‹ Le Haute-VoltaChapitre 3 sur 11 · HAUTE-VOLTA.— PLANCHE I · texte numérisé non relu

HAUTE-VOLTA.— PLANCHE I

et Gourounsi. Le caractéristique du Bobo réside dans son amour de la terre et ses aptitudes remarquables pour la culture : les campagnes bobos, naturellement fertiles, offrent, dans la saison des travaux agricoles, l'aspect de vastes jardins entretenus avec le soin le plus méticuleux.

Groupes divers. — Ce sont les Samos de Dédougou, race quelque peu turbulente et avide d'indépendance; les Sia ainsi désignés du nom de la ville do Bobo-Dioulasso;lesBaribas de Fada; les Bellahas de Dori, etc., représentant à eux tous un total d'environ 70.000 habitants.

Races Envahissantes

Groupe Peuhl.— Les familles peuhles qui peuplent la Haute- Volta proviennent toutes du Fouta-Toro sur la rive gauche du Sénégal ou des environs de Kayes; leur arrivée dans la colonie date des XVP et XVIP siècles, après plusieurs arrêts dans le Macina et l'Issa-Ber. Cet élément est représenté par environ 310.000 individus répartis dans tous les Cercles; groupés dans la région du nord où ils se livrent à l'élevage pour leur propre compte, ils se rencontrent aussi danis. les Cercles du sud où ils sont bergers à la solde des riches Mossi.

Le Peuhl de la Haute-Volta est sédentarisé; en saison sèche, il descend avec sciS troupeaux vers les pâturages du sud demeu. rés plus abondants. 11 s'adonne aussi à l'agriculture, mais dans la mesure rigoureuse de sa consommation.

La question de l'origine des Peuhls n'est pas éclaircie : leur type physique qui se rapproche de l'Européen, leurs traits réguliers et d'une extrême finesse, leur crâne allongé, leur visage ovale, leur teint qui varie dunoiï'au rouge clair, leur langue et leurs moeurs ont permis de les rattacher au groupe sémite de la race caucasique.

Groupe Soninké. — Ce groupe se rattache à la famille des Soninkés du Soudan français. Les 115.000 individus qui le composent sont tous concentrés dans le Cercle de Dédougou. Le So'ninké a les yeux tirés et ses pommettes saillantes révèlent :Son origine asiatique. Sa langue est un idiome mandé très altéré.

Groupe Songhraï. — Le type Songhraï présente quelques affinités physiques avec les Peuhls; il a une ligne moins élégante

Haute-volta II.

mais il est plus robuste. Certaines pratiques telles que l'embaumement font supposer que les Songhraï viennent de la région du Nil ou qu'ils ont été en contact avec les Egyptiens.

Les Cercles de Dori (42.000) et de Say (8.000) se partagent les 50.000 individus qui comprennent ce groupe.

Groupe Dioula. — Les 40.000 individus qui composent ce groupe sont venus de la haute Côte-d'Ivoire avec les conquérants Ouattaras installés à Bobo-Dioulasso.

Groupes divers. — (Touaregs, Haoussas). L'ensemble de ces groupes forme un total approximatif de 20.000 individus dont 5.000 Touaregs.

D'une façon générale, la famille est partout fortement constituée avec une organisation analogue à la « gens » romaine. C'est le régim-e patriarcal : tous les membres d'une même famille sont sous l'autorité du chef qui est le représentant le plus âgé de la branche aînée. Ce « Pater familias » est à la fois le chef, le juge et 1-e prêtre de la maison : lui seul détient tous les pouvoirs pour tous les actes de la vie; notamment, c'est lui et non le père qui donne les autorisations de mariage. Il tranche également tous les différends qui peuvent surgir au sein de la famille. Dans toutes ces décisions, il n'est lié que par la coutume qu'il est tenu de respecter. Enfin, à lui revient l'honneur d'offrir les sacrifices dans les occasions solennetlles.

La polygamie est la règle de toutes ces populations, sauf chez les Touaregs et les Mossi catholiques. Le nombre des femmes n'a d'autres limites que les ressources du mari qui a une tendance marquée à ne considérer ses épouses que comme des domestiques et des procréatrices i'enfantsdont le travail, les dots les dons coutumiers constitueront à leur tourpour lui une source de revenus. On voit que la condition de la femme est très inférieure ; elle s'améliore cependant chaque jour sous notre action par suite de la suppression des châtiments corporels, et en raison des facilités qui sont données aux femmes d'entamer la procédure du divorce, quand elles sont maltraités par leurs maris.

Fig. 3. — Oualiigouya : Le Yatanya-Naba

Fif4. 4. — uiui<iad()n<4()ii : Scicui-s de loiijz.

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