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CHAPITRE XXXV

Empoisonnements par les Drogues et Parasites.

Alcoolisme.

Alcoolisme aigu. — Un grand nombre de boissons alcooliques produisent tous les symptômes de l'empoisonnement aigu. A l'état de complète ivresse, le patient tombe dans un état d'assoupissement voisin du sommeil ; mais il est possible de le réveiller, et d'en obtenir des réponses.

Traitement. — Provoquez un vomissement ou donnez un lavement d'estomac. Placez le patient sous une douche d'eau fraîche ou épongez-le à l'eau froide, tout en le frictionnant vigoureusement. Ce traitement suffit souvent à faire disparaître l'ivresse.

Alcoolisme chronique. — Etat maladif causé par l'usage continu des boissons fermentées.

Traitement. — Aucun alcoolique n'est capable, par sa propre force de volonté, de rompre radicalement et définitivement avec sa passion. Le seul remède souverain contre l'ivrognerie, c'est la grâce divine, grâce accordée à toute personne qui la demande à Dieu avec sincérité ; mais cette sincérité ellemême sous-entend l'éloignement de la tentation. Tous les autres remèdes ne sont que des pièges auxquels une foule de personnes se laissent prendre. A parte le miracle de la grâce divine, il est très rare qu'on guérisse de l'ivrognerie, pour la

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simple raison que les ressorts de la volonté sont brisés, et que la volonté est le principal facteur de tout acte moral.

Par contre, un système de réclusion temporaire, accompagné de traitements hydrothérapiques et d'un régime calmant peut rendre au patient l'usage de sa volonté avec celui de ses autres facultés. A cet effet, le malade devra être placé dans une institution spéciale, sous la direction d'un médecin et sous la surveillance de gardes armés de pleins pouvoirs, qui le tiendront à vue jour et nuit, et lui refuseront obstinéinent tout alcool.

Il sera soumis à un régime où le lait de beurre occupera une place prépondérante. Aprns cela viendront des fruits, des légumes, des céréales, du laite ge, des œufs, de la purée de pois, etc. Eviter les épices et tous les stimulants; le tabac devra être proscrit. ,

Le régime hydrothérapique consistera, dès les premiers jours, en traitements éliminatifs ayant pour but de provoquer une abondante transpiration, en applications chaudes et froides sur le cœur, en compresses < haudes à l'épine dorsale et en lavements chauds.

Une longue habitude de l'ii rognerie ne se guérit pas en un jour ni en un mois. Une vigilance continuelle est nécessaire de la part du patient; car la tentation peut reparaître au moment le plus inattendu. L'ex-buveur qui désire rester sobre doit se tenir éloigné des lieux qù les boissons sont en vente. Il évitera consciencieusement l'usage du tabac et persévérera dans la prière et la crainte de Dieu.

Le M or phinisme .

Ce vice consiste dans l'usage continu de l'opium et de son alcaloïde, la morphine. Dans nos pays, cette maladie est généralement contractée par les personnes qui ont recouru à cette drogue pour obtenir le soulagement d'une douleur quelconque. L'opium crée dans le corps non seulement le besoin de renouveler la dose, mais de la prendre de plus en plus forte. Très souvent, ce sont les médecins qui sont responsables de ce vice chez leurs malades, en leur prescrivant cette drogue

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trop fréquemment. Des milliers de docteurs sont eux-mêmes victimes du morphinisrne, qui les tient enserrés dans ses bras de fer.

Symptômes. — Diminution des forces mentales et morales ; manque de franchise, ruse, égoïsme, irritabilité, lassitude, tremblement, perte de l'appétit, sueurs nocturnes, frissons, peau bistrée.

Traitement. — Aussi vite que possible, placez le patient dans une institution où il sera sous la surveillance étroite d'un garde malade expérimenté. Privation complète de la drogue dans les deux ou trois jours, ou même, dans certains cas, dès le premier jour.

Au début, le patient aura recours à toutes les fourberies possibles pour s'en procurer. Ses nerfs, habitués aux effets calmants de la drogue, lui causeront des douleurs cuisantes qui le rendront presque fou, et lui suggéreront le suicide. Il faudra donc le surveiller de très près. Tant qu'il sera dans cet état, rien ne lui fera plus de bien que le bain neutre prolongé. (Voyez No. 114.) Si ce traitement n'est pas possible, donnez le maillot chaud ou le maillot au drap mouillé ramené à l'état neutre, puis prolongé encore trente ou soixante minutes, si cela est possible. (Voyez les numéros 115 et 125.) Si le cœur menace de manquer, appliquez un tonique sous la forme de compresses chaudes et froides alternativement. Ce traitement peut se répéter fréquemment en cas de nécessité. (Voyez le numéro 129.)

Le régime du malade se composera de mets facilement assimilables où le lait écrémé ou encore le lait de beurre occupera la première place, s

Le patient ainsi traité retrouvera son équilibre mental au bout de dix ou quinze jours. Appliquez maintenant le traitement tonique. Il consistera en fomentations à l'épine dorsale, en douches chaudes et froides, mais de courte durée, en lavages à l'eau salée, en friction au gant froid (donnée doucement), deux ou trois fois par jour, et en traitements plus vi-

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goureux, à mesure que le patient peut les supporter. (Voyez les numéros 110, 129, 124 et 120.)

Un morphiniste guéri devra faire attention à son régime et à sa manière de vivre en général ; car un retour à ses anciennes habitudes et à son ancien entourage le ramènera sûrement, tôt ou tard, à son ancien vice. Mais s'il observe les recommandations ci-idessus, évitant les aliments et les boissons de nature à réveiller le goût de la drogue, tels que le tabac, le thé, le café et l'alcool, et par-dessus tout cela s'il met sa confiance en Dieu, il se verra mis complètement à l'abri du terrible ennemi qui en voulait à son bonheur et à ses jours.

Coup de Chaud et Insolation.

Causes. — Voisinage d'une température intense ; température haute et humide, exposition directe aux rayons du soleil. L'abus des boissons enivrantes est une cause prédisposante de ces accidents. Comme il arrive trop souvent dans les grandes chaleurs, on "prend un coup pour se rafraîchir" ; mais comme le premier verre augmente la soif, d'autres verres le suivent de près, d'où il résulte une forte congestion du cerveau. L'habitude de boire un grand nombre de verres de boissons glacées en un jour d'été, surtout après un fort repas, peut aussi causer le coup de chaud ou l'insolation.

Coup de Chaud.

Symptômes. — - Prostration, affaissement, agitation, pouls faible mais rapide; la peau est fraîche, et la température sera peut-être sub-normale. Cette condition est produite par une trop longue station en été dans des chambres ou locaux trop chauds, ou par le voisinage de foyers de chaleur artificielle dans des fabriques ou des fonderies. La mort n'est pas fréquente dans ces cas.

Traitement. — Le patient s'alitera. On lui donnera un bain chaud, un maillot chaud, des frictions à éponge chaudes et froides sur le cœur. Le patient sera tenu au chaud, et recevra des traitements stimulants, tels que le maillot chaud pendant cinq minutes, suivi de frictions au gant froid pendant cinq minutes et de frictions des extrémités. Pendant toute la du-

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rée des traitements chauds, il faut appliquer des compresses froides à la tête et à la nuque. Donnez du café chaud à boire. (Voyez les numéros 113, 115, 119, 129, 124 et 126.)

Insolation.

Symptômes. — Etourdissement, évanouissements, congestion de la tête, nausée, vomissements, chaleur de la peau, très haute température, de 106° à 112°. Le patient devient inconscient, la respiration est pénible, et les pupilles sont contractées. Si le malade reprend connaissance, et si la température baisse, il y a de l'espoir. La mort peut survenir soudaine^ ment en suite de rupture, d'anévrisme ou de congestion intense du cerveau.

Traitement. — Repos, glace à la tête, à la nuque et à l'épine dorsale. On peut appliquer la glace au moyen d'une vessie à glace, ou placer de la glace écrasée dans un linge. (Voyez le numéro 139.) On travaillera à réduire la température du patient par l'un ou l'autre des remèdes suivants : application de linges mouillés; eau froide versée sur le patient; maillot au drap mouillé trempé dans de l'eau à 50 ° ou à 45 °, que l'on répétera toutes les quatre heures (voyez le numéro 125) ; épongeages froids ou frictions à l'eau glacée. Toutes les trois ou quatre heures, placez pendant vingt minutes la vessie à glace sur le cœur. Si possible, donnez le bain gradué, qui est un traitement efficace. Assurez-vous fréquemment de la température du patient au moyen du thermomètre placé au rectum.

S'il y a convulsions donnez quelques inhalations de chloroforme au moyen d'un mouchoir de poche ou d'un morceau de ouate imbibé de ce liquide. Plus tard, vous administrerez des traitements toniques. Le régime doit être léger. Dans bien des cas, le patient sera obligé à l'avenir d'éviter de s'exposer à la chaleur, de crainte de voir le retour des symptômes de l'insolation.

Empoisonnement par le Plomb.

Causes. — Ce genre d'empoisonnement se rencontre chez les peintres en bâtiment, les plombiers, les typographes et les

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ouvriers en plomb; il est quelques fois produit par l'eau de table ainsi que par des cosmétiques.

Symptômes. — Coliques dans l'abdomen et autour du nombril, constipation, ligne bleue sur la gencive au-dessous de la dent, épuisement, faiblesse, fatigue au moindre mouvement, tremblement, enflure des pieds, du visage et des mains.

Traitement. — Supprimer la cause. Les peintres et les ouvriers en plomb devraient veiller avec un soin extrême à la propreté de leurs ongles, de leurs mains et de leur peau. Prenez trois fois par jours dix grains d'iodure de potassium dans un peu de lait; et durant une semaine ou dix jours, une forte dose (une ou deux cuillerées de table) de sulfate de magnésie avant le dé jeûner. Pour les nerfs et les muscles, l'électricité est nécessaire.

L' Emprisonnement par l'Arsenic.

Symptômes. — Douleurs intenses dans l'œsophage, l'estomac et l'intestin, dévoiements et vomissements violents. Ces symptômes peuvent durer deux ou trois jours, pour reparaître après un arrêt. La mort a lieu entre le quatrième et le sixième jour. Fréquemment, vers le troisième jour, une éruption apparaît, puis l'inflammation des nerfs se déclare.

Traitement. — Videz l'estomac et les intestins ; faites boire une grande quantité d'eau, inondez les rognons ; appliquez des compresses sur l'estomac et l'abdomen pour combattre les douleurs, et donnez l'antidote, peroxyde d'hydrogène hydraté avec de la magnésie. (Voyez le numéro 110.)

Emprisonnement par l'Acide carbolique.

C'est l'un des poisons les plus mortels et les plus rapides que l'on connaisse.

Symptômes. — Taches blanches sur les lèvres, les gencives, la langue et la gorge ; douleurs intenses, vomissement, dévoiements sueurs, abattements, pouls faible et rapide, haleine chargée d'acide carbolique. L'urine est de couleur sombre. Si la dose avalée est forte, le patient peut mourir dans quelques minutes.

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Traitement. — Prenez de fortes doses de sodium ou de sulfate de magnésie, à raison d'une ou deux cuillerées de table dans un demi verre d'eau, et videz l'estomac au moyen d'une faible solution de sulfate de sodium. Appliquez des compresses chaudes sur l'abdomen tout entier, et des compresses chaudes et froides à l'épine dorsale ; faites des frictions froides, tenez les pieds et les jambes au chaud, et soutenez les forces du patient au moyen de blancs d'œufs et de bouillies claires à la graine de lin ou à l'avoine. (Voyez les numéros 110, 129, 126 et 124.)

L'effet de l'acide carbolique sur la peau est neutralisé pal l'alcool. Versez-en sur la peau ou appliquez-le avec de la ouate. Ne frottez pas.

Empoisonnement par des Aliments avariés.

Les aliments avariés susceptibles de causer l'empoisonnement sont la saucisse, les huîtres, les moules, le saumon, le porc, le bœuf et même le lait.

Traitement. — Videz l'estomac ou provoquez un vomissement en buvant plusieurs tasses d'eau tiède salée ou en vous chatouillant le fond de la gorge avec le doigt. Donnez de grands lavements chauds avec compresses sur l'abdomen et l'épine dorsale. Tenez les pieds au chaud. (Voyez les numéros 135 et 110.)

Parasites.

Vers ronds ascarides. — Ce parasite a de six à douze pouces de long, et se rencontre dans l'intestin au nombre de deux jusqu'à plusieurs centaines d'individus. Il passe dans l'estomac ou remonte les canaux biliaires jusque dans le foie.

Symptômes. — Ils sont très imprécis. On remarque des picotements dans le nez, des grincements de dents durant le sommeil ; agitation, irritabilité, contraction des muscles, convulsions ; mais le seul symptôme sûr, c'est l'apparition du ver ou de sections de ver dans les matières fécales.

Traitement. — Après avoir fait jeûner l'enfant pendant douze heures, donnez-lui, le matin, trois grains de santonine, puis, trois ou quatre heures plus tard, une forte dose d'huile

de ricin. La santonine engourdit le ver, tandit que l'huile de ricin le balaie hors de l'intestin. Terminez par un fort lavement. (Voir numéro 135.)

Ver filiforme. — Ce petit ver se loge dans le rectum et dans le colon. Il y produit une irritation et une démangeaison intolérable, et mène fréquemment, chez les jeunes filles, à de mauvaises habitudes.

Traitement. — Nettoyez l'intestin par de forts lavements. Faites infuser une once de copeaux de quassia dans une demi pinte d'eau, et faites pénétrer l'infusion dans l'intestin en faisant prendre au patient la position genou-pectorale. Une faible injection de sel est aussi très efficace. Ces injections devraient se répéter tous les jours pendant dix à quinze jours. Le lavement au sel, à raison de deux cuillerées de table par pinte, donne aussi un soulagement immédiat.

Le Ver solitaire.

Le ver solitaire du porc, ou ténia solium, a .de six à douze pieds de long, et se compose de plusieurs segments. Chaque segment renferme les organes générateurs du mâle et de la femelle, et est par conséquent capable de se reproduire. C'est le quatre cent cinquantième segment environ qui arrive à maturité, et qui renferme les œufs d'où sortiront d'autres vers.

Le ver solitaire du bœuf, le ténia mediocanellata, varie entre quinze et vingt pieds de longeur; sa tête est plus grosse que celle du ver solitaire du porc. C'est le ver solitaire le plus répandu en Amérique.

Les œufs de ces segments arrivés à maturité renferment le ver solitaire à l'état d'embryon. Avant de pouvoir se développer, il doit d'abord passer dans l'estomac d'un animal ou d'un homme. C'est là seulement que la petite capsule qui recouvre l'ovum est digérée, et que l'embryon se trouve libéré. De l'estomac, l'embryon passe dans les chairs et se développe en larve. C'est quand cette viande est absorbée par l'homme que celui-ci devient l'hôte du ver solitaire.

Symptômes. — Le seul symptôme incontestable de l'existence du ver solitaire, c'est sa présence dans les matières fé-

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cales. Les autres symptômes, tels qu'un appétit anormal, des coliques, l'amaigrissement, l'anémie et la dépression, sont trop vagues.

Traitement. — Prenez deux cuillerées de table d'huile de ricin ou une dose égale de sulfate de magnésie, puis jeûnez durant vingt-quatre heures. Ne prenez que du fruit ou du jus de fruits. La médecine la plus efficace, c'est la pelletiérine, le principe actif de la grenade, en doses de trois à six grains, dissoute dans une once d'eau. Prenez cela le matin, puis couchez-vous, en vous efforçant pendant une heure de ne pas vomir. Vous y parviendrez en faisant fortement pression sur votre estomac. Une heure plus tard, prenez deux onces ou quatre cuillerées de table d'huile de ricin. Au bout de trois ou quatre heures, prenez un fort lavement, les hanches surélevées (position genou-pectorale). (Voyez le numéro 135.) Cherchez attentivement la tête du ver. Si elle n'apparaît pas, il faut répéter le traitement. Au lieu de la pelletiérine, on peut prendre deux onces de graine de citrouille écrasée dans un mortier et assaisonnée de miel.

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