‹ Le hochet d'or;Chapitre 29 sur 111 · SÉRÉNADE · texte numérisé non relu

SÉRÉNADE

Le soir descend silencieux; Des nuages flottent aux cieux

Comme des voiles; Sur Fépaule du noir coteau La nuit jette son bleu manteau

Semé d'étoiles!

A présent cessent ris et pleurs; La brise calme endort les fleurs

Et les mésanges; A présent s'étend sur les nids Et sur tous les berceaux bénis

L'aile des anges !

Allons! accourez, Rossignols, Chers guitaristes Espagnols,

Sous la fenêtre !

Quittez l'ombre de vos buissons :

Qu'Elle apprenne par vos chansons

A me connaître î

Sous le balcon d'Adelita, Qui Tan passé me visita,

Comme à Grenade, Venez donner, puisqu'à mon cœur L'amour a versé sa liqueur,

La sérénade !

Celle que j'aime est sans chignon.

Mais elle montre un pied mignon

Qu'on baise mémel Elle n'a point — touchant détail — De falbalas ni d'éventail.

Celle que j'aime!

Adelita sourit sans dents;

Mais, malgré ses cris discordants,

Elle est gentille!

Jamais Elle ne me trompa :

Je suis son bon petit papa.

Elle est ma fille I

Aussi, virtuoses des bois, Qui le soir élancez vos voix Dans la ramée,

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