‹ Le Haute-VoltaChapitre 5 sur 11 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Situation politique et administrative actuelle

La colonie de la Haute-Volta, créée par décret diu 1^"" mars 1919, a été constituée par la réunion d'un certain nombre de Cercles détachés de l'ancien Haut-Sénégal- Niger, aujourd'hui Soudan français. Le chef-lieu est Ouagadougou où réside un Lieutenantgouverneur représentant le Gouverneur général de l'Afrique Occidentale Française. Ouagadougou est le siège du 6^ bataillon de tirailleurs sénégalais. Le calme le piuscomplet règne dans ces régions et, là comme ailleurs, quelques détachements de gardes de Cercle suffisent aux administrateurs pour assurer la sécurité du pays et l'exécution de leurs ordres.

Le service de la Justice européenne est représenté par une Justice de paix à compétence étendue dont le ressort s'étend à tout le territoire dfe la colonie.

La justice indigène est rendue par des tribunaux de subdivisions statuant en premier ressort sur toutes les affaires civiles et

correctionnelles ainsi que sur certaines infractions liinitativement déterminées ; les tribunaux de cercle connaissent des nuMues affaires en appel et des alîaires criminelles en premier ressc^rt • les différentes juridictions où le statut des justicialjles est obligatoirement respecté, inspirent pleine confiance à nos administrés qui s'adressent à elles pour la solution de leurs litiges; les magistrats indigènes choisis parmi les notables les plus dignes s'acquittent de leurs fonctions avec tact, conscience, impartialité. Indépendamment du contrôle exercé sur la justice par le Chef de la colonie et le Parquet général, la Chambre spéciale d'homologation de la Cour d'Appel de l'A. 0. F., sorte de cour de Cassation en l'espèce, examine tous les dossiers comportant des condamnations supérieures à cinq années de prison et homologue ou renvoie les affaires appelées à être jugées à nouveau.

Guidée par le souci du bien-être matériel de la population placée sous notre tutelle, l'Administration n'a pas négligé les mesures propres à assurer l'hygiène et la santé publiques. Dans cet ordre d'idées ont été créés un Service de santé et un Comité d'hygiène. Autant que les ressources du personnel l'ont permis, les Cercles les plus importants ont été pourvus de médecins qui, chaque jour, soit au chef-lieu du Cercle, soit au cours de leurs tournées, donnent leurs soins gratuits aux indigènes qui arrivent toujours plus nombreux à la consultation .Il y a lieu de compter que dans un avenir prochain, tous les postes se verront dotés de médecins, l'auxiliaire le plus précieux de notre action civilisatrice. En attendant cette réalisation, Cercles et Subdivisions possèdent un dispensaire avec infirmiers va^ccinateurs, pharmacie complète et le minimum d'outillage nécessaire.

Le service zootechnique est en voie d'organisation. Son fonctionnement est destiné à rendre d'inappréciable services dans un pays dont le cheptel constitue la principale richesse, susceptible d'une extension indéfinie. Des vaccinateurs vétérinaires,, formés au laboratoire zootechnique de Bamako surveillent les troupeaux et sous la direction du vétérinaire-chefdu service et des adminis trateurs, avisent aux mesures que comportent les circonstances.

Le service de l'agriculture provisoirement aux mains du Directeur de l'école régionale de Ouagadougou, dispose d'une école pour la formation des jardiniers, maraîchers et pépiniéristes. A bref délai viendront des agents techniques qui auront mission

d'étudier les cultures propres à la mise en valeur, suivant des conceptions rationnelles adaptées au pays, des -espaces immenses qui ne réclament qu'un effort ingénieux pour décupler le rendement des produits les plus variés.

Le développement de l'enseignement a retenu l'attention du Gouvernement de la Haute- Volta. La colonie est déjà dotée d'un personnel européen et indigène à la hauteur de la tâche, entre toutes importante, qui lui incombe. Ouagadougou qui avait déjà une école primaire et une école régionale a vu ses institutions renforcées et complétées par la création d'une école primaire supérieure. L'éducation technique se trouve assurée par une école de charronnage diestinée à faire des ouvriers charrons, par une école de pontonniers qui fournira aux cercles des ouvriers expérimentés pour la construction des routes et notamment des travaux d'art, par une école professionnelle où l'administration, le commerce et l'industrie trouveront des agents sérieux. Les écoles régionales ont été multipliées; le recrutement des écoles des villages a été intensifié et sélectionné. Des écoles de filles ont été prévues. Partout où réside un agent de l'autorité fonctionne une école. Les plus grandsi espoirs reposent sur cette politique scolaire qui est appelée à créer une élite sociale dans le pays et à favoriser l'évolution des indigènes dans la voie du progrès.

Tableaux Récapitulalifs de la Population Population Indigène par Cercle et par Religion

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