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& complet », chaque spasme du diaphragme s’accompagnait du bruit glottique. Se produisant à une cadence assez uniforme de trois spasmes à la mivute, ce hoquet non douloureux mais très génant empêchait l'alimentation et rendait la conversation si pénible que le plus sage parti à prendre semblait encore se taire.
A dix-sept heures, sans aucune raison apparente, en dehors de tout traitement, cessation de la crise. Cet arrêt ne survint pas brusquement, mais fut précédé d'une période évaluée à un quart d'heure durant lequel les spasmes se firent plus espacés et moins violents. : ;
A dix-huit heures et quart, bien avant le repas du soir, nouvelle reprise, toujours inexplicable quant à son facteur détermi nant. Même cadence, mêmes caractères. Cét état persiste jusqu’à vingt heures et demie, ayant empêché la prise d'aliments et laissant, même après son arrêt, une phobie véritable pour toute ingestion susceptible de réveiller le hoquet. Le calme dure de vingt heures et demie à vingt-deux heures. A cette heure, et cela coïncidant avec le coucher, nouvelle crise qui: ne s'arrête qu’à deux heures du matin. Pendant cette crise les spasmes se sont faits franchement douloureux, la région épigastrique, la région solaire sont endolories; le rythme des spasmes s'est accé'éré atteignant une cadence de six à la minute. Le hoquet, jusque là complet, devient incomplet, le bruit glottique ne venant s'ajouter que très irrégulièrement au spasme inspiratoire du diaphragme. Le Docteur P... compte jusqu'à six et sept spasmes diaphragmatiques pour un seul bruit glottique. Cet accès est très pénible, angoissant même, car tout traitement échoue. Des spasmes cioniques de la paroi abdominale et du cou remuent douloureusement le corps et aboutissent même à une véritable tétanie des muscles de ces deux régions. Puis, vers une heuré et demie du matin, les spasmes s'espacent, diminuant aussi bien en quantité qu'en violence. À deux heures, calme absolu, dépression nerveuse mais aucun phénomène général. Pouls à 78. Sommeil de deux heures à sept heures et demie.
Le 9 décembre, à huit heures et quart, dans la rue, la crise reprend, mais son intensité ne rappelle en rien celle de la nuit passée. D'ailleurs cet accès s'arrête à neuf heures et cet arrêt coïncide avec la rencontre fortuite d'un groupe d'amis avec lesquels le Docteur P... se met à causer.
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Reprise à onze heures et demie jusqu'à seize heures. Mêmes caractères de violence que pendant la nuit précédente. Impossibilité et d'ailleurs nulle envie de prendre le moindre aliment. De seize à dix-huit heures et quart repas. De dix-huit heures et quart à dix-neuf heures petite crise peu violente, cadence : deux spasmes à la minute ; hoquet complet.
La soirée est passée au théâtre sans un seul accès de hoquet. Mais, aussitôt la sortie dans la rue, la crise reprend avec une intensité rapidement croissante, jusqu'à cinq heures du matin et amenant maintes fois des contractions de l'estomac sans jamais aboutir cependant à l'évacuation spasmodique de cet organe. De cinq heures à huit heures arrêt et sommeil.
Le 10 décembre : de huit heures à dix heures et demie, crise de hoquet, cadence de deux spasmes à la minute ; les spasmes sont moins violents et le Docteur P... devine une amélioration de son état. En eftet, de dix heures et demie à seize heures, calme absolu permettant l'absorption timide de quelques aliments. De seize heures à dix-huit heures et demie, crise peu intense et ne revéêtant plus le caractère angoissant de celles du 8 et du 9. De dix-huit heures et demie à deux heures du matin repos. Repas du soir sans incident. Sommeil profond et réparateur. Mais à deux heures petite crise jusqu'à quatre heures, les spasmes sont espacés et battent assez exactement la minute. De quatre heures à sept heures, sommeil.
Le 11 décembre : de sept heures à dix heures, repos. De dix heures à 42 heures et demie, crise légère, ayant tous les caractères de celle de deux heures du matin. Cette crise fut la dernière et ainsi disparut de lui-même un hoquet ineoercible qui s'était déclaré inopinément. En efet, les antécédents du Docteur P... ne permettent pas de raltacher celte crise à un passé nerveux, un état de nervosisme passager, ou de lui attribuer une cause psychique, traumatique, infectieuse ou mécanique. Le Docteur P... ignorait l'existence de cas semblables.
. Aucun prodrome n’annonça celte: crise, aucun phéromene général ne l'accompagna. La température et le pouls restèrent normaux et, les accès terminés, le Docteur P... n’éprouvait aucune douleur locale ou générale. L'appétit lui-même était conservé, mais la plupart des crises coïncidèrent avec l'heure des repas et la crainte seule d’écourter un calme très altendu empêcha