‹ Le guide du voyageur à PoitiersChapitre 5 sur 32 · A1NT-H1LA1RE DË LA CELLE · texte numérisé non relu

A1NT-H1LA1RE DË LA CELLE

était , dltp-ODy couchée , lorsque les précieuses reli^oas qu'elle rapportait de la Terre-Sainte lui furent miraculeusemeiil ravies. Nous ▼errons plus lotn le récit de celte légende merveilleuse. De ce plan nous descendrons à droite dans la rue des Egoûts, où débouche la rue de la Grille, Ces rues doivent , è notre avis , leur nom à la découverte qui y fut faite au xvni* siècle , d'aqueducs souterrains et de fondrières couvertes de grilles de fer, au travers desquelles 8*écoulaient tes eaux de la ville qui aitluent de ce côté. En face de la rue de la GrilU ,n« 25 , à la suite d'une longue allée fermée par une porte qui ouvre sur la rue des EgoûU, on arrlveà la porte de la chapelle des Carmélites. C'était autrefois Téglise de St-Hilaire de la Celle. La fcrmetnre de cette porte, qui n'est pas sans mérite, provient de rabl)aye de la Trinité dont rions parlerons bientôt. Dans le mur à gauche en entrant , est encastré un bas-relief qui , selon les uns , faisait partie du tombeau d'Adèle d'Angleterre, femme d'Ebles Manser, due d'Aquitaine; selon d'autres, du tom* beau de Gerloc, femme du duc Guillaume-Téte-d'Etoupes; selon d'autres enfin , il représente la cérémonie de ta sépulture de saint liilaire , ou, mieux encore , l'apothéose du saint. On prétendait, en effet , mars à tort, que le saint Kvéque avait été enterré dans cette eKli?c. Peut-éirr son corps y fut-il déposé avant d'être transporté à la collégiale de son nom ; mais ce point est encore très douteui , malgré la tradition que nous avons rapportée à propos de)a niede Fatl{#« «

Cette église fut primitivement un prieuré de l'ordre de St-Au« gustin, dont saint Guillaume l*' était prieur avant son élévation à l'évéchéde Poitiers, en 1180. EriLce en abbaye au commencement du XV' siècle (14031, elle ne pouvait lutter avec ses puissantes rivales en influence et en renommée. (ïependant nu \W siiVle elle possédait des richesses mobilières et des ornements d'un grand prix qui furent pillés lors du sac des protestants (i562). Elle fut réformée an xvii* siècle et les Génovéfains s'y établirent le 26 août 1652. En 17)6, son revenu était de 4,t46 fir., elle avait droit de Justice haute, moyenne et Imts^ dons le bourg qui en dépendait et dan» plusieurs autres lieux. Avant la Révolution, Vune des paroisses les plus popnlr uses de Poiwersy était nnnexép, die comptait t,200 communiants. Les bàtimeilts. vendus et deû-

^OTHE-DAM£ l' ANCIENNE. — â, PIERRE-LE-PUELLIER. 35

gDtés pendant la période révolationnaire sont aajoord^hul occupés par les Carnoélitesqui powédaient avant 1789 ceux do grand sé- * minaire aetod*

Motrc-nanie-l^ Ancienne. — Après la rue des Egoûts, sur la place Si-Plerre-Puellierf existent encore , dans la maison n** 6, les restes de Nolrc-Dame-l' Ancienne. C'était une des 24 paroisses de la yjUe; mais des auteurs présument qu'elle ne le fut pas dès l'origine, malgré son titre » et qu'elle fut plutôt idora occupée par des prêtres réguliers on séculiers chargés de la desserte du monastère de St-Pierre-Puellier, sous le palruaaijc duquel elle se liouvait placée dès 1372.

9t-PieiM-PaeUier.^ Vous voyez sur la gauche, n^'î, des contreforts encore bien conservés, ce sont les restes de la collégiale de St-Pierre^Puellier. C'était aa des plus anciens établisse* ments religieux de Poitiers, et son nom Stut-Petrui'^FueUarum indique asses qu'il fut , avant d'être érigé en collégiale, le siège d'une communauté do filles. Ce fut Adèle , épouse ti'Ebks, qui , après avoir funtié le inonaslère de la Trinité (v. le§ suivant), établit à St-Pierre-le-Puellier un chapitre de 13 chanoines, pour procurer aux religieuses les secours spirituels dont elles avaient besoin. Nous verrons que sainte Radegonde avait agi de même à l'égard de l'abbaye de Ste^roix. L'histoire de cette collégiale est entourée d'obscurité , et à son origine elle ne présente guère de faits certains. C'est à elle que se rattache cependant une des légendes les plus populaires du pays, et que nous allons reproduire avec le langage naïvement maladroit du clironiqueur , qui la rédigea dans un siècle ami du merveilleux et peu exigeant sous le rapport de la production des preuves et des autorités historiques.

C'était « au temps de Constantin, empereur « saincte Hélène^ mère dudit empereur , émeuhe de dévotion, alla en Jhérusalem, et dlllcc apporta une grande portion du précieux boys de la croix en laquelle avoyt esté cruclfllé nostre Saulveur et Rédempteur, et en sa compagnée esioyt une saincte vierge appelée Lobète, de petite stature et mallaisëe à cheminer j laquelle saincte î.oliète fut présente quand ladicte saincte Hellène trouva au lieu du Calvaire

SAINTE LOOBETTE.

ladiele précieuse croix. Et parce qae ladicte saincte Lobète avéyt longtemps demeuré au service de ladicte saincte Heslène^etaYoyt afléction et vollonté de venir ès parties de Bretaigne dont elle es- -

toyl née , et qu'elle avoyt toujours esté de saincte vie, luy donna grant partie de ladicte vraye croix et aussi de la couronne d'espine? de nostre Rédempteur . Ladicte saincte Lobète vinst à Poictiers et en l'église Nostre-Uame-rAncienDe, près ladicte église St- Pierre-le-Pueliier» et en ung arbre appellé sceu, près ladicte ^Use Nostre-Dame-rAncienne, misl et pendit son édiarpeetgibbeclère en laquelle estoyent ladicte vraye croix et reliques ^ et au pied dudict sceu s'endourmyt ; et elle esveillée , ainsi qne fot le plaisir de Dieu , la branche ou elle avoyl pendu Lulirte L;ibbccière se es- Icva si très haull que ladicte vierge ne pouvoyt avoyr sadicte'sibbecière. Quoy voyant ladicte \icrge, sVn alla par devers l'Eve^que dudict Poictiers , lui déclara les choses susdictcs; lequel fort Joyeux, conseilla ladicte vierge aller par devers le comte de Poic^ ton lui expouser lesdictes choses; ce qu'elle fit... lequel... Ait moult lié et Joyeux... et après par luy et ledtct évesque avoir vue et visité et approuvé ladicte vraye croix et relicques , considérant ladicte vierge estre ainsi d'une petite stature, bossée et boytteuse , fort débille et que à peine pouvoyt cheniyner, luy donna autant de terre qu'elle pouvoyt circuyer en ung jours icelle vierge commença aller par ladicte terre des Deiïends , et par miracle divin la terre ou elle passoyt s'elleva êt feeii ùggêrem par tous les lieux on elle marchoyt , afiln de montrer combien se extandoyt ladicte terre que ledict comte luy auroyt donné, afiln que débat n*en survint en temps advenir. Et ainsi que ladicte vierge vint à la rivière du Clain, icrllc rivière se départit tellement, qu'on pouvoyt aller pied sec. Quoy voyant les serviteurs dudict comte qu'il n'estoyt que environ llieure de midy , le dénoncèrent audict oomte , lequel dist à ladicte vierge qu'elle se debvoyt contenter; ce qu'elle fit f et luy confirma ledict don, qu'il lui avoyt Uài de ladicio terre. »

Voilà le récit merveilleux. Ce qu'il y a de certain maintenant ,

c'est que Je Fief-le-Comte qui formait la principale dotation du chapitre était récilementr borné d*un côté par un « chemin herbu appelé, diâent des titres anciens , la levée de Sainte-Loubette »

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