‹ Le guide pratique de la santéChapitre 65 sur 91 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Maladies du Nez, de la Gorge et de la Poitrine.

Coryza ou Rhume de Cerveau.

Symptômes. — Cette affection, aussi appelée catarrhe nasal aigu, est caractérisée par des éternuements persistants, des frissons, le mal de tête, la peau sèche, un peu de fièvre. Au bout de quelques heures, il se produit un écoulement de liquide transparent devenant peu à peu visqueux, épais et purulent. L'inflammation des muqueuses gagne la conjonctive, la trompe d'Eustache, le pharynx, et affecte l'odorat, les yeux, la voix. Ce rhume dure de sept à dix jours.

Tout rhume est une congestion de la membrane muqueuse due à un refroidissement subit de la peau. La peau refusant de réagir contre cette sensation, l'équilibre de la circulation est détruit, de façon que le sang- abonde sur un point et fait défaut sur l'autre.

Causes. — Les rhumes proviennent de diverses causes. Une personne qui vient de se livrer à un vigoureux travail, au point de transpirer abondamment, et qui reste ensuite inactive, exposée à un courant d'air froid, est dans la meilleure posture pour attrapper un rhume. Une autre cause fréquente de rhumes est l'exposition d'une partie du corps, telle que la nuque, les épaules ou la poitrine, à un courant d'air passant par une vitre brisée, par une fenêtre ouverte ou même par un trou de serrure. Des souliers bas ou à semelles minces portés

282 Le Guide de la Santé.

en hiver et les pieds mouillés entrent pour une large part dans l'origine des rhumes.

Une diminution de vitalité, un dîner trop copieux, les mains froides et les pieds froids, l'habitude de s'envelopper le cou en hiver, un vêtement humide de transpiration autour du cou, l'usage de boissons alcooliques, voilà autant de causes de rhumes.

. Traitement. — Prévention. — Le corps à l'état normal résiste au froid d'une manière automatique ; nous cherchons instinctivement à nous protéger du froid. Mais il y a des mesures préventive's à prendre pour permettre au corps d'offrir naturellement une plus grande résistance au froid. Tout ce qui fortifie la santé met les centres réflexes en meilleure posture pour maintenir l'équilibre de la chaleur dans le corps. Ainsi le sommeil, une bonne alimentation et une bonne condition des organes éliminateurs nous endurcissent contre les rhumes.

Un des moyens les plus efficaces et les plus simples pour aguerrir la peau, c'est le plongeon froid, la douche froide ou l'ablution froide le matin au saut du lit. C'est le tonique par excellence. Il a sur la santé le même effet que la pluie matinale sur la nature. On peut se payer ce luxe à très peu de frais. Il suffit d'une cuvette contenant une pinte d'eau et d'un bon linge à bain. Ceux qui s'adonnent quotidiennement à cette gymnastique cutanée n'auront pas besoin de se surcharger le corps de vêtements de dessous à l'approche de l'hiver.

Soins généraux. — Un rhume ne doit pas être négligé ; il faut le soigner énergiquement dès le début, car il peut devenir Tavant-coureur de la tuberculose, de la pneumonie, de la pleurésie, du catarrhe chronique, du rhumatisme ou d'autres maladies.

Pour arrêter un rhume à sa naissance, c'est-à-dire pour rétablir la circulation du sang, il faut prendre l'une ou l'autre des mesures suivantes ou plusieurs à la fois, selon les cas et les circonstances: (1) S'aliter vingt-quatre heures; ce moyen est aussi efficace qu'il est simple. (2) Prendre un vigoureux

Maladies du Nez, de la Gorge et de la Poitrine. 283

exercice, tel qu'une longue marche, une course à pied ou à bicyclette ou prendre une centaine d'inspirations profondes en plein air, en s'élevant sur la pointe des pieds à chaque inspiration. Chacun de ces exercices doit être suivi d'une douche froide ou d'une ablution froide et d'une friction vigoureuse. (3) Si l'on s'y prend à temps, on peut arrêter un rhume en buvant successivement plusieurs verres d'eau soit froide soit chaude. Si l'on se couche immédiatement après, ce traitement sera plus efficace. (4) Un excellent moyen encore, c'est un bain de pieds chaud, des compresses chaudes à l'épine dorsale et une compresse froide à la tête et à la nuque jusqu'à ce que l'on ait réussi à provoquer une abondante transpiration. Le patient sera enveloppé dans un drap et mis au lit. Si le traitement est précédé d'un lavement chaud, il aura encore plus d'effet. (5) Le maillot au drap mouillé froid, mené jusqu'à la transpiration, ainsi que le maillot chaud sont les mesures favorites pour combattre l'inflammation de la membrane mu-

Mesures locales. — S'il s'agit d'un rhume de cerveau, la congestion sera combattue par des compresses froides à la nuque appliquées durant quinze à vingt minutes à la fois, avec une compresse froide à la tête en même temps, ou une vessie à glace à la base du cerveau. Des ablutions d'eau fraîche à la figure donnent du soulagement. Si le rhume est dans la gorge, on pourra employer la compresse froide sus-mentionqueuse.

née, alternant avec des compresses chaudes toutes les deux heures. La nuit, on portera autour du cou une compresse froide recouverte d'un morceau de flanelle.

La Toux.

Quand un rhume descend sur la poitrine, le symptôme le plus persistant est la toux accompagnée d'engorgement de la poitrine. Dans ce cas, appliquez les compresses chaudes (numéro 110) pendant une heure en les renouvelant fréquemment. Les traitements courts ne sont pas satisfaisants. Des inhalations de vapeur d'eau bouillante donnent du soulagement, sur-

284 Le Guide de la Santé.

tout si Ton y ajoute une demi-cuillerée à thé de teinture de benjoin par demi-pinte d'eau.

Quelques fois, un picotement dans la gorge provoque le besoin de tousser ; mais en cédant à ce désir, on ne fait qu'augmenter l'irritation locale qui fait renouveler la toux et la rend permanente.

Si le malade doit être à son travail te jour suivant, il prendra un bain de pieds chaud suivi d'une friction vigoureuse du corps entier. Des compresses froides, fréquemment renouvelées, sur les yeux et le nez, donneront du soulagement. Pour l'emploi du nébulisateur ou d'un inhalateur dans lequel on aura mis une solution de camphre de menthol, voyez l'article "Tuberculose", sous-titre "toux". Evitez de renifler violemment. Cela ne fait aucun bien et peut endommager les oreilles. Mangez modérément, contrairement à certains proverbes.

Saignements de nés.

Causes. — Blessures, chaleur excessive, congestion aiguë de la tête, rougeole, fièvre typhoïde, maladies du cœur, des poumons et du foie, maladie du sang, obstruction nasale due à un polype ou à un corps étranger, tels que des boutons, fèves ou pois, ou encore se moucher trop fortement, mettre le doigt dans le nez, éternuer, déviation des règles. Ils surviennent chez les garçons et les filles à l'âge de la puberté. Une altitude très élevée peut également en être la cause.

Traitement. — La majorité des cas ne nécessite aucun traitement car le saignement s'arrête d'ordinaire spontané^ ment après dix où quinze minutes. Tenir la tête bien droite et appliquer de la glace ou des compresses froides sur le cou ou sur le nez ou de l'eau chaude à la température de 120 degrés. Dans la plupart des cas, le saignement vient d'un petit point sur le septum que l'on peut presser avec les doigts; ou bien encore pincer l'artère faciale en serrant les extrémités de la lèvre supérieure entre le pouce et l'index. Une injection de dix grains de tanin dans une once d'eau est parfois efficace ou même une injection d'eau glacée. Si l'hémorrhagie

Maladies du Nez, de la Gorge et de la Poitrine. 285

est très forte, et que le sang coule de la partie postérieure du nez dans la bouche il faudra boucher les narines postérieures. Ceci sera fait au moyen de coton absorbant, ou de gaze.

Mal de Gorge ou Pharyngite aiguë.

Elle est aussi appelée angine simple.

Causes. — Les mêmes que pour les rhumes. Des causes additionnelles sont le surmenage de la voix dans des locaux mal ventilés ou en plein air, l'usage du tabac, l'inhalation de gaz vénéneux. Le mal de gorge est aussi présent dans la rougeole, la fièvre scarlatine et la diphtérie.

Symptômes. — Irritation et chatouillement de la gorge, sécheresse du gosier, déglutition (avalement) douloureuse, fièvre. Pas de toux ni d'enrouement, mais sécrétion épaisse dans la gorge. La membrane muqueuse est enflée, rouge, et recouverte d'un mucus épais et visqueux.

Traitement. — Le même que pour les rhumes. Appliquez des compresses froides à la nuque ; renouvelez fréquemment, et alternez avec des fomentations toutes les deux heures. La nuit, employez la compresse froide à la gorge (voyez les numéros 126 et 110). Au début, prenez de petits morceaux de glace dans la bouche. Gargarisez à la listérine ou au chlorate de potasse à raison de demi-cuillerée à thé par demiverre d'eau. En général, les gargarismes ne vont pas assez profondément. Ce qui vaut mieux, ce sont les inhalations au menthol camphré ; le même mélange peut s'employer avec un nébulisateur. (Voir Tuberculose, sous le titre "toux".)

Quelques fois l'inflammation peut être soulagée au moyen d'une potion émolliente telle que le thé de graine de lin, une infusion d'écorce d'orme ou de l'eau de riz.

Laryngite aiguë.

La laryngite aiguë est une inflammation de la membrane muqueuse du larynx.

Causes. — Refroidissement, pieds mouillés, courants d'air; exposition au froid et à l'humidité, abus de l'emploi de la voix, parler, chanter, crier dans des pièces mal aérées ou dans l'atmosphère humide de la nuit. Les stimulants alcooliques,

286 Le Guide de la Santé.

le tabac, une excrétion défectueuse et une occupation obligeant à rester constamment en chambre, sont tous aptes à prédisposer à la maladie.

Symptômes. — Viennent très lentement. La gorge est sèche et picote, on souffre un peu en parlant, en respirant, en avalant, on tousse, la voix est enrouée et parfois à peine perceptible, la température est de 100 à 102 degrés.

Traitement. — Lavement chaud, bains de pieds chaud, repos au lit, compresses froides sur la gorge que Ton changera toutes les cinq minutes si le traitement est commencé de suite. Après les douze premières heures changer les compresses toutes les quinze minutes et alterner avec des fomentation de dix minutes toutes les deux heures. Pour la nuit, mettre une compresse réchauffante autour du cou ou une compresse froide entourée de flanelle. L'inhalation de vapeur et quelques petits morceaux de glace avalés de temps à autre ne peuvent que faire du bien. (Voir No. 135, 111, 126, 110.) Eviter de respirer l'air froid et humide. Employer souvent le vaporisateur ou le pulvérisateur avec une des solutions suivantes : —

Camphre V2 drachme.

Menthol % drachme.

Huile d'eucalyptus lA drachme.

Huile de canelle 20 gouttes.

Albolène 4 onces

Laryngite 'Chronique, tuberculose laryngitale, laryngite syphilitique sont toutes des maladies qui doivent être soumises à l'attention personnelle d'un spécialiste.

Le faux Croup.

Synonymes. — Croup spasmodique, laryngite spasmodique, iaryngismus stridulus.

Causes. — Ceci est une maladie purement nerveuse dans laquelle il y a une fermeture temporaire, complète ou incomplète, de la glotte, qui empêche de respirer librement. Il n'y a pas d'inflammation du larynx mais l'attaque survient souvent pendant une inflammation catarrhale aiguë du larynx. La plu-

Maladies du Nez, de la Gorge et de h, Poitrine. 287

part des cas se présente entre les âges de trois mois à six ans. La maladie vient souvent avec le rachitisme, et a surtout prise sur les bébés mal nourris ou trop gros. Si l'enfant est maussade il se peut qu'il ait des crises nerveuses ou qu'il retienne l'haleine.

Symptômes. — L'attaque se produit soudainement la nuit. L'enfant se réveille effrayé, la respiration est momentanément suspendue, ce qui provoque une lutte pour avoir de l'air; la face est d'abord congestionnée puis toute pale, les yeux tournent, les veines du cou se gonflent, les mains et les pieds se crispent, des convulsions se produisent souvent pendant la maladie. Au bout de quelques instants, l'enfant parvient à respirer et l'air en pénétrant subitement produit un son particulier ressemblant au croassement du corbeau. Une attaque peut suivre l'autre ou bien elle peut se répéter plusieurs nuits en suivant. Souvent après le paroxysme l'enfant s'endormira comme si rien ne s'était passé. Souvent il transpirera de la tête. Il n'y a ni fièvre, ni enrouement. Pendant le jour l'enfant semble être tout à fait normal. La mort survient rarement pendant une attaque. Le Docteur Osier parlant de cette maladie croit que "souvent le pauvre enfant abreuvé de drogues met plus de temps à se guérir du traitement qu'il ne mettrait de temps à se guérir de la maladie."

Traitements. — Les enfants nerveux sujets à des attaques de croup spasmodique seront traités prudemment, on leur donnera un régime simple et nourrissant. Veillez à ce que l'enfant aille à selle à heures régulières et augmentez l'énergie vitale en donnant journellement un bain froid au sel. Pendant le paroxysme, mettre une fomentation sur la gorge ou une écharpe bien chaude en flanelle qu'on réchauffera en la tenant autour d'un verre de lampe ou au-dessus d'un poêle. Si la chose est possible placer l'enfant dans un bain chaud à 103 degrés et verser de l'eau froide sur la poitrine, ou encore, placer l'enfant dans un maillot humide. (Voir No 130, 110, 113, 125.) Un moyen rapide de stimuler la respiration consiste à frotter la poitrine avec un essuie-mains mouillé froid. Chatouiller la gorge de l'enfant avec une plume ou le doigt,

288 Le Guide de la Santé.

cela fera vomir l'enfant et soulagera de beaucoup les spasmes. Ceci est surtout bon si l'enfant a eu un souper copieux.

Bronchite aiguë.

La bronchite ou rhume de poitrine est une inflammation de la membrane muqueuse des bronches. Elle est très commune, n'est fatale que dans l'âge avancé ou chez les tout petits enfants, mais elle amène souvent de sérieuses complications. Elle affecte les deux poumons à la fois, et s'étend quelques fois jusqu'aux capillaires.

Causes. — Changements de température, refroidissement, débilité, certaines fièvres, inhalation de gaz irritants.

Symptômes. — Engorgement de la poitrine, douleurs dans le dos et en dessous du sternum. Fièvre légère, toux sèche, violente, causant de vives douleurs aux muscles du thorax après le second jour. Au bout de vingt-quatre ou trente-six heures, expectorations de mucosités qui deviendront gluantes et jaunâtres. En mettant l'oreille sur la poitrine, on entend des râles sonores sur toute la surface des poumons.

Traitement. — En plus des traitements indiqués pour les rhumes, on donnera le maillot de tronc chaud pendant dix minutes, suivi du maillot froid, qui pourra être renouvelé toutes les heures ou à de plus longs intervalles, si le malade a sommeil. Pour la nuit, on donnera le maillot au drap mouillé. (Voyez les numéros 118 et 125.) Ce traitement fera disparaître la toux.

Si l'attaque est légère, des fomentations deux ou trois fois par jour, accompagnées du maillot de tronc pendant la nuit, suffiront. On pourra ajouter à ce traitement la friction au linge mouillé ou aux mains mouillées, en vue de réduire la fièvre et de stimuler l'activité des glandes. Durant la maladie, on prendra de copieuses potions de limonade ou d'eau fraîche. Si l'on veut couper le rhume au moyen d'une abondante transpiration, il faudra veiller soigneusement de ne pas aggraver le mal en prenant froid durant le traitement; dans ce but, le plus sûr est de se mettre au lit immédiatement.

Dans la bronchite capillaire, la maladie est violente, ra-

Maladies du Nez, de la Gorge et de la Poitrine. 289

pide et souvent fatale. Il ne faut pas tarder de soigner le malade. S'il s'agit d'un jeune enfant, le maillot chaud est le meilleur traitement, à condition de le continuer une heure, ou davantage si l'enfant dort. Répétez l'opération trois ou quatre fois par jour. Mettez des compresses froides à la tête. (Voyez les numéros 115 et 126.) Alternez ce traitement avec des compresses chaudes pendant quelques minute^, suivies de compresses froides à 75°. La nuit, appliquez le maillot de tronc. Faites marcher l'intestin au moyen d'un lavement quotidien. Veillez à ce que les pieds restent chauds. C'est là un point qu'il ne faut jamais négliger dans les maladies aiguës ou chroniques. Nourriture légère et non stimulante.

La Toux.

Ceci n'est pas une maladie mais un symptôme. Toutefois, comme elle peut être due à une maladie de différents organes nous en considérerons la cause et le traitement ensemble. La toux est toujours une action réflexe et est de la part de la nature un effort pour protéger le corps.

Après qu'on a enlevé une poussière de l'œil l'irritation subsiste et l'impression reste qu'il y a encore quelque chose dans l'œil. Ceci dépeint la toux. La toux est toujours due à de l'irritation et peut persister même quand la source de l'irritation n'est plus. La toux devient malfaisante quand il n'y a plus rien qu'elle puisse amener à la bouche ou quand elle ne peut y amener les matières existantes.

Causes. — 1. La cause la plus fréquente de la toux est l'irritation du pharynx et des bronches due à un catarrhe, à du mucus, à des particules irritantes de poussière. Si les nerfs expiratoires sont irrités la toux est bruyante, violente et prolongée. Si les nerfs inspiratoires sont irrités la toux est courte et hachée. Quand le pharynx et l'œsophage sont irrités la toux est violente et peut même causer des vomissements. Ceci est surtout propre aux enfants.

Page 1