Compresses. — On entend par là une application chau
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de ou froide sur une partie quelconque du corps. On peut employer pour cela un linge de toilette ; mais ce qui vaut mieux, c'est de la mousseline pliée en huit ou en dix. Comme pour la compresse de laine, la compresse de toile doit être plus large que l'organe sur lequel on l'applique. Pour préparer une compresse de toile chaude sans se brûler les mains, on peut la placer dans une large serviette que l'on plonge dans l'eau et que l'on tord ensuite avec la compresse qu'elle renferme.
La compresse de toile la plus efficace est celle que l'on plonge dans de l'eau amenée à 60 ° jusqu'à /0 °. Comme une compresse de toile doit être renouvelée fréquemment, il faut se souvenir que si on emploie la même eau, la température s'abaissera d'une fois à l'autre.
Les compresses froides de 60 ° à 7O ° doivent être renouvelées aussitôt qu'elles se réchauffent. Dans la fièvre, il ne faudra que quelques minutes ; dans les autres cas, cela prendra de dix à vingt minutes, selon l'épaisseur et l'humidité de la compresse, comme aussi selon la vitalité du patient.
La grande compresse froide est un moyen énergique d'abaisser la température, mais c'est à condition qu'elle couvre une large surface. Prenez un grand linge de toilette, d'un tissu mince, trempez-le dans une eau à 7O0, tordez, puis étendez-le sur le tronc, en le renouvelant aussi souvent qu'il se réchauffe. En même temps, vous pouvez appliquer de grandes compresses sur chaque jambe.
Quand on applique des compresses froides durant plusieurs heures, comme dans la pneumonie, la laryngite aiguë (mal de gorge), l'amygdalite ou la diphtérie, il est prudent d'alterner toutes les heures ou toutes les deux heures avec une fomentation ou compresse chaude de cinq minutes.
Si des compresses froides continues ont pour effet de rendre la peau insensible ou bleuâtre, appliquez immédiatement une fomentation chaude de quelques minutes, ou frictionnez vivement la peau avec la main.
En cas de mal de gorge, si vous employez la compresse froide autour du cou durant la nuit, couvrez-la de une ou
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deux épaisseurs de flanelle, en veillant à ce que cette dernière recouvre bien les bords de la compresse.
La flanelle qui recouvre une compresse froide doit être toujours plus large que la compresse elle-même.
Si vous mettez une compresse froide autour d'une jointure enflammée, couvrez-la d'une ou deux épaisseurs de flanelle ; et s'il faut davantage de chaleur, couvrez-la d'un morceau de toile de caoutchouc ou, à volonté, de toile ou de soie caoutchoutée, d'imperméable, de papier huilé ou de papier parafiné. C'est surtout nécessaire si le patient dort dans une chambre froide. Mettez la flanelle autour de l'enveloppe imperméable.
Les compresses froides appliquées sur l'abdomen dans la fièvre typhoïde ou dans des dérangements d'intestins aigus, seront recouvertes simplement d'un léger morceau de flanelle, et renouvelées toutes les deux heures avec des compresses chaudes durant cinq ou dix minutes. Pour arrêter les vomissements, placez sur l'estomac et en travers de la gorge des compresses froides plongées préalablement dans de l'eau glacée, si possible. Si les vomissements sont violents, couvrez la compresse placée sur l'estomac d'un bandage de flanelle bien serré.
127. La compresse au Menthol. — Demandez au pharmacien la prescription suivante : Cristaux de menthol, une once ; alcool, une demi-pinte. Prenez une portion de ce mélange, et ajoutezy une quantité égale d'eau froide. Saturez de cette solution une compresse de mousseline, exprimez-en l'humidité, et appliquez-la sur la gorge en cas de rhunte, à la poitrine en cas de douleurs et de toux, ou sur une jointure atteinte de rhumatisme. Couvrez chaque fois avec une flanelle. Protégez bien les bords de la compresse. Pour le mal de tête, vous pouvez appliquer la compresse sans la flanelle.
128. La compresse abdominale. — Prenez un morceau de toile ou deux épaisseurs de mousseline de huit à dix pouces de large et assez longs pour faire deux fois le tour du corps, ainsi qu'une flanelle de même longueur, mais de plusieurs pouces plus large; le tout recouvert à volonté d'un morceau de toile caoutchoutée ou cirée.
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Trempez la compresse dans une eau de 65° environ; tordez bien, et appliquez immédiatement autour de la taille. Le bandage doit descendre jusqu'au bassin.
Portez-la du soir au matin. Si au bout de quelques jours elle cause de l'irritation, cessez de la mettre pendant quelques nuits.
Les bords de la compresse doivent être bien serrés et épinglés. Les femmes ayant les hanches larges et la taille mince, pourront empêcher la ceinture de glisser au moyen d'un lacet faisant le tour de la cuisse et s'épinglant à la compresse. Dans ce cas, épinglez les deux tours de la compresse à la fois.
Au cas où la compresse causerait des frissons et ne se réchaufferait pas promptement, mettez une flanelle de plus ou tordez la compresse plus à fond. On obtient un effet plus local et plus doux en plaçant une compresse froide de la même épaisseur et de la même largeur sur l'abdomen seulement, et en la couvrant, comme ci-devant, avec une flanelle. Pour l'abdomen, il faut deux épaisseurs de flanelle.
129. Applications chaudes et froides. — L'objet de ces traitements est de produire une stimulation puissante sur un endroit donné.
On peut procéder par des lavages à l'éponge alternativement chauds et froids, ou par des compresses chaudes et froides en alternant chaque minute ou chaque deux minutes.
Si c'est l'épine dorsale que vous traitez, appliquez les compresses pendant trois minutes, puis passez sur l'épine dorsale soit un morceau de glace enveloppé dans un linge soit un linge humide et froid. Répétez l'opération trois ou quatre fois par traitement.
Sur le pied, la jambe ou la main, on peut verser de l'eau chaude puis froide au moyen d'un ustensile quelconque.
Pour traiter ainsi le bas du dos, le patient pourra s'asseoir sur un tabouret dans une baignoire et se faire verser de l'eau chaude et de l'eau froide alternativement, que l'on essuyera chaque fois avec la main. De cette façon, le patient supportera le traitement bien plus chaud sans se brûler.
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130. La Friction au sel. — Prenez du gros sel ordinaire. Mettez-en une livre ou davantage dans une cuvette et humectez-le d'eau. Le patient sera debout ou assis dans la baignoire, les pieds dans de l'eau chaude. Mouillez-lui la peau, puis, de vos deux mains, frictionnez-le du haut en bas avec le sel, en commençant par la poitrine et le dos. Au premier traitement, ne pas frotter trop rudement. Rincez le corps au moyen d'une douche ou par une affusion d'eau à 90 ° jusqu'à 80?, après quoi vous essuyerez le patient avec un drap sec jeté sur ses épaules. Ce traitement a de grandes propriétés toniques.
131. Irrigation ou douches internes. — Employez un irrigateur (ou bock) en fer blanc ou en caoutchauc, pouvant contenir de deux à quatre pintes d'eau, des tuyaux de gomme et des canules petites et grandes, en verre ou en caoutchouc. Vous obtiendrez tous ces objets dans n'importe quelle pharmacie. Vous pouvez improviser un irrigateur en faisant mettre un petit tuyau à la base d'un petit seau en fer-blanc.
132. L'irrigation vaginale est probablement la forme d'irrigation la plus commune. La patiente se couche sur son dos dans une baignoire ou s'assied dans une grande cuvette Prenez une canule de verre ou de caoutchouc de six pouces de long, que vous enfoncez en pressant toujours en bas, contre la partie inférieure du vagin. Suspendez l'irrigateur renfermant l'eau à la hauteur de un à trois pieds au-dessus des hanches.
Si l'irrigation a un but de propreté, l'eau ne doit pas être plus chaude que 100°.
Pour soulager les douleurs pelviennes, mettez quatre litres d'eau à 110° jusqu'à 115°. Dans la plupart des cas, on n'emploie pas assez d'eau.
Pour rétablir les menstrues, employez plusieurs pintes d'eau à 103°, et répétez l'opération deux ou trois fois par jour.
Pour arrêter une hémorragie, chauffez l'eau autant que la malade peut la supporter, puis portez-la à 120° et à 125°.
133. Si le but est de désinfecter ou de désodoriser, employez une solution à l'eau de 1/2000 ou 1/5000 de bichloride de mercure ; ou, à volonté, deux cuillerées à thé d'une solution de permanganate de potasse par pinte d'eau chaude; ou encore une solution saturée d'acide borique.
Sauf durant la menstrue, on ne court aucun danger de prendre une irrigation froide à 60 ° jusqu'à jS °, qui donnera fréquemment le soulagement que l'on n'aura pas obtenu par l'irrigation chaude.
134. Irrigation de l'oreille. — On se servira d'une seringue ou d'une poire en caoutchouc que l'on obtiendra à la pharmacie. Tirez l'oreille en haut et en arrière pour redresser le canal de l'organe. L'eau sera de 105° jusqu'à 110°; si elle est trop chaude, elle causera des étourdissements ou même des évanouissements, à quoi il faudra veiller. S'il y a signe d'évanouissement, le patient abaissera immédiatement la tête.
Protégez les vêtements du patient en lui pressant un petit bassin contre la peau au-dessous de l'oreille, ou formez une rigole au moyen d'un morceau de toile cirée.
Il faut de grandes précautions pour donner une irrigation à l'oreille. Ce traitement est généralement administré par un médecin ou une garde-malade.
135. Lavement ou clystère. — On emploie ce traitement pour vider les intestins, pour soulager des irritations d'entrailles, ou pour abaisser la fièvre. Employez l'irrigateur ou bock mentionné plus haut, et des canules de verre de préférence: pour les enfants, prenez de petites canules. La meilleure position est la position couchée sur le dos ou sur le côté gauche. Si l'on désire obtenir un effet, très prononcé, on fera prendre au patient la position genou-pectorale, c'est-à-dire à genoux et le corps penché vers le sol. On lui manipulera doucement les entrailles pour faire disparaître les douleurs accompagnant l'introduction subite de l'eau dans l'intestin. Le besoin d'aller à la selle devra être réprimé. Si l'irrigateur est placé très haut, la force du liquide causera des douleurs très vives. Deux pieds au-dessus des hanches suffiront.
Pour une constipation aiguë, ainsi que dans un commencement de fièvre, donnez un fort lavement à 100° jusqu'à 110°, et répétez si cela est nécessaire.
Pour la constipation chronique, ou lorsqu'il est nécessaire de prendre le lavement chaque jour pendant plusieurs jours, le lavement froid à jO ° jusqu'à 80° est plus tonique.
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Un lavement qui excite de vigoureux mouvements intestinaux et qui n'offre aucun danger, c'est le petit lavement à l'eau glacée.
Quand le patient est obligé de garder le lit, et si la fièvre n'est pas élevée, donnez le lavement à 90°.
Quand la fièvre est élevée, comme dans la pneumonie ou la fièvre typhoïde, le lavement à 7O0, conservé quelques minutes, est excellent pour abaisser la température. On peut le répéter toutes les quatre heures. Dans la fièvre scarlatine, quand la température est élevée, le lavement devrait être de 80° à 90°. Ne pas donner de lavements froids à un jeune enfant. En cas de diarrhée persistante, on donnera un lavement très chaud à 110°. jusqu'à 115°. Dans la fièvre typhoïde, par contre, on donnera le lavement après la selle à 90° plusieurs fois par jour.
Pour l'hémorragie des intestins, comme dans les hémorrhoïdes sanglantes, donnez un lavement à l'eau glacée.
Un lavement bien chaud peut être donné en cas d'inflammation pelvique. Un lavement rectal très chaud, à 125° jusqu'à 130°, aura pour effet d'augmenter considérablement l'activité des rognons et d'aider l'élimination des poisons. Donnez-le très lentement. Employez un cathéter d'intestins de douze à quinze pouces. Ne jamais procéder que sur la recommandation du médecin.
Dans la dysenterie, vous donnerez le lavement chaud ou froid, selon la convenance du patient. D'habitude, c'est le lavement froid qui donne le plus de soulagement.
Lorsqu'il ne s'agit que d'une petite quantité d'eau, on pourra employer le lavement tous les jours sans aucun danger.
Pour un bébé, un lavement est beaucoup meilleur que des cathartiques (purgatifs). Employez de l'eau tiède.
Dans un cas de constipation très obstinée avec gaz dans les intestins, donnez un lavement d'une pinte d'eau tiède, d'une cuillerée à soupe de savon râpé et d'une demi-cuillerée à thé de thérébentine.
Pour les vers, donnez un lavement d'eau tiède additionnée de trois cuillerées à thé de se1 par pinte. Ou encore, une oncr
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de copeaux de quassia bouillis dans une pinte d'eau. Le lavement au sel donnera un soulagement immédiat.
136. Lavement] nutritif. — D'abord, nettoyez soigneusement l'intestin au moyen d'un lavement tiède. Puis, le patient couché sur le côté gauche, les hanches élevées de quelques pouces, introduisez très soigneusement dans le rectum un cathéter bien huilé de dix à quinze pouces de long. Reliez ce dernier avec un entonnoir ou une tasse de fer-blanc pourvue à sa base d'un petit tuyau. D'une façon générale, on ne doit donner que de quatre à six onces de nourriture par fois. Procédez au lavement ordinaire avant chaque lavement nutritif.
Le lavement se composera de quatre onces de lait et de deux œufs frais bien battus, plus une pincée de sel. La noix maltée combinée avec l'œuf est nourrissante.
Un patient nourri entièrement par le rectum doit prendre un repas toutes les six heures. On a vu des patients nourris de cette manière pendant six semaines.
Quand un patient qui ne peut pas retenir l'eau dans l'estomac est dévoré par la soif, donnez-lui par le rectum une pinte d'eau tiède additionnée d'une cuillerée à thé de sel, en lui recommandant de retenir le liquide. Si le liquide est retenu, il s'absorbera et étanchera la soif.
137. Le Bain de Vapeur. — Ce bain peut être improvisé chez soi de la manière suivante. Prenez un bain de pieds chaud. Tout entouré de couvertures, asseyez-vous sur une chaise cannée, sous laquelle vous aurez placé une lanterne ou une lampe à alcool. Prenez une potion chaude : limonade chaude ou autre. Une abondante transpiration aura lieu, après quoi le patient se mettra au lit enveloppé de ses couvertures. Au bout d'une heure, il devra être épongé à l'eau tiède et frîcuonné à l'huile. Evitez les courants d'air.
C'est un bon traitement pour couper un rhume au début, pour le rhumatisme, le mal de Bright ou un commencement de fièvre.
138. La poche en caoutchouc. — La poche à eau chaude conserve sa chaleur très longtemps et peut être utilisée à la place de compresses chaudes, entourée d'un morceau de fla-
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nelle humide. Pour le mal de dos, le mal de dents, les douleurs menstruelles et les douleurs d'abdomen, la poche à eau chaude en caoutchouc, en vente dans toutes les pharmacies, est indispensable, et devrait être dans chaque maison.
Beaucoup de personnes y mettent trop d'eau ; un tiers d'eau bouillante suffit ; faites-en sortir l'air et la vapeur en pressant les parois de la partie supérieure, puis vissez de façon à empêcher l'eau de couler. Si vous la placez aux pieds, enveloppez-la dans un morceau de flanelle. Prenez bien garde de ne pas brûler un patient qui est inconscient. L'eau ne devrait pas dépasser 120°.
139. La vessie à glace. — Se trouve à la pharmacie. Mettez dans un linge un morceau de glace que vous écrasez avec un marteau ; remplissez-en la vessie ; fermez-la hermétiquement, et enveloppez-la dans un morceau de mousseline ou dans une serviette. Il ne faut pas appliquer la vessie à glace trop longtemps à la fois. Au bout de quinze ou vingt minutes, enlevez-la durant quelques minutes, ou frictionnez la peau jusqu'à ce que la réaction se produise.
Rien n'est comparable à la vessie à glace administrée durant quinze minutes, de trois à six fois par jour, dans les cas de cœur accéléré, de fièvre, de maladie organique du cœur, de palpitations, de goitre exophthalmique.
140. Massage. — Il est aujourd'hui généralement reconnu que les mouvements manuels et mécaniques sont indispensables dans le traitement des maladies chroniques. Il ne rentre pas dans les limites de ce livre de donner une description des différents massages. Le lecteur devra se procurer un ouvrage spécial consacré à ce sujet et en faire l'étude.
141. L'exercice. — Le travail ou exercice manuel, convenablement adapté aux besoins individuels, est un des moyens naturels de restauration et de conservation de la santé. Il fait partie de la physiologie des muscles. Le travail produit l'usure et la destruction des cellules musculaires, et en même temps la réparation de ces cellules en y stimulant l'afflux du sang, changement qui contribue à améliorer la condition des tissus. Le développement des muscles dépend de leur exer-
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cice. Un muscle qui n'est pas employé devient flasque et dépérit; si cela continue, il sera impossible de le ramener à l'état normal. D'autre part, quand l'exercice est poussé jusqu'à l'épuisement, l'usure dépasse la réparation, et le muscle est menacé.
Les personnes qui mènent une vie sédentaire ou qui font un travail mental, ont surtout besoin d'exercice.
Le meilleur moment est celui qui suit les repas et le soir. Un peu d'exercice avant de se coucher chasse l'insomnie et rend le sommeil plus rafraîchissant.