‹ Le gypse de Paris et les minéraux qui l'accompagnent: (première contributionChapitre 10 sur 19 · mim · texte numérisé non relu

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Densité 2.16 à 2.18 2.17 2.25 2.18 2.16 2.16 2.22 2.16 à 2.19

L'analyse c) faite sur un échantillon feuilleté représente un mélange

particulièrement riche en magnésitc ; l'analyse a) donne, au contraire, la composition d'une opale presque pure.

Quand on traite la ménilite par l'acide chlorhydrique pur, il se produit une légère effervescence si le minéral est imprégné de calcite, puis à chaud, il se dissout de la magnésie, de l'alumine et du fer; le résidu est constitué par de la silice presque pure.

On voit en résumé que la ménilite, dont le mode de formation rappelle celui des silex de la craie, est une variété d'opale, généralement très impure, qui offre des formes extérieures assez constantes; elle est remarquable par la rareté des produits siliceux cristallisés.

A Villejuif, se trouvent aussi des rognons blancs rappelant la forme de ceux de la ménilite pure : leur milieu est compact, ressemblant à du calcaire lithographique : leur partie périphérique est poreuse, elle happe à la langue. D'après les analyses de M, Terreil (1) et de M. Franchet (2) ces rognons sont constitués par de l'opale, imprégnant du calcaire dont la teneur peut dépasser 70 p. 100, le minéral est alors un véritable calcaire siliceux. La zone poreuse résulte d'une décalcification superficielle : celle-ci peut être môme parfois complète et le nodule est alors recouvert d'une croûte de silice pulvérulente.

D. — Magnksite.

La magnésite forme des lits minces dans les calcaires de Saint-Ouen de la région parisienne ; elle a été étudiée jadis par Alex. Brongniart (3) et j'ai moi-môme fait des recherches (4) sur sa structure intime. Elle forme des masses plus ou moins feuilletées, happant à la langue, absorbant les liquides pour devenir translucide; elle absorbe aussi les corps gras, cette propriété est utilisée pour le nettoyage des chiffons.

Beaucoup plus rarement, la 'magnésite forme de minces pellicules, transparentes sous une faible épaisseur et offrant l'apparence d'une pelure d'oignon. Ce sont ces beaux échantillons trouvés par IVL Munier-

(1) Comptes rendus, CXI, i26, 1800.

(2) Bulletin philom. Paris, VIII, 1895.

(3) Ann. des Mmcs, VII, 291, 1822.

(4) C. Dendus, CXXI^737, 1895, et BulL Muséum hht. nat,, I, 73, 1895.

Chalmas dans le quaHier de l'Étoile qui m'ont servi à déterminer les propriétés optiques de la substance. Il est facile de voir que dans ces lames, la bissectrice aiguë négative est perpendiculaire, ou à peu près perpendiculaire, à leur plan d'aplatissemeni.

Le plan des axes optiques est parallèle à la trace d'un plan de séparation difficile. Par suite de groupements intimes, l'angle des axes (2V) varie de 74°à0\

L'examen microscopique fait voir que la magnésite schisteuse est constituée par l'enchevêtrement plus ou moins irrégulier de petites lamelles ; ce n'est que là où des lits très minces de magnésite ont été soumis à de fortes pressions que ces lamelles ont pu s'orienter pour donner les pellicules transparentes décrites plus haut.

La magnésite de l'Étoile est légèrement pléochroïque dans les teintes jaunes, avec minimum d'absorption suivant;?^.

La difficulté de dessécher complètement la substance rend quelque peu incertaine la formule de la magnésite qui me paraît devoir être la suivante : (H^ Mg^ Si' 0'-). Je renvoie pour plus de détails sur ce minéral à ma Minéralogie de la France (i), où je l'ai étudié. La magnésite présente les mêmes particularités que la ménilite qu'elle englobe, on y observe en efl'et des graines de chara, de petits mollusques (hydrobies), etc.

Les gisements à signaler pour l'abondance de la magnésite sont, en outre du quartier de l'Étoile indiqué plus haut, la base de tous les gisements gypseux (Ménilmontant, Montmartre, Argenteuil, etc., et, dans les environs plus éloignés de Paris, Chennevières près Champigny, Coulommiers, etc.).

L'association d'opale à la magnésite sôdimentairé n'est pas particulière à la région parisienne, je rappellerai notamment la belle opale rose carmin des environs de Quincy-sur-Cher près Mehun qui accompagne et imprègne la variété rose de magnésite qui a reçu le nom de quincyte^ elle se rencontre dans des calcaires oligocènes.

(I) Minéralogie de i.i France et de ses colomeô^ I, 437, 1895

E. — Pyrite,

La pyrite se trouve en très petite quantité dans les assises Indiennes et oligocènes; je l'ai trouvée récemment dans les marnes de la troisième masse de Noisy-le-Scc ; elle y forme de petits nodules ou des marbrures noires très altérables et recouvre les cristaux de gypse que renferment ces marnes.

Dans la grande carrière de Romainville, elle se rencontre finement divisée dans de petits lits des marnes bleues et dans les marnes à Cyrena convexa^ elle est souvent appliquée sur ce dernier fossile, elle est généralement très altérée et donne par sa destruction du gypse et de l'apatélite qui seront étudiés plus loin. Les marnes bleues supragypseuses sont généralement considérées comme pyriteuses, ce n'est qu'à Romainville que j'ai trouvé au milieu d'elles de la pyrite individualisée.

Il me semble probable que dans ces divers niveaux la pyrite est d'origine secondaire, et produite par réduction du gypse en présence des sels de fer. On peut affirmer, dans tous les cas, qu'à Noisy-le-Sec elle est postérieure aux cristaux de gypse, puisqu'elle les épigénise (voir p. 251). Dans ce dernier gisement seulement, j'ai pu observer des formes permettant de rapporter ce sulfure de fer à la pyrite; il est possible que dans les autres gisements, il soit constitué par de la marcasite; le minéral est trop impur pour qu'en l'absence de formes géométriques, il soit possible de vérifier cette hypothèse.

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