‹ Le guide du voyageur à PoitiersChapitre 4 sur 32 · ÉLÉVATION · texte numérisé non relu

ÉLÉVATION

DE l'Édifice

Colyaée (Rome)

Arènes de Poitiers*

Arènes de Nimes

Lorsque les Idées religieases que le Christ avait apportées au

monde eurent renouvelé la société païenne , les jeux du cirque durent pcidre de leur prix aux yeux des populations clirélicnnes. Ils leur rappelaient moins encore la inagniftcence de leurs maîtres et les plaisirs de leurs ancêtres que le sang de leurs juartyrs , et tout porte à croire qu'à Poitiers comme ailleurs , elles vengèrent sur des murailles Inertes les crimes qu'une odieuse persécution y avait, fait commettre. Dès le vr siècle » la 4estrncU<»i de Tamphlthéâtre de Poitiers dut être un fait accompli , et depuis lors , si son squelette abandonné retrouva quelquefois une vie éphémère , ce fut dans ces nionients critiques, où les défenseurs de la cité des Piétons durent s'en servir en raison de sa situation dans le suhurhimn , hors des murs , comme d'un avant poste formidable contre les ennemis qui se succédèrent dans ces temps de luttes barbares. Puis ses pierres furent arrachées pour en construire des fortifications grossières » ses ornementa déeorèrent les temples , et IL ne fallut pour le conserver tel qu'il apparaît aujourd'hui , rien moins qiie Fusorpation intéressée des pauvres familles qui vinrent se nicher dans ses vomitoires, et se faire de sa ceinture protectrice un abri qu'elles n'eussent pu reiriplacer et qu'elles protégèrent à leur tour.

Devenu au siècle , après des fortunes diverses , la propriété de l'abbaye de Nouaillé , 11 fut cédé avec ses dépendances par bail einplsyjtéotiqtte du 16 avril 1767 , et U appartient aqionid'bul par suite d'échan^ aux hospices de Poitiers*

SeraU-^ une pensée témérahre que d'espérer peor lui désoimals une protection plus efTicace qui servirait utilement les intérêts des Pieuvres* Conserver k la^viUe.de Poitiers Tua de ses plus.aii*

cienè litres de gloire c'est lui conserver aussi le seul attrait qa\ puisse , ainsi que nous l'avons déjà dit, solliciter la curiosité de ces touristes intelligents, dont la présence est semblable aux pluiea fécondantes qui laissent partout où elles tombent les traces de leur action bienfaisante* •

(T. Mém. de la Soe* dêt Aniiqwiires de rOuest 1843» leliwè traTafl de MM. Eoqrgnon de Layre et Lamotte.)

Boareanl. — Si le voyageur désirait suivre extérieurement les contours du colosse romain , il devrait, en sortant de l'tiôtel d'Evreux , tourner à droite , suivre la rue Corne-de-Bouc , autrefois nommée de St-Ausone , puis des PéniUnies , et qui a emprunté saoa ^outesoD dernier nom à sa direction en courbe elliptiquei puis la rue ém Arinet dont le r«om B*a pas besoin d'explication » du Petti^ Bannevaux et de Baurcani (Burgus canis). Avant de rebrousser ebemiin , arrétons-nons un f nstant. Ce nom de Bourcani , si bien en rapport avec les habitudes de la population qui séjournait en ce lieu, les désordres de toute espèce qui s'y commettaient , tout nous porte à croire que c'était là que la Cour des Miracles de Poitiers tenait scà assises... Passons...

. iLasMnltoBSes*^ ka retour, si nous rentrons dans !a me C^ome-de-BoiMf en la suivant dans la direction du sud, nous trou* verons sur la main gauche, au n« 15^ un édifice fort maussade qui a éprouvé des fortunes bien diverses. (Tétait autrefois la communauté

des sœurs grises des Pénitentes, qui recevaient les filles repenties» Pendant la révolution , ce fut une prison de suspects, puis il fut successivement magasin militaire , jardin botanique, petit séminaire, grand séminaire, caserne d'infanterie ^ école primaire, ei enfin , il est rentré dans l'administration de la guerre qui pandt j tenir.

En revenant de la rue Came-^--Bùuc pour rejoindre le Lycée , nous laisserons à droite la rue de Paille (de Paleâ), ainsi nommée dès 1224 , parce que , disent des auteurs, étnnt une des plus anciennes delà viilc, elle était bordée de maisons couvertes en paille , suivant ce que Vitruve a écrit de la coutume des Gaulois. Nous avons lu dans des titres de 1614 qu'elle se nommait alors

RtlS 0C PAILLB.— LE LYCKC.

rue de la Tripaille , vulgairement rue de Paille , nom très bien trouvé, dit-on , si alors comme' aujourd'liai die était habitée par des bouchers , ce qui est au moins douteux. La tradition s'étant mise de la |iartie, on a prétendu que ce nom lui venait

de ce que les chanoines deSaint-Hilaire, ayant voulu faire enlever de TEglisc de la Celle le corps de leur saint patron ([ui y était dépn?é , tirent tapisser de paille les rues que devait parcourir le cortège; et comme c était la plus longue, ce fut sans doute à cause de cet avantage qu'elle hérita seule de la dénomination privilégiée* Enfln d'autres étymologistes » entrevoyant des motifs beaucoup moins religieux « ont trouvé certains rapports entre le mot latin palea et le mot français paillard, paillardiee^ et ils invoquent à l'appui de leur système, des arguments peu archéologiques, il est vrai , mais qui ont bien aujourd'hui leur valeur.

Laissons ces débals et les lieux qui l'ont enfanté , et reprenons la rue du Collège, C'est là que nous trouvons ce qui s'appelait hier encore du même nom que la rue» et ce qui s'appelle aujourd'hui un lycée ; peut-être parce que cela est plus républicain , quoique ce soit plutôt impérial. 11 est étonnant que Ton n*ait pas songé à débaptiser aussi la rue. C'eût été justice et revanche , car elle s'appelait de Sle-Marthe , quand on y établit au xvu* siècle le collège royal, dont elle fut obligée de subir le nom.

I«e i.> oée.~ Cet établissement d'instruction publique com*prend actuellement dans sa vaste enceinte « les bâtiments des deux collèges de Ste-Martke et dePuygarreau^ et il a hérité des dépouilles du collège de MotUanaris. Le collège de Ste^Marthe,

organisé en 1522 par Antoine Gironet et Théobalde GIrault , son épouse , était la buile d'un établisscnu'ut d'instruction, existant dûs 149-t près delà chapelle et auaiùiuTic de Ste-Jfarf/te. Après les malheurs des guerres civiles , cet établissement délabré fut acheté par le corps de ville (1G05), et cédé aux Jésuites qui prièrent alors la direction du collège royal. Le collège de Puygarreau^ (ses bâtiments sont situés â gauche en face du lycée » dont ils font partie) , avait été fondé le 7 janvier 1478 par Françoise Giltiers, dame de Puygarreau , veuve de Jean Bardln , conseiller au parlement. A la suite de vicissitudes diverses , le collège de Puy-

LB LïCàE»

garreau fut aussi acheté par la ville de Poitiers et cédé aux Jésuites (ir>08\ qui en firent leur pensionnat. 11 communiquait avec la maison des religieux (le côté de la cliapelle) par un passage souterrain, dont la voûte 8*écroula sous le poids d'une charrette* On a établi depuis lors un passage couvert par-dessus la rue.

Le collège de UontanfiHi, sHné vers Fanijle de la rue de Tiliidenne Comédie ei de la rue à^Enfer, avait^té fondé en 1507 sons rinvocation de N. D. , par Antoine de Montanaris , du royaume de Naples, docteur en médecine , bachelier en droit> et curé de Komagne , près Cnuhé ; le corps de ville de Poitiers Tachela comme ceux de Ste-Marthe et de Puygarreau en 1G07 » et ledonna aux Jésuites*

Cette corporation célèbre* dont les succès en matière d'enselgnement n*ont pu Jamais être contestés» même par ses ennemis les plus acharnés» venait d*étre rappelée par Henri IV, lorsque

le corps de ville supplia ce prince de créer un collège royal à Poitiers , ce qui fut accordé par lettres patentes de 1G04. 11 fut conûé aux Jésuites, qui fumlirent en un seul collège les trois établipsements dont nous venons de retracer les vicissitudes et l'iiistoirc. Ën quelques années, ils obtinrent des secours efficaces , 20,600 livres du roi, 12,400 du clergé, 1,362 de la ville » 140,000 de souscriptions particulières, en tout 175,000 livres, somme considérable dans ce temps-là , et dont le chiffre honore notre population, toujours intell li^cnte , toujours duvouéc aux œuvres utiles. Ce fut avec ces ressources que les Jésuites purent faire construire et répnrer les ininicnses bâtiments qui composent le lycée actuel. La chapelle, notamment, fut bâtie en deux années, de lOûft à 1610. Plus tard , Louis XIV voulant s'associer à Tceuvre de son aïeul» dotale collège de 4,000 livres de rente. Les élèves accoururent de toutes parts; les contrées étrangères mêmes fournirent leur contingent , de telle sorte que les RR. PP. durent ajouter comme annexe, en 1074, le coUéi^e dit des Pères Jésuites d'Hibernie (situé au carrefour de ce nom qui s'appelle encore Pian des Petit S" Jésuites où étaient admis les écoliers qui venaient des lies Britanniques. En 1720, le collège royal comptait 13 maîtres, enseignant depuis les éléments de la grammaire jusqu'à la théologie, et 000 écoliers, dont bon nombre. Il est vrai, tendaient à

LE LYCiK*

rétot ecclésiastique pourlequd des établissements spéciaux furent créés plus lard.

Maii- bientôt les Jésuites durent céder h, la violence des attaques dont ils étaient l'objet de la part d'ennemis puissante , et le 1" avril 1762 » le corps de ville de Poitiers dut leur retirer les droits qu'il leur avait eédés* La génération qu'ils avaient élevée les réeompensaii ainsi des serviees qu'ils lui avaient rendus,... 80 religieux jouissant d'un revenu net de 24,599 livres, occupaient alors les divers établissements qui dépendaient da collège. Les revenus furent séquestrés et si bien administrés, que deux ans après seulement, les bâtiments étaient dans un état de délaî>rement complet, et que les maîtres n'étaient pas payés. Ccsmai* très, laïques ou tirés du clergé, virent diminuer de moitié le nombre de leurs élèves , (usqu'à ce que-la plupart d'entre eux se retirèrent par suite du refus dé prestation du serment à la constitution eivile du clergé.

Pendant la terreur on avait autre chose à faire que d*enseii^ncr à la génération nouvelle la langue de Cicéron et d'Homère. C'étaient [leiit-ètre bien dans leur temps des républicains, mais un tant soit peu aristocrates, car ils savaient lire, et même passablement écrire, disait-on donc ^ point n'était besoin de propager leurs dDdrines. Mais lorsque cette manie d'ignorance fut passée avec les hommes qui étaient Intéressés à la falre<>vivre$ lorsqu'on songea à réédifler ce qui avait été si largement démoli , Poitiers fut doté d'une école centrale que Ton établit tout naturellement dans l'ancien collège des jésuites (171)5). Puis, en 1803, grâce à 57,000 francs de souscription (encore une souscription heureuse), cette école fut convertie en lycée, pour reprendre en I8i6 son premier titre de eolUge royal qu'elle a perdu en 1 848 , pour reprendre encore une fols , sous la deuxième République , le nom fmnoo-grec que lui avait imposé rempire»

Bans les dernières années qui ont précédé 1848 , le collège de Poiliers, mis en réputation d'abord par l'administration habile de M. Carbon , s'était élevé, sous le pruvisorat de M. Ménard (de 1839 à 1850), à plus de 5c*0 élèves dont 280 internes, et il était compté alors parmi les plus importants du royaume.

Lachapelleet lasacristle de cet établissement méritent d'être vi-

LB LTCÉB.

fiîtées. Ne nous arrêtons pas à la façade de la chappelle; cette construction massive, et qui manque d'air et d'espace, annonce la solidité» mais elle n'a aucun caractère. 11 faut pénétrer dans rintérieor, et alla porte est dose il faut frapper à la porte même du lyoée qui nous sera ouverte à titre d'étrangers visiteurs, les Jeudi et dimanche, de deux à quatre beures, et les antres Jours de six à sept heures du matin, de dix heures et demie à midi, de une heure à une heure trois quarts , et de six à huit heures du foir.

Après avoir traversé pnrche, qui est défendu rontrc le» envahissements tumultueux de la gent écolièrepar une grille en fer, nous apercevons devant nous le pavillon central qui a été restauré en 1842. Au-dessus du cintre de la porte , sur un écusson , qui portait au-* trefois le chiffre de la compagnie de Jésus , est sculptée la date de la fondation du collège royal , 1608 ; puis , au-dessus , on. voit le buste de Henri IV, avec ces mots: Henri IV, fondateur; et, plus haut, dans un cartouche, le médaillon de Louis XIV, av(c ces mots : Louis XIV, bienfaiteur. C'est Thistoire du monument écrite sur ses pierres. C'est la plus succincte et la meilleure à notre avis. Ces deux morceaux de sculptures datent de la restau* ration de 1842* On prétend , suivant des renseignements plas OQ moins exacts, qu'autrefois un Christ occupait la niche où se trouTO aujourd'hui Henri IV, et que lorsque les Jésuites y substituèrent la statue de Louis XIV, revêtu des attributs de la royauté, uQ.élève improvisa ce virulent d^âlique :

Sustuîit hine Christum, posuitque insignia refait Impia gens; alium nescit habere deum.

Ce fait se rapporte d'une manière beaucoup plus sûre au collège Louis-le-Grand, à Paris.

Pénétrons dans la chapelle à gauche. Ce monument servit en 178U de lieu de rassemblement Général des trois ordres pour la nomination des députés aux États généraux, puis il devint le principal c2u5 de Poitiers pendant la Terreur, et enfin la salle décadaire^ Quoique le sanctuaire ne fût séparé de cesasserobiées dangereuses que par un simple rideau , il fut respecté. Oa se borna à gratter les attributs et emblèmes trop compromettants^ mais il n'y eut point

LE LTGÉI«

de ce&horriblfB muUlaUoDsqui tirent ailleurs d'irréparables désaatrea. NouamenUonDons ce fait extraordinaire, uoique peai-étreeD aoD genre, et noua deYlona le signaler à l'éternel honnenr de la population poiteritie. Anjourd'hul , gràee à l'IialNle reatauration

qu'elle reçut en 1845, celte chapelle semble sortir d'hier des mains de l'architecte ; pourtant In aucoup de membres cl d oincments d'architecUires avaient été dégrades, mais ils furent alors réparésavec goût, avec bonheur.Letabernacle^ouvrage d'art du plus grand mérite dans son genre, daté de 1G97 , a été démonté en plus de mille morceaux par un habile ébéniste (Salmon), qui Ta reeonstrnit, en remplnçant toutes les parties manquantes. Le devant d^autel qui était mobile , pour recevoir des éto£Res de diverses eimleurs suivant les fêtes, a été remplacé par un autre, sculpté par M, Léciiyer sur les dessins de M. Hivonnait. C'est à ce dt rni(2i que l'on doit le crucifix placé en face de la chaire. C'est une œuvre honorable pour l'artiste. C'est encore lui qui a fait revivre avec habileté It s couleurs effacées des tableaux sur toile qui aceompa* gnent le grand autel et dont on surtout a du mérite* C'est celui qui est encadré dans le rétable , il a pour s^Jet la présentation de J.-G. au temple. Il est signé : Louis Finton de Bruges y 1615. Ce tableau a tous les défauts de costume, mais toutes les qualités de coloris des tableaux flamands. Dans le système primitif de décoration de l'éiilise , ce tab|eau n'était pas masque, comme il l'est, parie tabernacle qui lui est postérieur de près d'un siècle.

Le temps avait fait disparaître complètement les peintures delà voûte au-dessus de l'autel et presqu'entièrement celles de Tarcède qui la précède. Ces peintures ont été très heureusement ravivées par M. Hivonnait qui a su fondre dans Tensemble des miUiers de feluuclins inaperçues. Les peailures de l'arcade représentent des aogescxprimanti»ar leur adoration muette ou par leurs symphonies instrumentales , leur respectpour l'hosUe sainte contenue dans un ostensoir de forme antique,

Sc.usla voûte à gauche, saint Louis» encore tout Jeune, fait l'aumône aux pauvres; à droite le saint Roi est entouré d'anges dont l'un lui montre lediemin du ciel , tandis que lesautres portent la croix, la couronne d'épines et les clous, précieuses reliques dont il dota la France.

80 LA RUE PUTCARRBAO. — L'ÉCOLK DE DESSIN.

Pénétronsdans lasacristiCy elle est peut-être encore plus remarquable que la chapelle. L'ensemble des tableaux qui la décorent représente les circonstaDises les plus notables de la vie de J.-C.^ depuis rinnonetalton Jusqu'à VAseensiim. Ces tableaux tout écaillés ont dû être retonéhés , et Tartiste a dû refaire en entier eelul de y Adoration de Jésus enfant par Joseph et Marie. Mais ce qu'il y a de plus beau dans celte sacristie , ce sont les boiseries qui en ornent le pourtour et qui en forment le plafnnd. Les sculptureesi délicates Ci si fermes qui les décorent et qui avaient été mutilées ont été restaurées avec unecnrandehabileté.

Ces divers travaux de restauration qui ont eoÉté 16,000 fr. ont été exécutés en 1846, sous la direction deH. Ménard, provtscnr du collège. Les peintures ont été confiées nu pinceau de M. H* Hivonnaît, les sculptures au ciseau de M. Lécuyer, tous deux artistes de Poitiers; elles font aux uns et aux autres le plus grand honneur.

Wu lijeée mmm €arniéllSe«.<— Ën quittant le Lycée nous bu\^ Tronsla rue dite du Collège et nous trouverons sur la gauche la rue du Puygarreau^ Cette rue s'appelait Bm^rg^Marin (de Burgo'Marini)^ dès le 9 septembre 1271 , et elle conserva ce nom

jusqu'au commencement du xvui* siècle, époque ù laquelle elle prit celu i d< s seigneurs de Puygarreau qui y avaient fondé , coiuuic nous l'avons dit, un colh ^e. Nous prions le lecteur de jeter les yeux à gauche, au n« 10 , sur co grand bâtiment h pignons aigus , qui était autrefois la chapelle de Puygarreau , et après avoir été transformé en salle de VEcole royale de Deuin, est encore aujourd'hui aHlecté au même usage, avec cette différence toutefois que l'Ecole est nationale et communale: ce bâtiment n'a rien de remarquable ; il renferme au rez-de-chaussée grand nombre de plâtres, luuuit s sur les i)ons modèles, et qui formaient le noyau d'un musée d'antiques ( (nnniencé par un iiomme dont nous verrons plus tard le nom cite avec honneur , M. Tabbé Gibault.

L'institution de Técole de dessin date de loin déjà , et réclame quelques détails auxquels tous ne serez pas Indifférent» Dès avant 1770 , Boucher, premier peintre de Louis XV, avait conçu l'hono* rable et patriotique pensée de répandre en France le goût et la culture des beaux-arts, et surtout de la peinture. Cette idée valait

mieux que beaoeoup de ses ŒUTf€8. U envoya donc dans les pro- Tinee» qoelques-uns de ses metneors élèves ponr sonder le terrain et apprécier les dispositions plos oo moins artistiques quMl avait à développer. AujoUetUPagès fut chargé par lui de chaufferie iM>n

goût poitevin, et ce peintre estimable fond.a à Poitiers une école gratuite de dessin qui fui autorisée en juillet 1772 par l'Académie royale de Poitiers , protégée par M. de la Bon rdonnaye, comte de Blofisac, intendant de la province, et, sur la demande des maire etéchevinsy constitnée par lettres royaux du 6 mars t774 en école royale académique de peinture » sculpture, architeclure et mrti analogues au dessin. Un règlement particulier organisa VAcadémie poitevine , le^ août 1775 , et elle se trouva composée d*offic(crs , iV a mateurs vl d acadéîniciens ; le tout placé sous la li.inti |ii ( tcelion de Tintendanide la généralité. Jusqu'en 1789 elle obtint do véritables succès; mais comme les arts> ces plantes délicates et Tréles^ne sauraient guère fleurir au milieu de Tatmos* pbère révolutionnaire qui les tue^ notre Académie, à cette époque de progrès p déclina rapidement et, lorsque TémancipaUon publique fut à son apogée » en 170^, elle mourut. M. Pages , dont le lèlc avait été pour beaucoup dans cette œuvre honorable, ftit destitué ; mais après la touruienle il t chnngea ses épauleltcs d'ofllcier du génie contre ses pinceaux et ses crayons, et s'il ne put ressusciter V Académie f il reconstitua du moins Vécole gratuiie de dessin qui, depuis, a été dirigée successivement par son gendre, M. Hivonnait , et par ses petits-fils ; le concours éclairé des représentants . de la cité ne lui a pas manqué; des sacrifices importants ont été faits pour die, et outre la salle que renferme l'ancienne chapelle du Puygarreau , «ne nouvelle a été établie dans les bâtiments de IVcolerauluellc (le la rue St-Germain, aliiui'augmenterlp noaibic des élèves avec les faciliU s pour les recevoir. Elle a fourni plusieurs professeurs et bon nombre d*éièves habiles.

La maisonqui'ioucheà l'Ëcolede Puygarreau , n* 13, offre plus d*intérél en raison de ses sculptures « de ses fenêtres ouvertes aux encoignures , de ses pilastres dressés en spirale autour de la tou*reUe de Tescaller et de son caractère archltectonlquc; mais cet Intérêt sera plus vif encore lorsque vous saurez quels souvenirs iradùionnels s'y rattachent.

RUR PQT€illUIBAtr.»llUB PBKTflifcVllK.

Lors de la surprise de Poitiers par les protestants en l^G2 , ce fut au bout de la rue £(mfi7-ifarm , au lieu même oùestrEcole de desftin , que ceB mtueui pillante établirent la fonderie à l'aide de laquelle leur puritanisme rdlgleux réforma le» vases sacrés qui avaient servi à un culte superstitieux ; et comme sans doute le feu seul pouvait les puriOer de ces indignes souillures, ils en firent de riches lingots d'or et d'argent. Obligés de s'enfuir après peu de jours d'occupation , les prutcstanls ne prirent pas le temps de compléter leur brillante opération ; mais un petit mercier qui vint se loger sur les ruines encore fumantes , se chargea de ce soin. Le lavage des cendres lui fournit un résida assex ricbc pour qu'il pût faire construire un bel hôtel, eVdonner en outre à sa llUe une dot qui lui fit épouser » dlt«on , le fils du baron de Morlbemen L*liôtel, placé près des fourneaux, serait celui que nous voyonssous nos yeux, et si la tradition se trompe, il faut avouer qu'elle est du moins bien sdvic parla date à laquelle le caractère du monument doit faire remonter sa construction.

On signale dans les maisons de la rue du Puygarreau , et surtout au n* 8 , les restes apparents , même hors du sd, de l'enceinte romaine ; Ils sont la suite de ceux, qui existent dans le Jardin du Lycée.

En sortant de la rue du Puygarreau et en reprenant la rue du Collège, nous apercevons ^ur la mainiraiiche une petite nio élruile au boutde laquelle existe une porte en ogive. En 1 850 , cette porte vogivale avait encore sa sœur jumelle à l'extrémité qui s'ouvre sur la rue du CoUége. Une boutade sans moUf sérieux, sans utilité réelle , Ta fait abattre* A quoi pouvaient servir , dires-vous , ces deux portes V dans Tintérieur de la ville^ loin des atteintes de l'ennemi ? C'était là le quartier spécialement alTeclé aux juifs; c'étaii \d (^u'etaieiil pa i q tu s Ips membres de cette nation erianio, si mal traitée au moyen âge , et chaque soir, h l'heure où sonnait le couvre-feu, les deux portes étaient solidement closes^ aiin que, pendant la nuit y la race maudite ne pût communiquer avec les chrétiens, sur lesquels elle se fût livrée sans doute à d'atroces vengeances ou à d'horribles maléfices i e^était pour cette raison que cette rue au]ourd'huiappdéedâPefilMtare , se nommait autrefois rue des Jui/ip.

nu LTCte AUX GAE«<LITEft. — 8» JULAlEt DE LA CELLB« 33

Après la rue du Collège, suit la rue à*Enf€r • ainsi nommée «ans doute, » écrivait en 1781 un avocat, « paroe que la procession de la Fête-Dieu n'y passait Jamais , ou parce que sa pente est asses rolde ; » tirons notre chapeau à cette heureuse idée et poursuivons peut-être découvrirons-nous que cette rue d'ITnfer s'appelait autrefois d'un autre nom , alors même que la procession tic la 1 cLc-Dicu n'y passait pas plus qu'en 1781.

En facf de la nie des Jfalances-cVOr y sur le mur lisse d'une maison neuve , n'apercevez- vous pas un haut-relief barbouillé de rouge , de noir et de vert, qui représente un personnage à figure humaine tenant dans sa main vigoureuse un arbre qu'il vient d'arracher , et^l'on ne peut en douter , car les racines et les branches chargées de fruits qui ressemblent à des noix , ont échangé leurs positions iintui elles respectives. EU bieni ce hautrelief servait d'enseigne parlante à un établissement situe dans la ^ rue d'Knfrr qui portait alors le nom de rue du Noyer arraché,

La. rue des Balances-d'Or (ainsi nommée probablement d'une enseigne de marchand) , nous conduira en tournant i droite, psr lame du ^rm'f-rncl # sur le plan de la Celte, et de là, en se dirigeant droit dans Taxe de la rue du GerviS''Veri , à Fancien monastère des Fillee de Ste^atherine , appelées vulgairement autrefois les Cathclinettes; ce monument assez étendu qui n'a rien de remarquable, est aujourd'hui une caserne d'infanterie. L'enceinte romaine y a laissé ses vestiges.

La rue Ste-Catherine qui suit parallèlement, à gauche, la façade, aboutit à la rue de P Arceau ainsi nommée d'unancien arc de triomphe qui servait autrefois de porte de ville de ce côté , et qui fut détruit seulement vers 1760. 11 en reste encore quelques vestiges à gauche en descendant. 11 se rattachait sans doute à l'enceinte romaine dont les traces se retrouvent dans cette partie de la vilie. '

0S-BBII«lre ém Us Celle aujourd'hui le* Caméiieee. —

Revenons sur nos pas jusqu'au plan de la Celle. Au milieu de ce plan qui se nomme dans les vieuxtitres le Plan du Puys de Leyre était autrefois , un puits ( le Puits de Leyre ]^ comblé depuis quelques années, et le seuf (sureau) à Tombre duquel Ste Loubette

BEQUEST Oi

GEORGINA LOWl

OF BOSTO .

Received, Tulv

Ancien N Période Tévo\

s. PlEftRE-LE-PUELLIER.

^mire sont aujourd'hui occupés ^ avant 1789 ceux du grand sé-

^ de Notre tJi'"^ ' ^ ^

jlle; mais des ' ^ ^ encore , dans la maison n"

Après la rue des Egoûts, sur la

OISSOS

sument quVIIc ne le fut pas dés 'elle fut plutôt alors occupée par ^ cliargés de la desserte du monas-

le patronage duquel elle se trou-

''l '^"^^^ bien

^Vis voyez sur la gauche, n" 2, des

^^^^^^^^tv — " ' " J — ' O" " » -- — » " -

^i^^ ^"""^^^Wv^^ ^V^^^' restes de la collé-

^ ^^^^^^r^ *^tait un des plus anciens établissci\ fij^ ^ » Stus-PetruS'Pueîlarum

'^^nauié 1^1^^^ ci'élrc érigé en collégiale, le siège

^ï^ûé \e morxç! • Ce fut Adèle , épouse d'Ebles , qui .

^'^e-le-v^j^^^.^ ^^^re de la Trinité ( v. le § suivant), éta- ^eVigieviç^ç^ Un chapitre de 13 chanoines, pour

Verrous secours spirituels dont elles avaient

^ — "^.x. 1. li.atu..^ «V. ^^.^ ^v...^^iale est

^*>l>îi>fe de ^^inie Uadegonde avait agi de mé

»^scur\lè , "T^^oix. L'histoire de cette collégia

Cesi îv e\\ ^on origine elle ne présente guère de V*\ua popvi\ ^ Hue se rattache cependant une des lé- ^'*^^^^age ^^""ea du pays, et que nous allons reproûîvi\s uu si^çT^^^"^ ornent maladroit du chroniqueur, qui ^e \a pToôu %^ ^"^^ merveilleux et peu exigeant sous ^^n\pç, des preuves et des autorités historiques,

t çtnpeteu ^ Constantin, empereur, saincte Hélène^ V*\^OTla une^ * ^nieuhe de dévotion, alla en Jhérusalem, *^^^^t ^^'^^ude portion du précieux boys de la croix ^ ^ï'ucifTlé nostre Saulveur et Rédempteur , et "^^^ftV A^^^ saincte vierge appelée Lobète, de pe- \ aviftT^rt A . ^^^^ à cheminer ; laquelle saincte Lobète fut ^^Wve saincte Hellène trouva au lieu du Calvaire

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