GLEY, CHARLES RICHET @t RONDEAU. — Loc. cit
Pendant toutes ces expériences, le chien s’est montré beaucoup plus sensible au hachich que le lapin ou le pigeon. Une dose de 25 ce. de la solution que nous avons indiquée (ch. I, p. 25) injectée rapidement dans les veines d’un chien, produit une violente attaque convulsive épileptiforme. La réaction du chien vis-à-vis de la drogue est cependant bien moins vive que celle de l'homme. Toute proportion gardée entre les poids des sujets mis en expérience, il semble qu’il faille donner au chien une dose trente fois plus forte qu’à l’homme pour obtenir l’intoxication aiguë.
Notons aussi, comme résultat des expériences des mêmes auteurs, une hyperexcitabilité provoquant des frayeurs extrêmes en réponse à des excitations sensorielles simples et normales. Un chien, après une injection intraveineuse de 45 ce. de la solution indiquée, se sauve épouvanté devant un lapin blanc, ou tout autre animal ou objet brillant.
L’ensemble de ces expériences, malheureusement si peu nombreuses et réalisées dans
des conditions si peu comparables entre elles, permet pourtant de reconnaître l’action bulbaire et corticale du hachich. Cependant l’histologie des parties de l’encéphale atteintes reste à faire et c’est surtout à ce point de vue que, dans l’état actuel des recherches, les expériences sur les animaux devraient être faites. Les résultats histologiques permettraient enfin de tenter une théorie neurobiologique de l’intoxication hachichique, non plus sur des données floues à allures pseudoscientifiques, mais selon les méthodes de laboratoire sur des faits d'expériences venant préciser les indications de la clinique et les suggestions des auto-observateurs.
M. Binet-SawcLé, à la suite de l’auto-observation dont nous avons parlé dans le chapitre précédent, a cependant tenté un essai de théorie neuro-biologique. On peut être surpris qu'un auteur, accoutumé cependant à la méthodologie expérimentale, s’efforce à une théorie aussi vaste sur des données aussi courtes. Nous devons pourtant rappeler ces vues parce qu’elles représentent l’essai théorique le mieux
marqué et aussi parce qu’elle nous rappelle les jours — qui datent d’hier — où certains physiologistes et psychologues demandaient à la théorie de la rétractilité des neurones une explication facile des faits psychiques les plus complexes.
M. Biner-SancLé reprend en effet, à propos du hachich, la théorie de l’amiboisme, cette grosse question neurologique qui, entrevue par RagBz-Rücxnarpr en 1890, par Hizz en 1891, lui semble démontré par les travaux de M4- THIAS DUVAL, JEAN DEMOOR, PERGENS, STEFANOWSKA, Querton, Ropert Onter et J. Haver. On sait qu'aujourd'hui cette théorie n’est plus guère défendable, les neurofibrilles ayant fait oublier le neurone-entité.
Le système nerveux, dit en substance M. Br- NET-SANGLÉ !, ne fait que transformer des mouvements qu’on peut rapporter à la mécanique, à la physique ou à la chimie, en contractions musculaires ou en mouvements physiques et chimiques (chaleur animale, électricité organique, trophisme). Il est composé « de con-