MALADIES DES INTESTINS
Colique Intestinale.
Causes. — Nourriture indigeste et irritante, fermentation, accumulation de matières fécales, refroidissement, douleurs
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réflexes des ovaires et de l'utérus, empoisonnement par le plomb et obstruction de l'intestin.
Symptômes. — Douleurs très vives à intervalles divers autour du nombril. Dans la colique due au plomb, il y a une ligne bleue sur la gencive; dans la colique rénale, la douleur rayonne jusqu'au pénis et aux testicules, et l'urine est injectée de sang; dans la colique biliaire, la douleur rayonne vers la droite depuis le foie jusque sous l'omoplate droite; quelques fois la jaunisse s'ensuit.
Traitement. — Lavement chaud à 110° et fomentations sur l'abdomen pendant quinze à vingt minutes, suivies d'une dose d'huile de ricin ou de sulphate de magnésium. Ce dernier est l'antidote chimique de l'empoisonnement par le plomb, et doit être pris en dose assez forte. Le maillot de tronc chaud pendant trente minutes suivi de la ceinture mouillée, est aussi un bon traitement. Si la colique provient d'erreurs de régime un jeûne absolu de vingt-quatre heures est recommandé. (Voyez les numéros 135, 110, II7 et 128.)
Diarrhée.
Synonyme. — Entérite catharrale aiguë.
Causes. — Aliments impropres, excès de table, fruits mal mûrs; elle est commune durant l'été chez les enfants et les nourrissons, surtout chez ceux qu'on alimente à la bouteille; biberons et bouteilles mal propres et renfermant du lait aigri ; changements de température, poisons provenant de la décomposition du lait ou d'autres aliments, changement d'eau potable, influences nerveuses, exercices trop violents portant sur les muscles abdominaux; la diarrhée apparaît aussi dans certaines maladies contagieuses, telles que la fièvre typhoïde, le choléra, la dissenterie, la tuberculose.
Symptômes. — Diarrhées, fèces renfermant des aliments non digérés et des caillots de lait, d'odeur fétide, de couleur jaune ou verdâtre; douleurs coliques. Chez les enfants, la douleur est souvent intense, et la température monte de 104° à 105°. Chez les adultes, la fièvre n'est d'habitude pas élevée. Chez les enfants, les jambes sont fléchies.
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Traitement. — Adultes. — Le malade gardera le lit, jeûnera de vingt-quatre à trente-six heures, et prendra un laxatif consistant en une cuillerée de table d'huile de ricin, qui débarrassera l'intestin grêle de tout aliment irritant; enfin un lavement énergique. Fomentations sur l'abdomen durant quinze minutes, suivies de compresses froides. (Voir numéros 110 et 126.) Buvez de l'eau à discrétion, mais pas trop froide. Si la diarrhée persiste après vingt-quatre heures, administrez un lavement chaud à 110°; vingt à trente grains de bismuth ou une cuillerée de mixture de craie, que vous obtiendrez à la pharmacie, pris après chaque selle, arrêtera une sécrétion trop active; ou prenez-en une cuillerée de table toutes les trois heures. La diète sera simple et consistera en bouillies. Evitez le lait, le sucre, les légumes et les fruits contenant des semences ou une pulpe ligneuse. Au bout d'un jour au deux, on permettra du jus de mûres avec du zwieback bien mastiqué et des céréales.
Enfants. — Pas de nourriture pendant vingt-quatre heures ; puis eau d'orge, que vous obtenez en cuisant deux cuillerées de table d'orge dans une pinte d'eau pendant deux ou trois heures, et que vous passez alors en y additionnant un peu de sel. Entre les repas, tenez la bouillie sur la glace. Ne donnez pas de lait à un enfant tant que la diarrhée est forte. Une propreté rigoureuse est nécessaire. Bouillissez tous les biberons et les bouteilles, et tenez-les sur la glace. Le lait sera stérilisé dans un bain-marie (double-bouillotte) porté à 165° pendant quinze minutes. Diluez le lait dans la proportion d'une moitié d'eau ordinaire ou d'un quart d'eau de chaux. Si l'on s'y prend à temps, de bonnes doses d'huile de ricin raccourciront l'attaque. Si la température est élevée, faites suivre d'un fort lavement de 80° à 90°. De la mixture de craie obtenue à la pharmacie doit être administrée après le premier jour en doses d'une cuillerée à thé toutes les trois heures.
Pour calmer et rafraîchir le patient, il n'y a rien de mieux que de l'éponger à l'eau fraîche. Mettez-lui des compresses froides sur la tête. Veillez à ce que la ventilation soit bonne, et à ce que l'enfant ne soit pas trop chaudement vêtu. Après
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les premières vingt-quatre heures, vous pouvez donner à l'enfant le blanc de deux œufs bien battu dans un chopine d'eau, puis passé par un linge. Dlonnez-lui-en autant qu'il en voudra. Un bain complet à 95° fera baisser la fièvre et tranquillisera les nerfs. Tenez les pieds chauds.
Pendant les mois d'été, la diarrhée persiste quelques fois des semaines entières. Tant que cet état dure, évitez le lait, que vous remplacerez par de l'eau d'orge, de la bouillie d'orge et un blanc d'eeuf battu dans l'eau ; cela aussi longtemps que l'enfant se sentira suffisamment nourri. Quand il s'en fatiguera, donnez-lui parties égales de bouillie d'orge et de bouillon. Un enfant subsistera des semaines sur ce régime, c'està-dire jusqu'à ce que l'état de l'intestin se soit amélioré.
Cholêrine.
Maladie aiguë de l'enfance due à l'inflammation de l'intestin, et caractérisée par une haute fièvre, par des vomissements violents, par la diarrhée et par des signes d'affaissement dus à l'inflammation de l'intestin.
Causes. — Elle a lieu fréquemment après la diarrhée, et a surtout pour cause la chaleur, une alimentation fautive, la dentition et un entourage malpropre.
La cholêrine règne surtout durant les mois de juillet et d'août, et cela principalement parmi les enfants nourris à la bouteille. La chaleur n'augmente pas seulement la tendance à la fermentation, mais elle a aussi pour effet d'abattre les enfants très jeunes, et les rend plus susceptibles aux infections et à l'auto-intoxication.
Symptômes. — L'attaque peut être graduelle, si elle suit une simple diarrhée. Mais elle peut être soudaine et sera alors caractérisée par des vomissements, des évacuations et un grand abattement. Les vomissements sont incessants ; les selles sont fréquentes et abondantes, claires, aqueuses, et d'une odeur de moisissure. La température externe sera basse, tandis que la température rectale sera élevée. Les fontanelles,
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comme les yeux, seront enfoncées, les joues creuses, le visage aminci. Tout d'abord, l'enfant est agité, plus tard, il sera abattu ou tombera en convulsions. La peau est froide.
Traitement. — Repos absolu, chambre fraîche, air de la campagne, si possible. Pendant les deux premiers jours, on fera boire de l'eau d'orge et de l'eau d'albumine, soit un blanc d'œuf battu dans une tasse d'eau. Plus tard, on donnera des bouillies claires, telle que de la bouillie de gluten. Pendant plusieurs jours on évitera le lait. Pas de whisky ni de sirops calmants. L'estomab d'un jeune enfant pourra être lavé par une garde ou par un médecin au moyen d'un cathéter de gomme d'un gros calibre et d'un entonnoir de verre. Lavez l'intestin au moyen d'un lavement d'eau chaude à 105° ou avec de l'eau froide à 85°, selon les cas. Pour cela, élevez les hanches de l'enfant, et faites pénétrer l'eau très avant dans l'intestin au moyen d'un cathéter flexible. Appliquez toutes les trois heures des compresses chaudes sur l'abdomen, et dans l'intervalle des compresses fraîches à 7O0, que vous recouvrez d'une flanelle, et que vous renouvelez toutes les heures. Tenez les pieds au chaud. S'il y a des symptômes d'affaissement, placez l'enfant dans un bain à 100°, ou dans un maillot chaud durant dix minutes. Pendant le premier jour, donnez de l'eau à boire, alors même qu'elle sera rejetée. Si la diarrhée persiste, donnez toutes les trois heures une cuillerée à thé de la solution suivante : salol, trois grains ; subnitrate de bismuth, soixante-quinze grains ; mixture de craie, deux onces.
Appendicite.
Inflammation de l'appendice vermiforme situé dans la région de l'aine du côté droit de l'abdomen. On la considère de nos jours comme une des maladies intestinales les plus sérieuses.
Causes. — Cinquante pour cent des cas surviennent avant les vingt ans. La maladie n'est pas due à des pépins de raisins ou de pommes qui se logent dans l'appendice mais bien à des conditions inflammatoires catarrhales de l'intestin qui s'étend dans le canal de l'appendice même. Le catarrhe in-
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testinal est un facteur aidant à l'éclosion de la maladie, Il y a toujours dans l'intestin des germes de pus et des Bacillus coli communis, qui tous deux produisent l'inflammation quand la vitalité de l'appendice est réduite. La maladie se rencontre plus fréquemment chez les hommes que chez les femmes, ceci est probablement dû au fait que chez l'homme il y a moins d'artères apportant le sang dans cet organe. Le surmenage, le fait de lever de trop grands poids sont des facteurs causatifs. Des blessures ou des coups peuvent être la cause de la maladie. La matière fécale peut entrer dans l'appendice, irriter la membrane muqueuse et provoquer l'inflammation.
Symptômes. — L'attaque est soudaine. Douleur au côté droit de l'abdomen inférieur; elle peut s'étendre vers la région du nombril et aller en augmentant à chaque mouvement. On soulage la douleur en ramenant le genou droit sur le corps. La sensibilité est grande, un examen de l'abdomen révèle un gonflement parfois notable, des nausées et des vomissements se manifestent ainsi qu'une fièvre très ir régulière et habituellement la constipation est tenace.
Cours. — Dans les cas peu graves les symptômes disparaissent petit à petit. Dans beaucoup de cas un abcès se forme sujet à pénétrer dans la cavité abdominale. Tout les cas d'appendicite sont dangereux parce qu'on ne peut jamais dire si un abcès va se développer ou non. La majorité des cas guérira sans opération si on intervient tout au début. La tendance de récidive est très grande et une attaque peut être fatale. De toute façon et pour être bien sûr il vaut mieux se faire opérer le plus tôt possible. Entre les mains d'un bon chirurgien la mortalité devient minime. Faire chercher le médecin de suite.
Traitement. — Des mesures promptes et énergiques sont de la plus grande nécessité. Le repos le plus absolu doit être assuré. Laver l'estomac. Ne rien prendre pendant plusieurs jours. Ne pas boire d'eau froide mais donner de bons lavements d'eau salée que l'on retiendra aussi longtemps que possible. Donner à l'intestin un repos complet, ne prendre des purgatifs que tout au début. Pour soulager la constipation don-
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ner des lavements copieux (Voir No. 135.) Tout au commencement de la maladie un sachet de glace sera placé sur la partie douloureuse de l'abdomen combiné avec un maillot chaud autour des jambes pendant vingt minutes toutes les quatre heures (Voir No. 139, 116); alterner toutes les deux heures avec des fomentations de quinze minutes sur l'abdomen. On continuera ceci pendant vingt-quatre heures. Puis de grandes compresses froides d'eau à 60 degrés seront appliquées, que l'on changera toutes les quinze minutes alternant avec des fomentations toutes les deux heures. (Voir No. 110, 126.) Si les fomentations semblent augmenter la douleur et qu'une petite partie de la peau semble excessivement douloureuse il est manifeste que du pus se forme. L'examen du sang est nécessaire.
Le traitement pour la fièvre consiste en une friction froide à 60 degrés toutes les trois heures en évitant toutefois l'abdomen. Comme les autorités chirurgicales sont loin d'être d'accord sur la question de savoir si oui ou non il faut opérer dès le second jour nous n'essaierons pas de trancher cette question tant discutée. Nous nous bornerons à dire que la grande majorité des cas guériront si on intervient promptement.
Constipation.
La constipation n'est pas une maladie, mais un symptôme. Mais elle est si fréquente qu'il faut la considérer à part. Il s'agit d'une rétention prolongée des matières fécales dans l'intestin. Pour la majorité des individus, le besoin d'aller à selle a lieu une fois par jour, et cela généralement après un repas. La raison en est que l'introduction des aliments dans l'estomac excite les mouvements péristaltiques du colon, qui, à leur tour, excitent les centres défécateurs.
Causes. — Faiblesse musculaire de l'intestin; mastication insuffisante, repas trop copieux, nourriture trop concentrée, l'usage du thé, du café, de la viande, de l'alcool, irrégularité dans la satisfaction des besoins de la nature, vie sédentaire, manque d'exercice, voyages en chemin de fer, insomnie, dys-
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pepsie, maladie du foie ou du cœur, tumeur, fièvres aiguës, hystérie, neurasthénie, grossesses fréquentes, transpirations excessives en été, insuffisance de boissons, hémorroïdes et fissure de l'anus, usage exagéré del médecines.
Chez les bébés, la constipation est fréquente. On en voit
qui souffrent de constipation durant des mois, sans que leur santé générale en souffre.
Symptômes. — Débilité, manque d'appétit, langue chargée, mauvaise haleine, névralgie, mal de dos, mal de tête, dépression mentale, insomnie, pertes nocturnes chez les hommes ; chez les enfants énurésie ou incontinence d'urine. Les bébés sont irritables et agités quand l'intestin ne marche pas, et ils reprennent leur bonne humeur aussitôt que ce symptôme a disparu.
Traitement. — Voici une énumération des différents moyens
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de combattre la constipation. Ils ne sont naturellement pas tous nécessaires dans un cas donné.
1. Nourriture solide, mastication complète et lente, pas d'eau aux repas. On boira une ou deux heures après le repas. Abondance de fruits frais ou cuits : pommes, pruneaux, figues, pêches, oranges, bananes, myrtilles. Tous les aliments sucrés sont laxatifs.
2. Boire abondamment avant de se coucher, et prendre un ou deux verres d'eau fraîche une demi-heure avant le déjeuner.
3. Exercice en plein air. La marche, les courses à cheval, sont tous d'excellents exercices.
4. Aller à la selle à une heure fixe, même s'il faut attendre une heure ou davantage le mouvement de l'intestin. Eviter les efforts. Le meilleur moment est après le déjeuner.
5. Un plongeon dans l'eau froide ou une ablution froide le matin au lever.