FRATERNITE
Sortant des mains de Dieu, l'enfant et l'animal Ont la simplicité de Tâme primitive :
Sans Teffort du calcul, leur vie est instinctive; On leur pardonne tout, — ils ignorent le mal.
La Raison ne tient point- pour eux son tribunal; Sur leur front sans soucis point de ride native; Dans leur cœur inconstant la peine est fugitive : Du naissant Univers c'est l'éveil matinal.
Parlescris,parlesmœurschacund'eux se ressemble; Le repas les rapproche et le jeu les rassemble; Plus près de l'animal l'enfant rampe à genoux ;
Mais pour l'enfant aussi l'animal est plus tendre : Comme ils sont tous les deux des énigmes pour nous, L'animal et Fenfant sont bien faits pour s'entendre.
NSÉPARABLES
Black est un bon gros chien, Jack un petit garçon : Ils furent tout de suite excellents camarades. Jack a-t-il mal agi, lui fait-on la leçon? Black, triste, prend aussi sa part des algarades.
Puis le jeu recommence avec les mascarades, Et, croquant des gâteaux de la même façon. Tous les deux, de papier coiffés, dans des parades. Roulent sur le tapis d'un air très polisson.
Black a pour son ami des bontés sans pareilles : Il se laisse fouailler et tirer les oreilles. Il lèche qui le bat, et se tait tout le temps.
Heureux Jack! sais-tu bien que je te porte envie? Je te souhaite, enfant, dans le cours de ta vie, De rencontrer toujours des amis si constants!