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CHAPITRE IV

Voies de Communications et Moyens de Transports

Les moyens de communications et de transports de la Haute- Volta tant extérieurs qu'intérieurs peuvent se diviser en : i° Relations avec l'Atlantique; 2° Navigation fluviale; 3" Chemin de fer; 4° Postes et télégraphes; b"" Routes terrestres; 6° Moyens de transports.

Relations avec TAtlanlique

Sept voies différentes :

A) Dakar à Ouagadougou via Saint-Louis, Ambidédi, Kayes, Bamako.

B) Dakar à Ouagadougou, via Thiès-Tambacounda, Kayes, Ba mako.

G) Conakry à Ouagadougou, via Kouroussa, Bamako.

La première de ces voies présente cet inconvénient grave que le Sénégal n'est accessible aux bateaux à vapeur de faible tonnage que de juillet à novembre et aux vapeurs de haute mer d'août à septembre seulement.

Jusqu'à rachèvement du railway Thiès-Tambacounda- Kayes dont les travaux seront véritablement terminés en 1923, la jonction entre le point terminus et Kayesest assurée par un service de voitures automobiles.

De Bamako à Ouagadougou, plusieurs itinéraires peuvent être suivis : la route de Bougouni-Sikasso-Bobo-Dégougou (740 kms) est généralement empruntée. Le Niger peut être également utilisé jusqu'à Ségou ou Mopti; de Ségou, la route passe par San-Dédougou-Koudougou-Ouagadougou ou San-Dédougou- Yako-Ouagadougou; enfin de Mopti la route passant par Bandiagara-Ouahigouya-Yako conduit à Ouagadougou. L'intérêt de chacune de ces voies dépend du point de destination proposé.

D) Accra (Gold Coast) à Ouagadougou via Ko'umassie.

Cette voie emprunte le chemin de fer d'Accra à Koumassie puis la route de Koumassie à Ouagadougou (550 km.is environ).

E) Lomé (Togo) à Ouagadougou par Atakpamé.

Getig voie emprunte le chemin de fer d'Accra à Atakpamé, puis la route d' Atakpamé à Ouagadougou (780 kms).

F) Gotonou (Dahomey) à Ouagadougou par Porto-Novo. Gette voie emprunte le chemin de fer du Dahomey de Gotonou

à AgouagO'U, puis la route d'AgouagO'U à Djougou et Sansané- Mango (800 kms).

G) Grand-Bassam (Gôte-d'I voire) à Ouagadougou par Bouaké. Gette route paraît être la route de l'avenir .Le passager débarque à Bassam, prend la chaloupe jusqu'à Abidjan (prix du passage : 20 francs pour les européens, 10 francs pour les indigènes; prix du fret : 12 francs au mètre cube ou aux 1.000 kgs), d'où dans la même journée, le train le conduit à Bouaké (316 kms) Le service automobile le transporte ensuite en quatre jours de Bouaké à Ouagadougou (805 kms).

Ges délais sont d'ailleurs susceptibles de réduction à brève échéance : dans cet ordre d'idées, il est bon de noter qu'une nouvelle section de 60 kms sera ouverte à l'exploitation dans le courant de 1922, et que l'avancement des travaux se poursuit activement.

Navigation fluviale

Les deux seules artères fluviales de la Haute-Volta sont le Niger et la Volta Noire.

Le Niger n'est navigable dans la partie supérieure que pen-

dant la saison des hautes eaux, des rapides en obstruant le cours pendant la période de la décrue. L'utilisation de ce bief n'en sera pas moins intéressante dès que la rail du Dahomey aura été prolongé jusqu'au fleuve, principalement pour toutes opérations commerciales ayant pour objectifs les Cercles de Dori et de Say. Les rives de la Volta Noire, infectées par la Teisé, nécessiteront un aménagement spécial, le déboisement des berges, qui aura pour conséq ueace la disparition de la mouche. Un balisage sommaire sera également indispensable. Cette double opération réalisée, cet affluent deviendra utilisable comme voie de communication intérieure et ultérieurement sans doute comme moyen dl'évacuation des produits locaux vers l'extérieur.

Chemin de fer

La Haute-Volta ne possède aucun chemin de fer. Sa situation économique à cet égard se trouve au^jourd'hui nettement défavorable. Un avenir très prochain lui ménage par contre une large compensation en lui créant une place privilégiée parmi les colonies du groupe. Par sa position géographique, la Volta est appelée à être le podnt de jonction de toutes les lignes aussi bien étrangères que françaises. Le rail du Dahomey la touchera dans le nord par Say et dans l'est par le tronçon de Djougou prolongé; le Thiès-Kayeset le Kayes-Niger, soudés àBougouni puis avancés dans la direction de Sikasso-Bobo, pourront devenirdes portes desortie sur l'ouest. Le cheminde fer du Togo sera un débouché sur le sud. Il reste enfin les deux chemins de fer de la Côte-d'IvoIre et de la Gold Coast dont les travaux poussés très activement permettent de prévoir la pénétration imminente de notre hinterland.

La boucle du Niger sera donc desservie un jour par sept chem.ins de fer qui lui offriront des débouchés faciles dans les directions les plus différentes, lui créant ainsi une situation économique particulièrement avantagée .

Postes et Télégraphes

Le fil télégraphique relie le chef-lieu de la colonie aux colonies limitrophes et aux cercles. Le réseau doit être complété incessamment et la liaison établie avec les Subdivisions qui, en Haute-Volta, ont l'importance de grands Cercles. Le téléphone sera installé cette année-même dans la ville de Ouagadougou.

Le service postal et télégraphique est assuré présentement par onze bureaux dont les principaux sont ouverts à toutes les opérations. Des cooirriers réguliers mettent la colonie en relation directe avec :

1° La Gôte-d'Ivoire par courrier partant de Bobo-Diousano les 11 et les 28 de chaque mois;

2° Le Togo par courrier partant de Ouagadougou le 2 de chaque mois;

3° Le Soudan français et Dakar par courrier partant de Ouagadougou chaque quinzaine, le mercredi;

Enfin Ouagadougou correspond avec tous les points de la colonie par courriers réguliers bi-mensuels.

Un arrêté local du 22 mai 1920 détermine les tarifs applicables aux colis-postaux échangés à l'intérieur de la colonie.

Routes terrestres

A l'intérieur de la colonie les routes constituent présentement les seules voies de communication.

Un arrêté du 17 mars 1920 les clas&e en quatre catégories et fixe la largeur des emprises domaniales qu'elles comportent :

i^ catégorie. • — Route intercoloniale reliant Ouagadougou aux colonies voisines, largeur d'emprise 25 mètres;

2® catégorie. — Routes coloniales reliant directement les chefslieux des cercles ; largeur d'emprise 20 mètres;

3® catégorie. — Routes de cercles non comprises dans les deux premières catégories, reliant les chefs-lieux de subdivisions entre eux et au chef -lieu de cercle; largeur di'empri&e : 25 mètres;

4® catégorie. — (Chemins vicinaux) Tous chemins non compris dans les trois premières catégories; largeur d'emprise : 10 mètres.

Le réseau routier intérieur de la colonie, accessible aux automobiles, mesure 3.000 kms environ. L'administration s'est atta chée à améliorer les voies existantes, déjà réputées par leur praticabilité, leur largeur, l'excellence de leur tracé, le bon entretien de leur chaussée, l'existence de ponts en terre durcie pour la traversée de tous les marigots.

Des campements, distants en moyenne de 25 kms, toujours situés à proximité d'un village, donnent aux voyageurs un abri suffisant et la facilité d'un ravitaillement en eau et en d'enrées de première nécessité (lait, œufs, poulets, mil, etc.).

Fi^-. 5. ^ ()ua<i;i( loulou : Tamtjuii.

Fi^. 6. — Oiiaj4adouftou : Ecole régionale.

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