CHAPITRE IV
Le Système Nerveux.
Le Cerveau et ses Fonctions.
13. Quand nous nous souvenons que ce n'est que par la coopération du système nerveux que nous voyons, sentons, goûtons, parlons, respirons, mangeons, digérons et assimilons la nourriture ; que nous pensons, raisonnons, aimons, possédons le bonheur, jouissons des émotions et des sensations ; et que dans le cerveau sont emmagasinés tous les souvenirs et toutes les réminiscences d'une vie entière ; que ce n'est que par le cerveau que Dieu peut communiquer avec l'homme et rendre possible la formation du caractère, — cette partie de l'habitation humaine devient donc un sujet d'un intérêt suprême.
Des cathédrales, des temples, des arches, des colonnes s'élèvent comme des monuments du génie de l'homme. Mais plus merveilleux que le temple, l'arche monumentale ou la colonne, est le plan architectural du cerveau humain. Ici nous avons des colonnes, des piliers, des chambres et des galeries ornés de rideaux, de franges et de dentelles ; des passages merveilleux, des labyrinthes mystérieux et insondables.
14. La moelle épinière et les fibres nerveuses sont simplement des projections du cerveau, et ainsi doivent être considérées com-
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me une partie du cerveau. Examiné à l'œil nu, le cerveau a une apparence grise ou argent, de forme double ; composé de nombreuses circonvolutions, avec dépressions intermédiaires,
i 1 ressemble beaucoup à l'amande d'une noix; examiné au microscope, on remarque qu'il est formé de millions de cellules et de fibres innombrables se dirigeant dans toutes les directions. Les cellules sont les centres de réception et de transmission, tandis que les fibres sont les fils élec'riques portant les messages d'un côté à l'autre du cerveau, ou des parties les plus éloignées du corps.
15. Grossièrement parlant, avec le tiers antérieur du cerveau, nous
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système nerveux.
pensons, nous raisonnons, nous formons des jugements. Les hautes qualités intellectuelles et morales sont sans aucun doute situées dans cette partie du cerveau.
Le tiers moyien du cerveau est le centre d'exécution des mouvements volontaires. La cerveau postérieur est employé à recevoir et à conserver des souvenirs. Le cervelet ou petit cerveau, placé audessous du cerveau, gouverne les ou petit cerveau, place auus de cerveau, gouverne les émotions et la co-ordination de tous les mouvements volontaires. A la base du cer-
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veau il y a des centres variés ou collections de cellules grises qui reçoivent et classent toutes les sensations, dirigent les mouvements involontaires, comme la respiration, le battement du cœur, la digestion, le vomissement, l'éternuement, et régularisent les fourneaux du corps, augmentant ou diminuant la production de la chaleur, selon les besoins individuels.
Coupe verticale du cerveau
Dans la colonne vertébrale, il y a d'autres centres réflexes, qui peuvent agir, pour autant que l'on sait, indépendamment des centres du cerveau.
16. La pensée, l'émotion et l'action voyagent par des sentiers bien définis du système nerveux, et sont les résultats de l'activité de cellules différentes. Le paysage est reflété sur la rétine de l'œil, où une image exacte s'est formée. De là il passe aux nerfs optiques jusqu'au point où les deux nerfs
s'unissent ; à ce point les fibres nerveuses se croisent, l'image produite sur le côté nasal de l'œil gauche, passe au côté droit du cerveau tandis que l'image formée sur le côté extérieur de l'œil passe du même côté du cerveau.
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Une illustration du cerveau — (a) Rayon de lumière allant de la feuille de musique à l'oeil, {A) centre visuel, (B) centre intellectuel, (C) volonté, (D) centre moteur du bras, (E) centre moteur de la main, (F) vers laquelle marche une impulsion, (g) représente les sons musicaux passant par l'oreille au centre auditif ((?), qui est associé avec (A) et le centre musical (H), et de là à (B), où les sons et les objets aperçus sont tous les deux analysés et résolus par (C).
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Les sons sont transportés par la chaîne des osselets, dont le dernier transmet les vibrations sonores au liquide de l'oreille interne ; de là, ces vibrations viennent frapper les cils vibratils des arcades de Corti, terminaisons du nerf auditif, qui est ainsi informé des sons de toute nature.
Une partie considérable de l'écorce de la partie postérieure du cerveau est utilisée pour la mémoire.
Il y a donc une base physiologique pour la mémoire. On se souvient le mieux des choses quand l'attention entière est absorbée, et que le cerveau entier travaille. Plus il y a de cellules affectées par chaque impression, plus longtemps celleci durera, et plus facilement on pourra se la rappeler.
Quand une des facultés du cerveau reste oisive, les cellules du cerveau s'atrophient, ou s'épuisent et se resserrent. Elles peuvent perdre leur fonction entière. Dans tout domaine, la nature enlève ses dons à celui qui les néglige ou en abuse. On dit que parce qu'elle n'employait pas sa vue, la taupe devint aveugle, il en est de même pour certains poissons. Si un muscle est négligé, comme quand le bras est lié au côté, il s'atrophie rapidement, ou dépérit. De la même façon toute partie du cerveau laissée sans exercice perdra sa vigueur. Dans sa jeunesse Darwin aimait passionnément la musique et la poésie, mais sa carrière d'homme scientifique Péloigna bientôt de ces occupations esthétiques, et il s'enfonça dans les forêts et les champs pendant plus d'une vingtaine d'années. Il employa toute son énergie à l'étude des fleurs, des arbres, des semences, des racines, des oiseaux, des animaux et des insectes. A l'âge de cinquante ans, il trouva que tout son amour pour la poésie et la musique avait disparu. A la fin de sa vie, il disait que s'il pouvait recommencer sa vie, il se ferait un devoir de lire chaque jour un peu de poésie, et d'écouter de la musique au moins une fois par semaine ; car il sentait que chez lui certains centres nerveux, par trop
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ou complètement négligés, s'étaient atrophiés, et que ces lacunes dans son cerveau correspondaient à une perte à la fois intellectuelle et morale.
Les habitudes se forment de la même manière que l'on apprend à marcher. La pensée et l'action vont par le chemin de la moindre résistance. Une fois que les sentiers psychiques
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Coupe de la moelle épinière.
bien battus sont faits, une habitude en est le résultat. Pour perdre cette habitude, de nouvelles cellules du cerveau doivent être éveillées à l'action, et de nouvelles fibres employées; alors les vieilles cellules se consument et meurent par l'inaction. Plus on devient vieux plus il devient difficile de changer une activité cellulaire, par conséquent une habitude.
Le peu que nous savons du cerveau suffit pour rehausser
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à -nos yeux la valeur de chacune de nos émotions et de nos pensées. Le cerveau est le champ de bataille du caractère. A chaque instant, depuis que nous sommes nés, nos cellules ont emmagasiné des impressions conscientes ou inconscientes qui, plus tard, sont devenues des éléments bons ou mauvais de notre caractère. Ici se livrent les plus grandes batailles de la vie. Nous pouvons contempler ce champ de bataille par l'imagination. Que nous dormions ou que nous soyons éveillés, la lutte continue toujours. La mort finit le conflit. Le caractère en est le résultat.
Hygiène du Système Nerveux.
1/. Il est bien connu parmi les médecins que les maladies nerveuses augmentent d'une manière notable. Les maladies mentales, la folie, la prostration nerveuse et d'autres maladies fonctionnelles du système nerveux augmentent avec une telle rapidité que l'on craint beaucoup pour l'avenir de la race.
La nervosité n'est pas l'indice d'une nature délicate et raffinée. C'est un état maladif. C'est une faiblesse, à laquelle on a tort de céder, et dont les effets sur le monde sont désastreux.
La nervosité indique un manque d'empire sur les centres nerveux supérieurs du cerveau et de l'épine dorsale. Quand cet empire prédomine, la nervosité peut toujours être tenue en échec. Quand un centre nerveux est épuisé par suite de trop de stimulation ou par une mauvaise nourriture, cet empire devient impossible. Donc le maintien d'un système nerveux sain est le fondement d'une santé abondante et de. l'endurance.
Pour cette raison, le cerveau, la moelle épinière et tous les centres nerveux sont protégés soigneusement de plusieurs façons. Les anatomistes savent que le système nerveuq est un des tissus qui se décomposent les derniers dans un corps mort. La Physiologie démontre que la même chose est vraie dans le corps vivan\ Le système nerveux est maintenu aux dépens des autres tissus et organes.
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18. Le Sang. — Un système nerveux sain dépend en tout premier lieu d'un sang pur et d'une circulation saine. Chaque cellule nerveuse dépend d'une nourriture pure et saine, d'un air pur, du soleil, de l'eau pure, et des organes éliminateurs actifs, tels que la peau, les reins et les intestins.
Du sang qui est chargé de poisons fermés dans le corps ne peut pas proprement nourrir les centres nerveux. Ces poisons irritent et épuisent les cellules nerveuses et sont une cause très commune d'une attaque de nerfs. Sous les conditions les plus favorables il peut se produire assez de poisons dans un corps normal en huit heures pour le détruire.
19. Nourriture. — Le système nerveux est celui qui est le plus organisé de tous les organes du corps. Il faut de la nourriture de la meilleure qualité pour remplacer les déchets produits par l'usure. On trouvera une telle nourriture parmi les céréales, les légumes, les noix et les fruits. Le travail de la digestion se fait lentement : pour cela il ne faut pas précipiter la nourriture dans l'estomac, ni la faire descendre en buvant. Il faut tenir les aliments dans la bouche jusqu'à ce qu'ils soient complètement mastiqués et imprégnés de salive.
Les aliments mal cuits, mangés avec hâte, surchargent la capacité de l'estomac, des intestins et du foie, et par conséquent consument une force nerveuse qui devrait être mise de côté dans les muscles et les cellules nerveuses pour l'usage futur.
Quand le cerveau est épuisé par un trop grand effort mental, il faut le reposer avant de prendre un bon repas. Ce principe s'applique à toutes sortes de fatigues. Dans une telle condition, l'estomac est trop épuisé pour agir proprement sur la nourriture.
20. Sommeil. — Rien ne reposera ni ne rafraîchira mieux les cellules nerveuses que le sommeil. D'un autre côté, rien n'épuisera le système d'une manière si effective que le manque de sommeil. On mourra plus vite du manque de sommeil que du manque de nourriture. Les Orientaux ont une façon de punir les criminels qui consiste à les faire marcher sans dor-
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mir pendant plusieurs jours, entre deux soldats relevés fréquemment.
Pendant le sommeil tous les progrès vitaux sont plus lents, et l'activité nerveuse est grandement diminuée. Presque toutes les portions du cerveau sont au repos. Seulement quelques impulsions vont au cerveau. Les respirations sont lentes ; le cœur est moins rapide ; en un mot tout le corps est en train de se faire une provision d'oxygène, et d'emmagasiner de l'énergie pour le lendemain.
La perte de sommeil donne lieu à un teint pâle ; car le sang n'est pas suffisamment fourni d'oxygène. Le sommeil est le plus grand restaurateur du corps.
Pour que les cellules nerveuses soient proprement restaurées, le sommeil doit être continu. Le sommeil pris par petites doses, ou interrompu fréquemment est bien moins bienfaisant, même si la quantité usuelle a été prise.
21. Travail Mental. — Le cerveau est le grand centre nutritif du corps. Par son action, le corps entier reçoit de l'énergie. Les travailleurs intellectuels possèdent une plus grande vitalité que ceux qui labourent avec leurs muscles. Ceci est aussi démontré par le fait que les travailleurs du cerveau vivent plus longtemps.
Personne n'a jamais été tué par un surmenage du cerveau. C'est le manque d'exercice, de repos, de sommeil, et l'habitude de manger trop vite qui exposent l'homme intellectuel à succomber à la maladie ou à la prostration nerveuse.
La concentration mentale a pour effet d'accumuler une grande quantité de sang dans le cerveau. La nuit, les cellules du cerveau sont excitées et souvent le cerveau continue à travailler, quoique l'esprit soit fatigué, et que le sommeil soit désirable. Tout effort mental devrait être régulier et systématique. Il ne devrait pas être continué pendant trop longtemps sans périodes de repos et d'exercice, ou sans récréation musculaire. D'ordinaire, l'effort mental n'engage que quelques centres du cerveau, et du repos peut être obtenu en changeant le travail mental.
Un travail concentré de l'esprit, tard dans la soirée, est
sujet à être suivi d'un sommeil peu rafraîchissant. Dans ce cas là un bain neutre prolongé à 95° (Farhenheit) produira un sommeil normal.
22. Caractère. — Nous lisons dans l'Ecriture Sainte: "L'homme est tel qu'il pense en son cœur." Ceci est la somme de son caractère. Nos pensées sont basées sur les choses que nous avons vues, entendues, goûtées et senties, sur les souvenirs emmagasinés dans les cellules nerveuses. Il y a donc une base physiologique pour le caractère.
Tout homme est un paquet d'habitudes. Les habitudes sont des actes inconscients qui nous contrôlent, dûs aux répétitions fréquentes d'efforts conscients. La première fois qu'un nouveau mouvement est essayé, toute l'attention de l'esprit est requise. Ceci est vrai aussi pour tout nouveau genre de pensée, et est dû au fait que de nouvelles cellules cérébrales doivent être exercées. Après quelque temps, elles contrôleront ces mouvements ou pensées, et les centres supérieurs du cerveau seront libres de penser à autre chose. Il est généralement difficile à une nouvelle pensée de se frayer un chemin. La seconde fois c'est plus facile, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'une habitude soit formée. Les pensées passent par des sentiers bien connus, qui, une fois formés, ne sont pas faciles à changer. Un menuisier fait presque tous les mêmes mouvements chaque jour ; il en est de même d'une femme qui lave la vaiselîe. Nous faisons tous de même quand nous nous habillons et nous déshabillons. Ceci sont des habitudes, ou actes inconscients. La moelle épinière peut ainsi contrôler plusieurs mouvements, et laisser l'esprit libre de s'occuper de pensées plus élevées.
C'est pour cela qu'il est de la plus grande importance que la parole, l'expression et les méthodes de penser soient correctes dès le début. Chaque mouvement devrait être exact dès le commencement. Quand ils se développeront en habitudes, celles-ci seront bonnes. Les sens doivent être dressés à l'exactitude depuis le début.
Cette éducation devrait commencer tôt dans l'enfance. Presque toutes les habitudes de la vie, telles que la parole, la
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voix, les manières, l'expression, les mouvements, les goûts, et les façons de penser, sont formées à l'âge de vingt-cinq ans. Les habitudes sont fixées. Quoiqu'il ne soit pas impossible à un individu de changer d'habitudes après cet âge, il faut cependant beaucoup de persévérance et d'efforts patients. Le dicton : "Ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces," a une base physique.
Tout garçon ou fille dont l'esprit a été imprégné de choses vraies, honnêtes, justes, pures et aimables, a un fondement pour bâtir son caractère qui sera aussi durable que l'éternité.
Les enfants pour lesquels on est indulgent, et à qui ont permet de satisfaire leurs goûts simplement parce que cela leur plaît, apprennent tôt à vivre seulement pour le plaisir. Ils ne sont pas instruits à dire "Non" à l'appétit. Plus tard dans la vie l'habitude est fixée, et ils deviennent la proie de toute les passions de l'âme.