CHAPITRE PREMIER
Le Pays, le Climat, les Habitants
Le Pays
omprise approximativement entre 10» ,5 et 25» de latitude nord, entre 0*^ et 8° de longitude ouest, la Haute-Volta est bornée au nord par le Soudan français (Cercles de Honbori et de Bandiagara), à l'est par le Moyen-Niger qui la sépare du Territoire du Niger (Cercle de Niamey), au sud par le Dahomey, le Togo, la Cold Coast et la Côte d'Ivoire, à l'ouest par le Soudan français (Cercles de Sikasso, Koutiala et San).
Deux régions naturelles correspondant aux bassins du Hautet Moyen-Niger et de la Vol ta constituent la Hauto-Volta. Le premier, le moins important, comprend les Cercles de Ouahigouya et Dori; il se réduit à quelques cours d'eau insignifiants, lits desséchés pendant la majeure partie de l'année, torrentiels aux heures qui suivent immédiatement les fortes chutes des pluies d'hivernage, en tout temps impraticables à la navigation. L'aspect du pays est celui des zones sahéliennes, caractérisé paa* de vastes espaces sablonneux où pousse une végétation rabougrie principalement composée d'épineux et d'arbres à gomme.
Le deuxième bassin qui s'étend sur la plus grande surface de la colonie est représenté par ^es trois Volta, la Noire, la Rouge,
et la Blanche et par l'Oti, tous quatre affluents du fleuve Vol ta qui se jette dans l'Atlantique entre Lomé et Accra. Tous ces cours d'eau sont alimentés par les pluies de l'hivernage et se réduisent pendant la saison sèche à une série de mares isolées. L'aspect du pays, sans être encore très luxuriant est égayé, surtout pendant la période des pluies, par d'immenses champs de mil que l'humidité du sol et sa teneur en humus permettent aux indigènes de cultiver en grand. La végétation arborescente y est faible, sauf dans les thalwegs où l'on rencontre de beaux arbres.
De l'ensemble des fleuves et dés rivières qui arrosent la Haute- Volta, le Niger et la Volta Noire méritent seuls une mention spéciale. La Volta Noire qui sépare lea Cercles du Lobi et de DédougO'U a été jadis utilisée comme moyen de transport sur uno notable partie de son parcours et sa navigabilité n'est qu'une question d'étude qui pourra être envisagée ultérieurement.
Le Niger suit la frontière orientale de la colonie sur une longueur de 400 kil. environ. A sa sortie du Soudan français il se trouve encaissé entre ses deux rives et, pendant une centaine de kilomètres, en amont de Dounzou, eist coupé par des rapides, principalement les rapides de Fafa et de Lubézenga. Accessible aux chalands de 4 à 6 tonnes à l'époque des hautes eaux (octobreavril), la navigation n'est possible durant la période sèche et dans certaines parties que pour les pirogues de faiblo tirant d'eau.
Le Climat
Si l'on met à part les Cercles de Dori et de Ouahigouya, appartenant à la région sahélienne et, comme tels, doués d'une température presqu'uniformément chaude, sèche le jour et fraîche la nuit, on peut distinguer dans la partie moyenne et méridionale de la colonie deux saisons principales : la saison sèche et la saison des pluies.
La saison sèche va du début de novembre à fin mai. Jusqu'au début de février la température est relativement fraîche; elle devient torride de février à mai. La saison des pluies va de juin à fin octobre; elle est chaude et humide. Les pluies y sont particulièrement abondantes de la fin du mois de juin à mi-septembre. Elles sont accompagnées le plus souvent de violents orages 011 le tonnerre et le vent se déchaînent avec furie.
La hauteur d'eau tombée annuellement va de 0 m. 40 à 3 mètres environ suivant les régions. Toujours suffisante dans les régions du sud, sa répartition est, pour les Cercles du nord, d'une importance capitale, car c'est d'elle que dépend le sort des cultures toutes hâtives dont quatre mois à peine séparent les emblavements de la maturation.
Le nombre des jours de pluie varie de 25 à 75. L'hygrométrie oscille, avec les saisons, entre 40 et 90.
Les différences de température sont plus sensibles dans le nord que dans le sud. Dans la zone sahélienne le froid est plus vif en hiver et la chaleur plus forte en saison sèche. La moyenne des minima est de 16° et celle des maxima de 30°.
Les vents dominants sont ceux du nord-est (Alizés ou Harmattan), vents très chauds et desséchants. La Mousson souffle au début de la saison fraîche et à la fin de la saison chaude, mais se fait assez peu sentir. Le vent i^llea tornades est toujours orienté est-ouest.
Dans son ensemble le climat de la Haute- Volta est favorable h l'européen qui peut y faire des séjours prolongés, sous la réserve qu'il s'astreigne aux exigences de l'hygiène tropicale.
Les Habitants
La Haute- Volta compte environ 3 millions d'habitants disséminés sur une superficie de 300.000 kilomètres carrés, soit dix habitants au kilomètre carré. Très dense dans la région du Mosôi, la population devient plus clairsemée dans l'ouest ; la sécheresse résultant du climat ou l'absence de points d'eau la rend parfois très faible ou nulle dans les Cercles du nord et de l'est qui comptent de grands espaces à peu près désertiques.
Les races qui peuplent la H au te- Volta peuvent se diviser en deux blocs principaux : races voltaïques ou aborigènes qui comprennent le groupe Mossi, le groupe Gourounsi, le groupe Bobo et quelques autres groupes moins importants;, et races envahissantes qui englobent le groupe Peuhl, le groupe Soninké, le groupe Songhraï, et quelques autres groupes moins considérables.
Les races voltaïques et les races envahissantes se différencient d'une manière générale par plusieurs caractères dont les plus remarquables sont les suivants :
1° Les premières sont fétichistes tandis que les autres pratiquent la religion niusulmane;
2° Les Voltaïques s'adonnent en grosse majorité à l'agriculture tandis que les musulmans, commerçants ou pasteurs, vivent des échanges ou de l'élevage;
3° Les Voltaïques sont établis dans les Cercles de Ouagadougou, Gaoua, Bobo-Dioulasso, Dédougou et Ouahigouya; l'habitat des musulmans est limité essentiellement aux Cercles de Say et de Dori.
Races Aborigènes
Groupe Mossi. — Ce groupe compte environ 1.700000 représentants. Bien que parlant des dialectes assez différents, les indigènes qui le composent ont gardé entre eux des affinités au point de vue physique, religieux et moral.
Le Mossi présente déjà un type plus affiné que le noir ordinaire : de taille moyenne, les traits plus délicats, de structure solide, il a le grave défaut de s'adonner à l'alcool. Une notable partie de la récolte de grains est consacrée à la confection d'une bière spéciale qui, dans certaines régions, constitue la base de l'alimentation indigène. Cette consommation excessive de boissons fermentées jointe aux disettes qui, dans le nord, ont pu résulter d'années d'une exceptionnelle sécheresse explique l'état stationnaire d'une population par ailleurs intéressante et laborieuse.
Groupe Gouro'unsi. — Ce groupe compte environ 400.000 individus. Le Gourounsi présente de nombreuses analogies avec le Mossi, mais, demeuré plus primitif, il vit dans une sorte d'état anarchique, ignorant de toute autorité. La franchise de son caractère et son état de prévoyance distingue le Gourounsi et le rendent, à ce double point de vue, bien supérieur à son voisin Mossi. En pays Gourounsi, la règle, qui est strictement observée, est de ne jamais toucher aux produits de la récolte avant une année écoulée : cette mesure explique les réserves considérables, datant parfois de plusieurs hivernages, en dépôt dans les villages.
Groupe Bobo. — Ce groupe dont l'habitat se confond avec les limites mêmes du Cercle de Bobo-Dioulasso et quelques cantons du sud-ouest de Dédougou compte environ 376.000 individus. Ses traits distinctifs ne sont guère différents de ceux du Mossi
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Fiiî. 1. — Ouagadouj40u : Le Gouvernement.
V\'j:. 2. — OiKiiindouiioii : l.c Mdi'ho N;ili;i.