CHAPITRE PREMIER- L'Hygiène
l'Élevage par la mère et les instituts d'élevage
On n'aura pas tout fait quand on aura réuni au haras les hommes et les femmes les plus remarquables, assorti les couples, obtenu la fécondation, surveillé la grossesse, réussi l'accouchement. Il faudra encore assurer l'évolution normale du produit jusqu'à l'âge adulte.
A cet effet trois instituts d'élevage seront annexés au haras humain, un du premier degré pour les sujets âgés de 5 à lo ans, un du deuxième degré pour les sujets âgés de lo à i5 ans, un du troisième degré pour les sujets âgés de i5 à 25 ans.
Jusqu'à cinq ans, l'enfant sera élevé par
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la mère, sous la surveillance de Tanthropogénîste de la circonscription. Elle Tallaitera elle-même et, dans ce but, introduira les féculents (pommes de terre, haricots, lentilles, châtaignes) dans sa propre alimentation. Elle sera doublée d'une forte nourrice, qui la remplacera en cas de malaise.
Aux tétées exclusives (6 à 8 d'un quart d'heure chacune par nycthémère) fera suite un régime mixte, composé de lait et de soupes de froment ou d'avoine. Le sevrage aura lieu à dix-huit mois, le lait restant le fond de l'alimentation jusqu'à deux ans.
On n'oubliera pas qu'il meurt en France chaque année, environ i35.ooo enfants et que le tiers d'entre eux sont emportés par une gastro-entérite due à l'infection des ali^ ments, surtout par les mouches.
Au bout d'un mois environ, l'enfant quittera le maillot pour l'habillement à l'anglaise, qui ne gêne pas les mouvements des membres.
A cinq ans, il entrera à l'institut d'élevage du premier degré, situé dans la région méditerranéenne et comprenant deux stations, l'une sur les Alpes pour l'été, l'autre sur la côte pour le printemps et l'hiver.
l'Élevage î»ar la merç et les instituts d'élevage 2o3
Le choix de cet emplacement est dicté par l'influence de Tair rustique et de l'ensoleillement sur le développement de l'organisme. Un têtard que l'on prive de lumière ne se transforme pas en grenouille. Les enfants abandonnés, élevés dans les maisons sombres et mal aérées des villes, sont pâles et débiles. Placés en pleine campagne par l'assistance publique, ils se développent très bien. J'ai été frappé de la grandeur et de la vigueur des colons algériens, issus, comme on sait, de Français, d'Italiens et d'Espagnols. J'attribue ces caractères à l'action de la lumière et de la chaleur.
îo/i t& UÀRÀd ttUMAlN
L ALIMENTATION
On apportera un soin tout particulier au développement physique de l'enfant. « La première condition pour réussir dans la vie, écrit Ralph Emerson, est d'être un robuste animal. » C'est que l'homme robuste sent, se souvient, raisonne et agit fortement. C'est aussi qu'une bonne santé est la première condition du bonheur.
Il faudra en premier lieu surveiller l'alimentation. Selon Jean- Antoine Dubois la gracilité des Hindous, selon Gerdy celle des Australasiens et selon moi celle des Grecs modernes sont le résultat d'une alimentation insuffisante.
La supériorité des Européens sur les sauvages n'est pas due seulement à ce qu'ils appartiennent à des races plus évoluées, mais aussi à ce que leur alimentation est meilleure.
Si les nobles du moyen-âge et les nobles
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contemporains, en Angleterre et en Allemagne, sont plus grands et plus vigoureux que les roturiers; c'est qu'ils sont beaucoup mieux nourris. (D'après O. BoUinger.)
La même différence existe, d'après Constantin Chassebœuf de Volney, entre les cheiks des Bédouins et leurs sujets et, d'après mon observation personnelle, entre les menibres arabes des Délégations financières et les boutiquiers de la Kasba d'Alger. Cette différence dans la constitution physique des classes se retrouve chez les Aréas et les Taï* tiens, selon lohann Forster.
Charles Darwin remarque qu'en Polynésie les habitants des îles volcaniques, îles remarquables par leur fertilité, sont plus grands et plus vigoureux que ceux des îles coraliennes, lesquelles sont stériles.
L'enfant doit donc recevoir une alimentation substantielle et abondante. Sans quoi il ne conservera et ne transmettra pas à ses descendants les caractères qu'il tient de ses générateurs.
Malingié créa une élite ovine en faisant réagir le type new-hent sur les types berrichon et solognot. Les caractères de la variété obtenue se maintiennent à la Charmoise et dans
les fermes du nord de la France, où les moutons sont copieusement nourri^ mais, dans le centre et dans le midi, où la nourriture est moins abondante, le» caractères empruntés au type new-hent s'eff acenl peu à peu et Ton voit réapparaître les types berrichon et solognot.
L'alimentation joua un grand rôle dans la création du motttem dishley par Bakewell et du bœuf durham par Charles CûUing.
Les chevaux boulonnais et percherons doivent en partie leurs formes athlétiques et leur énergie à la grande quantité d'avoine qu'ils consomment dans leur jeune âge.
Chez riiomme, écrit Herbert Spencer, « les races bien nourries se sont toujours montrées les races énergiques et dominantes * ». John Beddoe remarque, de son côté, que partout où une race atteint un maxipium de développement physique, elle s'élève au plus haut degré d'énergie et de vigueur morale \
L'enfant mangera à son appétit. L'appétit est le guide le plus sûr des besoins de l'orga-
(i) Herbert Spencer. De Véducation. Paris, Alcan, 8* éd, p. i84.
(fî) John Bcddoc, in Memoîrs of thc anthropological Society, t. HI, 1867-1869, pp. 56i à 667.
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nisme. Le père d'un enfant de cinq ans plus grand de la tête que tous ceux de son âge, rose de teint, robuste et actif, disait à Herbert Sp/encer : « Je ne puis trouver aucune règle artificielle pour connaître la quantité de nourriture dont il a besoin. Si je dis : « Ceci suffit », ce n'est qu'une supposition et la supposition peut être fausse aussi bien qu'elle peut être juste. Conséquemment, comme je ne me crois pas devin, je laisse l'enfant manger à son appétit*. »
La qualité des aliments sera l'objet d'une surveillance attentive.
(( Le caractère national des Anglais et des Gauchos de l'Amérique du Sud, qui vivent principalement de viande, c'est-à-dire d'une nourriture riche en azote, n'est pas du tout celui des Irlandais, mangeurs de pommes de terre, et des Chinois, mangeurs de riz, qui, les uns et les autres, vivent surtout d'ali* ments peu azotés. Aussi les derniers ont-ils beaucoup plus de tissu graisseux que les premiers. ^ »
La vérité est que les Anglais mangent trop
(i) Herbert Spencer. De VÊdncation, Paris, Aloan, 1908, p. 177.
(2) Ernst Hœckel. Histoire de la création des êtres organisés, Paris, Reinwald, 1874, p. 199.
de viande, les Irlandais trop de pommes de terre et les Chinois trop de riz. L'alimentation sera mixte. Mais la viande y entrera pour une large part.
Il est à remarquer, en effet, que les carnivores sont plus énergiques et plus actifs que les herbivores. Les Cafres, les Indiens de l'Amérique du Nord, les Patagons, les Anglais, grands mangeurs de viande, sont vigoureux et énergiques, alors que les Australiens et les Hottentots, qui vivent de racines, de baies, de larves d'insectes, et les Hindous qui vivent de riz, ont une petite taille, un gros abdomen et des muscles mous. La viande est nécessaire à l'activité physique et intellectuelle.
Les aliments seront préparés avec soin, faciles à mâcher et à digérer. Les chevaux de course reçoivent un fourrage supérieiu* à celui des chevaux de charge ou de trait. Il doit en être de même pour les produits de l'élite humaine.
Les plats seront, dès leur sortie du feu, protégés tontre les mouches, insectes vecteurs de toutes les infections du tube diges» tif et particulièrement de ces gastro-entérites qui tuent un tiers des enfants âgés de i à
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Les aliments froids seront pelés ou aseptisés, l'eau bouillie ou filtrée, les mains lavées avant, la bouche après chaque repas.
On laissera Tenfant suivre ses goûts. S'il aime le sucre, c'est que son organisme a besoin de chaleur ; s'il aime les fruits, c'est que ses fonctions intestinales ont besoin d'être stimulées. Il n'abusera de rien si on lui donne à discrétion ce qu'il désire. Toutefois, les boissons contenant de l'alcool et les autres excitants, comme le thé et le café, seront prohibés.
On veillera à la régularité des fonctions intestinales, la moindre autointoxication altérant les neurones cérébraux.
Lt HARA8 HUMAIN* M
sio LE iË\RA« mnsàm
l'hygienb sexuelle
Chaque matin> l'enfant prendra un bain tiède. On lui recommandera de tenir très propre son anus et ses organes génitaux afin d^éviter les démangeaisons qui {provoquent la masturbation i
Chez les filles, l'hymen^ reliquat ancestral sans utilité \ sera incisé, comme il l'est actuellemient chez les Sakalaves. Ainsi on facilitera l'évacuation dQs toxines génitales et on pourra prescrire une injection biquotidienne d'eau bouillie, tiède pendant les menstrues.
On évitera à l'enfant les spectacles et les lectures susceptibles d'éveiller prématuré-
(i) On considère l'hymen comme une preuve de virginité. Mais, d'une part, certains hymens sont assez élastiques pour résister à des coïts répétés et, d'autre part, on simule aisément l'existence de cette membrane en rétrécissant le vagin à l'aide d'une injection d'eau froide, blanchie à l'alcool bcnzoïquc (solution concentrée de benjoin dans l'alcool à 92®).
m^nt ison instinct sexud, maî«, dès la puberté, marquée pw ia mue de la voix, la langueur, la tend^noe à la rêverie, Tattrait du sexe opposé, Tapparition des poils aux aînés et aux aisselles, la sécrétion du sébum par les muqueuses génitales, Térection de la verge ou du clitoris et du mamelon, la pigmentation de TarécAe, le développement des seins, l'apparition du sperme ou des règles, le coït sera antori^ et cela deux lois par semaine 3usqu''à vingi; an«, puis trois fors après vingt ans. 11 sera autorisé chez les deux sexes et, comme la femme ne doit pas être fécondée ^vant l'âge adtilte pour les raisons suB-tediquées, on lui enseignera la prophylaxie ^nticonc^pfâonnelle.
Ce qtie j'écris là indignera beaucoup de le(Aetirs. Mafe lîi science n'a pas à se préoccuper des morales religieuses. Elle ne tient <;ompte que des faites Or, dès la puberté (i5 ans en naoyejMie ^bez les garçons, ï4 ans chez les Mes), les organes ^nita^x sécrètent conlinuellement ^s toxines dont la présence se traduit par -un besoin d'éJaculBtion. Si cette éjaculation est obtentie autrement que par le coït, on observe, chez les deux sexes, la tristesse, l'amnésie, la lenteur et l'incohé-
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rence de l'association des idées, Tincertitude du raisonnement, la faiblesse de la volonté, parfois la neurasthénie, Timpuissance ou la stérilité. Les candidats aux grandes écoles qui se livrent à l'onanisme sont à peu près sûrs d'échouer.
Si ce besoin d'éjaculation n'est pas satisfait, on observe, chez l'homme, les névralgies testiculaires ; chez la femme, les digestions pénibles, la dystrophie des ovaires avec troubles menstruels, parfois l'aspect hommasse et la chlorose ; chez les deux sexes, le malaise, le teint terreux ou blafard, l'obésité, les éruptions cutanées, le caractère morose et acariâtre, l'émotivité, l'insomnie, les cauchemars, les alternatives d'excitation et de dépression, la propension à la tiristesse, à la colère, à l'inquiétude ou à l'angoisse.
Chez les névropathes, ce sont les désirs effrénés d'une Cattarina Fieschi *, qui se roulait à terre en criant : a Amour 1 amour 1 je n'en puis plus 1 », les hallucinations, le délire et les flagellations d'une Maria M agdalena dei Pazzi, d'une Teresa de Cepeda* ou d'une
(i) Dite Catherine de Gènes.
(2) Dite Saînle Tliérèse. . *
L'HTOiftNB 8BXUBLLE 3lS
Elisabeth de Genton, Fonanisme, le tribadisme, le saphisme, la pédérastie, tout cet <érotisme de couvent qui, au temps des « professions » imposées, obligeait à gorger moinillons et nonnains de laitue, de pourpier, de sirop de nymphéa ou d'agnus castus, de les saigner, de leur appliquer des lames de plomb sur la poitrine et les lombes !
L'hystérie, presque inconnue chez les femmes hindoues qui coïtent dès l'apparition des règles, est si répandue chez les vierges continentes que certains médecins ont recommandé, pour prévenir les crises, la M confrication de la vulve », c'est-à-dire la masturbation I
La continence prédispose enfin à l'aliénation mentale. Sur 1.726 aliénées de la Salpétrière, 1.276 n'étaient pas mariées.
La masturbation et la continence étant condamnées par l'hygiène, il ne reste que le coït et, à l'âge indiqué, le coït fécondant.
Chez les Iraniens, la virginité était une honte après l'âge de la puberté : Zarathustra envoyait en enfer toute fille qui mourait vierge.
A Sparte, des lois très dures punissaient le célibat. Pendant certaines fêtes, les femmes
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invectivaient les célibataires sur les plac^ puhliqties et les fouettaient au pied des autels. L'entrée des gymnopédies leur était interdite et ils ne recevaient aucun des honneiirs réservés à la vieillesse.
A Rome, les célibataires ne pouvaient rien recevoir par testament des étrangerâ. Les femmes non mariées ne pouvaient porter de pierreries, ni monter en litière*
Le coït régulier favorise le développement. Il assure cet équilibre physique et mental qui se traduit par la fraîcheur du teint, la régularité des fonctions digestives et circulatoires, la régularité des menstrues, la souplesse de Torganisme, la gaîté du caractère, la clarté des idées, Tindépendance de l'esprit. Le continent et le masturbateur sont cléricaux et royalistes. Le coïteur est libre penseur et républicain.
Le coït fait durer la vie. On a depuis longtemps remarqué la longévité des flamangels et aussi de l'âne étalon» En revanche il meurt i3i femmes célibataires pour ïoo épouses et les vieilles filles ne fournissent pas de centenaires, si bien que les anciens dédiaient des statues « à l'Hymen qui retarde la vieillesse. »
L*HYGlèNB SEXUELLE 21 5
On enseignera aux jeunes gens, la prophylaxie des maladies vénériennes.
Chez l'homme, les organes génitaux seront, après le coït, nettoyés au savon de Marseille, puis arrosés (le gland étant découvert) avec la solution de bichlorure de mercure au millième (i gramme pour un litre d'eau). On fera ensuite, dans la fosse naviculaire \ avec la seringue à embout de caoutchouc, une instillation de permanganate de jpotasse également au millième. On aura soin de comprimer le canal à un centimètre en arrière de son ouverture pour que le liquide ne pénètre pas plus loin. Enfin, si le coït est suspect, on oindra les nluqueuses de pommade au calomel.
Calomel ..,.,..., lo gra^inmes
Lanoline 20 gframmes
Chez la femme : savonnage vulyairç, injection vaginale de bichlori^re de nierovire (25 centigrammes pour un litre d'eau) e\y au besoin, onction à la pommade aiz calomel du clitoris, des lèvres et des payois dépassées 4p vagin.
(i) Entrée du canal de Turètre*
ai6 I.B HARAS HUMAIN