‹ Le hochet d'or;Chapitre 59 sur 111 · LES NOURRICES ANTIQUES · texte numérisé non relu

LES NOURRICES ANTIQUES

Salut, bonne nourrice antique, Qui, près des héros, occupais Un rôle tendre et sympathique, Composé d'amour et de paix!

Dans la primitive Epopée Qu'on se plaît à voir ton profil !

Dans le drame aux grands coups d'épée Qu'on aime ton humble babil!

Oui, l'on t'aime, vieille Euryclée, Fille d'Ops, fils de Pisénor, Qui, parmi la cour déréglée Où tant de mains pillaient son or,

Reconnus, fine observatrice, Dans le bain où son pied plongeait, Trahi par une cicatrice, Ulysse au terrible projet!

Et toi, de même, tu partages Notre affection, Cilissa, Qui, dans de naïfs radotages, Plains l'enfant qu'Egisthe chassa.

Et, parmi les magnificences Qu'Eschyle trouve en son pinceau.

Avec de douces indécences Nous montres Oreste au berceau !

Sans doute, d'un dieu possédées, Plus que du fait de vos leçons.

Les Hermiones, les Médées, Sont de terribles nourrissons!

Vous recevez des confidences Qui font frémir les spectateurs.

Et vous mettez trop d'impudences Dans vos conseils souvent flatteurs.

Mais, parmi le bruit des armures, On aime entendre votre voix Qui jase, pareille aux murmures Des ruisseaux cachés dans les bois;

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