LE GLORIEUX
Sur Tétang, où le saule incline son image, Le Cygne, gracieux esquif, glisse en rêvant; Il vogue, sous les yeux dont il attend Thommage, Le cou droit comme un mât et l'aile ouverte au vent.
Lorsque pour sa blancheur il cfaint quelque dommage, Dans sa course paisible il s'arrête, et souvent De l'eau que son bec puise il lave son plumage. Il l'arrange et le lustre avec un art savant.
Quelquefois il aborde et vient sur la pelouse; Mais, farouche et brutal, de son aile jalouse Il vous menace, enfants qui lui tendez la main :
Fuyez! Laissez-le seul, si fier de sa prestance! Dans la Beauté, souvent, le cœur est inhumain; Admirons la Beauté, mais souvent à distance!