , composé des MlliiiU pigiiHi 4m trois rtgofls , dei émaux les plus piédeax , te miimiiUtti lei flill rares « il n'est pas permis à notre amicale ioMoMIfli ée la feliB Qonnattire à irotre Inquiète eoriosité... Airétona naaiieuc , ce serait reDouveler pour tous le supplice de Tantale , el vous n'avez pas tué votre fils Pélops...

Bztrà*maroa«^ Quelques monuments, quelques restes du passé ont éebappéà notre examen, en raison de leur situation hors te mors. SI vous y eonsentei , nous yoos dirons à hâtons rompes ce qu'ils furent » ce qu'ils sont aqlooid'htti.

Cimeèière de rHôpIM-tehCkanipii. ~ L'ordonnance de illft qui interdisait d'enterrer dans les églises , devait avoir plus tard pour complément obligé le décret du 23 prairial an Xll , qui prohiba leâ|sépuUurcs dans|l'intérieur des villes» et fixa la distance à laquelle elles devaient être étahlies des centres de population. En vertu de cette nouvelle prescription , les cimetières que cbâqoe paroisse et diaquo communauté possédait à Poitiers auprès ée chaque église, fOrent remplacés par deux dmetlèreset plus tard . par un troisième, dont nous allons dire quelques mots.

Xi^0dpllAl-cles-€hampA.-.Ce cimetière situé sur la rive droite do Clin , entre la ligne de fer et la rivière , à peu de distance du pont-viaduc, faisait partie d*un hôpital consacré en 1620aux pestiférés qui encomhraient la villa de Peitiers décimée par éa crud fléau. Ce fàt Firançois Fumée» maire sortant , qui acheta lé terrain et en fit donàla ville.

l.e Portcau— Près de cette propriété, sHuée sur les hauteurs qui dominent la vallée du Clin à gauche de la route de Poitiers 4 GhàteUerault , ei d'où Ton peut jouir d'une vue magnillque , on trouva dos puiu d'un diamètre 4*un à trois mèlses, agglomérés au nondnre de plus de vingt dans un espacé de moins de 30 ares. Us sont creusés dans le roc et revêtus d*un ciment composé de chaux et de cimènt. Selon Popînkm commune , aux temps te invasions barbares, ces silos ont dû servir de retraite aux hommes

et aux denrées^ Si vous interrogez les habitants du v4Uage^iU vouft diront que ces pulls communiquaient par un immense souterrain avec le château de Lusignan a 24 kilomètres de là; , et c'était r.QUiyce de la fée Mélusine. Toujours la même histoire. MaU voici OM Tarianle % let. puits eoi été craoséB-par... la luneé

Vous ne vous attendiez guère A voir la lune en eetle aifaire.

C'est près de là qu'était le fameux tonneau de Stp-Pierre-le-Puei- . lier , dont nouâ avons parlé page 37 .

li^Hosplee deslneurabie!!.— Cet étn!)Ussemcnt situé sur la rlfedfoitedaGUa, ait4€là duPafa->iV««/'» a été-inapiié pat le Fèrelloiitfon(v. l'arUcle del'flôpitol Général, page 130)» et créé par -M. Bélbneiicd'Echoisi, grand prieur d'A<|ttUainet qulreeueil-

lit en quelques malades dans une maison achetée dansée but charitable , et lit construire plus laid uu liùpiial pluâ considérable, dans un jaidiii public.

Cet hospice , dont le nom indique la dcsti nation, est desservi ppr les «Scruf « grises; il est disposé pour 150 lits. C'est donc e», résumé une population malade de 990 individus (le dO* de la population totale)» que les iiuatre hosplees e&istants à Poitiers pourralenl leeevoir au besolD.

PAubourg et église de 9«lnt*9At«nilii. — Ce faubourg,

qui fut comme aujourd'lmi l'un des plus considérables de la ville, est situé à l'Est sur la route du Berry. 11 existait très anciennement. 11 en est fait mention au xi« siècle. En lOK, il ftit donné à TablMye de MontierHeuf par le fondateur de ee monastère» Gni- Geoflipoy» qui y- Joignit les redevanees Imposées aux tamuriei nombreuses qui y étaient alors situées» et qui se replièrent plus tard sur la rive gauche pour être mieux protégées. 11 fut brûL^ le 12 juillet li 16.

L'église de Saint- Saturnin ou Saint-Sornin existait dès Ii49, époque à laquelle sa possession fut conlirmce au fPft<iart^ft de Saint-Gyprien, par Geoffroy, aichevêque de Bordeaux.

GeHe église» ^i était paroissiale (la paroisse oomptaH

LA PIERAE l«fiVÉfi«

500 communiants), existe encore en partie sur la gauche en mon* tant vers U Pierre- Levée; elle n'offre rien de reman^uable.

Ii« Plerre-liCvée. — Qu'était-ce que la Pierre-Levée? Lm yns TOQS diront que c'était un monument druidique, on dolmen, m antèl rar lequel les draides offraient au IMen qu'ils adoraient des victimes humalfiesA D'autres^ en admettimt sa destination religieuse, nieront les sacrifices humains èt s'appuieront, pour soutenir cette thèse, sur les nobles sentiments et les principes philosophiques des prêtres gaulois; comme si toutes ces belles choses avaient empêché naguère d'autres sacrifices humains , exécutés par la fraternité des philosophes et de leurs adeptes ! Eoûa d'autres, moins profondément savants, vous apprendront-que saintf Badegonde portait cette pierre sur sa téte pour la poser où elle cgBÏt, tandis qu'dle tenait les piliers dans son tablier de mouaslime» L'un d'eux étant tombé, le diable, que réreeûon de ce monument contrariait beaucoup , emporta le pilier, ce qui fit que la sainte ne put poser sa table d'aplomb; aussi n'est-elle soutenue que d'un côté» Tout cela ne vous satisfait pas peut-être, écoutez donc Rabelais.

Pantagrud « voyant que les escholierâ éloSeot aneones fois de loisir et ne envoient à qnoy passer temps, en eut eompassion. En ssg:]our print d'un gcMift roohier qu'on nomme Passe-Lourdin

nne grosse roche, ayant environ douze toises en quarré et d'épail»eur quatorze pans, et la mit sus quatre pilliers au milieu

d'un diamp bien à son aise, afin que lesdicts escholiers, quand

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