LES QUATRE PHASES DE LA GÉNÉRATION
tartrique gauche pcfur donner Tacide racémique*
A un quatrième degré (depuis le ver-poisson jusqu'à rhomme), Tindividu ne possède que des spermatozoaires ou des ovules et il lui faut, pour reproduire un animal du même genre, s'approcher d'un individu de sexe opposé.
Dans les deux premières phases, celles de la génération unisexuée, le produit est identique à son générateur.
Dans les deux dernières, celles de la génération bisexuée, il tient et diffère de l'un et de l'autre, comme l'acide racémique tient et diffère des acides tartriques qui l'ont engendré.
LA PLASTIDULISATION
Étudions le mécanisme intime de la reproduction dans l'espèce humaine.
L'homme est une colonie de soixante tril- ^ Ions de plastides.
Chacune de ces plastides pond à chaque seconde et verse dans les liquides circulants des milliards de corpuscules qui sont à chacune d'elles ce qu'est la particule cristalline au cristal solide.
Ces particules sont appelées « gemmules » par Charles Darwin, « idioblastes » par Oskar Hertwig, « déterminants » par Weissmann, « plastidules » par Ernst Haeckel. J'adopterai cette dernière expression qui figure l'objet à nos yeux. L^ plastidule n'est en effet qu'une réduction de la plastide.
Que la plastidvlhation soit générale, que chaque plastide produise une plastidule,
comme le pensait Georges de Buffoii, qu'il y ait pangenèsè, pour employer Texpression de Charles Darwin> c'est ce qui résulte de la ressemblance du générateur et de Tengendré dans les plus infimes détails, c'est ce qui résulte aussi de l'hérédité des niûtilatiotts chez certains animaux. Si, cheË ceux-ci, un membre coupé ne se reproduit pas, c'est que les plastides de ce membre n'envoient plus de plastidules aux cellules génératrices, a Le sperme, lit-on dans VAitareya . aramya, est l'essence extraite de tous les membres du corps » \
Que la plastidulisation soit constantey c'est ce qui résulte de l'hérédité hômochrone, l'engendré présentant successivement les caractères successivement présentés par ses générateurs, cela dans le même ordre et au même âge qu'eux.
« Les capacités acquises, écrit Louis Girou de Buzareingues, se transmettent dans la génération et cette transmission est d'autant plus sûre et d'autant plus parfaite que les mêmes modifications ont été plus fréquentes, que les habitudes sont plus anciennes et que celles d'un sexe sont moins contrariées
(i) Aitareya aramya îh V.
4q le haras hubiain
par l'autre. L'enfant reçoit de ses parents, avec les empreintes de leurs habitudes, toutes les nuances de capacité, d'aptitude, de penchant qui en ont été le fruit ». *
Les plastidules pondues à chaque seconde par une plastide donnée sont entraînées par les liquides circulants dans toutes les régions de l'organisme, pénètrent dans les autres plastides, se combinent à leur substance ef leur servent d'aliments. Ainsi s'explique que le corps présente une homogénéité, qui se traduit par les caractères morphologiques du sexe', le tempérament et ie balancement des organes.
L'échange des plastidules se fait même à travers le placenta, entre la mère et le fœtus, qui transmet à celle-ci les plastidules du père. Ainsi s'explique la télégonie, démontrée par les faits suivants :
L — Une truie, qui avait eu d'un sanglier des petits chez lesquels dominait la couleur brune, fut, longtemps après la mort du père, fécondée par des verrats domestiques. Parmi
(i) Girou de Buaareingucs. De la génération, Pcois, Huzard, iSaS.
(a) Si ces caractères disparaissent après la castration, c'est que les plastîdcs des glandes sexuelles n'envolent plus leurs plastidules au reste de l'organisme .
LA PLASTIDULISATION 4l '
les petits de la seconde et de la troisième portée, plusieurs présentèrent des taches couleur sanglier.
II. — Quand une chienne a été fécondée par un chien d'une autre race, lès portées résultant du coït avec un congénère contiennent toujours un ou plusieurs petits présentant des caractères étrangers.
C'est ainsi qu'une chienne artésienne, ayant été couverte par un mâtin aux yeux vairons, eût, d'un mâle artésien, dans la portée suivante, un petit à l'œil vairon \
III. — En i8i5. Lord Morton fît couvrir une jument arabe par un couagga. Elle en eut un hybride à robe rayée. Fécondée ensuite par des étalons arabes, elle engendra, en 1817, un poulain rayé; en 1818, un' poulain rayé, mais moins que le premier ; en 1833, un poulain sans rayure. Elle avait donc mis de trois à six ans pour éliminer les plastidules du couagga '.
IV. — Si une jument a été fécondée par un âne, puis par un cheval, le second produit peut présenter des caractères asiniques dans la croupe, la tête, les oreilles ou la couleur.
V. — Si une jument baie a été fécondée par un étalon gris, puis par un étalon bai, le dernier produit peut être un poulain gris.
(i) J. Kiéner. Observations sur Vhérédité, Journal de ragrlculture 1890, p. 449-
(a) Morton. A communication of singular fait in natural history. Philosophical transactions of the royal Society 1821. III, 20.
VI. — Une femme blanche, fécondée par un nègre, engendre des mulâtres. Si elle se marie ensuite à un blanc, ses enfants présentent des caractères négroïdes.
De même une négresse fécondée par un blanc engendre des mulâtres et c'est encore des mulâtres qu'elle engendré si elle de remarie à un nègre.
VIL — Une femme mariée à un sourd-muet engendra un sourd-muet. Elle se rémariêi à un homme normal. Son premier enfant fut sourd,
VIII. — La veuve d*un homme atteint d*hyprospadias se remaria à un homme normal. Elle engendra quatre hypospades, «dont deux transmirent la monstruosité à leurs descendants^.
IX. — La veuve d'un homme atteint d'épilepsie se remaria à un homme normal. Elle engendra un épileptique *.
X. — D'après un adage ancien, la plupart des enfants nés de l'adultère ressembleraient plus à leur père légal qu'à leur père réel. LuCilio Vanini, Ulysse Aldovrant, Jules Michelet fournissent des observations en. faveur de cet adage.
(i) Ladreit de la Charrière : Préface au livre de (Soguillot, Comment on fait parler les êourds-muefs* Paris, Mâsson, 1889, p. 9-
(2) Lingard in The Lancet i884, I, p. 7081.
(3) Marbaix in Bulletin de T Académie de lliédecine de Bruxelles, 1S90.
LA PLASTIDUUSATION 43
Voici le cas de Michelet :
Madame de Montespan « avait eu déjà un fils de M. de Montespan. Le premier enfant du roi,le duc du Maine, ne rappela que le mari ; il en eut Tesprit gascon, la bouffonnerie ; on l'aurait cru, de ce côté, petit-fils du bouffon Zamet \ »
L'imprégnation demande un certain temps. Aussi les caractères congénitaux du père ont-ils tendance à se développer chez les enfants des deux sexes, alors que ses caractères tardivement acquis ne se développent que chez les garçons. La goutte, maladie mâle d'acquisition tardive, est transmise aux garçons plus souvent qu'aux filles.
(i) Michelet. Histoire de France, Paris, Lacroix, 1879. tome XV, p. Î96.
Voir sur la même question : Gaston Gaillard. Les phénomènes dHmprégnation, Bulletin de la Société d'Anthropologie, i0i3) p. 27t.