‹ Le hochet d'or;Chapitre 10 sur 111 · LA GASTRONOMIE · texte numérisé non relu

LA GASTRONOMIE

Faire comme le tendre agneau, téter sa mère, C'est sans doute un festin respectable et sacré, Mais on ne peut toujours se nourrir à son gré De ce léger nectar, digne des dieux d'Homère.

Il faut, quand la dent pousse, un menu moins sommaire.

Et le palais ainsi s'affme par degré :

Alors paraît déjà l'amour du mets sucré

Et l'horreur que produit la médecine amère.

Tu dégustes déjà, tu te plais aux repas;

Mais les plaisirs du Goût, va, tu ne les sais pas.

Tu n'es qu'à l'A B C de cet Art, petit homme!

Les initiés seuls partagent ses faveurs :

On peut naître gourmand, on devient gastronome.

Et l'âge seul apprend la gamme des saveurs.

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