AU MANÈGE
Sous la toile, aux splendeurs de trois quinquets fumeux Et des larmes de strass semé sur les tentures, Dans leur maigreur de bois pendent d'humbles montures, Des Vainqueurs du Grand-Prix confrères moins fameux.
Les sirènes aux nez cassés, aux pieds squameux, Y mêlent des appas qui perdent leurs peintures, Et, des vieux opéras hurlant les ouvertures. Un orgue les excite, antique et faux — comme eux.
C'est là qu'on voit souvent, sur ces coursiers sans vice, S'exercer au galop un cavalier novice, Ficelé sur sa selle et retenu des reins ;
Haletant, les yeux clos, il tourne dans l'espace. Et, dans les tourbillons de l'Harmonie, il passe Sous les regards jaloux de ses contemporains.